Presse néerlandaise du lundi 7 mai 2012

Trouw (chrétien progressiste) : Les électeurs règlent leur compte avec le pouvoir en place.

De Volkskrant (centre gauche) : Les élections portent un coup dur à l’Europe.

AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : Hollande nouveau président français.

De Telegraaf (populaire) : La zone euro grince.

Het Financieele Dagblad : Une grande incertitude après les élections françaises et grecques.

NRC-Handelsblad (samedi) : [Le président du syndicat patronal néerlandais à propos des Pays-Bas] Bernard Wientjes : ce pays n’est pas gouverné par l’élite.

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AFFAIRES EUROPEENNES

Elections en France et en Grèce

Excepté le NRC-Handelsblad, dont l’édition du lundi ne paraît que l’après-midi, tous les grands quotidiens consacrent ce matin leur une et plusieurs pages intérieures aux résultats des élections françaises et grecques. Le Volkskrant note : « L’Europe a reçu un coup dur dimanche lors des élections grecques et françaises. Les électeurs grecs ont sanctionné sévèrement les partis gouvernementaux pour les restrictions budgétaires impitoyables qu’ils mettent en œuvre sur l’ordre de l’UE et du FMI. En même temps, le socialiste François Hollande, qui émet également des réserves à l’égard d’économies trop poussées, gagne les élections présidentielles ».
Le Trouw relève que « les Français renvoient Sarkozy, les Grecs laissent tomber les partis du centre et Merkel se trouvera bien seule ». Le quotidien se demande : « A quel point les vainqueurs – surtout François Hollande - peuvent-ils s’estimer heureux ? C’est maintenant leur tour de tenir tête à la crise. La confrontation avec la chancelière allemande, Angela Merkel, promet d’être l’épreuve la plus importante et la plus dure. Est-ce que la dirigeante la plus puissante de l’Europe lâchera du lest ? Hollande ne cherche pas un grand changement. Il souhaite un ajustement du traitement de la crise en ajoutant la croissance aux priorités économiques. Il n’est pas le seul. Le Premier ministre italien Mario Monti insiste également pour prêter plus d’attention à la croissance dans le traité budgétaire, tout comme le président de la BCE, Mario Draghi. Mais la réalité économique sous forme d’une dette d’Etat de 90% du PIB offre peu de marges de manœuvre à Hollande. Il ne peut pas se permettre de devenir l’anti-Merkel de l’UE. L’euro est trop fragile et dépend trop de l’harmonie entre la France et l’Allemagne. Angela Merkel, de son côté, ne peut pas se permettre de négliger l’appel des électeurs européens à davantage de perspective de croissance. Le risque d’un refoulement des partis du centre par des courants extrêmes est trop grand. »

L’AD note que « Les Français en ont assez des coupes budgétaires que leur a imposés le président actuel. En Grèce aussi, les électeurs ont sanctionné durement le pouvoir en place. En raison des victoires électorales, l’approche européenne de la crise de l’euro est mise davantage sous pression. Et la crainte d’un retour de la crise s’amplifie. L’universitaire Sweder van Wijnbergen (économiste, ancien expert à la Banque mondiale) estime toutefois : ‘Hollande n’est pas un idiot. Il se rendra vite compte que beaucoup de ses projets ne pourront pas se réaliser. Mais il a raison de donner des perspectives à ses électeurs’. Han de Jong, économiste en chef à la banque ABN Amro, craint que la discussion sur l’adhésion à la zone euro pourrait refaire surface en Grèce »
Le Telegraaf, pour sa part, évoque « Des résultats anti-européens en France et en Grèce (…). La zone euro est sur le point de craquer. Dans les deux pays, les électeurs ont durement sanctionné les gouvernements en place pour protéger leurs bourses. La France prend un virage à gauche. Hollande veut revoir le nouveau pacte budgétaire (…). Il estime que l’UE se concentre trop sur des règles budgétaires strictes. Il souhaite que des mesures supplémentaires soient prises pour relancer l’économie et créer de nouveaux emplois. Le nouveau président français aura une confrontation dure avec Angela Merkel qui soutenait Sarkozy. De ce fait, le moteur franco-allemand court un grand risque. »

Le Financieele Dagblad remarque que « Les pays de la zone euro vont affronter une période incertaine. La France a un nouveau président et le paysage politique grec s’est totalement éclaté. Le socialiste Hollande donne une voix aux Européens qui sont contre une ligne budgétaire trop dure. Il cherchera la confrontation avec l’Allemagne. La Grèce, de son côté, risque une crise politique. La conséquence pourrait être une sortie de l’euro. La victoire de Hollande arrive à un moment délicat. Vendredi prochain, la Commission européenne présentera les nouvelles estimations économiques et des sources bruxelloises tiennent compte du fait que celles-ci pourraient engendrer un changement de direction. Il est possible que les pays de la zone euro soient encouragés afin de stimuler l’économie. » Le quotidien se demande ce qui se passera après ces élections : « Le nouveau président français estime que les restrictions budgétaires vont trop loin en Europe. Il cherchera la confrontation sur ce sujet avec Merkel. Son premier voyage à l’étranger l’amènera à Berlin. Le Commissaire européen, Olli Rehn, semble changer d’avis. La mauvaise situation économique pourrait l’amener à être plus indulgent avec les Etats qui ont du mal à mettre en œuvre des mesures restrictives. Aux Pays-Bas, après la chute du gouvernement le 23 avril, cinq partis politiques ont conclu en deux jours un accord sur des restrictions budgétaires. Or, Bruxelles semble prête à faire preuve de plus de souplesse. Le PvdA (travailliste), qui n’a pas rejoint cette coalition de circonstance, pourrait profiter de ce changement.
Dans ce contexte, le FD note que « le PvdA se range derrière le projet de François Hollande d’ajouter au pacte budgétaire un paragraphe sur la croissance. Pour le chef de file travailliste, Diederik Samson, un pacte de croissance serait bénéfique pour les Pays-Bas. »
Le site du Volkskrant note que le Premier ministre démissionnaire, Mark Rutte, a félicité François Hollande avec sa victoire électorale. Il souhaiterait continuer une bonne coopération, comme c’était le cas avec Nicolas Sarkozy. »
Sous le titre « L’euro perd de toute façon en France », Adriaan Schout, directeur des études européennes de l’institut Clingendael, écrit, dans une tribune publiée par le Volkskrant de samedi : « Que ce soit Sarkozy ou Hollande, la France veut casser la politique allemande d’une monnaie forte. Les Pays-Bas devraient continuer dans la lignée de Merkel. »

ACTUALITE INTERIEURE

Sondage

Le Financieele Dagblad relève que, « selon le dernier sondage de l’Institut Maurice de Hond, la coalition de circonstance perd la majorité virtuelle à la Deuxième Chambre. Elle n’obtiendrait plus que 74 sièges [sur 150]. Le VVD (libéral) descend à 30 sièges (-1), la ChristenUnie (chrétien social) à 6 (-1). Le PVV (parti de Geert Wilders) obtient 19 sièges (+2), le PvdA (travailliste) 20 sièges (+1), le SP (gauche radical) 30 (-1).

Cette revue de presse ne prétend pas à l’exhaustivité et ne reflète que des commentaires ou analyses parus dans la presse néerlandaise, qui n’engagent en rien le point de vue propre de l’ambassade de France aux Pays-Bas.
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Dernière modification : 09/09/2014

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