Presse néerlandaise du mardi 11 octobre 2011

Trouw (chrétien progressiste) : Hostilité croissante en Egypte [contre les coptes].

De Volkskrant (centre gauche) : La Reine doit faire des sacrifices financiers.

AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : Profonde tristesse [assassinat d’une fillette de 10 ans].

De Telegraaf (populaire) : Demande de dédommagement de nombreux Turcs [frais engagés pour les cours d’intégration].

Het Financieele Dagblad : Augmenter la puissance de feu du FESF en donnant des garanties aux banques qui investissent dans les obligations.

NRC-Handelsblad : L’armée égyptienne lance des véhicules contre les coptes.

* * *

AFFAIRES EUROPEENNES

Crise de l’Euro

« Puisque les Pays-Bas se sont alliés à l’Allemagne en ce qui concerne les projets économiques et financiers en Europe, le ministre des Finances, M. De Jager, se range derrière le projet franco-allemand. La signature de la chancelière Merkel suffit », note le Volkskrant. « Sur la recapitalisation des banques, De Jager s’est prononcé la semaine dernière en faveur d’un système à trois étages : d’abord, les banques doivent essayer de trouver elles-mêmes de l’argent. En cas d’échec, le pays où se trouve le siège social doit apporter de l’aide. Ce n’est qu’en dernier recours que la banque pourra faire appel au FESF ». Le quotidien souligne que, pour les décisions prises au niveau européen, le gouvernement minoritaire dépend du soutien des travaillistes (PvdA) : « Ceux-ci regardent d’un œil positif l’initiative de Merkel et de Sarkozy, bien que ce soit à nouveau deux personnes qui tirent les ficelles. Mais le parti estime que beaucoup de solutions partielles ont été proposées qui, mises côte à côte, peuvent engendrer quelque chose de bien. Cela demande du leadership ».

Le Trouw, pour sa part, estime que « l’unanimité franco-allemande n’est qu’une apparence : leurs contradictions économiques sont évidentes. Merkel devra convaincre Sarkozy qu’une décote importante sur les obligations grecques est inévitable. En échange, l’Allemagne devra coopérer au renforcement du FESF. Les autres acteurs ne pourront opposer leur résistance qu’en renforçant le pouvoir européen. C’est pour cette raison que Rutte s’est exprimé en faveur d’un commissaire européen avec des compétences supplémentaires, pouvant sanctionner, sans considérations politiques, des pays qui ne respectent pas les disciplines budgétaires. Merkel et Sarkozy ont seulement gagné du temps en annonçant qu’à la fin du mois il y aurait vraiment une solution. Van Rompuy a eu la gentillesse de reporter hier le Sommet européen au 23 octobre. Le monde attend à cette date des solutions sur la Grèce et le FESF. Faute de quoi, l’Europe sera la risée du G20 qui aura lieu début novembre à Cannes sous la présidence française ».

Dans ce contexte, les grands quotidiens évoquent la remontée des bourses à la suite de la promesse franco-allemande. Le Financieele Dagblad relève que « les politiques élaborent des projets pour donner davantage de puissance de feu au FESF. Ce fonds ne pourrait pas seulement acheter des obligations des pays faibles de la zone euro, mais aussi donner des garanties aux banques qui investissent dans ces obligations ».

