Presse néerlandaise du mardi 18 janvier 2011

LES GRANDS TITRES

- Trouw (chrétien progressiste) : Début prudent de démocratie
- De Volkskrant (centre gauche) : Nouveau gouvernement : les Tunisiens sont sceptiques
- AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : La police laisse tomber les victimes
- De Telegraaf (populaire) : Deuxième Chambre : Coup de balai dans la police
- NRC-Handelsblad : La situation en Uruzgan en 2010 était plus grave qu’on ne le disait

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ACTUALITE INTERNATIONALE

Wikileaks

- LeNRC et leVolkskrant se concentrent sur les conséquences des révélations de Wikileaks pour le haut fonctionnaire qui, selon un télégramme américain, aurait suggéré de faire pression sur le vice-Premier ministre Wouter Bos dans le dossier Uruzgan (voir RdP du 17.01). Le directeur des affaires politiques incriminé a été nommé Représentant Permanent à Bruxelles lors du conseil des ministres de vendredi dernier et le député PvdA Frans Timmermans s’interroge sur cette décision : « Ce n’est pas rien de miner activement la position du Vice Premier-ministre », fait-il remarquer dans le NRC-Handelsblad. Le député CDA Henk Jan Ormel déclare « comprendre la réaction de Timmermans, mais il faut relativiser les choses et être prudent. Il s’agit de l’interprétation par les Américains d’un entretien avec un haut fonctionnaire. Je ne crois pas qu’il se soit littéralement exprimé de cette façon. (…) N’oublions pas qu’à la même époque, Timmermans était Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères. ». Le D66 ajoute que « les hauts fonctionnaires ne font jamais rien sans l’accord de leur ministre ». Finalement, commente le Volkskrant, c’est la relation entre le CDA et le PvdA qui semble devoir être la première victime de Wikileaks. Les comptes-rendus d’entretiens américains confirment les suppositions les plus sombres des travaillistes sur leur partenaire de coalition de l’époque ». Le Telegraaf cite la réaction du ministère des Affaires étrangères : « Les fonctionnaires agissent toujours sous la responsabilité politique du ministre ».
- Le Volkskrant publie ce matin une nouvelle information sur un haut fonctionnaire néerlandais qui aurait « indiqué en 2008 aux Américains que la meilleure chose à faire serait de mettre à prix la tête de Joseph Kony, chef de l’Armée de Résistance du Seigneur, et d’encourager quelques personnes locales au Congo à s’occuper de lui ».
- Le Telegraaf, se référant à « d’autres documents de Wikileaks, » note que « la police et la justice néerlandaises informent activement leurs homologues américaines sur les enquêtes en cours. En 2004 par exemple, après l’arrestation du groupe Hofstad (soupçons de terrorisme). Sans que les Américains en aient fait la demande explicite, les noms des personnes soupçonnées de terrorisme leur ont été communiqués. (…) Selon les documents de l’ambassade des Etats-Unis, des agents du FBI travailleraient au KLPD (police nationale néerlandaise) ».
- Se référant au quotidien Norvégien Aftenposten, le NRC indique à la une que « La situation en Uruzgan en 2010 était plus grave qu’on ne le disait ». A cette époque, « l’Uruzgan était menacé de tomber sous la coupe des talibans. L’ambassade américaine à Kaboul indiquait que la situation était critique. Ces informations donnent un nouvel éclairage sur le processus de décision concernant la mission militaire la plus importante depuis les opérations de police en Indonésie ».
- Le NRC présente sur son site Internet des documents éclairant la relation entre le NCTb (coordinateur pour la lutte anti-terrorisme) et Geert Wilders dans la période qui a précédé la diffusion du film Fitna en mars 2008. Il ressort notamment des télégrammes adressés à Washington qu’un fonctionnaire du NCTb se montrait confiant sur les dispositions de M.Wilders à soumettre son film avant publication : « Il sait qu’il a besoin de nous pour rester en vie », aurait-il commenté. Les Américains, de leur côté, estiment que M. Wilders n’est pas un ami de l’Amérique parce qu’il est contre l’envoi de militaires en Afghanistan, pense que la coopération est de l’argent gâché, est opposé aux missions de l’OTAN en dehors du territoire de l’Alliance et parce qu’il sème la peur et la haine des immigrés. Un des télégrammes le dépeint comme un leader d’extrême-droite. Le chef de file du PVV a déclaré ne pas se reconnaître dans les qualifications des Américains, qui témoigneraient d’un « esprit étroit » et d’un « travail d’amateurs ».

