Presse néerlandaise du lundi 6 octobre 2003

Le dossier
Mabel Wisse Smit a fait quatre grands titres samedi et il reste à la une ce matin. Un
capitaine de yacht sponsorisé à l’époque par Klaas Bruinsma, un professeur de droit
pénal qui a étudié son organisation criminelle et deux proches du gangster
interviennent comme témoins à décharge de Mabel. Mais les prétendues révélations
d’un ancien garde du corps semblent tout de même avoir fait leur effet sur le grand
public : selon un sondage d’opinion Maurice de Hond pour la télévision SBS 6,
70 % des Néerlandais pensent que Mabel ment sur son passé et plus de 50 %
souhaitent que la Deuxième Chambre n’autorise pas le mariage de Johan Friso et Mabel, de
sorte que le couple, le cas échéant, ne pourra pas faire valoir de droit à la
succession au trône.

de Volkskrant  : "’Wisse Smit n’avait pas de
liaison avec Bruinsma’ – Selon le capitaine Jochem Visser, Mabel fréquentait un
membre de l’équipage du yacht de course Amsterdamed, Klaas avait ’une autre dame’ à
l’époque", "Israël attaque une cible en Syrie", "Le chiffre
d’affaires de l’hôtellerie-restauration d’Amsterdam chute d’environ 30 pour cent"

Trouw  : "Israël attaque des cibles en
Syrie après un attentat", "’Le meurtre d’Arafat déchaînerait une
catastrophe’" (reportage de Tel Aviv), "Pression croissante sur Beatrix dans la
question Mabel"

Algemeen Dagblad  : "’Les cours de normes ne
servent à rien’ – Recommandation au gouvernement : Les ’bons exemples’
profitent davantage aux jeunes", "Israël attaque une cible dans l’Ouest de la
Syrie", "Les orangistes ne veulent pas de Mabel"

De Telegraaf  : "Attentat contre le car d’Ajax
Le onze et les clients de l’hôtel
échappent à la mort
", "Israël bombarde des cibles en Syrie – Réunion d’urgence du Conseil de Sécurité"

* * *

Actualité
internationale

Union européenne : Conférence
intergouvernementale

La Conférence intergouvernementale
qui a commencé à Rome, samedi, fait l’objet d’une couverture de presse factuelle dans
tous les quotidiens.

" La présidence italienne de l’UE a dû renoncer à
limiter le débat sur la Constitution européenne à quelques thèmes
", rapporte
Bert Schampers dans le Trouw (p.5). "Les
chefs d’Etat et de gouvernement et leurs ministres des Affaires étrangères veulent tout
négocier les prochains mois, ainsi qu’il s’est avéré au début de la concertation sur
la Constitution, samedi. On dressera l’inventaire des objections de chaque pays pour
chaque thème."

" Les Pays-Bas ont enregistré un petit succès au
début des négociations
. Il n’y aura pas
d’assemblée législative mettant hors-jeu les ministres techniques d’Europe
[conseil
législatif C’était l’une des propositions
de la Convention européenne de Giscard d’Estaing, qui a rédigé le projet de
Constitution. Mais selon La Haye, l’assemblée législative aurait donné trop de pouvoir
aux ministres qui s’occupent des affaires européennes, alors que les ministres techniques
n’auraient plus eu grand-chose à dire. A Rome, il s’est avéré que la plupart des pays
n’y étaient pas favorables, après quoi on a supprimé cette proposition."

"Les
points avancés au début des négociations de Rome allaient d’objections contre et de
plaidoyers pour une référence à Dieu dans le préambule de la Constitution, à des
thèmes comme la pondération des voix."

" Pour le gouvernement néerlandais, il importe toujours
de faire référence aux traditions judéo-chrétiennes
. Mais le premier ministre Balkenende n’a pas tenu
compte de l’appel du VVD et du CDA à plaider en faveur d’un commissaire à part entière
au sein de la Commission européenne
. Les
Pays-Bas s’en tiennent à la proposition du Benelux’, a déclaré le ministre des Affaires
étrangères De Hoop Scheffer
. Cette proposition vise à donner un commissaire à
chaque pays, mais sans qu’ils aient tous le droit de vote. Le droit de vote doit cependant
tourner entre tous les Etats membres" (également de Volkskrant p.5, Algemeen Dagblad p.5, De Telegraaf p.5).

" L’Union européenne reste une abstraction pour
beaucoup de citoyens
", souligne le Trouw
de samedi dans un éditorial. " La nouvelle
Constitution européenne dont on débat maintenant doit rapprocher l’Union des citoyens
."
Le journal chrétien progressiste craint que les "souhaits et intérêts" des
Etats membres ne mettent à mal le compromis existant et n’introduisent de nouvelles
contradictions.