ACTUALITE INTERIEURE

Budget du ministère des Affaires générales

La presse annonce que lors du débat sur le budget du Ministère des Affaires générales (Minaz - services du Premier ministre et Maison Royale) qui s’engage aujourd’hui, le PvdA demandera la suppression de la défiscalisation dont bénéficie la famille royale : « La Reine Beatrix devra payer un loyer pour son Palais Huis ten Bosch, ses enfants devront payer des taxes sur les héritages et la famille d’Orange ne pourra plus prendre l’avion gratuitement », explique le Volkskrant. Le député travailliste Jeroen Recourt fait valoir que « tout le monde doit se serrer la ceinture. Ceux qui se trouvent le plus haut doivent en faire autant, cela fait partie de la modernisation de la royauté ». Une majorité parlementaire (PVV, PvdA, SP, PvdD, GroenLinks, D66) est favorable à la suppression de ces avantages fiscaux. L’AD ajoute que le débat portera également sur l’influence du souverain lors de la formation d’un nouveau gouvernement : « Ces formations politiques veulent pouvoir désigner le formateur ». Ce quotidien indique en outre que « les trois quarts de la population soutiennent la monarchie, même si un nombre croissant de personnes demandent sa modernisation. Plus d’un quart des Néerlandais voudraient donner au souverain un rôle plus cérémonial, alors que 50% se déclarent satisfaits de la situation actuelle. 11% des Néerlandais se déclarent favorables à la suppression de la monarchie, 9% sont sans opinion. 65% des Néerlandais estiment que le Prince héritier Willem Alexander doit moderniser la monarchie lorsqu’il accèdera au trône, même si 40% pensent qu’il ne le fera pas. La Reine Beatrix se voit attribuer une note moyenne de 7,5/10 pour son fonctionnement, son fils doit se contenter d’un 7/10 » (enquête Synovate).

Conseil d’Etat

« Donner a perdu ses chances de devenir ‘Vice-roi’ », estime en outre le Volkskrant, qui rappelle l’opposition de principe du PvdA à la nomination d’un membre du gouvernement et son intention de déposer une motion dans ce sens lors de ce même débat (voir RdP du 10/10). « L’opposition de gauche - PvdA, D66, SP et GroenLinks – doute de sa capacité à devenir un bon vice-président du Conseil d’Etat : il est impossible que quelqu’un qui a présidé à la formation de ce gouvernement puisse avoir une attitude critique à son égard, estime notamment le député SP Ronald van Raak. Le D66 Gerard Schouw souligne que le ministre des Affaires intérieures ne peut pas conduire une procédure de sélection tout en étant lui-même candidat ».

Cours d’intégration obligatoires

Le Financieele Dagblad titre en première page que « Les Turcs [aux Pays-Bas] exigent de l’Etat le remboursement des dépenses d’intégration ». D’après l’avocat Bilal Coskun, qui représente l’association « Inburgeringsleed », « il s’agirait d’environ 30.000 Turcs qui ont dû payer à tort l’examen obligatoire d’intégration dans leur pays d’origine ». Le FD explique que « depuis mars 2006, des Turcs qui souhaitent s’installer aux Pays-Bas sont obligés de passer un examen pour obtenir une carte de séjour. Le 16 août cependant, la Centrale Raad van Beroep (commission d’appel) a décidé que les Turcs, en vertu du traité d’association entre la Turquie et l’Union européenne, ne peuvent pas être contraints de suivre cette procédure. Suite à cette décision, le ministre des Affaires intérieures, M. Donner, a décidé que les personnes qui ont passé l’examen après le 16 août devaient être remboursées et que les Turcs n’ont plus besoin de suivre les cours. Le gouvernement refuse toutefois de dédommager les personnes qui, dans le passé, ont dû passer un examen ou suivre des cours. Selon le ministre, la décision de la Commission ne s’applique pas de façon rétroactive. L’avocat conteste cette interprétation du gouvernement. 2000 Turcs se sont déjà présentés. Coskun s’attend à ce que ce nombre passe à 20.000. Il demandera un dédommagement de 5.000 € par personne ».

A SIGNALER

Le Volkskrant (p22) rapporte que, suite aux manifestations à Wall Street, il y aura également des manifestations samedi prochain sur la place de la Bourse à Amsterdam et au Binnenhof à La Haye. 1.300 personnes auraient déjà fait connaître sur Facebook leur intention d’aller à Amsterdam, parmi lesquels le journaliste Jelle Brandt Corstius, et 900 personnes à la Haye.

Cette revue de presse ne prétend pas à l’exhaustivité et ne reflète que des commentaires ou analyses parus dans la presse néerlandaise, qui n’engagent en rien le point de vue propre de l’ambassade de France aux Pays-Bas.

Dernière modification : 11/10/2011

Haut de page