Presse néerlandaise du mardi 22 juin 2004

La rancœur contre Dick Advocaat, l’entraîneur de l’équipe
néerlandaise de football, reste surtout sensible à la une de la presse à grand
tirage, qui publie d’autre part une grande photo de nourrissons nés le même jour
que la princesse Amalia, prise dans les jardins du palais Het Loo, à
Apeldoorn.

Plusieurs quotidiens annoncent d’autre part en première
page la condamnation par la Cour d’appel de La Haye, hier, d’un Français et d’un
Algérien pour participation à une organisation
terroriste.

 

NRC Handelsblad d’hier soir : "Pour la
première fois aux Pays-Bas : Condamnation pour participation au terrorisme",
"Les politiques vont maintenant se rendre sur le terrain avec la Constitution
européenne"
de
Volkskrant
 : "Donner satisfait du
verdict basé sur l’AIVD - La condamnation de deux musulmans soutient la
nouvelle loi", "La chasse au ’démon Dick’ ne connaît plus guère de limite -
Les médias néerlandais ne voient qu’un coupable : l’entraîneur", "La lutte
pour la succession de Prodi se durcit"
Trouw  : "Van Geel veut
davantage de place pour la voiture" (politique environnementale), "Le WRR :
l’islam turc n’est pas menaçant", "Il doit être possible de trouver les
terroristes"
Algemeen
Dagblad
 :
"Demande croissante de sécurité - Un ménage sur cinq s’est assuré d’une
assistance juridique", "Dick Advocaat est la tête de Turc", "284 bébés ’orange’ et pas d’Amalia",
"Les syndicats préparent une journée d’action
nationale"
De
Telegraaf

 : "Des kinésithérapeutes font faillite - Les assurés du Ziekenfonds doivent payer
eux-mêmes leur traitement depuis le 1/1
", "La princesse Amalia est la grande
absente
", "’On surestime le onze
orange’
"

 

 

* * *

 

 

Le
dossier du jour
 : Union
européenne

Une large
majorité de la Deuxième Chambre, y compris le VVD, a réagi positivement, le
week-end dernier, à l’accord sur la Constitution européenne intervenu à
Bruxelles vendredi soir
", relève le NRC Handelsblad (p.5) d’hier soir.
" Le porte-parole VVD Van Baalen, qui
avait déclaré avant le sommet de Bruxelles que le projet de Constitution
européenne était un ’échec’, s’est lui aussi montré nettement plus clément après
le sommet
. Lundi matin, il s’est déclaré ’modérément positif’ sur le
résultat. Il a annoncé que le VVD, en
dépit de quelques réserves, ne ferait pas de recommandation négative aux
électeurs dans la perspective d’un référendum
consultatif
."

"La date d’un tel référendum n’est pas encore établie. La
députée Karimi (GroenLinks), l’un des initiateurs, a déclaré [hier] matin
qu’elle jugeait improbable qu’il puisse avoir lieu cette année encore. Le projet
de loi modifié portant instauration d’un référendum consultatif qu’elle et deux
autres députés ont déposé est actuellement en examen au Conseil d’Etat et doit
ensuite être approuvé de nouveau par les deux
Chambres."

"Van Baalen s’est montré ’particulièrement satisfait’ du
maintien du veto sur le budget pluriannuel. Il est moins content du fait
qu’après 2014, les Etats membres ne pourront plus compter tous sur leur ’propre’
membre de la Commission européenne, comme une majorité parlementaire l’avait
expressément demandé. Il a aussi qualifié le renforcement du Pacte de stabilité
de ’partiellement réussi’ seulement."

"Le député Timmermans, du premier parti d’opposition, le
PvdA, juge aussi ’acceptable’ le résultat des négociations. Il remarque
cependant que le gouvernement n’a pas obtenu gain de cause concernant la stricte
application du Pacte de stabilité."

"Son collègue Van Dijk (CDA) estime que les électeurs,
lors du référendum sur la Constitution pourront voter pleinement ’oui’. Le CDA
applaudissent au maintien du veto sur le budget pluriannuel. Les
chrétiens-démocrates se réjouissent d’autre part du fait que, lorsque la
Constitution sera entrée en vigueur, on pourra décider à la majorité qualifiée
dans un grand nombre de domaines."

Pour l’éditorialiste du NRC Handelsblad , " l’accord des chefs d’Etat et de
gouvernement européens sur le nouveau traité constitutionnel de l’Union
européenne porte toutes les marques d’un compromis
". "Il était un peu
prématuré de le qualifier d’historique, à l’issue du sommet européen
de Bruxelles, à la fin de la semaine dernière." " Il est possible que les citoyens de l’un
des Etats membres - l’eurosceptique Grande-Bretagne, par exemple - votent
contre
. Beaucoup d’explications
seront encore nécessaires
. L’épais
document est si hermétique que peu de gens le liront ou le comprendront. Mais
malgré ces réserves, le fait est qu’il y a un accord. Après deux ans et demi de
tiraillements, c’est un petit miracle
."

