Presse néerlandaise du lundi 6 octobre 2008

"La qualité de la filière scolaire VWO [enseignement préuniversitaire] laisse beaucoup à désirer", selon le journal à grand tirage AD. "Les résultats des élèves sont mauvais dans 15 pour cent de ces établissements. Les performances des écoles VWO sont de ce fait inférieures à celles des filières VMBO [enseignement professionnel préparatoire] et HAVO [enseignement général court]. C’est ce que l’AD conclut sur la base du tour d’horizon de l’Inspection scolaire. L’Inspection examine chaque année le rendement des plus de mille établissements secondaires, sur la base du nombre de redoublants et des résultats aux examens."

Trouw (chrétien progressiste) : "Pas de réponse européenne à la crise – Les quatre grandes économies veulent sauver leurs propres banques et citoyens", "Il est typiquement néerlandais de proférer des injures sur les sites d’informations"

de Volkskrant (centre gauche) : "L’Europe en panique cherche une issue à la crise", "Immédiatement après le débat parlementaire, une délégation lourde prend l’avion pour Bruxelles" (reprise de Fortis Nederland et ABN Amro), "BNP Paribas achète 75 pour cent de la branche belge de Fortis"

AD Haagsche Courant : "Mauvaises performances dans la filière VWO – L’Inspection : Risque d’échec dans les écoles supérieures et à l’université", "Le reste de Fortis va à une banque française"

De Telegraaf (populaire) : "Déménagements en masse à cause des voisins – Les trois quarts sont dus à des querelles et des irritations", "La Belgique devient un mini-Etat bancaire"

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Actualité internationale

Union européenne : crise financière

" Les institutions financières en difficulté peuvent escompter une aide ", écrit la rédaction étrangère du Trouw à la une. " Seulement, elle ne viendra pas d’un fond européen ou de quelque chose de similaire . Cette idée, lancée par les Pays-Bas et la France, s’est heurtée jeudi à l’opposition de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne . La France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et l’Italie soutiendront les banques avec des moyens nationaux, si nécessaire. Ces pays ont promis de se concerter dans ce cadre, mais finalement c’est chacun pour soi."

"Chaque pays suivra sa propre voie et l’eurocommissaire Kroes (Concurrence) devra juger rétrospectivement si c’est permis. Elle donne provisoirement le feu vert à l’accord sur Fortis intervenu vendredi dernier. Mais la mesure du gouvernement irlandais visant à garantir toute l’épargne de six grandes banques irlandaises sera adaptée, a-t-elle dit hier. La Grande-Bretagne, notamment, craint que les épargnants, par les temps qui courent, ne déposent leur argent en masse dans des banques irlandaises. Ainsi, la mesure de sauvetage d’un pays crée un problème pour les banques d’autres pays."

" La France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et l’Italie ont par ailleurs exprimé à Paris l’intention de ne pas épargner les directeurs de banque défaillants si leur banque bénéficie d’un soutien d’Etat . Sarkozy, surtout, avait insisté sur ce point. Sous la pression du gouvernement français, un grand patron de Dexia (sauvée la semaine dernière par la France et la Belgique) a non seulement dû démissionner mais aussi renoncer à son parachute doré. Et l’hôte Sarkozy a répété sa proposition de tenir un sommet international pour donner ’un nouveau fondement au système financier’."

" Le fait que les leaders des plus grandes économies européennes n’ont pas pu formuler une stratégie montre une fois de plus que l’Union européenne est encore loin d’être l’autorité économique et politique qu’elle veut être . Il faut voir si l’union économique et monétaire soigneusement construite pourra survivre à cette tempête financière."

" Les institutions financières en difficulté doivent être soutenues ", relève le Volkskrant (p.4) de son côté. " Chaque pays peut le faire à sa manière, mais toujours dans le cadre d’une concertation au sein de l’Union européenne . C’est ainsi que le président français Nicolas Sarkozy a résumé la concertation d’urgence qu’il a eu samedi avec ses collègues d’Angleterre, d’Italie et d’Allemagne et avec le président de la Banque centrale européenne. Le mini-sommet européen a ainsi débouché sur plus d’unanimité qu’on n’en avait attendu. L’Allemagne, qui semblait hésiter à intervenir, s’est ainsi rapprochée un peu plus de la position de la France et de l’Italie, où les autorités ont effectué de fortes injections de capital."

" Le premier ministre Jan Peter Balkenende s’est placé sous les projecteurs la semaine dernière, en lançant un plan néerlandais d’approche européenne ", remarque Martin Visser dans le Financieele Dagblad (p.3). "Il veut que chaque pays réserve 3 pour cent de son produit intérieur brut pour les banques en péril et que les 27 pays de l’UE réagissent de la même manière aux problèmes financiers." " Les idées de Balkenende sont sympathiques . Elles sont à mi-chemin entre le souhait allemand de ne pas agir en commun et la tendance française à la centralisation. Mais avec la récente nationalisation de Fortis Nederland, les arguments de Balkenende sonnent autrement, avec effet rétroactif. ’Nous devons éviter de créer une position nationale’, a dit le premier ministre néerlandais jeudi dernier. Il craint que chaque pays ne se retire à l’intérieur de ses frontières et lutte contre la crise selon ses propres méthodes, quels que soient les effets secondaires dans d’autres pays."

