Presse néerlandaise du lundi 5 septembre 2011

- Trouw (chrétien progressiste) : Les sites internet officiels ne sont pas fiables.

- De Volkskrant (centre gauche) : Un entretien embarrassant à Pékin [foire internationale du livre].

- AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : Une manifestation où la Reine était présente perturbée par un déséquilibré [au Concertgebouw d’Amsterdam].

- De Telegraaf (populaire) : Craintes pour Beatrix [au Concertgebouw d’Amsterdam].

- Het Financieele Dagbald : Les fonds de pension évitent la bourse.

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ACTUALITE INTERIEURE

Interview commune du Premier ministre et du vice-Premier ministre

Sous le titre « le Néerlandais qui travaille durreste au cœur [de la politique du gouvernement] » le Telegraaf publie dans son édition de samedi une interview d’ambiance du Premier ministre M. Mark Rutte (VVD) et du Vice-Premier ministre M. Maxime Verhagen (CDA). Le journal remarque que « la confiance règne entre les deux dirigeants, un libéral et un chrétien démocrate ». Sur leur coopération avec le parti de Geert Wilders (PVV), M. Rutte répond que « ce matin même, nous avons eu une réunion avec Geert » et M. Verhagen ajoute « comme d’habitude, elle s’est bien déroulée. Geert tient bien ses promesses ». Au sujet du manque de soutien du PVV dans le dossier européen, M. Rutte affirme que Wilders avait averti le gouvernement par avance qu’il ne soutiendrait pas ce dossier. Verhagen : « alors, il faut se battre pour obtenir une majorité [auprès des partis de l’opposition]. Il m’arrive d’avoir des relations plus constructives avec les travaillistes (PvdA) que lorsque nous étions ensemble dans la coalition ». A la question de savoir si ce gouvernement continuera à prendre la défense des gens qui travaillent dur, comme l’avaient promis le CDA et le VVD lors des élections l’année dernière, M. Rutte répond que « ceux-ci occupent aussi bien pour le VVD, le CDA que pour le PVV une position de premier plan ».

Interview du Ministre des Finances

Le Volkskrant de samedi publie un entretien avec M. Jan Kees de Jager sous le titre « J’ai souvent du mal à m’endormir ». « Maintenant qu’il est ministre des Finances, le virus pro-européen a contaminé De Jager. Lui qui était souvent dépeint comme anti-européen sonne l’alarme, pour l’Euro et par là-même, pour l’Europe : ‘Nous avons besoin d’un mécanisme très contraignant afin d’assurer l’avenir de l’Euro pour les vingt ou trente années à venir. (…) Les Pays-Bas ont toujours dit que le Pacte de Stabilité et de Croissance existait sur le papier, mais était difficile à appliquer dans la pratique. Malheureusement, d’autres pays étaient d’un autre avis. Cette crise montre plus que jamais l’échec absolu du Pacte. Les choses ont commencé à aller mal en 2003, lorsque la France et l’Allemagne, en dépit des protestations des Pays-Bas, ont pris leurs distances par rapport au Pacte. C’est un moment très important. Il est ensuite devenu impossible de faire des remarques à d’autres pays qui étaient dans une plus mauvaise situation : des pays comme la Grèce, dont on savait il y a dix ans déjà que cela finirait mal. A l’exception d’une année, ce pays a toujours eu un déficit supérieur à celui prescrit par le Pacte de stabilité. (…) On ignore si l’argent prêté à la Grèce nous reviendra. La Grèce n’est pas un pays en voie de développement ou touché par une guerre. L’histoire montre que ce sont les seules situations où on ne récupère pas tout. Mais cela peut prendre du temps. Et naturellement, il y a toujours des risques. (…) Je ne peux qu’être en désaccord total avec le PVV, mais notre coalition se compose du VVD et du CDA. Nous sommes une coalition minoritaire, un point c’est tout. Je dis régulièrement au PVV que la conséquence de leur position est que leurs électeurs risquent de perdre leur emploi si les choses tournent mal. Si le PVV était vraiment préoccupé du sort de ses électeurs, il soutiendrait le paquet de mesures [d’aide à la Grèce]. Et ensuite, je me tourne vers les partis d’opposition, qui eux, se laissent convaincre par des arguments. (…) Actuellement, on ne peut plus se contenter de vendre un idéal. A titre personnel, j’attache toujours beaucoup d’importance à l’idéal européen de stabilité, de paix et de sécurité. Mais je veux aussi montrer que l’ont peut défendre l’Euro pour des motifs financiers et économiques. L’euroscepticisme repose pour une partie sur le bon sens. Les gens ne se contentent plus d’un idéal européen, le cynisme et la méfiance se sont installés. En tant que ministre des Finances, j’essaie d’y apporter une réponse ».