"Un compromis politique sur une chose aussi importante
qu’une ’Constitution européenne’ vaut mieux que rien", considère le journal
libéral après avoir détaillé quelques points de l’accord et condamné au passage
"la partie de bras de fer des ’grands’" sur la présidence de la Commission, dont
le premier ministre belge a été victime. "Pendant longtemps, il semblait qu’un
accord n’était pas possible ou que le texte original du traité allait être dilué
au point d’être méconnaissable et donc impraticable. Il est louable que les 25
chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE aient évité d’en arriver là. Mais en
fait leur tâche ne fait que commencer. Ils vont devoir vendre le traité à leurs
citoyens, un électorat qui devient de plus en plus critique ou indifférent
vis-à-vis de l’Europe."

"Comme tout ce qui touche l’intégration européenne, ce
sera une question de patience. Mais ce n’est pas mauvais du tout. La nouvelle
Europe est une Europe d’ambitions modestes et de réappréciation de la
souveraineté nationale. La modestie est la patience vont de
pair."

 

Actualité internationale

 

Union européenne : Pays-Bas -
France

"Selon la France, l’accord sur la Constitution européenne
ne connaît que des vainqueurs", écrit le Volkskrant (p.4), dans le chapeau d’un
article de Paul Brill rendant compte d’une visite de travail à La Haye de la ministre
déléguée aux Affaires européennes, Claudie Haigneré
. Venue pour prendre la température à la
veille de la présidence néerlandaise de l’UE et pour exposer les positions
françaises, elle a rencontré le secrétaire d’Etat Nicolaï (Affaires européennes)
et s’est entretenue avec le ministre Brinkhorst (Affaires économiques), ainsi
qu’avec l’ex-premier ministre Wim Kok
, chargé par le Conseil Européen d’une
étude sur la compétitivité de l’Europe.

" Ces entretiens
ont eu lieu dans la bonne humeur
", souligne le journaliste avant de passer à
la partie interview de l’article, " car
le souvenir de l’accord sur le Traité constitutionnel, emporté à l’arrachée au
sommet de Bruxelles, vendredi soir, était encore frais dans les mémoires
.
’Nous avions tous le sentiment de vivre un moment historique. Il nous fallait à
la fois ouvrir la voie à une Europe plus forte, plus démocratique et plus
efficace, tout en préservant ses
visages multiples. Et nous y sommes arrivés, avec un texte qui est encore très
proche du texte original de la Convention
européenne’."

Vous n’êtes donc pas
d’accord avec ceux qui disent que le premier ministre Blair est finalement celui
qui a emporté le plus de concessions ?
"C’est une façon déformée
de présenter les choses. Nous savions
que la Grande-Bretagne avait un certain nombre de lignes rouges,
particulièrement sur la fiscalité et sur les questions sociales. Nous en avons
tenu compte. Mais le texte crée explicitement la possibilité pour d’autres
Etats, dans un certain nombre de domaines, de coopérations renforcées et
d’harmonisation accrue
".

Est-ce que cela signifie que
nous allons vers une Europe à plusieurs vitesses ?
"Non, personne n’en veut,
car cela voudrait dire une division de l’Europe en plusieurs camps. Nous sommes
favorables à des coopérations renforcées qui permettent de progresser vers une
intégration plus générale : quelques pays font un pas en avant, dans l’intention
d’être suivis par les autres, qui les rejoindront plus tard
".

Le sommet n’a pas pu
résoudre un point de discorde important : la question de la présidence de
la Commission Européenne. Pourquoi la France et l’Allemagne ont-elles poussé la
candidature du premier ministre Verhofstadt, alors qu’il était prévisible que
ses positions dans certaines crises récentes susciteraient des oppositions
 ?
"Il est
déjà difficile de diriger la 
Commission actuelle, avec 15 pays, et les choses ne deviendront que plus
difficiles encore avec l’élargissement. La France applique quatre critères pour
choisir le nouveau président. Ce doit être quelqu’un qui a une vision de
l’Europe. Et également quelqu’un qui a l’expérience des questions européennes.
Quelqu’un qui parle français, dans le cadre du multilinguisme européen. Et
finalement, il est important pour nous que le président vienne d’un pays qui
participe à toutes les facettes de la coopération européenne
. Nous avons
malheureusement dû constater que la candidature de M. Verhofstadt ne
bénéficiait pas d’un soutien suffisant, pas plus qu’ensuite la candidature de
M. Patten. Nous attendons maintenant une nouvelle proposition de l’Irlande,
qui veut régler cette question pendant sa présidence, et nous porterons de
nouveau un jugement."

