Presse néerlandaise du lundi 4 juillet 2005

L’impopularité du gouvernement Balkenende II a inspiré deux titres à la une des quotidiens de samedi. Tandis que l’AlgemeenDagblad, sous le titre "Le gouvernement a un cinq", présentait les résultats d’un sondage effectué pour son compte, le Volkskrant publiait une interview du maire CDA de Maastricht, Gerd Leers, critique à l’endroit du premier ministre.

Trouw : "Chirac prévoit un petit succès - Gleneagles transformé en forteresse dans la perspective du G8", "’Verdonk doit manifester plus de respect’"
de Volkskrant : "Le grandiose Live 8 fait taire le cynisme - L’événement pop mondial devient un cri du cœur politique" (reportage de Londres), "L’ambassadeur d’Egypte enlevé à Bagdad"
Algemeen Dagblad : "Les pneus de voiture sont une grande source de pollution - Poussières fines : un problème croissant aux Pays-Bas", "Des F16 et 40 soldats cherchent Holloway" (disparition d’une jeune Américaine à Aruba)
De Telegraaf : "Alerte au délit de fuite - Les auteurs anonymes d’accidents coûtent € 70 millions", "Federer parmi les plus grands" (Wimbledon)

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LE DOSSIER DU JOUR :Balkenende II

"Le ’bulletin d’été’ du gouvernement n’est pas bon", écrit l’Algemeen Dagblad de samedi dans son grand article à la une. "L’équipe du premier ministre Balkenende reçoit un maigre cinq des Néerlandais [il faut un 6 pour avoir la moyenne dans la notation néerlandaise]. La réforme de la WAO, le tumulte sur la cherté de l’euro, les évasions de condamnés sous régime tbs [protection judiciaire] et la menace du terrorisme musulman sapent la confiance dans le gouvernement. C’est ce qui ressort d’une enquête effectuée pour le compte de l’AlgemeenDagblad par De Vos & Jansen Marktonderzoek auprès de 750 Néerlandais âgés de 13 ans et plus."
"Presque 60 pour cent des personnes interrogées sont dans l’incapacité de nommer une bonne performance de l’équipe ministérielle. Cela apparaît aussi dans le jugement que les citoyens portent sur les ministres individuels : neuf ministres sur seize reçoivent la mention ’insuffisant’. Les personnes interrogées sont les plus négatives à l’endroit du ministre Donner (Justice) : il est noté 5,4. Balkenende doit se contenter de l’avant-dernière place au classement, avec 5,5. Le ministre Kamp (Défense) est une exception positive : il est à la tête de l’équipe des responsables avec un 6,2. Verdonk (Immigration) reçoit des éloges pour sa ligne dure envers les immigrés et les demandeurs d’asile."
"Balkenende, Donner et le vice-premier ministre Zalm sont les mauvais larrons aux yeux des Néerlandais. Selon les personnes interrogées, ils sont responsables des mauvaises performances du gouvernement."
"Ces notes n’ont rien de surprenant", remarque le journal de Rotterdam en page 3. "Elles sont conformes aux sondages antérieurs de différents bureaux. Il s’avère de nouveau que Balkenende, en tant que leader, ne s’élève pas au-dessus de son équipe. Au contraire, il est considéré comme l’un des plus faibles."
"Le premier ministre Jan Peter Balkenende doit renoncer à être la tête de liste du CDA aux élections de 2007, si ses performances médiatiques ne s’améliorent pas", relève le Volkskrant de samedi à la une. "C’est ce que dit l’éminent membre du CDA Gerd Leers, maire de Maastricht, aujourd’hui dans le Volkskrant. Le CDA, estime-t-il, risque de se retrouver dans l’opposition à cause de son conservatisme. Leers, qu’une enquête d’Interview/NSS a désigné comme le meilleur maire des Pays-Bas, critique vivement le CDA et son leader politique. Il s’inquiète pour Balkenende, qui devient de plus en plus un technocrate, selon lui. Le processus dans lequel se retrouve Balkenende rappelle à Leers l’ancien leader CDA Eneüs Heerma, qui a sombré. ’Nous ne devons pas envoyer nos leaders à la corbeille à papier trop rapidement. Mais Balkenende, s’il n’améliore pas sa performance, doit prendre ses responsabilités’."
"Balkenende a laissé effacer sa personnalité dans la machine haguenoise, estime Leers. Quand il voit le premier ministre opérer à la télévision, il est sur le bout de sa chaise. ’Je le vois se battre avec lui-même, sa personnalité veut percer à travers le technocrate. Je parle alors à haute voix : Vas-y, Jan Peter, vas-y ! Sors, saute par-dessus le technocrate ! Mais c’est en vain’."
"Selon Leers, il y a de grands risques que le CDA se retrouve de nouveau dans l’opposition, parce qu’il n’est pas capable de suivre les signes de notre époque. Leers a passé la plus grande partie de sa période de député (1990-2001) dans l’opposition. ’Maintenant que nous avons l’occasion de percer, nous n’en profitons pas. Nous risquons de nous faire renvoyer dans le désert’."
Ce matin, le Trouw (p.4) note que "la présidente du CDA, Van Bijsterveldt, prend les critiques de Leers avec un grain de sel". "’Leers parle de l’extérieur, de l’image. Il faut regarder le contenu. Le gouvernement applique une politique dynamique. Prenez la WAO, les soins et la radiotélédiffusion. On peut cependant améliorer la communication."
L’éditorialiste du Volkskrant de samedi fait valoir que "les tiraillements de ces dernières semaines n’ont pas fait de bien à l’autorité de la coalition". "La gestion de crise était assurée davantage par les présidents de groupe parlementaire que par le premier ministre Balkenende." "Par ces temps incertains la principale tâche d’un gouvernement est de renforcer la confiance de la population dans l’avenir. Balkenende II n’y arrive absolument pas, alors que le rétablissement de la confiance dans la politique était la mission de ce gouvernement."

