Presse néerlandaise du mardi 13 juin 2006

Pratiquement tous les ministres et secrétaires d’Etat du gouvernement Balkenende II ont essaimé en groupes dans le pays hier, pour une "journée d’écoute" dans des entreprises, des écoles, des centres de quartier...
De Geus (Affaires sociales) et Rutte (Enseignement), qui avaient pour thème "Davantage de gens au travail", ont visité l’Ecole supérieure d’Arnhem et Nimègue, l’entreprise Philips Semiconductors et un centre d’accueil extrascolaire. Le premier ministre Balkenende, accompagné par la ministre de la Coopération Van Ardenne et la secrétaire d’Etat Van der Laan (Culture), s’est rendu à Utrecht où il s’est laissé interviewer dans le studio de la radio de jeunes FunX, qui émet dans toute la Randstad.
Le soir, les ministres se sont retrouvés au château Groeneveld, à Baarn, pour échanger leurs impressions.

- NRC Handelsblad d’hier soir : "Des roquettes traçantes près de Kamp Holland - Kaboul envisage d’engager des ’milices’ armées - Seuls des commandos quittent la base néerlandaise dans un Uruzgan de plus en plus dangereux", "Critiques à propos de Guantánamo Bay après trois suicides"
- de Volkskrant  : "Quitter la chaleur de la classe pour une baignade" (reportage), "On n’a toujours pas retrouvé les petites demi-sœurs belges" (correspondance de Bruxelles), "La Chambre exige une nouvelle modification du projet de Verdonk"
- Trouw  : "Une stimulation pour les analphabètes - Verdonk veut récompenser financièrement les parents qui font un effort", "Trébuchent-ils à cause de l’herbe ou de leurs crampons ?" (football)
- De Telegraaf  : "Récompenser le rapprochement géographique entre résidence et travail", "Pénurie de caisses à bière - Le ravitaillement est menacé"
- AD Haagsche Courant  : "Le vieillissement de la population coûtera des milliards - Une énorme opération d’austérité attend le prochain gouvernement"

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ACTUALITE INTERIEURE

Intégration

"Une majorité de la Deuxième Chambre veut que le projet de loi sur l’intégration des immigrés soit de nouveau modifié, pour éviter des problèmes juridiques", écrit le Volkskrant à la une. "Le PvdA et le VVD proposent une alternative pour laquelle il pourrait y avoir une majorité."
"Durant une concertation, lundi, pratiquement tous les partis se sont interrogés sur la faisabilité juridique du projet de loi. Selon la ministre Verdonk (Intégration), il s’agit de faire diligence parce que le retard linguistique des immigrés constitue un problème social urgent. Elle a appelé la Chambre à faire preuve de ’courage politique’."
"Mais le PvdA et le VVD (le parti de Verdonk) refusent de donner leur approbation parce qu’ils prévoient de nombreux recours en justice contre l’Etat. Les immigrés qui ont déjà reçu la nationalité néerlandaise devront tout de même passer un examen d’intégration, alors que les Néerlandais de naissance en sont dispensés. C’est discriminatoire, selon les députés Dijsselbloem (PvdA) et Visser (VVD), qui veulent que la nouvelle loi ne s’applique qu’aux non-Néerlandais du pays. Cela réduira de moitié le nombre d’immigrés devant passer l’examen, soit 250 000. Les deux députés pensent faire remonter leur nombre en rendant l’intégration obligatoire par le biais de la législation du chômage, de l’incapacité de travail et de l’assistance sociale."
"Le D66, GroenLinks et les petits partis protestants sont intéressés par cette idée et veulent en savoir plus. Verdonk l’a rejetée hier. Son projet de loi a déjà été considérablement retardé en raison d’objections juridiques. La Chambre poursuivra bientôt le débat avec la ministre."

Le Trouw, à la une, note dans ce contexte que Rita Verdonk envisage d’accorder une compensation financière aux analphabètes, s’ils arrivent à apprendre à lire et à écrire.
Aux termes de la nouvelle loi sur l’intégration, tous les immigrés doivent maîtriser le néerlandais au niveau A2. Mais pour la lecture et l’écriture, Verdonk n’exige que le niveau inférieur, le niveau A1, parce qu’il y a beaucoup d’analphabètes parmi les 250 000 immigrés de longue date qui doivent s’intégrer. Elle estime qu’on ne peut pas leur demander de maîtriser aussi l’écriture et la lecture au bout d’un programme d’intégration de 600 heures en moyenne.
Le CDA trouve que Verdonk devrait être plus ambitieuse pour ce groupe. "Avec le niveau A1, ces immigrés de longue date peuvent tout juste inscrire leurs données personnelles sur un formulaire", selon la députée CDA Mirjam Sterk. "C’est regrettable, pas tant pour les personnes âgées, mais pour les éducateurs, les pères et les mères. Avec le niveau A1, ils ne peuvent même pas déchiffrer une lettre de l’école. Cela entrave le contact avec l’école et avec les enfants, et donc aussi l’intégration."
Verdonk, hier, a réagi positivement à la proposition de Sterk. Elle envisage plusieurs solutions et semble préférer une stimulation financière pour inciter les éducateurs à se hisser au niveau A2.

