Presse néerlandaise du lundi 6 février 2012

Trouw (chrétien progressiste) : Le dictateur [Assad] a des amis.

De Volkskrant (centre gauche) : La seizième Course des Onze Villes [sur la glace] semble plus probable que jamais.

AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : La fièvre de la Course des Onze Villes.

De Telegraaf (populaire) : La Course en vue !

Het Financieele Dagblad : Pas de commissaires supplémentaires au Conseil de TNT.

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ACTUALITE INTERNATIONALE

Uri Rosenthal /diplomatie économique

« Le ministre des Affaires étrangères, Uri Rosenthal, a rejeté les critiques selon lesquelles il serait plus préoccupé par l’intérêt économique des Pays-Bas que par les droits de l’homme ». Pendant des débats, organisés par le Volkskrant au centre De Rode Hoed à Amsterdam, Ko Colijn, directeur de l’institut néerlandais de relations internationales Clingendael, lui a fait part de son impression que le ministre « préfère mettre de l’eau dans son vin dans des pays comme la Chine où les entreprises néerlandaises espèrent trouver des monts et merveilles ». Le Volkskrant remarque à ce propos « que le ministre a déjà reçu des reproches venant de l’intérieur et de l’extérieur de la Deuxième Chambre selon lesquelles il préfèrerait exporter des tulipes en Chine plutôt que de discerner le prix néerlandais ‘la tulipe des droits de l’homme’ à une activiste chinoise ». Uri Rosenthal a répondu qu’il a bien demandé des comptes à la Chine mais que les Pays-Bas jouent un rôle relativement petit. « Nous devons faire preuve d’une certaine modestie ». Le quotidien précise que « Cette semaine, le ministre débattra avec les parlementaires sur la situation des droits de l’homme dans les pays arabes où d’énormes changements ont eu lieu en 2011. En Tunisie et en Egypte, il voit une évolution vers la démocratie : ‘Bien entendu, il y a un courant sous-jacent islamiste fort mais je ne vois pas apparaître une théocratie comme en Iran’. Rosenthal promet de juger les nouveaux dirigeants sur leurs actes. La non-violence est une condition pour pouvoir conclure des accords.
Il estime que la Syrie est différente, avec une ‘situation qui a dramatiquement empiré’. » A la question de l’ancienne diplomate et spécialiste du monde arabe Petra Stienen, qui demandait comment le ministre pense soutenir l’opposition contre le président Assad, le ministre « admet que la division au sein de l’opposition et la non-visibilité de beaucoup d’adversaires du régime syrien forment un obstacle. Il serait plus en faveur de sanctions et revendique même un rôle moteur pour les Pays-Bas ». Dans ce contexte, M. Rosenthal écrit une tribune publiée par le Volkskrant de samedi sous le titre « Les révolutions arabes donnent lieu à un optimisme modéré ».

AFFAIRES EUROPEENNES

Agences d’intérim malhonnêtes

Le Telegraaf note que le CDA (chrétien-démocrate) exige du ministre des Affaires Sociales, Henk Kamp, que celui-ci intervienne plus énergiquement contre les agences d’intérim malhonnêtes et ferme celles qui font travailler de la main-d’œuvre d’Europe de l’Est et d’Europe centrale pour un salaire bien inférieur au salaire minimum néerlandais. Le député CDA, Eddy van Hijum, a demandé au ministre d’examiner la possibilité d’appliquer les accords collectifs de branche (cao). Actuellement le personnel intérimaire de ces agences est souvent payé selon les conditions de travail de leur pays d’origine. » Le journal précise qu’ « une commission parlementaire sur l’immigration professionnelle avait estimé que 5 à 6000 agences malhonnêtes sont actives aux Pays-Bas. Leur main-d’œuvre est souvent exploitée et mal hébergée et travaille dans de mauvaises conditions. »