"Si l’on veut que l’UE parle aux
citoyens, à l’avenir, la clarté et l’efficacité doivent avoir la priorité. L’approche néerlandaise témoigne à cet égard d’une
vision quelque peu limitée
. On discute de la question de savoir si notre pays doit
exiger son propre commissaire et il y a des doutes ’pragmatiques’ sur les tâches des
nouveaux visages de l’UE. Mais en fait, c’est
surtout la réduction de la contribution financière néerlandaise qui est prioritaire
.
La discussion se réduit ainsi à un calcul des coûts et des bénéfices venant des
caisses de l’UE. Pas un mot sur le profit que les
Pays-Bas tirent du marché intérieur et sur ce qu’ils pourront encore gagner avec
l’élargissement
révolutionnaire à une centaine de millions de nouveaux citoyens,
l’an prochain. De la façon dont on parle
maintenant de l’UE, le projet européen ne passionnera jamais les Néerlandais
."

Pays-Bas – Afghanistan

Les Pays-Bas sont disposés à fournir
des militaires pour des projets civils de reconstruction de l’Afghanistan
. C’est ce que le ministre de la
Défense Kamp a fait savoir à son homologue allemand Struck, lors d’une réunion des
ministres européens de la Défense, à Rome. L’Allemagne veut jouer un rôle de leader
dans le cadre des projets de reconstruction de l’Afghanistan et elle a demandé le soutien
d’autres pays. On ne sait pas encore quelle forme la participation néerlandaise pourrait
prendre ( Trouw p.5).

 

Actualité
intérieure

Election des maires

" Selon le leader PvdA Wouter Bos, les maires que les
citoyens pourront élire à partir de 2006 risquent d’être des ’maires bidon’ sans
compétences
", relève le Trouw
(p.4). "’Si nous voulons laisser aux gens davantage d’influence sur leur futur maire,
il faut qu’il ait vraiment quelque chose à dire. Car un vote pour un maire bidon est un
vote plus ou moins perdu. On risque ainsi de faire croître la frustration démocratique.’
C’est ce que Bos a déclaré le week-end dernier à Tilburg, lors d’une réunion PvdA avec
des politiques régionaux et municipaux, à la suite des propositions du ministre De Graaf
concernant l’élection des maires."

" Le leader PvdA a annoncé que son groupe parlementaire
a rompu avec son propre programme électoral et qu’il vise désormais à l’élection
directe du maire par la population
. Dans son
programme électoral, le PvdA prônait encore l’élection du maire par le conseil
municipal
."

"Outre les ’principes
démocratiques’, l’expérience concrète des maires et la préférence manifestée par les
électeurs pour le maire élu directement, Bos a avancé comme argument qu’avec ce
changement de cap, le PvdA acquiert plus d’influence sur la discussion sur l’élection du
maire. De Graaf ne pourra faire le prochain
pas vers l’élection des maires que lorsque leur nomination aura été rayée de la
Constitution. Cette modification de la Constitution, déjà introduite par le deuxième
gouvernement Kok, figure maintenant au calendrier de la Deuxième Chambre et elle ne
pourra bénéficier de la majorité de deux tiers requise qu’avec le soutien du
PvdA."

L’ Algemeen Dagblad (p.5) note que, selon le CDA, il
ne faut pas licencier les maires nommés en masse, en 2006. Le député CDA Verhagen
propose de les laisser boucler leur mandat, avant de faire élire un successeur. Il craint
que plus personne ne soit candidat à un poste de maire d’ici 2006.

" Le ministre de la Rénovation Administrative De Graaf risque d’être victime de sa propre diligence ",
estime le Volkskrant (p.3) dans une analyse.
"En voulant introduire le maire élu directement dès 2006, il court le risque de se retrouvera dans un marais
constitutionnel, car il ne faudra pas une modification de la Constitution, mais deux
."

La première concerne évidemment
l’article disant que le maire est nommé par la Couronne, la seconde celui disant que le
maire préside le conseil municipal. "Cela implique que le maire doit faire
prévaloir les intérêts du conseil municipal sur ceux du collège du maire et des
échevins. Cette double vocation est déjà délicate maintenant : le maire appartient à
la fois au pouvoir exécutif, le collège, et au pouvoir contrôleur, le conseil
municipal." "Le conseil doit élire son propre président. Cela exige une
nouvelle modification de la Constitution, avec deux tours de scrutin dans les deux
Chambres des Etats Généraux. Cela peut bien
prendre six ou sept ans
."

