Presse néerlandaise du mardi 20 septembre 2011

Trouw (chrétien progressiste) : Jongerius perd la confiance [de certains adhérents de la FNV].

De Volkskrant (centre gauche) : Pas de tabou sur la déduction fiscale des intérêts d’emprunts immobiliers dans la population.

De Telegraaf (populaire) : Le pouvoir d’achat baisse encore davantage.

NRC-Handelsblad  : Le gouvernement en colère contre le Bureau de Planification [CPB].

Het Financieele Dagbald : Les retraites mettent sous pression les profits des entreprises.

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AFFAIRES EUROPEENNES

Interview

« Guy Verhofstadt, l’influent président du groupe des libéraux au Parlement européen, fait l’éloge des démarches du gouvernement Rutte en direction d’une solution structurelle pour la crise de la dette de la zone euro », note le Trouw : « Avec sa proposition de commissaire spécial pour contrôler les budgets des Etats, [le Premier ministre] Rutte veut en fait dire qu’il est nécessaire de mettre en place un gouvernement européen. (…) Verhofstadt apprécie la façon dont Rutte et De Jager [ministre des Finances], en dépit de la pression exercée par Geert Wilders, se débattent contre l’euroscepticisme grandissant aux Pays-Bas (…). Heureusement Rutte va plus loin que Merkel et Sarkozy. Implicitement, il donne un signal fort et démontre que deux discussions par an sur les budgets d’Etat ne suffisent pas. » Le journal remarque que « Mark Rutte a prouvé, pendant la première année de sa législature, qu’il arrive à négocier avec presque tous les partis pour obtenir une majorité pour ses projets » et conclut que « Rutte ressemble à ces jongleurs qui, pendant qu’ils se tiennent en équilibre, arrivent à tenir, non pas trois, mais huit balles dans l’air ».

Dans ce contexte, le Volkskrant note que le gouvernement retire son projet de limiter à deux enfants le budget spécial d’allocations familiales destiné aux familles modestes. Selon le journal, « le gouvernement ferait des concessions pour obtenir le soutien du SGP ». Le Trouw précise qu’ « une grande partie de l’électorat de ce parti réformé orthodoxe est composée de familles nombreuses ou de familles dont la femme ne travaille pas, deux catégories qui auraient été lourdement touchées par le projet gouvernemental ».

Espace Schengen - « Guerre des fleurs »

Le Volkskrant évoque « la guerre des fleurs entre la Roumanie et les Pays-Bas ». « Quinze camions transportant des fleurs en provenance des Pays-Bas ont été bloqués ces derniers jours par les douanes roumaines en raison de soupçons sur la présence d’une bactérie ». D’après la députée européenne CDA, Ellen de Lange, il s’agirait d’une mesure de rétorsion après le refus des Pays-Bas de laisser entrer la Roumanie dans la zone de Schengen. « En boycottant la tulipe, une fleur à haute valeur symbolique, la Roumanie veut faire du chantage à l’encontre du gouvernement néerlandais ». Le journal rappelle que « vendredi, le ministre de l’Immigration et de l’Asile, M. Leers, a déclaré que la Roumanie et la Bulgarie avaient pris trop peu de mesures contre la corruption. Cette déclaration avait suscité une réaction de la part du ministre roumain des Affaires étrangères, Teodor Baconschi, qui a rétorqué que le gouvernement néerlandais était pris en otage par l’agenda anti-européen d’un parti extrémiste. Ce qui était une référence claire au parti de Geert Wilders », remarque le journal.

