Presse néerlandaise du mardi 10 janvier 2006

Tandis que les pressions exercées sur le gouvernement Balkenende II pour qu’il prenne une décision rapide concernant le déploiement en Afghanistan s’accroissent, la Reine Beatrix, à l’hôpital Bronovo à La Haye, se remet d’une pneumonie contractée à la suite d’une opération au genou. Selon ses médecins, la souveraine réagit bien aux médicaments qu’on lui administre.

- NRC Handelsblad d’hier soir : "L’abattage de la forêt de Schinveld a commencé" (Limbourg), "Sharon, le premier ministre qui décrétait", "La Turquie n’est pas encore débarrassée de la grippe aviaire"
- de Volkskrant : "Les Pays-Bas laissent les Américains ’perplexes’", "Le gagnant de la Caméra d’Argent a trois yeux", "’Le groupe Hofstad connaissait le projet de meurtre de Van Gogh’"
- Trouw : "Le tunnel de Zélande coûte des emplois et des activités - Nouvel affaiblissement de l’économie de la Flandre zélandaise", "’L’OTAN ne doit pas échouer dans le Sud de l’Afghanistan’"
- De Telegraaf : "Sécurité sociale : les mauvais payeurs placés sur une liste noire - Wiegel : l’assureur doit refuser les fraudeurs", "Un camion percute une voiture en panne"
- AD Haagsche Courant : "La police ne tolérera rien durant la Coupe du Monde", "La Turquie abat ses volailles"

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ACTUALITE INTERNATIONALE

Mission en Afghanistan

"Le gouvernement américain est ’perplexe’ devant les hésitations néerlandaises à propos de l’envoi de troupes en Afghanistan", relève Jan Tromp à la une du Volkskrant, depuis New York. "Le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Daniel Fried, qualifie le débat néerlandais de ’surchauffé’. Fried dit que, quelle que soit la décision néerlandaise, il escompte que l’OTAN maintiendra son projet d’envoi de six mille militaires supplémentaires en Afghanistan, comme contribution à la paix et à l’ordre dans ce pays. ’Il est essentiel que l’OTAN tienne parole’."
"C’est la première fois qu’un membre du gouvernement américain se mêle publiquement à la discussion qui se déroule aux Pays-Bas sur l’envoi de 1 200 militaires", souligne le journal de centre gauche. "Dans un entretien avec de Volkskrant, Fried ne cache pas son étonnement devant la procédure suivie, bien qu’il souligne lui aussi que le gouvernement néerlandais est libre de décider ce qu’il veut. Il pensait avoir abouti à un accord le mois dernier. Il était alors à La Haye, où il s’est entretenu avec les ministres Bot (Affaires étrangères) et Kamp (Défense) et le chef d’état-major des forces armées, Berlijn."
"Fried : ’Je dois dire que mes collègues néerlandais étaient sceptiques au début des entretiens. Leur attitude a changé peu à peu. Je crois qu’ils ont dit publiquement qu’ils soutenaient la mission. Nous avons répondu à leurs préoccupations, nous avons réagi à leurs questions légitimes.’ Le secrétaire d’Etat laisse apparaître qu’il ne comprend pas pourquoi les Pays-Bas risquent de se placer hors de l’OTAN. ’Je trouve que l’OTAN fait de bonnes choses. Je crois que les Etats-Unis et l’UE font de bonnes choses dans le monde. C’est pourquoi le débat aux Pays-Bas me rend perplexe’."
"Il ne veut pas se prononcer sur la question de savoir si l’Amérique sanctionnera les Pays-Bas. ’Tout ce que je puis dire sur la position néerlandaise, c’est ceci : quand on croit dans des organes multilatéraux forts, il faut les soutenir et faire en sorte qu’ils fonctionnent’."
"Fried dément que le Sud de l’Afghanistan, où les troupes néerlandaises devraient opérer, soit extrêmement dangereux."