Liste Pim Fortuyn

" La principale raison de la démission des membres de
la direction de la LPF Ed Maas et Oscar Hammerstein est une vive querelle avec Marten
Fortuyn
, le frère aîné de Pim", rapporte le Volkskrant (p.2). "Maas et Hammerstein disent
avoir ressenti les critiques exprimées ouvertement par Marten à l’adresse de la
direction du parti, les derniers mois, comme un coup de couteau dans le dos. Ils
soupçonnent Fortuyn de vouloir faire partie lui-même de la direction et font savoir
qu’ils quitteront immédiatement le parti si tel est le cas. Une nouvelle scission des
cadres LPF menace."

Le Trouw (p.3) signale la fondation par quelques
ex-LPF d’un nouveau parti national : la Fortuynistische Volks Partij (FVP). La FVP a
l’intention de se présenter aux élections législatives, dans trois ans.

Maij-Weggen

Le Telegraaf (p.3) de samedi rend compte de
l’installation de Hanja Maij-Weggen comme Commissaire de la Reine au Brabant du Nord,
vendredi. A l’issue de son installation, elle a déclaré vouloir poursuivre la ligne
politique de son prédécesseur Houben, en accordant une grande priorité à la
sécurité.

 

Economie, Finances

Air France – KLM

"La
reprise de KLM par Air France est aussi allée droit au cœur du PDG Leo
vanWijk", rapporte le Telegraaf (p.37) de
samedi. "’Je ne peux pas nier que nous aurions aimé continuer en tant que compagnie
indépendante. Mais nous ne devons pas laisser les émotions dominer les affaires,’
affirme le président de KLM après une tournée à New York et Paris, en 24 heures, pour
donner des explications aux investisseurs et aux analystes. ’La réalité réclamait un
autre cap. L’accord avec Air France, après 21 mois de négociations, est la meilleure
transaction imaginable, c’est la conviction de la direction tout entière’."

"Le
déclin de Fokker est le grand cauchemar de Van Wijk. L’avionneur refusait de renoncer à
son indépendance et ne réagissait pas aux invitations répétées à se rallier au
paneuropéen Airbus. Van Wijk : ’Il est évidemment facile de juger par après, mais cette
stratégie a causé leur déclin. Il ne fallait pas que KLM devienne un Fokker et c’est
pourquoi nous sommes maintenant la première compagnie aérienne à prendre cette
décision’."

"De nouveaux regroupements sont
inévitables, selon le patron de KLM, étant donné que l’Europe compte toujours une
quarantaine de compagnies aériennes. ’Du fait que nous sommes l’une des premières à
participer, nous pourrons orienter l’avenir de la nouvelle compagnie. On prévoit que
d’autres entreprises voudront rejoindre Air France – KLM, songez à Alitalia’."

Dans le NRC Handelsblad de samedi (p.29), Pieter Kottman rapporte les explications du
chercheur interculturel Jacques Pateau (Université de Compiègne) sur les
"différences de culture" entre Français et Néerlandais, beaucoup plus
importantes, à son avis, que les accords financiers pour l’avenir. "Le roi et le
négociant – Comment Français rêveurs et Néerlandais efficaces peuvent
coopérer".

Et n’oublions pas les nombreux
articles "nostalgiques" ou désapprobateurs qui paraissent régulièrement
depuis l’annonce de la reprise, comme ce commentaire de l’hebdomadaire conservateur Elsevier intitulé : "Bradé"

 

Affaires
françaises 

Le NRC Handelsblad (p.4) de samedi contient un
petit reportage d’Abidjan sur la présence française en Côte d’Ivoire et l’Opération
Licorne. "Nous voulons absolument réussir cette mission", cite Pauline Bax de
la bouche d’un "haut diplomate français".

Ce matin, le Volkskrant (p.5) rend compte de l’appel lancé au
président Chirac par le groupe d’action Ni putes, ni soumises, pour qu’il fasse une
"cause nationale" des droits des femmes des banlieues.

 

b
style="mso-bidi-font-weight :
normal">A signaler :

Une interview de Shashi Tharoor,
vice-secrétaire général des Nations Unies, qui explique qu’il faut réformer l’ONU
après la crise irakienne, pour prévenir de nouvelles offensives unilatérales et
conserver la crédibilité de l’organisation. "L’ONU reste fondamentalement
pertinente ! Il y a une belle histoire à propos d’Adam et d’Eve au Paradis. Adam trouve
qu’Eve devient un peu indifférente. Et donc il lui demande : ’Eve, est-ce qu’il y a
quelqu’un d’autre ?’ On peut poser la même question à propos de l’ONU : y a-t-il
une autre organisation qui lie tous les peuples du monde entier ? Il n’y a pas
d’alternative."

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