Presse néerlandaise du mardi 12 décembre 2006

La mise en place par les chemins de fer néerlandais (NS) d’un nouvel indicateur s’est déroulée sans grands problèmes les deux derniers jours. Seul un petit groupe d’usagers a manifesté sa vive irritation, surtout en raison de pertes de temps, de correspondances manquées et de trains combles. La direction des NS a fait l’évaluation hier soir de la circulation ferroviaire durant le premier jour ouvré d’application, avec un million de voyageurs, sur la base des pointages effectués par sept cents étudiants dans l’ensemble du pays.

NRC Handelsblad (libéral) d’hier soir : "La qualité de la justice est ’sous pression’ - Les juges se plaignent de l’alourdissement de la charge de travail", "Pleurs et jubilation pour Pinochet", "Le nouvel indicateur des NS surmonte l’épreuve du feu"

de Volkskrant (centre gauche) : "Echec des pourparlers de coalition avec le SP - ’Tout ce dont Balkenende est fier, je le critique’", "Kofi Annan : Une voix douce qui réprimande les Etats-Unis pour la dernière fois" (discours d’adieu à New York)

Trouw (chrétien progressiste) : "Une coalition avec le SP est impossible - L’informateur Hoekstra s’entretiendra d’une nouvelle option avec tous les leaders de groupe parlementaire", "Téhéran étudie une ’révision’ de l’Holocauste" (reportage)

De Telegraaf (populaire) : "L’aide sociale à la jeunesse mise en cause - Les adoptants avaient mis en garde contre le possible meurtre du petit Metehan" (fait divers), "Le SP décroche - Le CDA et le PvdA à la recherche d’un nouveau partenaire", "Robert Long est mourant" (chanteur)

AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "Un bloc pénitentiaire pour les détenus âgés", "Le SP abandonne", "Robert Long gravement malade"

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LE DOSSIER DU JOUR :Formation de gouvernement

"L’informateur va de nouveau s’entretenir avec tous les présidents de groupe parlementaire pour voir quelle nouvelle coalition est possible", écrit le Trouw dans son grand article à la une. "Il est impossible de former une coalition stable et fructueuse avec le CDA, le PvdA et le SP, a conclu Hoekstra hier. Il s’est entretenu de cette conclusion pendant deux heures avec les leaders de ces partis. Le leader PvdA Bos a été le seul à estimer qu’il fallait poursuivre les entretiens, parce ce qu’on pas encore débattu une seule fois du fond. Il a déclaré être déçu du fait que le leader SP Marijnissen a claqué la porte un peu trop vite. Marijnissen a fait comprendre hier qu’il ne voulait pas poursuivre le débat avec le CDA. La semaine dernière, le premier ministre CDA Balkenende avait déjà indiqué qu’il voulait y mettre fin."
"Selon Hoekstra, les divergences entre le CDA et le SP sont ’nombreuses, de taille et sur certains points fondamentales’. Et selon la mission que lui avait confiée la Reine, il fallait justement qu’il y ait suffisamment de ’confiance’ et de ’perspective’ pour former une coalition majoritaire qui tienne pendant quatre ans."
"Il a donné comme exemple des contradictions entre le SP et le CDA les missions de paix, la politique de défense, l’UE, la politique des revenus et l’alourdissement des charges des grandes entreprises souhaité par le SP."
"Marijnissen a souligné qu’il avait déjà fait comprendre avant les élections qu’il voulait seulement prendre place dans un gouvernement de gauche. Il reproche à Balkenende de ne pas être disposé à suivre un cap ’différent, plus social et plus humain’. C’est pourquoi l’échec de cette tentative de formation était ’inévitable’, a-t-il dit. Balkenende a également employé ce terme."
"Marijnissen, au demeurant, estime qu’il est toujours possible de former une coalition de gauche. Mais Bos a fait savoir qu’il n’est pas partisan d’une telle ’coalition arc-en-ciel’, parce qu’il faudrait beaucoup de petits partis - comme le Parti des Animaux - pour réaliser un gouvernement majoritaire."

"Hoekstra va maintenant étudier d’autres possibilités", note le Volkskrant à la une. "Il est presque certain qu’il accordera de nouveau une place centrale aux deux plus grands partis le CDA et le PvdA." "GroenLinks a annoncé qu’il demanderait aujourd’hui à la Deuxième Chambre un débat avec l’informateur et les leaders du CDA, du SP et du PvdA. Le groupe vert veut savoir ’pourquoi la combinaison la plus logique a pu échouer aussi rapidement’."
"Avec la ChristenUnie, GroenLinks est l’un des partis susceptibles de fournir une majorité à un gouvernement CDA et PvdA. "Il est probable que le PvdA, durant la concertation avec le CDA, adopte des positions plus marquées, ne serait-ce que parce que le SP, avec 25 sièges à la Chambre, est presque certain de se retrouver dans l’opposition."

