Presse néerlandaise du mardi 20 décembre 2011

LES GRANDS TITRES

Trouw (chrétien progressiste) : Que va faire « le grand successeur » ? [Corée du Nord].
De Volkskrant (centre gauche) : Tensions autour de la Corée du Nord.
AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : Contrôle d’alcoolémie massif.
De Telegraaf (populaire) : Soutien au bénévolat.
Het Financieele Dagblad : La continuité de PostNL menacée par les pensions.
NRC-Handelsblad : Tensions après la mort de Kim Jong-Il.

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ACTUALITE INTERNATIONALE

Corée du Nord

Le Telegraaf et Elsevier rapportent le commentaire du ministre des affaires étrangères, M. Rosenthal, après l’annonce du décès de Kim Jong-Il : « C’était un dictateur de la pire espèce. Il n’a accordé aucune liberté à la population nord-coréenne et a été une source de tensions constantes dans la région ». Le chef de la diplomatie s’inquiète des conséquences du changement de leader : « Nous devons tenir compte de nouvelles tensions dans la région. Les Pays-Bas et l’UE devront suivre de près la situation ». Le ministre continue de considérer la Corée du Nord comme « une menace pour la paix et la stabilité internationales », puisque ce pays déclare disposer de l’arme nucléaire.

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AFFAIRES EUROPEENNES

Euro

Tous les journaux mentionnent, à l’instar du Volkskrant, que « Les pays européens renforcent la caisse de guerre pour sauver l’euro ». Ils relèvent que l’Allemagne contribue pour 41,5 Mds€ et les Pays-Bas pour 13,6Mds€. En revanche, souligne le Telegraaf à la une, « Les Britanniques font obstruction » et refusent d’apporter une contribution au FMI. Le FD relève également que « Londres refuse de participer à l’injection européenne au FMI » et le Trouw que « les Britanniques ne s’associent pas au soutien via le FMI ».

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ACTUALITE INTERIEURE

Bilan politique de l’année 2011

Pour le commentateur politique du Telegraaf, Paul Jansen, l’année 2011 a été marquée par un durcissement du débat politique, « du fait de la droite comme de la gauche ». Aussi bien au niveau des dossiers (des ministres pris à partie dans différentes affaires telles que ‘Mauro’ ou celle des couples homosexuels chassés de leur quartier, comparaisons avec la période nazie…) que du langage (le ‘caniche de service’ du PVV à l’adresse du leader du PvdA Job Cohen ou la ’bande de racistes’ de GroenLinks à l’adresse du PVV). « La dureté du langage fait partie du débat politique, de même que les prises de positions excessives, mais cette année, le ton a été particulièrement dur. (…) C’est en fait la vision en noir et blanc du PVV qui trouve son pendant à gauche. Le parti de Wilders utilise l’insulte et l’offense, la gauche pratique la polarisation et la diabolisation. (…) Les média ne sont pas en reste (notamment une caricature montrant Geert Wilders habillé en gardien de camp de concentration et conduisant des musulmans à la ‘douche’ ou le ministre Maxime Verhagen qualifié de Big Brother par le NRC-Handelsblad). Le durcissement des relations en politique n’est certes pas nouveau, comme en atteste la période Pim Fortuyn : la polarisation divisait non seulement l’arène politique, mais également l’ensemble de la société. Cela semble être de nouveau le cas. Même une institution prestigieuse comme le Conseil d’Etat semble en être la victime : Donner a opté pour la coopération avec le PVV, ce qui le place automatiquement dans le camp des ‘mauvais’ et une offensive à inévitablement été lancée contre sa nomination [à la vice-présidence du Conseil d’Etat]. Il y a pourtant une exception à ce durcissement généralisé : le D66. Les démocrates veulent expressément se positionner au centre, maintenant que des grands partis populaires comme le PvdA et le CDA ont glissé respectivement vers la gauche et la droite. Alexander Pechtold a adapté son style à cet objectif. (…) Les électeurs apprécient visiblement son ton mesuré. En 2011, le D66 aura été, avec le SP, le parti qui a obtenu les meilleurs scores dans les sondages. Ce qui montre que les citoyens préfèrent les arguments aux clichés. Cela pourrait faire partie des bonnes intentions de nombreux acteurs politiques pour la nouvelle année. »

Chômage

« Kamp doit remettre les chômeurs au travail », titre le Telegraaf, citant le député CDA Eddy van Hijum. Ce dernier reproche au ministre des Affaires sociales et de l’Emploi d’avoir refusé durant deux ans des permis de travail à des migrants du travail bulgares et roumains sans que cela ait pour autant généré des emplois pour les chômeurs néerlandais : « Des milliers de permis ont été refusés, mais 57 chômeurs seulement ont été placés dans des emplois du secteur agricole ou horticole. Le travail a été en grande partie repris par des Polonais, ce qui n’était pas notre objectif ». Selon le gouvernement, il y a 200.000 chômeurs en mesure de prendre des emplois requérant une faible qualification, « mais on ne fait pas suffisamment d’efforts pour les mettre au travail ».

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AFFAIRES ECONOMIQUES

Innovation

« Les Pays-Bas continuent de prendre du retard dans le domaine de l’innovation », note Laurens Berentsen dans le Financieele Dagblad. L’étude annuelle sur « Le climat des entreprises néerlandaises en chiffres » publiée par le CBS (Bureau Central de la Statistique) fait apparaître que « depuis le début des recherches du CBS dans ce domaine, en 2006, la faible capacité d’innovation des Pays-Bas est une constante, en dépit des efforts faits par les gouvernements successifs. En 2009, les entreprises néerlandaises ont consacré moins d’1% du PIB à la recherche et au développement. C’est surtout le secteur industriel qui prend du retard. Aux Etats-Unis, le secteur industriel dépense 10% de la valeur ajoutée en R&D. Aux Pays-Bas, on ne dépasse pas 5 à 6%. En 2008, le bénéfice issu de nouveaux produits ou de produits améliorés était inférieur de 12% à celui de 2004. L’Allemagne occupe une position de tête dans ce domaine, avec 30% de bénéfices liés à l’innovation. ‘Il est nécessaire que les entreprises investissent elles-mêmes davantage dans la recherche de nouveaux produits’, a commenté M. Maxime Verhagen, le ministre des Affaires économiques, de l’Agriculture et de l’Innovation. Le gouvernement veut que les dépenses de R&D atteignent 2,5% du PIB ». (FD p.3)

Cette revue de presse ne prétend pas à l’exhaustivité et ne reflète que des commentaires ou analyses parus dans la presse néerlandaise, qui n’engagent en rien le point de vue propre de l’ambassade de France aux Pays-Bas.

Dernière modification : 20/12/2011

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