Vieillissement de la population

"L’Etat devra économiser au moins 15 milliards d’euros par an durant la prochaine législature", relève le Volkskrant (p.3). "Des sources bien informées confirment que le Studiegroep Begrotingsruimte [groupe d’étude de la marge budgétaire], dans un rapport confidentiel, recommande notamment de reculer l’entrée en AOW [retraite de base]."
"Le groupe d’étude, composé de hauts fonctionnaires de divers ministères et d’institutions comme la Banque des Pays-Bas, s’occupe de l’avenir financier de l’Etat. Il nomme aussi la possibilité d’une contribution financière des personnes âgées plus fortunées pour financer l’AOW à l’avenir."
"Le coût de l’AOW augmentera rapidement par suite du vieillissement de la population. Le coût de la sécurité sociale montera aussi les prochaines années."
"Les recommandations du groupe d’étude sont d’une grande importance pour les négociations de formation d’un nouveau gouvernement, après les élections législatives de mai 2007. Le leader PvdA Wouter Bos a déjà fait savoir qu’il est prêt à adapter le financement de l’AOW si son parti arrive au pouvoir. Bos est disposé à faire contribuer les personnes âgées fortunées au financement de l’AOW. Les partis gouvernementaux CDA et VVD ne veulent pas entendre parler d’une adaptation de l’AOW pour le moment."
"Le ministre des Finances Zalm, en octobre 2005, avait demandé au groupe d’étude de formuler avant l’été des recommandations concernant la politique financière à appliquer après la législature actuelle. A la demande de la Deuxième Chambre, il devait aussi étudier les conséquences de la suppression ou de la réduction de la déductibilité fiscale des intérêts sur les prêts immobiliers." "A ce qu’on dit, le groupe ne se prononce pas sur cette déductibilité fiscale, un thème qui, avec l’AOW, est l’un des plus sensibles dans les milieux politiques de La Haye. Ni le VVD, ni le CDA ne veut toucher au règlement qui stimule la propriété."
"Les recommandations du groupe d’étude ne sont pas encore définitives. Il y aura encore de longues réunions cette semaine et on s’attend à ce que le groupe présente ses recommandations définitives avant la fin du mois" (également AD Haagsche Courant p.1, De Telegraaf p.3).

ECONOMIE, FINANCES

Recettes gazières

"Le gouvernement n’a pratiquement aucune prise sur l’usage qui est fait des recettes des ventes de gaz naturel", note le Volkskrant à la une. "Ces montants sont répartis par de hauts fonctionnaires, sans contrôle rétrospectif. Il y a de grandes chances que des centaines de millions d’euros soient ainsi investis dans de mauvais projets."
"Le parti d’opposition PvdA travaille à un projet de loi donnant à la Deuxième Chambre plus d’influence sur l’attribution des milliards du gaz naturel. Economistes, politiques et scientifiques sont unanimes dans leurs critiques : le processus décisionnel concernant les recettes gazières n’est pas bon. Le gouvernement attribue cet argent de façon hâtive, sur la base de critères vagues, à des projets d’innovation et d’infrastructures. La justification par après est sommaire et cryptique."
"Le professeur Priemus, de l’Université de Delft, met en garde contre une nouvelle débâcle comme la ligne de Betuwe. D’autres partagent ses craintes, ainsi qu’il ressort d’une série de rapports critiques. Le Conseil consultatif pour la politique scientifique et technologique, le Conseil économique, la Cour générale des comptes et la Plate-forme de l’innovation signalent des gaspillages."
"Les critiques se concentrent sur le Fonds de renforcement des structures économiques (FES). Ce fonds, instauré en 1995, touche chaque année 42,5 pour cent des recettes gazières." "Le Conseil économique, un organe consultatif de la Deuxième Chambre, estime que le FES a été mal organisé. Selon le conseil, le fonds est beaucoup trop dépendant du prix du pétrole. Dès que celui-ci monte - comme c’est le cas les dernières années - les aubaines financières s’annoncent et doivent ensuite être dépensées impérativement durant la même année. Cela a pour conséquence que l’on ’attribue à la légère des ressources publiques’, estime le Conseil économique."
"La Cour des comptes s’inquiète aussi de ’l’attribution correcte et efficace par le FES des montants disponibles’. L’organe de surveillance financière se sait soutenu par les comptables des Affaires économiques."
"Le gouvernement estime que les critiques à l’encontre du FES sont absurdes. Selon le ministre Brinkhorst, chaque ministère doit justifier ses dépenses."

Un long développement sur la "danse des milliards" suit en page 7. "Pas de règles, pas de procès-verbaux et les recommandations faites au gouvernement sont secrètes : comment de hauts fonctionnaires décident de l’attribution des bénéfices gaziers."

Dernière modification : 14/06/2006

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