ACTUALITE INTERIEURE

Equilibres politiques

Le Volkskrant et le Financieele Dagbald placent les débats récents sur la déduction fiscale des intérêts d’emprunts immobiliers et les mesures annoncées par le gouvernement dans le domaine de la sécurité et de la justice dans la perspective des négociations de mars prochain sur les mesures d’austérité supplémentaires qui seront nécessaires pour ramener le déficit budgétaire à moins de 3% du PNB.
« Une gourmandise par semaine pour Wilders », titre le Volkskarnt de samedi : « Les mesures concernant l’interdiction de la burqa, l’introduction de peines minima ou la lutte contre les délinquants étrangers que vient d’annoncer le gouvernement montrent que le partenaire de soutien de la coalition [PVV] est important et qu’on lui obéit au doigt et à l’œil sur les questions d’immigration, de justice et d’ordre public. En effet, beaucoup de mesures douloureuses devront être prises, qui n’apporteront rien de positif à Wilders. (…) Et si Wilders a des problèmes, la coalition a des problèmes ».
Le Financieele dagblad revient pour sa part sur le début de discussion sur la déduction des intérêts d’emprunts immobiliers pour constater que le PVV a fait en sorte que ce débat cesse très rapidement : « En veillant à sanctuariser cette déduction fiscale, ce parti s’assure le soutien d’une bonne partie de l’électorat. (…) Wilders s’est parfaitement positionné pour la prochaine élection, pour le cas où celle-ci interviendrait plus tôt que prévu. Il peut ainsi affronter confortablement les discussions sur les prochaines mesures d’austérité. (…) Le gouvernement minoritaire ne doit en effet pas compter sur le soutien de l’opposition. Les leaders du PvdA, de GroenLinks et du D66 l’ont déjà fait savoir. Rutte (VVD), Verhagen (CDA) et le PVV doivent donc trouver ensemble une solution. Le chef de file du PVV est confronté à un choix important : il peut faire la preuve de son sens des responsabilités et coopérer loyalement à des mesures douloureuses. Ou bien il estime que ses électeurs vont déserter et rejoindre le PVV et le VVD. En tout cas, il a déjà couvert ses arrières ».
Le leader du parti démocrate libéral (D66), Alexander Pechtold, vient de publier un recueil d’entretiens sous le titre « Henk, Ingrid et Alexander », les deux premiers prénoms symbolisant les électeurs du PVV. « Pechtold est allergique au PPV et au populisme de Wilders », explique le Financieele Dagblad. « Durant cinq ans, il a attaqué le PVV sur tous les fronts. L’an dernier, il a opté pour une autre voie : il a longuement interviewé treize électeurs du PVV. Il en tire diverses conclusions : ‘Henk et Ingrid’ n’existent pas. Le PVV est un large parti populaire. Ses électeurs viennent de tous les horizons : des libéraux (VVD) qui trouvent que les impôts sont trop élevés et les sanctions trop légères, des travaillistes (PvdA) préoccupés par la qualité du secteur des soins et par leur emploi et leur revenu, des chrétiens (CDA – SGP) qui acceptent mal l’Islam et enfin un groupe d’électeurs qui a retrouvé le chemin des urnes huit ans après l’assassinat de Pim Fortuyn. (…) Comme il se doit dans un large parti populaire, le PVV représente des intérêts contradictoires : plus d’éducation, plus de soins, plus de sécurité, mais moins d’impôts. Les électeurs du PVV attendent beaucoup de la politique, qui ‘doit résoudre leurs problèmes. Comme cela n’a pas été le cas depuis des années, ils sont extrêmement déçus. Leur voix est essentiellement une voix ‘contre’ d’autres partis politiques. (…) Les responsables politiques devraient avoir le courage de dire qu’ils ne peuvent pas résoudre tous les problèmes. Il est en tout cas certain que les populistes ne le peuvent pas. Ils formulent des propositions irréalisables, comme une exigence de réduction de 50% des immigrants non-occidentaux. (…) Il est rare que les électeurs de Wilders abordent spontanément la question de l’islam. On ne peut pas imputer leur malaise à de la xénophobie ou de l’islamophobie. Les préoccupations de mes interlocuteurs étaient essentiellement d’ordre socio-économique. Pour eux, les priorités sont l’emploi, le revenu et la santé’ ». (voir également l’interview d’Alexander Pechtold dans le Volkskrant du 04.02 – pp.10-11)

PVV/port de la burqa

Le Volkskrant et le Trouw relèvent que « le PVV veut que la police donne systématiquement une amende pour le port de la burqa ». Dimanche, dans le programme télévisé ‘Eva Jinek op Zondag’, le chef de la police d’Amsterdam a déclaré que « les agents de police, comme d’habitude, évalueront au cas par cas s’ils donneront seulement un avertissement ou une amende ». En réaction, le député PVV Van Klaveren, a demandé par écrit des explications au ministre de la Sécurité et de la Justice, M. Opstelten, et à la ministre des Affaires intérieures, Mme Spies. « Le PVV exige que la police d’Amsterdam distribue dans tous les cas des amendes ».

LA FRANCE DANS LA PRESSE NEERLANDAISE

- Le Financieele Dagblad de samedi (pp. 12-13) relève que « Sarkozy embrasse l’approche allemande pour l’économie française, mais se heurte au scepticisme ».
- Le Trouw note que « Soudain, Sarkozy sauve les emplois des travailleuses [Lejaby] ».
- Le Trouw se demande, dans son supplément Verdieping : « Sarkozy peut-il encore gagner l’élection ? ».
- Le Trouw de samedi consacre dans son supplément un article sur le départ de Monseigneur François Bacqué qui a représenté pendant dix ans le Vatican aux Pays-Bas. Il sera remplacé par Monseigneur André Dupuy.

A SIGNALER

Sous le titre « Les Néerlandais ne parlent pas assez l’allemand », le Telegraaf annonce une initiative conjointe d’un industriel d’origine allemande, de l’Institut Goethe, d’un certain nombre de personnalités du spectacle et de la politique (notamment le député PvdA Frans Timmermans), du syndicat patronal VNO-NCW, de la direction du port de Rotterdam et de l’importateur BMW Nederland pour encourager les Néerlandais à apprendre l’allemand. Les « ambassadeurs » de Mach mit ! (Toi aussi !) doivent leur faire comprendre que « la maîtrise de cette langue est cruciale » et que « leurs défaillances linguistiques font perdre chaque année des milliards d’Euros aux Pays-Bas ». (Telegraaf p.17)

Cette revue de presse ne prétend pas à l’exhaustivité et ne reflète que des commentaires ou analyses parus dans la presse néerlandaise, qui n’engagent en rien le point de vue propre de l’ambassade de France aux Pays-Bas.

Dernière modification : 06/02/2012

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