Presse néerlandaise du mardi 2 avril 2002

Trouw
 : "’Citoyens, l’Etat d’Israël est en guerre’", "De la table
familiale à la radio, la violence" (correspondance de Jérusalem), "Attentats
contre des objectifs juifs – Des immeubles détruits en Belgique et en France"

de
Volkskrant
 : "La fraude dans le bâtiment s’étend
à la direction d’un constructeur de routes", "La Cisjordanie s’est
transformée en un grand campement militaire", "Le décès de la queen-mum
éclipse le jubilé de sa fille"

Algemeen
Dagblad
 : "’Ceci est une guerre totale’ – Une
semaine de violence", "La queen-mum
était le chouchou des Britanniques"

De
Telegraaf
 : "Sharon : Nous sommes
maintenant en guerre", "Salves d’honneur pour la ’Queen Mum’",
"Le soleil a fait de ces Pâques les plus belles des dernières années"

Le
dossier du jour
 : Interview
d’Ad Melkert

 

" Pour
les électeurs, les choses sont devenues beaucoup plus claires
", titre
le Volkskrant (p.2) de samedi,
au-dessus d’une interview de la tête de
liste du PvdA, Ad Melkert
. Le chef de file social-démocrate reconnaît
qu’une certaine distance s’est créée entre la classe politique et les citoyens.
"Les gens se sont demandés : cette administration est-elle encore la
nôtre ? Quand on avait besoin de soins, on était placé sur une liste
d’attente et on voyait toutes sortes d’instances entrer en action. On attendait,
sans vraiment pouvoir présenter sa liste de desiderata. Prenez les chemins de
fer, qui sont presque le symbole de toutes les plaintes. Qui ou quoi est
responsable de la marche des trains ? Les
citoyens se plaignent du manque d’implication et de dynamisme, du langage
politique qu’ils ne comprennent pas
. Nous
ne pouvons pas l’ignorer
."

"Deux
changements fondamentaux sont nécessaires", selon Melkert. "En
premier lieu, il faut créer une marge
pour les initiatives et les expériences de la base
." "En deuxième
lieu il faut avoir recours beaucoup
plus largement aux rénovateurs au sein des services publics
. Beaucoup de
jeunes fonctionnaires sont frustrés et perdent patience parce qu’ils n’arrivent
pas à rompre la hiérarchie. Le prochain gouvernement devrait rénover
radicalement les échanges entre les ministères."

Interrogé
sur les perspectives électorales de son parti, Melkert déclare : "Je
considère qu’il est tout à fait possible que le PvdA devienne le plus grand
parti. Surtout, en fait, parce que le choix est devenu beaucoup 
plus clair pour les électeurs." " Peut-être
faut-il conclure que notre système n’est plus adapté aux exigences de notre époque
.
Nous voulons plus de transparence, des
alternatives
. C’est difficile à
concilier avec des compromis entre deux, trois ou davantage de partis ou avec
des mécanismes qui fonctionnent inévitablement en partie à huis clos
.
Peut-être est-il temps de changer le système." "Si on recherche la démocratie
directe, il est indispensable d’ouvrir
les portes du Binnenhof et d’entrer beaucoup plus en débat avec les citoyens
eux-mêmes
. C’est un revirement dans
notre culture politique
."

Grâce
à Pim Fortuyn  ?

"Il a accéléré le processus .
Il en est le catalyseur . Il y avait
beaucoup de mouvement et brusquement quelqu’un a mis le feu à la mèche. J’ai
été très choqué par le glissement de terrain à Rotterdam et les signaux
d’alarme dans les sondages."

"Le
plus important, ce sont les motifs des électeurs. Je leur ai posé la question :
pourquoi vous abstenez-vous ? Pourquoi votez-vous Fortuyn ? Pourquoi
n’aimez-vous plus le PvdA ? Les motifs sont nombreux. Il ne s’agit vraiment pas
uniquement du fait que les Pays-Bas seraient surpeuplés, ce n’est pas la
principale raison pour la plupart." "Ce n’est pas seulement une
question de politique. Il s’agit aussi de notre attitude."

" Je
suis un politique expérimenté et je ne veux exercer ce métier que si les gens
ont confiance en moi
", conclut Melkert. " Il
faut être ouvert aux signaux de la société
. Je
pense vraiment que les électeurs ne remettront pas en cause les acquis des
dernières années, le 15 mai
. Le PvdA doit expliquer ce qui se passe,
convaincre les gens qu’il y a des alternatives."