"Mais comment faut-il comprendre maintenant les arguments de Balkenende à la lumière de la scission de Fortis ? En détachant la partie néerlandaise ont créait une entreprise saine, selon le ministre des Finances Wouter Bos, parce que les problèmes financiers restent dans la partie belge de la banque."

Commentaires

" Les Pays-Bas paient un prix politique élevé pour la nationalisation de Fortis ", fait valoir l’éditorialiste du Trouw. "Le ministre des Finances Bos a justifié sa reprise en arguant que les Pays-Bas avaient acheté la partie saine de Fortis. Bos a dit simultanément que la partie belge de Fortis est malade ; il a même parlé de risque de contamination. Les Belges sont furieux, ce qui est compréhensible . L’objectif primordial de cette ingérence d’Etat était le rétablissement de la confiance. Le gouvernement l’a réduit au rétablissement de la confiance dans la partie néerlandaise de Fortis."

"L’histoire apprendra si les Belges le doivent à eux-mêmes, dans les négociations avec les Pays-Bas, ou si Bos, Balkenende et le président de la DNB Wellink ont choisi de sauver leur propre peau. Mais le signal qui s’en dégage est clair : les pays d’Europe ne sont pas en mesure de résoudre ensemble des crises comme celle-ci . C’est un signal préoccupant car la crise du crédit est trop grande pour laisser chaque pays chercher sa propre solution."

Pour le commentateur du Telegraaf, " les larmes de crocodile des Belges viennent au moment où ils se rendent compte eux aussi que leur pays, dans le monde bancaire, est devenu un nain ". " Ce ne sont pas le gouvernement et le secteur financier néerlandais qui sont responsables de la navrante déconfiture de Fortis . C’est la conséquence d’une crise financière mondiale et de la témérité des banquiers de Fortis." "Lorsque Fortis, il y a moins de deux ans, a dépensé 24 milliards d’euros pour reprendre ABN Amro, on a applaudi en Belgique. Ces applaudissements ont cessé maintenant que la folie des grandeurs de l’époque se trouve sanctionnée."

Actualité intérieure

Demandeurs d’asile déboutés

Le Trouw (p.5) de samedi et le Volkskrant (p.5) de ce matin rendent compte de la suggestion du député CDA Wim van de Camp d’accélérer le rapatriement des clandestins et des demandeurs d’asile en fin de procédure, en leur donnant un "chèque de départ" de l’ordre de deux mille euros, endossable uniquement dans leur pays d’origine. "Actuellement, 45 pour cent des demandeurs d’asile déboutés repartent, en partie de leur propre gré, en partie par la contrainte", rappelle le Volkskrant. "Van de Camp pense pouvoir obtenir un meilleur résultat en investissant 10 millions d’euros. ’Cela doit être possible sur le budget de milliards d’euros du ministre Koenders (Coopération)’."

"Selon Van de Camp, le gouvernement n’est pas hostile à son projet. Cinq responsables concernés en parlent déjà depuis un an, selon lui. ’Mais cela n’avance pas. Je veux surtout que Koenders, Verhagen et Heemskerk concluent de nouveaux accords de rapatriement’."

Le Telegraaf (p.3) précise que le député Van de Camp en a assez des "nouvelles données" présentées jusqu’au dernier moment par les demandeurs d’asile, pour retarder leur rapatriement. Il veut qu’ils ne puissent plus apporter de nouveaux éléments qu’une seule fois. Selon le quotidien à grand tirage, "le Service Rapatriement Départ (DTV) a fait savoir récemment qu’il arrive même que des demandeurs d’asile déboutés présentent encore de ’nouvelles’ données sur la passerelle de l’avion, de sorte qu’on réexamine leur demande."

Affaires françaises

Dans une analyse publiée dans le Volkskrant (p.5) de samedi, le correspondant Ariejan Korteweg évoque "le dynamisme de Sarkozy au service de l’UE". "Sarkozy présente l’Union européenne comme une vraie grande puissance. La crise du crédit lui en donne la possibilité." "Le plus surprenant est qu’il semble mettre son dynamisme au service de l’Europe aussi bien que de la France. L’UE, par ces temps agités, aurait pu avoir une moins bonne présidence."

Ce matin, le Volkskrant (p.7) rappelle que la Citroën 2CV a été lancée le 7 octobre 1948 ; "les Français en raffolent toujours."

Sur le plan touristique, on notera des articles sur les sports d’hivers dans le Volkskrant et l’AD de samedi.

Dernière modification : 26/11/2008

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