Presse néerlandaise du mardi 21 octobre 2008

Le secteur néerlandais du bâtiment se ressent de la crise du crédit. Sans soutien des pouvoirs publics, il y aura vingt mille logements nouveaux de moins les prochaines années, selon l’association des promoteurs Neprom et l’organisation des corporations locatives Aedes. "L’Etat doit prévenir l’effondrement de la construction de logements les deux ou trois prochaines années", déclare M. Peter Noordanus, président de Neprom.

* * *
- NRC Handelsblad (indépendant) d’hier soir : "Le cours de l’action ING monte de 23 pour cent après l’injection", "Le soutien accordé à ING doit relancer l’économie", "La crise financière ralentit la croissance en Chine"
- de Volkskrant (centre gauche) : "Aboutaleb est célèbre ’dans tout le Maroc’" (reportage sur le village natal du candidat à la mairie de Rotterdam), "Une piqûre contre la fièvre Q" (vaccination des chèvres et moutons dans la région d’Uden, Brabant du Nord)
- Trouw (chrétien progressiste) : "Large soutien public aux banques françaises – ING donne le ton du nouveau marché", "Le rapport Beel sur l’affaire Greet Hofmans sera publié prochainement – L’amie de Juliana était-elle son mauvais génie ou une figure de second plan ?"
- De Telegraaf (populaire) : "Soutien supplémentaire aux petites entreprises – L’Etat rehausse ses garanties de crédit", "Le suspect du meurtre de Marlies sous haute protection" (reportage de Bonaire), "Schiphol se met en cheville avec les Français"
- AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "La construction de logements menacée par la crise financière – Les corporations et les promoteurs exigent une intervention de l’Etat", "La confiance dans les banques se rétablit"

* * *

ACTUALITE INTERNATIONALE

Pays-Bas – France : transports aériens

"La coopération entre l’aéroport de Schiphol et les Aéroports de Paris va être intensifiée", annonce le journal d’affaires Het Financieele Dagblad à la une. "Une des possibilités est que le gestionnaire français coté en bourse prenne une participation dans Schiphol. C’est ce que disent diverses sources proches de Schiphol. De cette façon Schiphol pourra travailler à l’expansion internationale que l’entreprise souhaite."
"Cela fait des années que Schiphol cherche à accroître sa liberté de manœuvre financière. Une cotation en bourse souhaitée par le comité directeur a été empêchée du fait de la vive résistance de la ville d’Amsterdam. Avec sa participation de 21,8 pour cent la municipalité d’Amsterdam a su prévenir la privatisation approuvée par le gouvernement."
"L’intensification des relations entre Schiphol et Paris s’inscrit parfaitement dans la coopération existante entre Air France et KLM. Celle-ci a en premier lieu trait aux compagnies aériennes, mais les Français, depuis, se sont tellement familiarisés avec Schiphol qu’ils l’appellent la ’Gare du Nord’."
"Aéroports de Paris est entré en bourse en juin 2006. Ce gestionnaire d’aéroports est propriétaire de Charles de Gaulle, d’Orly et du Bourget. Durant le premier semestre de cette année le chiffre d’affaires d’Aéroports de Paris a augmenté de plus de 12 pour cent, passant à 1,2 milliard d’euros. Durant la même période le chiffre d’affaires de Schiphol a augmenté de 2 pour cent pour atteindre plus de 540 millions d’euros."
"La coopération avec les Français est extrêmement sensible, annoncent des sources haguenoises. Très récemment encore, divers autres scénarios sur l’avenir de Schiphol circulaient. ’Il est pratiquement certain que la décision prise maintenant a également trait au développement de l’Axe Sud d’Amsterdam. Du fait de la nationalisation de Fortis et d’ABN Amro le développement de cette partie d’Amsterdam, qui est très important pour Schiphol, est devenu beaucoup plus difficile."

"Cette alliance veut surtout tenir tête à la compagnie aérienne allemande Lufthansa, qui est en expansion et qui dispose d’aéroports solides, de sa filiale Swiss, basée à Zurich, et d’une participation dans Brussels Airlines", souligne le Telegraaf à la une.