 

Actualité
internationale

 

Srebrenica

" La
politique néerlandaise a échoué dans le drame de Srebrenica
", écrit
le Trouw (p.3) de samedi. " Le
premier gouvernement Kok aurait dû faire savoir plus concrètement aux
militaires, durant l’été 1995, comment ils devaient protéger la population de
l’enclave musulmane
. ’Des tiers ont été victimes de cet échec’. C’est
ce qu’a déclaré le ministre PvdA de l’Environnement, Pronk, dans le cadre du
programme télévisé Nova
."

"En
juillet 1995, environ 7 500 musulmans de sexe masculin ont été évacués
par les Serbes, sous les yeux des Casques bleus néerlandais, et très
probablement exécutés. Pronk était à l’époque ministre de la Coopération."
" L’interview de Pronk a été
enregistrée mercredi à New York, alors qu’il ignorait encore le contenu du
rapport de l’Interkerkelijk Vredesberaad
(IKV)
, qui affirme que le Dutchbat avait bel et bien eu la possibilité de
prévenir le massacre" (cf. presse du 28 mars).

Selon
Pronk, le gouvernement de l’époque avait convenu clairement que le Dutchbat
devait faire preuve de "solidarité" avec les musulmans de l’enclave
et faire tout son possible pour les protéger. Ce message a bien été transmis
au commandant Karremans, à Srebrenica, par le ministre VVD de la Défense,
Voorhoeve. "Mais nous aurions dû formuler des instructions plus détaillées.
Rétrospectivement, nous aurions dû faire savoir que personne ne devait quitter
le camp du Dutchbat. Tout bien considéré,
nous avons échoué, moi, la classe politique
. Pas
les militaires, car ils travaillent sur la base d’instructions et celles-ci
n’ont manifestement pas été assez claires
."

Le
président du groupe GroenLinks, Rosenmöller, a immédiatement posé à Kok des
questions (écrites) sur les propos de Pronk. Il veut savoir si le premier
ministre partage le jugement de son ministre.

 

Actualité
intérieure

 

Campagne
électorale

" L’ancien
leader VVD Bolkestein juge peu raisonnable d’exclure a priori la Liste Fortuyn
du gouvernement
", relève le Trouw
(p.3) ce matin. " Partout où des
partis populistes de droite participent au gouvernement, en Europe, ils régressent,
et partout où ils sont exclus, ils progressent
, a déclaré Bolkestein
dimanche, durant le programme télévisé Buitenhof.
L’ancien président du groupe parlementaire PvdA Wallage s’est prononcé contre
une telle expérience. ’Il ne faut pas y exposer le pays. Cela revient à rendre
présentables Fortuyn et ses idées bizarres, comme la fermeture des frontières.
Wallage a prédit que le CDA regretterait de ne pas avoir exclu a priori la coopération
avec Fortuyn. L’ancien leader du groupe CDA, De Hoop Scheffer, juge peu
vraisemblable que son parti se mette en cheville avec la Liste Fortuyn. ’Mais
c’est autre chose que de dire : jamais.’ Le sénateur D66 Terlouw juge peu
raisonnable que la tête de liste de son parti, De Graaf, se soit déjà prononcée
contre Fortuyn. Il faut éviter d’avoir les mains liées en entrant dans la période
de formation du gouvernement."

"Terlouw
impute le mécontentement de la société vis-à-vis de Paars au fait que le
deuxième gouvernement Paars n’a pas subi suffisamment de défaites. ’Une défaite
stimule le débat. Tout était réglé, de sorte que les tensions ne sont pas
apparues. C’est mauvais pour la société civile’."

" Bolkestein
attribue la montée de Fortuyn à la démocratie télévisuelle et au caractère
hautement amusant du nouveau venu politique
. ’Il est amusant et le téléspectateur
veut être amusé.’ Bolkestein a estimé que son parti aurait ’peut-être’ dû
rompre avec la coalition sur la politique d’asile. Selon lui, on a accueilli
beaucoup trop de réfugiés économiques, durant les huit dernières années"
(également Algemeen Dagblad p.3).