ACTUALITE INTERIEURE

Coalition

Sur un arrière-plan de Discours du Trône et de présentation du budget, Martin Sommer examine, dans un grand article du Volkskrant, dans quelle mesure l’obligation de rechercher des soutiens à la fois auprès du PVV et de l’opposition trouble le message d’une coalition gouvernementale minoritaire. Le gouvernement « veut suggérer qu’il contrôle la situation. (…) Pour cela, il faut exprimer un message univoque. Et celui-ci est inexistant entre la coalition et son partenaire extérieur de soutien le PVV. C’est ainsi que l’introduction de la Note des Millions est très claire sur la crise de l’Euro, expliquant que les Pays-Bas profitent beaucoup du marché intérieur européen (…), à tel point que Wilders a qualifié ce document d’europhile. Mais quelle est la conclusion ? Pas un mot sur la nécessité de soutenir l’Euro coûte que coûte. Ou sur ce que nous coûterait une faillite grecque. (…) L’impact de cette banqueroute pour le portefeuille de Henk et Ingrid [noms choisis par Wilders pour symboliser les Néerlandais moyens] reste bien gardé dans les coffres du ministère des Finances. Les politiques doivent ‘la boucler’ sur la Grèce, a indiqué Neelie Kroes. (…) Et c’est ainsi que nous nous trouvons embarqués dans une fusée à deux étages virtuels : nous ignorons tout de l’avenir immédiat et nous n’avons pas la moindre intention d’en parler, tandis que Geert Wilders encaisse, comme le montrera le débat de politique générale. (…) Rutte maintient que les mesures d’austérité se monteront à 18 Mds€. Les commentaires du Conseil d’Etat sur la Note des Millions donnent une image beaucoup plus alarmante. Les Pays-Bas vivent au-dessus de leurs moyens, (…) la Note n’exprime pas suffisamment la gravité de la situation. (...) Le rôle de l’Etat est tout sauf en retrait : 61% des Néerlandais perçoivent une allocation de santé et si les choses continuent ainsi, nous arriverons à 81% en 2040. On peut bénéficier d’une allocation pour la garde des enfants avec un salaire de 170.000 €. L’AWBZ (assurance pour les soins de santé spéciaux) a totalement dégénéré et coûte actuellement 25 Mds€. Et ainsi de suite. (…) L’Etat doit réagir, mais comment ? Cette coalition minoritaire qui dépend de soutiens variables n’est pas plus efficace que la précédente. Les majorités constituées grâce au soutien de l’opposition que nous présente un fringant Rutte n’apportent pas de véritable solution. Le schéma est simple : l’opposition est en principe d’accord avec le ministre, mais veut vendre chèrement sa peau (mission à Kunduz ou réforme des retraites). Cohen [PvdA] et Sap [GroenLinks] ne veulent pas que l’on dise qu’ils soutiennent la coalition, mais sur un certain nombre de points, c’est bien le cas. (…) L’avantage de cette situation est que ces questions donnent lieu à un débat au parlement. L’inconvénient est que l’accord obtenu fait très rapidement l’objet d’interprétations divergentes. Le ministre de la Défense laisse par exemple échapper que Kunduz est finalement une opération militaire. Il ne peut pas y avoir d’action commune percutante. (…) Un an après la mise en place du gouvernement, c’est l’image d’une accolade mortelle qui se dégage, que ce soit avec le PVV ou avec l’opposition. Dans cette configuration, il ne faut pas attendre de message explicite à la population ».

Le Financieele Dagblad de son côté, titre en première page : « Une nouvelle coalition se profile à l’horizon ». Le journal financier note que « la coalition minoritaire du VVD (libéraux) et du CDA (chrétiens-démocrates) pourrait changer de partenaire de soutien. En effet, le PVV a déclaré qu’il est hors de question d’économiser davantage que 18Mds€, et encore moins si ces réductions sont nécessaires à cause de la Grèce. Toutefois, d’après les prévisions du CPB (bureau central de planification), le développement économique actuel rend ces économies supplémentaires vite nécessaires. Et le risque de contretemps venant de la Grèce s’amplifie chaque semaine. Surtout que le VVD et le CDA adoptent de plus en plus une attitude pro-européenne, ce qui accentue la distance avec le parti de Geert Wilders. C’est d’autant plus le cas du CDA qui n’arrive pas à se redresser dans les sondages après le déchirement causé au sein du parti par sa coopération avec le PVV. Ce n’est un secret pour personne que l’ancien Premier ministre, Ruud Lubbers, œuvre dans les coulisses pour faire nommer [les opposants de cette coopération] M. Hirsch-Ballin et Mme Timmerman-Buck à des fonctions importantes, de même que le libéral Ben Verwaayen, personnalité influente et proche de Rutte, a déclaré samedi que le deuxième gouvernement Rutte devrait avoir une autre composition ».

LA FRANCE DANS LA PRESSE NEERLANDAISE

Le correspondant du Volkskrant relève que « Les excuses de DSK sont considérées comme trop maigres par les Français ».

A SIGNALER

Le Volkskrant publie en pages 1 et 5 une enquête faisant apparaître les postes budgétaires sur lesquels la population néerlandaise proposerait de faire le plus d’économies (Aide au développement et Défense) et ceux qui devraient être totalement épargnés (Santé publique et Police).

Le Trouw (p13) note que « la vente de voitures aux Pays-Bas a connu une hausse exceptionnelle au deuxième trimestre. Une augmentation de 22% de véhicules utilitaires et de 19% de voitures particulières a été enregistrée par rapport à la même période de l’année dernière ». Le journal constate que « dans presqu’aucun autre pays européen les ventes ont augmenté autant ».

Cette revue de presse ne prétend pas à l’exhaustivité et ne reflète que des commentaires ou analyses parus dans la presse néerlandaise, qui n’engagent en rien le point de vue propre de l’ambassade de France aux Pays-Bas.

Dernière modification : 20/09/2011

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