ACTUALITE INTERNATIONALE

Union européenne : politique agricole commune
"Le gouvernement soutient le ministre Veerman dans son opposition à une suppression trop rapide des subventions agricoles européennes", rapporte le Trouw (p.14) de samedi en rubrique économique. "Une menace de conflit au sein du gouvernement est ainsi conjurée."
"Le premier ministre Balkenende, vendredi à l’issue du conseil des ministres hebdomadaire, n’a pas voulu entrer dans les détails de l’accord, mais il a dit que les ministres s’en sont sortis dans une ’bonne atmosphère’. Veerman présentera la semaine prochaine sa vision définitive, après quoi les Pays-Bas soumettront ses idées au premier ministre britannique Blair, qui préside actuellement l’UE."
"Initialement, Balkenende semblait vouloir une réforme rapide et draconienne de la politique agricole de l’UE, pour créer une marge financière pour la baisse de la contribution néerlandaise à Bruxelles. Mais Veerman a convaincu le gouvernement qu’on ne peut pas rompre aussi simplement un accord sur l’agriculture datant de 2002. L’unanimité est requise pour cela et les Français et quelques Etats membres méridionaux la bloqueront. En outre, la baisse des subventions agricoles longtemps avant la date prévue par l’accord de Bruxelles, 2013, feront dire aux paysans que l’Etat est un partenaire non fiable."
"Les Pays-Bas insisteront néanmoins sur la nécessité de changer le système de subvention, sans toucher pour le moment à la situation des agriculteurs européens. Les Etats membres devront verser eux-mêmes 25 pour cent des subventions. Les 75 pour cent restants continueront de venir des caisses de l’Europe. Pour les Pays-Bas, ce système présente l’avantage de faire baisser indirectement la contribution à Bruxelles, car La Haye, en cas de financement partiellement national, versera beaucoup moins à ses paysans que Paris ne devra par exemple le faire. Les experts prévoient au demeurant que ce système suscitera également des résistances de la part des grands consommateurs de subventions agricoles."
"Dans la note pour le gouvernement dont la presse a eu vent, Veerman écrit que les subventions agricoles baisseront fortement après 2013, pour être totalement supprimées en définitive. ’Il n’y a pas de doute à ce sujet et il faut que nous le disions clairement’" (également de Volkskrant de samedi p.3).