"Les Pays-Bas ne peuvent pas rester à l’écart de la mission en Afghanistan, estime le chef de l’OTAN, Jaap de Hoop Scheffer", note le Trouw à la une. "Selon De Hoop Scheffer, la mission de l’OTAN dans le Sud de l’Afghanistan est cruciale. ’Si les rebelles reprennent pied, l’Afghanistan pourra de nouveau exporter du terrorisme. L’OTAN ne doit pas échouer’." "De Hoop Scheffer ne croit pas que les Pays-Bas s’en ressentiront du point de vue économique, en cas de refus, comme l’a suggéré récemment un ex-diplomate américain. Mais il estime qu’avec un mandat de l’ONU et pour la solidarité les Pays-Bas ne peuvent pas rester à l’écart. Il espère un ’oui’ avant le 31 janvier, lorsqu’on se réunira sur l’avenir de l’Afghanistan, à Londres."
"Il y a actuellement 1 035 militaires néerlandais en Afghanistan", rappelle le journal chrétien progressiste. "Ils opèrent en partie sous le pavillon américain d’Enduring Freedom et en partie sous le commandement de l’OTAN. ’La situation est effectivement moins sûre là-bas qu’aux Pays-Bas ou en Belgique’, dit De Hoop Scheffer. ’Ce n’est pas un pique-nique. C’est pour cela que nous envoyons des militaires et pas des coopérants’."

"Que cela plaise au gouvernement ou non, la majorité de la Chambre exige une décision", remarque l’éditorialiste du Volkskrant. "Les ministres D66, qui ne se sont pas prononcés ouvertement sur la mission, subissent de fortes pressions pour qu’ils se rallient à leurs collègues VVD et CDA. Pechtold et Brinkhorst ont monté l’affaire en épingle en refusant de prendre position. Le premier ministre Balkenende ne peut pas accepter cette situation. Les ministres les plus impliqués, Bot (Affaires étrangères, CDA) et Kamp (Défense, VVD), doivent pouvoir compter sur le soutien inconditionnel de leur chef. Sinon, la crédibilité nationale et internationale du gouvernement en souffrira." "Le gouvernement ne peut que soumettre une décision à la Deuxième Chambre - avec ou sans les ministres D66. S’il ne bénéficie pas d’une majorité parlementaire, il se sera au moins battu jusqu’au bout."
Le journal de centre gauche estime que le PvdA devrait prendre position. "Les sociaux-démocrates ont approuvé la première phase de la mission. Ils reconnaissent ainsi l’importance de la contribution néerlandaise à la lutte contre le terrorisme en Afghanistan. Il serait bon pour la clarté politique que le PvdA fasse savoir dans quelles conditions il peut approuver l’envoi de troupes en Uruzgan."

Notons qu’en page d’opinion du Trouw, le ministre Bot, réagissant à un article de l’ancien député VVD Theo van den Doel, rappelle que l’article 100 de la Constitution néerlandaise contraint uniquement le gouvernement à informer la Chambre de ses décisions, mais que "dans la pratique il va de soi que le gouvernement n’entreprend rien sans soutien considérable de la Chambre".

Union européenne : regroupement familial

"Les Pays-Bas sont trop sévères pour les Néerlandais et les allochtones naturalisés qui veulent faire venir un partenaire ou un enfant", rapporte NRC Handelsblad (p.3) d’hier soir. "Les Pays-Bas, de ce fait, ne sont pas au rythme européen. C’est le ministre de l’Intérieur belge, Patrick Dewael, qui a exprimé cette critique le week-end dernier, durant une interview au quotidien Gazet van Antwerpen. Dewael a prévenu qu’il n’a pas l’intention de reprendre les règles restrictives néerlandaises. Il en parlera à sa collègue néerlandaise Verdonk (Immigration, VVD), lors de la réunion des ministres responsables de l’asile à Vienne, le week-end prochain. ’Pour moi, l’intérêt de l’harmonisation européenne est qu’on adapte les règles’, a dit le ministre belge. ’Les Pays-Bas ne le font pas’."
"Les chambres des étrangers des tribunaux de Haarlem et d’Amsterdam ont également jugé fin 2005, dans deux affaires, que la ministre Verdonk interprète trop restrictivement la directive européenne sur le droit au regroupement familial."

