Presse néerlandaise du lundi 5 août 2002

NRC-Handelsblad (de samedi) : Peur de la mort dans les bus de Jérusalem, Le parlement turc abolit la peine de mort

Trouw
 : Pas de soutien aux propositions de Heinsbroek

Volkskrant  :
Le cours du Dollar fait baisser le prix du JSF

Algemeen Dagblad : Embouteillages et mauvais temps tourmentent les touristes

Telegraaf
 :
Vacances gâchées par le mauvais temps en Italie
du Nord

Si les titres
donnent une certaine variété à la une, en revanche, les articles de fond en
pages intérieures se concentrent sur les propositions
d’allègement des charges
faites samedi par le ministre de l’économie M. Heinsbroek et les réactions qu’elles
suscitent. Sur le plan international, deux grands articles consacrés à la relation
Europe - Etats-Unis
méritent d’être retenus.

 

Dossier
du jour : Propositions controversées du ministre de l’économie

Dans une
interview accordée au Volkskrant de samedi, le ministre LPF de l’économie,
M. Heinsbroek, s’est déclaré "favorable à une intervention de
l’Etat pour stimuler l’économie
néerlandaise", résume ce matin le Financieele
Dagblad.
"Cela devrait
se traduire, à ses yeux, par une allègement des charges des citoyens et des
entreprises dès 2003. Le ministre LPF se distancie ainsi de l’accord de
gouvernement qui ne le prévoit pas avant 2004 et 2005, faute d’argent. Pour
le ministre, le fait que, dans ces circonstances,
le déficit budgétaire risque d’approcher 1% en 2003 ne constitue pas
un obstacle".

Le quotidien financier souligne que "CDA
et VVD rejettent cette proposition, qui remet en question l’accord de
gouvernement deux semaines après sa signature".

L’ Algemeen
Dagblad
présente un inventaire des "sévères critiques récoltées
par le ministre" de l’économie : "Le Premier Ministre
Balkenende a fait savoir par un porte-parole ne pas vouloir revenir sur ce qui a
été convenu. L’accord de gouvernement ’reste la ligne conductrice’. Il
est par contre possible de discuter sur les idées, à condition que celles-ci
’restent à l’intérieur du cadre stratégique’. Le ministre des finances
Hoogervorst rappelle que l’accord actuel sur l’allègement des charges est
parfaitement clair : celui-ci ne pourra intervenir que lorsque le budget
sera équilibré. De plus, il ne trouve ’pas élégant’ de mener cette
discussion par le biais des média et non au sein du gouvernement. Les partis de
la coalition CDA et VVD, ainsi que le PvdA, se montrent eux aussi très
critiques sur la rapidité avec laquelle le tout nouveau ministre veut revenir
sur l’accord de gouvernement. Le VVD trouve ses propositions ’très déraisonnables’,
puisqu’il n’y a ’tout simplement pas d’argent
pour cela’. Le CDA doute de l’utilité des propositions de Heinsbroek,
et le PvdA s’interroge lui aussi sur l’utilité de cette discussion. La LPF
par contre soutient les déclarations de Heinsbroek. Le vice-président du
groupe parlementaire Hoogendijk dément
qu’il soit nécessaire de modifier l’accord de gouvernement : ’il
s’agit d’avancer un certain nombre de mesures qui, dans le contexte économique
actuel, sont nécessaires’".

Le Trouw
ironise sur cette entente entre le groupe parlementaire et son ministre :
"Le ministre LPF a discuté à l’avance de son idée avec le groupe,
conduit par son voisin Hoogendijk. Ce type d’entente avec le groupe
parlementaire est un exemple typique de ’la politique à l’ancienne’ que
condamne tant la LPF. La LPF voulait supprimer la ’politique d’arrière
boutique’, mais n’a visiblement pas d’objection contre les
’concertations de jardin’". Le
Trouw concède que "la réaction enthousiaste de Hoogendijk a rappelé
que la LPF nourrit les meilleures intentions concernant l’économie et le
porte-monnaie des consommateurs. Le parti avait bien besoin d’un signal
positif après la chute de Bijlhout, les fantaisies du ministre Bomhoff et ses
nombreuses querelles internes, et alors qu’il enregistre un recul de 11 sièges
dans les sondages".