ACTUALITE INTERIEURE

Santé publique
"Le gouvernement ne réagit pas adéquatement à l’obésité croissante des Néerlandais", relève le NRC Handelsblad de samedi à la une. "Telle est l’opinion du Conseil pour la Santé publique et les Soins (RvZ), le principal organe consultatif du gouvernement en matière de santé publique. Son président, Floris Sanders, qualifie dans notre supplément mensuel M l’approche du gouvernement de ’décevante, inconsistante et beaucoup trop attentiste’."
"L’obésité prend une forme épidémique aux Pays-Bas, dit le directeur général du ministère de la Santé publique, Hans de Goeij. ’L’épidémie est comme un assassin. Si cela continue, nous aurons pour la première fois dans l’histoire une génération qui survit à ses enfants."
"Presque la moitié des Néerlandais a un poids excessif, ainsi qu’il ressort des chiffres du Centraal Bureau voor de Statistiek. C’est le double d’il y a vingt-cinq ans. Et le pourcentage croît toujours. Un habitant du pays sur dix est obèse. Ce sont surtout les allochtones et les personnes socio-économiquement faibles qui ont un poids excessif."
"’Quand je vois cette énorme épidémie’, dit le directeur du RvZ, Sanders, ’je pense que ce problème justifie une prise de position du gouvernement. ’Nous devons pouvoir nous attaquer au fond du problème, surtout chez les allochtones, les personnes socio-économiquement faibles et les enfants.’ Le ministre Hoogervorst (Santé publique) estime que les Néerlandais sont en premier lieu responsables eux-mêmes de leur embonpoint."
"L’obésité rend malade. L’Institut national de la Santé publique et de l’Environnement associe cinq décès sur cent à l’obésité. Il estime que 40 000 Néerlandais sont atteints chaque année de diabète, d’hypertension, de maladies cardiovasculaires et de cancer parce qu’ils sont trop gros" (également Het Financieele Dagblad de ce matin p.3).

Sécurité des personnalités politiques
La députée Ayaan Hirsi Ali (VVD) veut une enquête parlementaire sur le système de protection des personnes aux Pays-Bas. Dans une interview publiée par le quotidien Het Parool de samedi, elle critique les règles existantes, qui veulent que les personnalités politiques nationales bénéficient d’une protection de l’Etat, alors que les leaders de l’opinion publique dépendent des autorités locales. "Cela ne fera pas un pli, bientôt il y aura le meurtre numéro trois et nous repartirons de zéro", déclare Hirsi Ali au journal d’Amsterdam (Het Parool de samedi pp.1, 4 et 7, Trouw p.4, Algemeen Dagblad p.5, De Telegraaf p.6 de ce matin).

ACTUALITE INTERIEURE

Maroc
En rubrique financière du Telegraaf (p.11), Essalam Aarfan, de l’Association marocaine des investisseurs étrangers (CIME), explique que son pays cherche des investisseurs. Les multinationales néerlandaises comme Philips, Unilever et Heineken s’y sont établies il y a déjà des années et ce sont maintenant les PME hollandaises qui sont sollicitées. "Le marché marocain est ouvert à toutes les bourses", selon le propriétaire d’Air Sea Trans, une entreprise internationale de transports et de logistique à Casablanca.
S’il y a des problèmes, comme la corruption, il y a aussi des avantages : le personnel marocain est relativement bien formé et les salaires sont bas. L’inflation est faible (2 pour cent en 2004), les infrastructures sont assez bonnes et le pays est politiquement stable en comparaison des autres pays de la région.

Internet
"Les consommateurs néerlandais se vendent plus d’occasions les uns aux autres sur Internet qu’ils n’achètent de produits neufs", souligne le Volkskrant à la une. "Sur le seul site Marktplaats.nl, le commerce a atteint un volume de 2 milliards d’euros l’an dernier, selon une première estimation. Ce serait presque un demi-milliard de plus que par le biais des magasins réguliers et des agences de voyage en ligne."
Selon le directeur de Markplaats.nl, "on peut se demander si l’économie se porte vraiment si mal". "Les dépenses se sont reportées sur Internet. Ce sont des courants monétaires qui échappent au regard du Centraal Bureau voor de Statistiek."

AFFAIRES FRANÇAISES

Outre les nombreux articles sur le Tour de France, on notera une correspondance de Pieter Kottman sur la sécheresse dans le NRC Handelsblad (p.4) de samedi, une autre de Fokke Obbema sur la vie amoureuse de Sarkozy dans le Volkskrant (p.4) de samedi, ainsi qu’un article du Telegraaf (p.11) de ce matin sur les aspects financiers d’une résidence secondaire en France.

Dernière modification : 04/07/2005

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