Presse néerlandaise du mardi 1er octobre 2002

La crise de la Liste Pim Fortuyn fournit plusieurs titres à la une. La
situation au sein du parti est assez confuse et le président du groupe
parlementaire, Wijnschenk, a adressé hier un "appel pressant" au
ministre Herman Heinsbroek (Affaires économiques), qui est rentré prématurément
de Bruxelles.

Sur le plan international, la presse évoque plus particulièrement les
négociations américano-européennes sur les compétences de la Cour pénale
internationale.

 

-  
NRC Handelsblad
d’hier soir : "Israël lève le siège d’Arafat", "Hoogervorst
s’en prend à Duisenberg", "Wijnschenk : Heinsbroek doit diriger la
LPF"

-  
de
Volkskrant

 : "Heinsbroek veut succéder à Fortuyn – Le ministre a été demandé
comme leader politique de la LPF", "L’UE essaie d’éviter la sape de
la Cour pénale"

-  
Algemeen
Dagblad

 : "La LPF s’enfonce dans la crise – Heinsbroek leader politique s’il
recueille ’assez de soutien’", "Une journée de paroles apaisantes, de
coups de téléphone et de recherche"

-  
Trouw
 : "Heinsbroek veut bien devenir le leader de la LPF", "De sévères
mesures sont nécessaires pour les retraites"

-  
De
Telegraaf

 : "Une base de données pour les portables volés – 20 000
gsm sont dérobés chaque mois
", "La tension atteint le point d’ébullition
au sein de la LPF – Heinsbroek réfléchit au leadership du parti"

 

* * *

Actualité internationale

Cour
pénale internationale

" L’Union européenne a réussi
in extremis à éviter une scission entre les Etats membres au sujet de la Cour
pénale internationale
de La Haye", rapporte Geert-Jan Bogaerts à la
une du Volkskrant , depuis Bruxelles.
" Les Etats membres ne feront que des
concessions limitées aux Etats-Unis, sur le point de l’immunité qu’ils exigent
pour les citoyens américains
. L’UE suivra une ligne unique concernant ce
dossier. Tel est le résultat d’un mois de dures négociations entre des
diplomates italiens et britanniques d’une part et des fonctionnaires du reste de
l’Union de l’autre."

"Début septembre, l’Italie et la Grande-Bretagne avaient fait
savoir qu’elles étaient prêtes à conclure un traité bilatéral avec les
Etats-Unis", rapporte le journal de centre-gauche. "Le compromis
auquel on a abouti maintenant offre aux Etats membres la possibilité de
conclure des accords bilatéraux avec les Etats-Unis. Les soldats ou diplomates
américains recherchés par la Cour pénale pourront être livrés aux
Etats-Unis pour y être jugés. Mais l’Union européenne n’autorise pas les
Etats membres à céder aux exigences américaines sur deux autres points
cruciaux. C’est ainsi que les Etats-Unis réclamaient l’immunité non seulement
pour leurs soldats et diplomates, mais pour tous les citoyens américains, y
compris les politiques et les mercenaires. L’Union rejette cette immunité. En
outre, les Américains qui sont déjà en route vers la Cour et qui transitent
par un pays de l’UE ayant un accord bilatéral avec les Etats-Unis ne seront pas
transférés à l’Amérique, mais poursuivront leur route vers La Haye."

" Le
ministre De Hoop Scheffer et d’autres ministres des Affaires étrangères ont
manifesté leur soulagement
lors d’un conseil européen, à Bruxelles. Il
y a un mois, personne n’aurait pensé que nous y arriverions’, a déclaré De
Hoop Scheffer
. ’Ceci est important, car nous avons une fonction d’exemple
pour beaucoup d’autres pays. J’espère que les Etats candidats respecteront
aussi ces directives’."

"De Hoop Scheffer espère que les
principes convenus serviront de fil directeur dans les relations des pays de
l’UE avec les Etats-Unis", précise le Trouw
(p.6) de son côté. " Il a rappelé
que les Pays-Bas, en tant que pays-hôte de la Cour pénale, ne signeront jamais
un accord avec Washington
. Ce n’est d’ailleurs pas nécessaire, selon lui,
parce que les Pays-Bas ont déjà un accord d’extradition avec les Etats-Unis.
Il existe aussi un règlement concernant le statut des militaires et des
diplomates américains sur le territoire néerlandais" (également De Telegraaf p.11).