ACTUALITE INTERIEURE

Crise financière

"Le gouvernement vole à la rescousse des petites et moyennes entreprises", écrit le Telegraaf dans son grand article à la une. "Il veut se porter garant d’emprunts plus importants et de davantage d’entreprises qui s’adressent aux banques. La ministre Van der Hoeven (Affaires économiques) veut ainsi éviter que les banques ne ferment le robinet. Cela ferait baisser les investissements et ralentir l’économie."
"Le fonds de garantie pour les PME sera élargi aux entreprises employant jusqu’à 250 personnes. Actuellement, la limite est de cent salariés. Et le montant du prêt garanti par l’Etat passera d’un million à un million et demi d’euros. La garantie s’appliquant aux start-ups augmentera aussi. Elle sera bientôt de deux cent mille euros, au lieu de cent mille."
"’Nous voulons être prêts pour limiter les possibles effets de la crise du crédit sur le secteur privé néerlandais’, a dit la ministre CDA hier, à l’issue d’une concertation avec les organisations patronales VNO-NCW, MKB Nederland et Bouwend Nederland. ’Le taux d’intérêt augmente et les emprunts sont plus coûteux. Les investissements ne doivent pas s’arrêter’, selon Van der Hoeven" (également Het Financieele Dagblad p.1, de Volkskrant p.7, Trouw p.8).

Le Trouw (p.13) note par ailleurs que selon le syndicat des horticulteurs LTO-Noord/Glaskracht, les pouvoirs publics doivent aussi racheter des entreprises horticoles pour éviter une vague de faillites. Le soutien de l’Etat serait nécessaire à cause du bas prix des produits du secteur et du coût élevé du gaz qui chauffe les serres.
Dans la région d’Emmen, neuf horticulteurs ont fait faillite le mois dernier, parce que leur banque ne leur accordait plus de crédit de transition.

A noter, dans un cadre plus général, qu’en page d’opinion du Volkskrant les députés GroenLinks Kees Vendrik et Jolande Sap appellent les leaders européens à "faire diligence avec un nouveau Bretton Woods".

Grandes villes

"Amsterdam, Rotterdam, Utrecht et La Haye veulent 6,7 milliards d’euros de plus du gouvernement durant les dix prochaines années, pour s’attaquer aux problèmes des grandes villes, construire de nouveaux logements, rénover les vieilles maisons et stimuler l’économie dans les quartiers", relève le Volkskrant (p.3).
"Les quatre villes s’inquiètent surtout de l’assèchement d’un certain nombre de flux monétaires, au-delà de l’année prochaine. C’est ainsi que le budget de la Politique des Grandes Villes risque d’être fortement réduit à partir de 2010, alors qu’il devrait augmenter, de l’avis des villes."
"La ministre Vogelaar (Habitat, Quartiers et Intégration) a dit qu’elle s’efforçait au sein du gouvernement d’obtenir des fonds supplémentaires. Simultanément, elle a prévenu que l’issue de cette discussion était incertaine. ’La crise financière pénètre dans l’économie réelle et cela entraîne beaucoup d’incertitudes’. Selon Vogelaar, il y a en outre un grand écart entre les ambitions des échevins et les montants prévus pour le moment dans les plans pluriannuels du gouvernement – un demi-milliard par an durant les cinq premières années. ’Le problème, c’est qu’on n’y a pas bien réfléchi lorsque le gouvernement a démarré’, selon Vogelaar" (également Trouw p.4, Het Financieele Dagblad p.7).

AFFAIRES FRANÇAISES

Le NRC Handelsblad (p.10) d’hier soir, le Trouw (pp.1 et 9) et le Financieele Dagblad (p.19) rendent compte de l’aide financière accordée aux banques françaises. "Les injections de capital et les nationalisations renforcent de nouveau les banques les plus faibles", écrit le Trouw. "Vendredi ING faisait l’objet de méfiance et le cours a baissé de plus d’un quart. Après l’injection de capital, il est remonté hier de presque 30 pour cent et la méfiance s’est déplacée en France. Qui suivra aujourd’hui ?"

Dernière modification : 26/11/2008

Haut de page