ACTUALITE INTERIEURE

Radiotélédiffusion publique

"Nederland 1, 2 et 3 vont être définitivement remodelées", annonce le Trouw (p.3). "Les trois chaînes seront transformées en septembre en une chaîne familiale large, une chaîne culturelle et philosophique et une chaîne innovatrice pour les jeunes. La direction des chaînes publiques l’a fait comprendre lors d’une réunion avec les organisations de radiotélédiffusion, hier soir. La direction a l’intention d’élaborer les projets avec les organisations. Beaucoup de programmes changeront de place et il faudra en développer de nouveaux."
"Ces modifications sont nécessaires pour faire face à la baisse des taux d’audiences et des revenus engendrés par la publicité, selon la direction des chaînes publiques. Les producteurs de programmes se sont mis en grève sur Nederland 3, après la présentation des projets. Les organisations de radiotélédiffusion sont également contre, mais elles se rendent compte qu’il faut faire quelque chose."
"Actuellement, chaque organisation publique émet ses programmes sur une chaîne fixe (EO, KRO et NCRV sur Nederland 1 ; Tros, Avro et BNN sur 2 et Vara, VPRO et NPS sur 3). Cette répartition sera abandonnée, les organisations devront fournir des programmes pour toutes les chaînes."

"Le groupe parlementaire VVD veut supprimer totalement les organisations publiques de radiotélédiffusion", relève le même Trouw dans un deuxième article. A la place du système actuel, le VVD propose de subventionner des chaînes commerciales pour qu’elles fassent des "programmes à caractère public". C’est ce que la porte-parole de la politique des médias, Fadime Örgü, écrit cette semaine dans le bulletin de la Teldersstichting, le bureau scientifique du VVD.
Dans son article Örgü fait valoir que les accords de la coalition sur l’avenir de la radiotélédiffusion publique sont une amélioration par rapport à la situation actuelle, certes, mais ils restent "ambigus".
Le VVD plaide traditionnellement pour le modèle BBC : une petite radiotélédiffusion publique sans publicité et sans associations de membres.

ECONOMIE, FINANCES

Pouvoir d’achat des jeunes

Les jeunes travailleurs ont vu leur pouvoir d’achat se dégrader les cinq dernières années et une partie d’entre eux ne touchent pas le minimum légal. Il ressort d’une enquête effectuée par la centrale syndicale FNV auprès de 30 000 jeunes salariés qu’en moyenne leur salaire a baissé de 8 pour cent par rapport à il y a cinq ans. Un jeune gagne actuellement 10,11 euros par heure en moyenne, contre 11,87 euros en 2001. Compte tenu de l’inflation, il s’agit d’une baisse réelle de revenu de 15 pour cent.
Environ un jeune sur huit dit toucher moins que le minimum légal valable pour sa catégorie d’âge. Par ailleurs les jeunes de sexe féminin gagnent environ 3 pour cent de moins que ceux de sexe masculin (Het Financieele Dagblad pp.1 et 3, Trouw pp.1 et 12, de Volkskrant p.7).

AFFAIRES FRANÇAISES

Dans le Volkskrant (p.4), Fokke Obbema se demande si la France, en 2007, aura son premier président féminin "et donc un équivalent français de l’élection d’Angela Merkel à la chancellerie allemande". "Les sondages d’opinion et les journaux français, en tout cas, veulent le faire accroire, car depuis quelques semaines le nom d’une femme figure en tête de la liste des personnalités politiques les plus populaires : Ségolène Royal, 52 ans."

Le Trouw (p.11) rapporte dans une brève que le Président de la République a qualifié de "faute grave" le meurtre d’un Ivoirien par des militaires français de la force Licorne en Côte d’Ivoire.

Dernière modification : 12/05/2006

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