L’ensemble
de la presse note par ailleurs que Martin Kievits et son avocat Bram Moszkowicz
envisagent un recours en justice, après la radiation du professeur d’académie
de police de la Liste Pim Fortuyn.

Kievits
a été suspendue par l’académie de police d’Apeldoorn, parce qu’il aurait
maltraité l’an dernier le président du club de hockey de son lieu de résidence,
Mijdrecht ( Trouw p.3 et tous
journaux).

 

Joint
Strike Fighter

"Une
poignée seulement de manifestants a protesté contre le JSF, samedi", note
le Volkskrant (p.2). " La
’grande manifestation contre le JSF’, l’avion de combat américain, est un échec
.
Telle est la conclusion de Mient Jan Faber, qui a regardé samedi les quelque
trois cents manifestants réunis sur le Plein, à La Haye. Le chef de file de l’Interkerkelijk
Vredesberaad
(IKV) sait de quoi il parle : dans les années quatre-vingts,
il a mené des centaines de milliers de manifestants protestant contre
l’installation de missiles de croisière."

Le
Telegraaf (p.3) souligne que le CDA
doute désormais aussi de l’opportunité de la participation néerlandaise au
projet JSF. "Le gouvernement a besoin du soutien du CDA", rappelle le
journal populaire. "Avec le soutien du VVD, du CDA, de la ChristenUnie et
du SP, le gouvernement dispose de 75 sièges parlementaires, la moitié de la
Chambre."

 

Economie,
Finances

 

Fraude
dans le bâtiment

"La
direction du constructeur de routes Koninklijke Wgenbouw Stevin (KWS) est
impliquée directement dans un cartel illégal", annonce le Volkskrant
dans son grand article à la une. "Un directeur adjoint et un ancien
directeur financier de cette entreprise ont utilisé des années durant un système
spécial de facturation des accords de prix. L’autorité de surveillance de la
compétitivité (NMa) est au courant et enquête sur l’affaire."

"Des
documents sur KWS détenus par de Volkskrant sont le premier indice
tangible du fait qu’une direction d’entreprise était au courant des pratiques
illégales dans le bâtiment. Il ressort de ces documents que KWS a conclu des
accords avec des entreprises de construction comme Heijmans et NBM. Un autre
fait frappant est qu’ils nomment les bureaux d’ingénierie Arcadis et
Oranjewoud. Ces noms n’avaient pas encore été 
prononcés dans l’affaire de la fraude dans le bâtiment."

"KWS,
une filiale de la Koninklijke Volker Wessels Stevin (cotée en bourse), est le
plus grand constructeur de routes des Pays-Bas."

 

Conventions
collectives

Le
ministre Vermeend (Affaires sociales) a instamment prié le patronat et les
syndicats de vider rapidement leurs querelles sur les conventions collectives.
"Les grèves n’ont guère de sens et elles sont mauvaises pour l’économie",
a prévenu Vermeend à Radio 1, hier, à la suite des grandes actions de grèves
chez Philips et dans le bâtiment, la semaine dernière.

Selon
le ministre PvdA, les négociateurs devraient suivre l’exemple de la convention
collective de l’entreprise sidérurgique Corus, où l’on a convenu d’une
augmentation salariale de 2,75 % et d’une prime unique de 0,5 %, à
condition que l’entreprise fasse suffisamment de bénéfices. "C’est modéré
et raisonnable, et responsable dans la situation économique actuelle" ( De
Telegraaf
p.3).

 

Affaires
françaises 

 

S’agissant
de la campagne pour les élections présidentielles, le Trouw
(p.6) de samedi note que "Chirac ouvre l’offensive sur la tuerie de
Nanterre" et le Telegraaf
(p.11) remarque que "’Nanterre’ est au centre de la campagne électorale
française".

Le
supplément de l’ Algemeen Dagblad de
samedi contient un entretien avec la mère de Moussaoui, le "vingtième
pilote" détenu aux Etats-Unis.

Ce
matin, Martin Sommer mentionne dans le Volkskrant
(pp.1 et 5) la surveillance renforcée des synagogues et rapporte que "les
Algériens des banlieues françaises s’identifient aux Palestiniens".

Le
Telegraaf , outre les attentats liés
au conflit israélo-palestinien (p.7), présente la Peugeot 307 (p.15).

L’ Algemeen
Dagblad
(p.5) suit le procès de Monfort.

Dernière modification : 21/04/2010

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