Le Volkskrant ajoute dans son édition de ce matin que l’ancien commissaire européen libéral, M. Frits Bolkestein, a déclaré lors d’un programme d’actualité télévisée du week-end que laisser la Grèce adhérer à la zone euro avait été une erreur et qu’il « faut réparer cette faute : il faut aider les Grecs et leur faire promettre de réintroduire la drachme ». L’ancien ministre des Finances (VVD) Gerrit Zalm« ne croit pas à cette solution. Au bout du compte, il ne resterait plus que l’Allemagne et les Pays-Bas dans l’union monétaire ».

Interview du porte-parole affaires financières du PvdA

Le Financieele Dagblad publie dans son édition de samedi un entretien avec le travailliste M. Ronald Plasterk, porte-parole du plus grand parti d’opposition (PvdA) pour les affaires financières. L’ancien lauréat du prix Louis D. de l’Institut de France et ancien ministre de l’Education estime que « la politique néerlandaise se trouve actuellement dans une situation inouïe ». Il explique que « sur un des points principaux de la politique gouvernementale, la crise financière, Rutte ne peut pas compter sur le parti de Geert Wilders. C’est donc à nous qu’il demande de le soutenir. Mais lorsque nous réclamons des réductions budgétaires plus équitables ou une réforme du marché immobilier, il refuse et renvoie vers la majorité de 76 sièges [des 150] que le VVD forme avec le PVV et le CDA ». M. Plasterk ne veut pas mettre en danger l’économie en votant contre le paquet d’aide à la Grèce [ce qui pourrait provoquer une chute du gouvernement] : « j’aimerais certes que ce gouvernement parte le plus rapidement possible, mais voter contre le paquet d’aide mettrait en danger la survie de l’euro et le PVV serait trop content ».

Dans ce contexte, le quotidien financier note que la DNB (la banque centrale néerlandaise) et le CBS (bureau centrale de la statistique) prévoient un basculement de la conjoncture néerlandaise : « La phase descendante a été amorcée » a conclu la DNB sur la base de son indicateur de conjoncture mensuel. Le Financieele Dagblad précise que le CBS a surtout relevé le mouvement du taux d’intérêt du marché financier qui a baissé de 0,5% en août pour s’établir à 2,7%.

Sécurité des sites internet publics

Tous les grands quotidiens signalent que la sécurité des sites des services publics n’est pas fiable. « En échangeant des données avec le service public, les citoyens ou les sociétés risquent que ces informations, telles que les déclarations d’impôts, arrivent entre les mains des hackers », note le Volkskrant. Les problèmes ont commencé après que des hackers se sont introduits le 19 juillet dans le site de la société néerlandaise DigiNotar. Cette société émet des certificats pour le compte des sites du service public afin de pouvoir naviguer en toute sécurité. Le journal note qu’ « il y a six semaines, la société a commencé à soupçonner la présence d’intrus sur son site. Ce n’est que la semaine dernière qu’elle a porté plainte. Vendredi, le ministre des Affaires intérieures, M. Donner, s’est réuni d’urgence avec le ministre de Sécurité et de la Justice, M. Opstelten, et le secrétaire d’Etat aux Finances, M. Weekers. Ils ont décidé de retirer leur confiance à DigiNotar. M. Donner espère que les sites pourront fonctionner en toute sécurité dans un délai de deux semaines ».


LA FRANCE DANS LA PRESSE NEERLANDAISE

Le Volkskrant suit le retour en France de DSK.

A SIGNALER

Le Telegraaf et le Volkskrant de ce matin font état du déplacement à Berlin de Geert Wilders.

Cette revue de presse ne prétend pas à l’exhaustivité et ne reflète que des commentaires ou analyses parus dans la presse néerlandaise, qui n’engagent en rien le point de vue propre de l’ambassade de France aux Pays-Bas.

Dernière modification : 05/09/2011

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