 

Union
européenne

1)
Elargissement
.
" Les Pays-Bas agiront de concert
avec l’Allemagne pour obtenir que les paysans des Etats candidats à l’Union
européenne n’obtiennent de subventions financières directes que si elles
disparaissent pour tous les paysans de l’Union
", rapporte le
correspondant à Bruxelles du journal d’affaires Het Financieele Dagblad (p.7). "C’est ce que conclut le secrétaire
d’Etat Atzo Nicolaï (Affaires européennes) sur la base d’un tête à tête
avec son pendant allemand, Günter Pleuger. L’Allemagne est notre principal partenaire dans cette question. Mais je
sais que nous ne pouvons pas suivre aveuglément nos voisins de l’Est’
, a
expliqué Nicolaï lundi, à Bruxelles. ’Les Allemands négocient actuellement
avec les Français pour aboutir à un compromis sur le paragraphe agricole du
traité d’élargissement. Nous ne sommes pas de la partie. J’ai l’impression
qu’un compromis n’est pas encore en vue. Mais s’ils y aboutissent, il faut espérer
qu’il nous sera favorable. Car si ce n’est pas le cas, nous nous retrouverons
dans une position très difficile et isolée’."

" L’exigence
néerlandaise, souligne Nicolaï, ne repose pas en premier lieu sur des motifs
financiers
. ’ La principale raison
pour laquelle nous voulons nous défaire des subventions agricoles, en tant que
gouvernement néerlandais, est qu’elles perturbent le marché
. Cette forme
de soutien a pour conséquence pour les consommateurs que les prix sont trop élevés
et qu’il y a surproduction, et elle rend nos marchés difficiles d’accès pour
les pays en développement.’ Ce n’est qu’ensuite qu’intervient le souhait des
Pays-Bas d’améliorer leur position nette en Europe, selon le secrétaire
d’Etat."

Le Volkskrant
(p.4) évoque dans ce contexte la récente
présence à La Haye du secrétaire d’Etat aux Affaires européennes de la République
tchèque
, Pavel Telicka. quot ;Les
Pays-Bas auront-ils effectivement le courage de tout gâcher au dernier moment ?
Pourquoi n’ont-ils pas posé leurs exigences concernant l’adaptation de la
politique agricole il y a trois ans ?"

2)
Pacte de stabilité
.
" Le ministre Hoogervorst (Finances)
condamne le soutien que la Banque centrale européenne (BCE) a exprimé le
week-end dernier à la proposition de la Commission européenne
de n’obliger
les pays de la zone euro à équilibrer leur budget qu’en 2006", relève le
NRC Handelsblad (pp.1 et 11).
"Hoogervorst s’y opposera la semaine prochaine, en conseil des ministres
européen. Si les ministres européens
des Finances adoptent tout de même le projet de la Commission, ce sera ’la fin
du Pacte de stabilité’, selon Hoogervorst
."

"Le gouvernement français a fait savoir que le déficit budgétaire,
estimé à 2,6 %, ne baissera pas cette année et l’année suivante. La
France est donc aussi en contradiction avec le schéma proposé par la
Commission européenne. La Commission a posé comme condition que les déficits
baissent d’un demi pour cent par an, à partir de l’année prochaine."

" Le
président de la Banque des Pays-Bas, Wellink, qui est membre de la direction de
la BCE, déclare qu’il est ’extrêmement déçu’ par l’attitude de la France
.
’Je ne trouve pas que les ministres doivent accepter aussi facilement la
proposition de la Commission.’ Selon Wellink, Duisenberg, en soutenant la
proposition de la Commission européenne, a justement voulu sauver le Pacte de
stabilité. ’Lorsque la pression sur le système est grande, il faut bien
essayer de conserver le système’."

 

Herfkens

Deux journaux annoncent la nomination
de l’ex-ministre de la Coopération Eveline Herfkens (PvdA) à une haute
fonction auprès des Nations Unies
. Le secrétaire général Kofi Annan
annoncera aujourd’hui à New York qu’elle sera son représentant
spécial pour les questions de pauvreté
. Herfkens est la troisième
personnalité politique néerlandaise à être nommée à un haut poste de
l’ONU, après l’ancien premier ministre Ruud Lubbers, actuellement Haut
Commissaire pour les Réfugiés, et l’ex-ministre du Logement, de l’Aménagement
du Territoire et de l’Environnement Jan Pronk, nommé envoyé spécial pour les
questions d’environnement ( Trouw p.1,
Algemeen Dagblad pp.1 et 7).