Afghanistan

- Avant de donner son accord pour une mission de formation en Afghanistan, la ChristenUnie (chrétien social – 5 sièges) demandera au gouvernement de reconsidérer quelques aspects de son projet (Trouw p3). Ce parti a encore un certain nombre de questions sur l’utilité de la mission et sur les conditions sécuritaires. L’année dernière, la ChristenUnie a soutenu la motion de GroenLinks et du D66 qui plaidait en faveur d’une mission de formation de police en Afghanistan. Le député ChristenUnie, M. Joël Voordewind, se demande toutefois quelle est la plus-value de la mission telle que proposée par le gouvernement actuel : « Les Allemands sont déjà présents à Kunduz. On dit que les formateurs néerlandais seraient plus utiles ailleurs en Afghanistan ». De plus, le parti n’est pas enchanté du fait que le gouvernement finance cette mission sur le budget prévu pour la coopération au développement. Fin 2009, M. Voordewind demandait dans sa motion au gouvernement de l’époque de tenir sa promesse de retirer les soldats néerlandais d’Uruzgan en 2010.
- Le Volkskrant (p17) publie une tribune de la directrice d’Oxfam Novib, Mme Farah Karimi. L’ancienne députée GroenLinks approuve une mission policière néerlandaise en Afghanistan à condition que celle-ci ne relève pas de l’OTAN et serve l’intérêt à long terme du peuple Afghan.

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ACTUALITE INTERIEURE

Elections provinciales

Le Volkskrant consacre une double page aux élections provinciales du 2 mars prochain et met notamment l’accent sur l’enjeu national de ces élections et la stratégie choisie par les partis politiques dans cette perspective (p.6-7). Les « nombreux accords de listes » passés entre les partis d’opposition sont plus particulièrement relevés.
« Ces accords sont très importants pour l’attribution des votes résiduels, non seulement pour la composition des Etats Provinciaux, mais surtout pour celle du Sénat. Celui-ci sera élu le 23 mai par les 566 membres des Etats Provinciaux ». Le Volkskrant précise que les partis ont jusqu’au 18 janvier à 15 heures pour finaliser leurs accords. GroenLinks a passé 11 accords sur 12 provinces : 6 provinces GroenLinks-PvdA, 2 provinces GroenLinks-PvdA-D66, 2 provinces GroenLinks-PvdA-PvdD et 1 province GroenLinks-D66. Le PvdA a passé 10 accords de liste, le D66 3, le VVD, le CDA et le SP aucun. « C’est l’avenir du gouvernement Rutte qui est en jeu », souligne le Volkskrant. « Pour la survie de la coalition VVD-CDA soutenue par le PVV, il est crucial que celle-ci obtienne au moins 38 sièges à la Première Chambre (sur 75). (…) Les lourdes conséquences de ce vote devraient avoir une influence sur la participation électorale, normalement faible pour les élections provinciales (moins de 50%). Les conséquences sur la composition du Sénat sont déjà visibles. Le sang d’anciens animaux politiques comme Elco Brinkman (CDA), Rogier van Boxtel (D66) et Frank de Grave (VVD) a recommencé à bouillir. Mais ils seront tout de même obligés de marquer le pas pendant la campagne devant les leaders de leurs partis. Les invitations à des manifestations électorales pleuvent déjà chez les présidents de groupes parlementaires et même le Premier ministre Mark Rutte et le vice-Premier ministre Maxime Verhagen vont se lancer dans la bataille. (…) Les budgets électoraux varient fortement d’un parti à l’autre, allant de 100.000 € pour le D66 et 150.000 € pour GroenLinks à 350.000 € pour le VVD et 500.000 € pour le SP. Le CDA devrait dépenser entre 500.000 € et 1 million €. Le PvdA n’a annoncé aucun montant ».

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AFFAIRES ECONOMIQUES

Fonds d’urgence européen

Les journaux ont recueilli les impressions du ministre des Finances néerlandais, M. de Jager, à l’issue d’une réunion qui s’est tenue hier à Bruxelles sur le fonds de secours d’urgence européen. « Le fonds d’urgence européen n’est pas doublé, mais il sera augmenté de façon significative », annonce le Volkskrant. « Les garanties des pays de la zone Euro pour le fonds d’urgence pourraient être relevées, indique le Telegraaf. M. de Jager « s’attend à ce que le renforcement de ce fonds implique que les Pays-Bas doivent y mettre plus d’argent : ‘Sans capital supplémentaire ou garanties, cela serait difficile’. Le ministre des finances pense qu’il faudra du temps avant que soit connu le montant exact de ce relèvement : ‘Cela devra être négocié avec soin’. Selon lui, il n’y a aucune raison de se hâter. Il souligne qu’à ce jour, seule l’Irlande a demandé 62,5 milliards € sur ce fonds. (…) Les Pays-Bas et l’Allemagne veulent lier une modification de ce fonds à des accords précis et solides sur la stabilité économique et financière de la zone Euro : ‘Chacun doit prendre ses responsabilités’ ».

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LA FRANCE DANS LA PRESSE NEERLANDAISE

Le Volkskrant annonce l’élection de Marine Le Pen à la présidence du FN.
Les correspondants du Trouw et du Volkskrant évoquent les liens entre la France et son ancien protectorat tunisien.

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A SIGNALER

Justice - Volkskrant p. 5, Trouw p. 5 : Conclusions du rapport Meijerink sur le procès Wilders, les juges étaient mal préparés à la forte pression médiatique.

Justice internationale - Trouw p. 10 : Le procureur du Tribunal spécial pour le Liban va déposer ses premières mises en accusation.

Cette revue de presse ne prétend pas à l’exhaustivité et ne reflète que des commentaires ou analyses parus dans la presse néerlandaise, qui n’engagent en rien le point de vue propre de l’ambassade de France aux Pays-Bas.

Dernière modification : 18/01/2011

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