"Nous aurions aussi pu abandonner après quatre mois de négociations", fait valoir Jan Marijnissen dans une brève interview au même Volkskrant, en réaction au commentaire de Wouter Bos selon lequel le SP a abandonné un peut vite. "Cela n’aurait arrangé personne." "Nous nous sommes interrogés très sérieusement, Balkenende et moi. Cela a fait apparaître une telle forêt de divergences qu’il n’était guère utile de poursuivre le dialogue. Balkenende ne fait pas l’impression de comprendre qu’il faut changer de cap. Ce n’est peut-être pas l’avis de Bos, mais je suis curieux de voir comment il pense s’arranger avec le CDA."
"Une coalition de gauche sans le CDA est également possible. Et tout peut changer si le CDA finit par prendre son virage. Je n’exclus pas de revenir alors à la table de formation avec le CDA."

Le Financieele Dagblad (pp.1 et 3) et le Telegraaf (pp.1 et 3) relèvent que pour le leader de la ChristenUnie, André Rouvoet, il ne va pas de soi qu’elle prenne maintenant la place du SP dans les entretiens d’information. "La ChristenUnie n’est pas une roue de secours", a dit Rouvoet hier. "Je veux d’abord savoir pourquoi le SP n’y est pas arrivé. Et il y a d’autres possibilités, avec GroenLinks par exemple. Ils ont un siège de plus que nous."

Pour le commentateur politique du Telegraaf, Kees Lunshof, "si Marijnissen avait vraiment voulu gouverner, il n’aurait pas insisté sur les divergences avec le CDA, mais sur les points communs". "Mais au SP qui, en tant qu’ancien parti communiste, pense aussi clairement à long terme, on trouve beaucoup plus attrayant d’entrer dans l’opposition et d’asséner le coup de grâce au PvdA, jugé réformiste, aux prochaines élections. Pour cela, il ne doit pas participer au gouvernement maintenant."
L’éditorialiste du Trouw, enfin, reproche aux partis politiques d’éviter "frileusement un débat mature". "Tout reste vague et au milieu de ce flou, Hoekstra ne trouve rien de mieux que d’engager un nouveau tour de table avec tous les présidents de groupe parlementaire. Une perte de temps, semble-t-il, alors que lorsqu’il présidait la Convention Nationale, il était convaincu qu’il suffisait de tenir compte des grands points politiques pour former un gouvernement. Il est grand temps pour lui d’en faire enfin l’essai."

ACTUALITE INTERIEURE

Police

"Il n’y aura pas de réforme de l’organisation de la police allant dans le sens d’une police nationale, jusqu’à nouvel ordre", note le Telegraaf (p.3). "La Deuxième Chambre a déclaré controversée la proposition du ministre Remkes (Intérieur), après que les vives critiques exprimées par le Conseil d’Etat."
Et la rédaction politique du journal à grand tirage de rappeler la teneur du projet de loi [cf. presse du 11 décembre].

ECONOMIE, FINANCES

Concurrence

"La concurrence n’a pas augmenté aux Pays-Bas depuis 1993, mais au contraire légèrement diminué", rapporte le Volkskrant (p.9) en rubrique économique. "En dépit de toutes les opérations d’effet de marché réalisées sous les gouvernements Paars [PvdA-VVD-D66], les entreprises des Pays-Bas ne se font pas une concurrence plus acharnée. C’est la conclusion que tire le Centraal Planbureau (CPB) dans une étude parue lundi."
"Le CPB ne dit pas que toutes les opérations d’effet de marché (contraignant par exemple les agences immobilières, les chauffeurs de taxi, les notaires, les pharmaciens et d’autres branches à se faire concurrence) ont échoué. L’explication de la décroissance de la concurrence réside dans le changement de structure de l’économie néerlandaise. Depuis les années quatre-vingt-dix, les Pays-Bas sont de plus en plus devenus une économie de services, au lieu d’une économie industrielle. Dans le secteur des services, il y a moins de concurrence que dans l’industrie, affirme le CPB."
"Une autre explication est le fait que la demande a augmenté plus vite que l’offre dans l’économie néerlandaise. Ainsi, la position de force relative des entreprises n’a pas diminué, mais au contraire augmenté."

AFFAIRES FRANÇAISES

Fokke Obbema, dans le Volkskrant (p.5), note que "Paris prévoit d’expulser cette année 24 000 clandestins".

Dernière modification : 12/12/2006

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