L’éditorialiste
du Volkskrant constate que "visiblement,
le ministre de l’économie trouve que l’accord de gouvernement est déjà périmé",
et juge "compréhensible" qu’il ne "reçoive guère
de soutien". "L’expérience montre", estime le
quotidien de centre gauche "que les tentatives de relance de l’économie
par des dépenses supplémentaires ou par un allègement des charges peuvent
conduire à des déficits budgétaires ingérables. De plus, dans une économie
ouverte comme celle des Pays-Bas, les effets de cette approche keynésienne
fuient rapidement vers l’étranger.
Mais il y a également d’autres raisons de se montrer réservé sur le
remboursement du ’kwartje (25 cents de taxe sur l’essence) de Kok’ et la
suppression de la taxe foncière. La diminution des taxes sur l’essence aura
tout au plus pour effet une utilisation accrue de la voiture, et une aggravation
des embouteillages : ce n’est pas exactement ce dont l’économie a
besoin. Quant à la suppression de la taxe foncière, elle profitera avant tout
aux propriétaires de maisons chères, qui ne représentent pas le groupe
confronté aux plus gros problèmes de pouvoir d’achat. La LPF et le VVD
veulent peut-être faire plaisir à leur électorat, mais on peut se demander si
celui-ci sera réellement satisfait quant il s’avérera qu’il reste encore
moins d’argent pour résoudre les problèmes de listes d’attente et d’insécurité".

 

Affaires néerlandaises

Groupe
parlementaire LPF

Le Volksksrant croit pouvoir
affirmer que "Les députés
LPF sont mécontents de la manière dont fonctionne Mat Herben". "Un
certain nombre de membres du groupe parlementaire estiment qu’Herben n’a pas
le rayonnement nécessaire à un leader politique. Il serait trop modéré et
trop prompt à accepter des compromis. Selon le secrétaire du groupe,
Joost Eerdmans, ’jusqu’à présent,
Mat a très bien réussi, mais il faut penser à l’avenir. Il y a
d’autres personnalités qui pourraient prendre les commandes". Le
Volkskrant précise qu’ à "la fin du mois, le groupe doit se réunir
pour évoquer l’avenir de la LPF. Herben subit depuis quelques temps déjà
les critiques de son parti".

 

JSF

Le Volkskrant
annonce à la une que "le cours du Dollar fait baisser le prix du JSF".

"La baisse du Dollar permet à
l’Etat néerlandais de bénéficier d’une aubaine financière pour l’achat
du Joint Strike Fighter. Grâce au
faible cours du Dollar, la première phase du développement
du JSF reviendra à environ 70 millions d’Euros de moins
qu’initialement prévu."

 

Affaires internationales

Relation Europe – Etats-Unis

Le NRC de samedi et le Volkskrant de ce
matin consacrent deux grands articles à "l’incompréhension"
entre les Etats-Unis et l’Europe.

Le Volkskrant
résume essentiellement un article paru dans Policy
Review
sous le titre "Power and Weakness, dont il retient plus
particulièrement que "L’Europe et
les Etats-Unis ne se comprennent pas, parlent des langages différents. En définissant
leurs priorités nationales, leurs menaces et les réponses qu’elles appellent,
les Etats-Unis et l’Europe se sont séparés".

Le NRC-Handelsblad
, sous le titre " proches et de
plus en plus étrangers
", réunit l’avis d’experts néerlandais,
français, allemand et américain pour tenter
de cerner les causes de "l’incompréhension" qui s’est
installée entre l’Europe et l’Amérique.

Selon le
sociologue néerlandais Bram De Swaan, "L’amérique n’est plus très
populaire en Europe, l’époque de l’amour aveugle est révolue".
Concernant plus particulièrement les Pays-Bas, le NRC rappelle que "Washington
a également offensé le plus fidèle de ses petits alliés. Les Etats-Unis se réservent
le droit d’envahir la plage de Scheveningen dès que des militaires américains
seront présentés à la Cour Pénale Internationale. Une onde de choc a traversé
les Pays-Bas. Est-ce qu’ils se trouvaient vraiment dégradés par un président
provincial originaire du Texas au rang de Panama de la Mer du Nord ? Au grand dam d’un certain nombre de parlementaires, le
conflit s’est même aggravé cette semaine maintenant que les Américains
exigent des Pays-Bas une déclaration écrite garantissant que les citoyens américains
ne seront jamais présentés devant cette Cour".