 

Actualité
intérieure

Liste
Pim Fortuyn

" La tension croît au sein
de la LPF
", rapporte le Telegraaf
à la une. " Aujourd’hui, le groupe
parlementaire décidera du sort de
la députée Winny de Jong
. Une
discussion sur le leadership du parti a également éclaté. Et il y a de l’eau
dans le gaz entre la direction intérimaire et celle du groupe parlementaire
.
La direction n’est pas satisfaite de la façon d’agir du leader du groupe LPF,
Wijnschenk, et de ses confidents Hoogendijk, De Graaf et Schonewille. Par
ailleurs, on attend avec frayeur un rapport d’experts comptables, effectué à
la demande de la direction, qui montrerait que certains membres du groupe,
moyennant de fortes sommes, ont acheté directement ou indirectement un siège
à la Deuxième Chambre."

" A
la grande surprise du groupe aussi bien que de la direction, Wijnschenk a lancé
hier le ministre Heinsbroek comme nouveau leader du parti
. Heinsbroek, pour
le moment, ne se prononce pas sur cette fonction. Il veut d’abord savoir s’il bénéficie
de suffisamment de soutien de la part du groupe, de la direction et des autres
membres LPF du gouvernement. ’Et il faut aussi que j’en parle à ma
femme’."

" Le
soap opéra permanent de la LPF ne serait pas si grave s’il s’agissait d’un
parti insignifiant
", remarque l’éditorialiste du journal populaire.
"Mais il s’agit en l’occurrence du deuxième parti des Pays-Bas, auquel
plus d’un million d’électeurs ont fait confiance le 15 mai et qui, en outre,
est investi de responsabilités gouvernementales. Le groupe doit immédiatement trancher . Ou bien il soutient De Jong
et prend congé de son actuel président, Wijnschenk, ou bien il soutient ce
dernier, même si cela signifie que De Jong, seule ou non, quitte le
groupe."

"Fort curieusement, la LPF et le PvdA se
sont heurtés en une semaine au même problème", constate le commentateur
politique du même Telegraaf, Kees
Lunshof : "celui de ne pas pouvoir supporter les critiques
internes." "Dans les deux cas, un document négatif sur le
fonctionnement du groupe et du parti, dont la direction s’est ensuite distanciée,
est à l’origine du problème. Difficultés garanties. Manifestement, les partis
ne tirent jamais de leçon, qu’ils soient vieux ou qu’ils viennent tout juste d’être
fondés."

 

PvdA

La plupart des quotidiens notent que le député
Adri Duivesteijn n’est pas candidat au leadership du PvdA
. Il craint de
provoquer un clivage au sein du groupe parlementaire. Les députés Wouter Bos
et Klaas de Vries restent donc seuls en lice ( de
Volkskrant
pp.1 et 3, Algemeen
Dagblad
p.3, Trouw p.3).

 

Economie,
Finances

Télécommunications

Le groupe de télécommunications Ericsson met fin à ses activités à
Enschede, où il travaillait au développement de logiciels pour la troisième génération
de téléphonie mobile (UMTS). Une demande de licenciement collectif a été déposée
pour 300 personnes, selon un porte-parole de l’entreprise.

La fermeture d’Enschede fait partie d’un plan global d’Ericsson visant
à ramener le nombre de centres de recherche de 80 à 20 à l’échelle mondiale.
Après cette fermeture, Ericsson aura encore quelque 1 300 salariés aux
Pays-Bas, la plupart à Rijen (Brabant du Nord). Le laboratoire de recherche et
l’organisation commerciale et de service de Rijen ne sont pas menacés, selon un
porte-parole ( NRC Handelsblad
pp.1 et 11, Het Financieele Dagblad
p.3, Trouw p.5, de Volkskrant p.17, Algemeen
Dagblad
p.18, De Telegraaf p.27).

 

Retraites

Des millions de salariés et de retraités
vont se ressentir du krach boursier en 2003, annoncent le Trouw et le Volkskrant à
la une. Les cotisations vont augmenter fortement et les retraites seront gelées.
Ces mesures sont nécessaires pour faire face à un déficit des caisses de
retraite de 23 milliards d’euros, dû à la chute de l’index AEX de la Bourse
d’Amsterdam.

 

Affaires françaises 

La tournée d’adieu que le chanteur Charles
Aznavour a entamé à Amsterdam samedi fait l’objet d’articles dans l’ensemble
très élogieux. "Un triomphe", constate le journal 
amstellodamien Het Parool (p.2). Des "adieux dignes", selon le journal
haguenois Haagsche Courant (p.A6).
"Je me suis toujours senti tellement bienvenu en Hollande", cite le Telegraaf
(p.17) sur sa page Privé.

Antoinette Reerink, dans l’ Algemeen
Dagblad
(p.10) annonce les manifestations artistiques de la "Nuit
Blanche" du 5 au 6 octobre, à Paris. 

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