Presse néerlandaise du mardi 16 février 2010

La plupart des journaux font leur manchette sur la catastrophe ferroviaire qui s’est produite hier dans la région de Bruxelles, la plus grave dans l’histoire de la Belgique, selon les médias.
"Avec un accident mortel sur le rail néerlandais en 2009, on peut difficilement dire qu’il n’est pas sûr", remarque le Volkskrant dans un développement en page intérieure. "Pourtant, une catastrophe comme celle qui a eu lieu en Belgique lundi n’est pas impensable aux Pays-Bas. Chaque année, des conducteurs de train manquent des centaines de signaux rouges. C’est parfois une pure chance qu’il n’y ait pas de morts dans ces cas-là."

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- NRC Handelsblad (indépendant) d’hier soir : "The New York Times à propos de Goldman Sachs : cette banque a aidé la Grèce à masquer sa dette", "Le soutien supplémentaire aux Grecs est une rude épreuve pour Berlin", "Des morts dans une collision de trains en Belgique"
- de Volkskrant (centre gauche) : "Catastrophe ferroviaire en Belgique : 18 morts", "’Comme une bombe, avec des éclairs et une onde de choc’" (reportage), "L’UE ne veut pas recadrer les banques" (plan Obama)
- AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "Une catastrophe ferroviaire fait au moins 18 morts en Belgique – Un conducteur a foncé à travers un signal rouge", "Bos et Wilders dominent le débat télévisé sur les élections municipales"
- De Telegraaf (populaire) : "Gouda a payé la racaille" (pour qu’elle reste tranquille au Nouvel An), "Drame sur le rail belge : un train ignore un signal rouge", "Les Belges priés de donner du sang", "Un peu plus loin se dresse un morceau de train abîmé – Au moins dix-huit morts dans une catastrophe ferroviaire en Belgique", "La Haye à la recherche de fonds pour un tableau de Jan Steen"

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ACTUALITE INTERNATIONALE

Union européenne – Russie

"La politique étrangère et de défense dans l’Union européenne est encore en grande partie réservée aux Etats membres", rappelle l’éditorialiste du Trouw. "Certains pays de l’UE ont adhéré à l’OTAN, d’autres sont neutres. Mais au sein de l’OTAN comme de l’UE les Etats membres sont convenus d’harmoniser le plus possible leurs politiques et de tenir compte des intérêts des autres membres. La France, en vendant un navire de guerre de pointe à la Russie, ignore totalement cette stratégie."
"C’est vraiment faire preuve d’un grand cynisme, de la part de la France, de traiter la Russie comme un pays qui ne représente pas une menace, un an après que des militaires russes ont occupé le territoire de la Géorgie et que Moscou a décrété ’indépendantes’ certaines régions de ce pays. Les Etats baltes et la Pologne, membres de l’UE comme de l’OTAN, ressentent certainement une menace."
"L’OTAN, elle, est réaliste à cet égard. Des sources bien informées affirment que l’Alliance travaille à des scénarios pour empêcher une possible offensive contre les Etats baltes. Elle ne le reconnaît pas formellement, car elle ne veut pas s’aliéner la Russie. Ce proche ’partenariat’ était l’argument invoqué par la France pour lui vendre des armements."
"Or, ces navires de la marine française peuvent servir à des offensives en eaux côtières. Un officier de la marine russe a explicitement parlé de la Géorgie comme exemple de leur usage. Si d’autres pays tirent prétexte de l’action française pour vendre également des armements avancés à la Russie, l’OTAN, dans ses scénarios, devra de plus en plus s’armer contre sa propre technologie."
"En 2008, l’UE est convenue de tenir compte, en cas de vente d’armes, du comportement du pays auquel on fournit. Des pays mêlés ou susceptibles d’être mêlés à un conflit armé sont exclus de livraisons. Une directive ne saurait être plus claire."
"Il faut espérer que la Russie, à terme, deviendra le partenaire fiable que l’Europe souhaite. Mais on n’en est pas encore là. C’est pourquoi il est indispensable de faire preuve de la plus grande réserve, s’agissant de la vente d’armes à la Russie par des pays de l’UE ou de l’OTAN."

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ECONOMIE, FINANCES

Civelles

"Les Français bazardent un lot de coûteuses civelles aux Asiatiques, alors que ces alevins sont nécessaires pour rétablir la population européenne d’anguilles", écrit le Volkskrant (p.7) en rubrique économique. ’Un scandale !’, s’écrient les marchands d’anguilles néerlandais dans un communiqué de presse qu’ils ont publié lundi."
"L’anguille commune (anguila anguila) devient de plus en plus rare", explique le journal. "Chaque année le nombre de jeunes anguilles dans les fleuves d’Europe baisse de 15 %. En mars 2007, l’anguille a été désignée comme espèce ’gravement menacée’ et elle jouit d’un statut protégé par la CITES (Convention sur le commerce international des espèces menacées). Depuis, il n’est plus permis d’exporter l’anguille européenne hors de l’Union européenne sans licence."
Les Pays-Bas, sous la direction de la ministre de l’Agriculture, de la Nature et de la Qualité de l’alimentation, Mme Gerda Verburg (CDA), en charge de la pêche, voulaient à l’époque l’interdiction totale des exportations d’anguilles et de produits à base d’anguilles vers des pays non membres de l’UE, rappelle le Volkskrant. "Mais ce commerce a tout de même été autorisé sous certaines conditions, sous la forte pression de l’Espagne et de la France. Les pêcheurs espagnols et français gagnent beaucoup d’argent en vendant des civelles (petites anguilles transparentes) à la Chine et au Japon."
"Les Français, pour la première fois depuis que l’anguille est une espèce protégée, ont maintenant accordé une licence d’exportation pour 52 millions (14 000 kilos) de civelles. Cette décision a été prise après un blocus par des pêcheurs français du port de Saint-Nazaire qui a duré quatre jours fin janvier."
"La Nederlandse Vereniging van Palinghandelaren (NeVePaling, association néerlandaise des marchands d’anguilles), qui vient d’être fondée, veut que les civelles pêchées soient relâchées dans les fleuves européens afin de rétablir l’espèce" (également Trouw p.13, brève, De Telegraaf p.25).

Pour le commentateur éditorial du Telegraaf, cette licence d’exportation est "une vulgaire génuflexion et un camouflet pour les pêcheurs d’anguilles néerlandais".

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LA FRANCE DANS LA PRESSE NEERLANDAISE

Le NRC Handelsblad (p.4) d’hier soir et l’AD (p.15) évoque l’affaire des trois jeunes filles qui ont torturé leur voisin pour obtenir son code de carte bancaire.
Le Trouw (p.8) suit la réforme des retraites : "Sarkozy ouvre le délicat dossier des retraites – Six Français sur dix ne veulent pas travailler au-delà de soixante ans".

Cette revue de presse ne prétend pas à l’exhaustivité et ne reflète que des commentaires ou analyses parus dans la presse néerlandaise, qui n’engagent en rien le point de vue propre de l’ambassade de France aux Pays-Bas.

Dernière modification : 02/03/2010

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