Dominique Moïsi
et Karl Lamers (parlementaire CSU) caractérisent en termes généraux ce fossé
croissant : pour le premier, "en Europe, l’anti-américanisme
grandit et en Amérique, l’anti-européanisme grandit. Ce qui est
nouveau, c’est que l’on critique l’autre pour ce qu’il est, et non pas
pour ce qu’il fait"."Les Etats-Unis sont confrontés à
la première épreuve du feu sérieuse depuis la création de l’OTAN",
estime le second.

Karl Lamers
rattache sa réflexion au mythe de l’invulnérabilité : "Pour
les Américains, les attentats du 11 septembre ont constitué un choc, parce que
pour la première fois, ils ont constaté qu’ils étaient vulnérables. Les
Européens savent depuis les mythes d’Achille et de Siegfried que l’invulnérabilité
est sans doute un beau rêve, mais avant tout une illusion. [...]
Maintenant que l’Amérique a été touchée sur son sol, elle se sent
blessée dans son orgueil, dans son identité. Inconsciemment, l’Amérique
essaie de rétablir la situation d’avant le 11 septembre". Le NRC précise
qu’aux yeux du politicien allemand, "c’est
ainsi qu’il faut comprendre les plans d’invasion de l’Irak et de l’Iran.
C’est une réaction compréhensible d’un point de vue psychologique. Un pays
qui a connaît la réussite comme les Etats-Unis part du principe que ce qui et
bon pour l’Amérique est bon pour le monde". "Mais",
ajoute Lamers "cela s’accompagne d’une certaine hystérie".

Pour Dominique
Moïsi, "Les Etats-Unis sont sans doute les leaders du monde, mais ils
ne peuvent pas assumer seuls ce rôle. Ainsi, la contribution des Britanniques
à l’opération militaire en Afghanistan a été essentielle. Mais la question
est de savoir si l’Europe est en mesure de jouer un rôle international plus
important. Il en doute. L’Europe et l’Amérique sont sans doute embarquées
sur le même bateau, mais il y a un seul capitaine aux commandes, qui fait
savoir qu’il est ’le boss’".
"C’est lui qui a toujours raison, et qui dispose des moyens de
vaincre la tempête", déclare Moïsi. L’Europe n’est rien de
plus qu’un observateur intéressé. Les pays d’Europe de l’Ouest sont
divisés, qu’il s’agisse des Balkans ou du Moyen-Orient. L’Union Européenne
ne parvient pas à mettre en place sa propre politique étrangère et de défense,
faute de volonté politique. Selon Moïsi, la France a une attitude parfaitement
"schizophrène" vis-à-vis des Etats-Unis. Ils se heurtent régulièrement,
parce que les deux pays se trouvent chacun exceptionnel et universel. [....]
L’hégémonie américaine est d’autant plus forte que l’Europe est faible,
déclare Moïsi. Les Etats-Unis fonctionnent
’comme un miroir, qui fait douloureusement apparaître nos faiblesses
et nos contradictions politiques’. L’Union Européenne ne peut pas éternellement
compter sur la protection américaine" .

Le NRC ajoute
enfin les commentaires "exceptionnellement durs pour un politicien
allemand" de Karl Lamers sur la politique israélienne : "Etant
donné leur relation historique délicate,
l’Allemagne soutient Israël, mais plus en dehors de toute critique.
Lamers trouve que l’Amérique se ’laisse tropmonter la tête par le
leader israélien Sharon, un homme qui utilise un vocabulaire douteux, parle
d’Unmenschen, de liquidation et d’élimination.
Sharon a transformé Bush en marionnette’. Cela n’ouvre pas la voie de la
paix".

 

Affaires françaises

Le Telegraaf prend note de l’augmentation
du salaire des ministres français..

L’Algemeen Dagblad explique à ses
lecteurs comment ouvrir son camping en France

Le Trouw enfin, sous le
titre "Une cellule à Lyon",
publie un article du journaliste sportif Mart Smeets, qui s’émeut de
l’arrestation de Mme Rumsas, l’épouse du coureur lituanien arrêtée
en possession de produits dopants, et
s’exprime en termes critiques sur la police et la justice françaises. Tout en
précisant qu’il ne cherche pas à disculper madame Rumsas, il rappelle
l’affaire TVM , qui a ses yeux "n’a presque rien donné",
mais correspondait surtout à une "volonté de la police et de la
justice de Lyon de donner une leçonà ces trafiquants de produits dopants".

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