La recherche d’un nouveau président est "avant tout
l’affaire des chefs d’Etat et de gouvernement", selon la ministre français,
conclut Brill. "A La Haye, elle a essentiellement abordé les grands dossiers.
Elle les énumère : l’adhésion éventuelle de la Turquie, la ’stratégie de
Lisbonne’, qui doit doter l’Europe
de l’économie de la connaissance la plus puissante du monde, le renforcement de
la coopération policière et judiciaire contre la criminalité et le terrorisme.
Et pour couronner le tout, la question de l’information des citoyens européens,
qui doit être meilleure et plus régulière. Car aux yeux de la France, ce dont l’Europe souffre
peut-être le plus, c’est d’un ’déficit de
communication’."

 

Actualité intérieure

 

Terrorisme

" La cour d’appel
de La Haye a condamné deux hommes par contumace, pour participation à une
organisation terroriste
", annonce le NRC Handelsblad d’hier soir dans
son grand article à la une. "Cette organisation projetait des attentats à la
bombe en France et en Belgique."

"Cette condamnation est la première aux Pays-Bas à avoir
un rapport avec le terrorisme musulman. Le Français Jérôme C. (29 ans) a été
condamné à six ans de prison, l’Algérien Abdelghani R. (32 ans) à quatre
ans
. Les deux hommes avaient été
acquittés par le tribunal de Rotterdam fin 2002
. Comme ils sont ensuite
partis à l’étranger, le Ministère public lancera un mandat d’arrêt international
contre eux."

"La Cour estime qu’il est prouvé que Jérôme C. et
Abdelghani R. faisaient partie d’un groupe dont le Tunisien Nizar Trabelsi était
également membre. Ce dernier a été condamné à dix ans de prison à Bruxelles,
l’an dernier. Trabelsi aurait été formé en Afghanistan pour commettre un
attentat-suicide contre l’ambassade des Etats-Unis à Paris ou contre la base
aérienne militaire Kleine Brogel en Belgique. A ce qu’on dit, le groupe avait
d’étroits liens avec Al Qaeda. Les trois avaient été arrêtés le 13 septembre
2001, deux jours après les grands attentats aux
Etats-Unis."

" Le tribunal de
Rotterdam avait estimé en 2002 que le Ministère public avait indûment fait usage
d’informations du Service général de renseignement et de sécurité (AIVD
)."
" L’acquittement de Rotterdam avait
suscité un vif émoi
. Le ministre Donner (Justice) avait déclaré que la lutte
contre le terrorisme était compromise. La Première Chambre se penche maintenant
sur un projet de loi visant à simplifier la poursuite de terroristes aux
Pays-Bas. Le ministre s’est montré satisfait du jugement" (également de Volkskrant pp.1 et 2, Algemeen Dagblad pp.1 et 5, Trouw p.1, De Telegraaf
p.3).

 

WRR : Turquie

" L’islam en
Turquie n’est pas une entrave à l’adhésion de ce pays à l’Union européenne
",
rapporte le Trouw à la une. " La Turquie, depuis le XIXe siècle déjà,
partage avec l’Europe un processus de modernisation danslequel la séparation de
l’Eglise et de l’Etat s’est profondément ancrée
.Les partis politiques
islamiques soutiennent aussi pleinement ce principe."

" C’est ce que
conclut le Conseil scientifique pour la politique gouvernementale (WRR) dans un
rapport publié hier
. ’Dans le cas de la Turquie, la peur de l’Europe que
l’islam politique ambitionne de placer la religion avant l’Etat est sans
raison’, écrit le WRR, un organe consultatif indépendant du gouvernement. Le
conseil a rédigé ce rapport de sa propre
initiative."

" Selon le
président du WRR, Scheltema, ’l’image négative’ de l’islam et les ’nombreux
malentendus aux Pays-Bas sur la Turquie musulmane’ l’ont incité à prendre cette
initiative
. Scheltema range dans la catégorie des malentendus l’idée que la
Turquie serait opposée à la séparation de l’Eglise et de
l’Etat."

"L’UE doit décider sous la présidence néerlandaise, le
semestre prochain, si elle engage les pourparlers décisifs sur l’adhésion de la
Turquie", rappelle le journal chrétien progressiste. "La question est
controversée, même à La Haye. Le ministre Bot (Affaires étrangères) est en
faveur d’une décision positive. D’autres ministres hésitent, de même que l’un
des partis de la coalition, le VVD."

" Le WRR signale
que l’adhésion de la Turquie, formellement, dépend de la question de savoir si
ce pays dispose d’une démocratie stable et d’un Etat de droit garantissant les
droits de l’homme et des minorités. Par ailleurs, l’opinion publique doute que
l’islam puisse aller de pair avec la démocratie, les droits de l’homme et la
séparation de la Mosquée et de l’Etat. C’est possible en Turquie, conclut le WRR
sur la base d’une étude de l’histoire de la Turquie moderne
. L’islam connaît
beaucoup de courants en Turquie, allant de l’orthodoxie aux formes éclairées.
’Il y a suffisamment de raisons de parler d’un islam turc qui a des rapports
spécifiques avec l’Etat’" (également NRC Handelsblad d’hier soir p.1,
de Volkskrant p.4, Het Financieele Dagblad
p.7).

 

Economie, Finances

 

Conflit
social

"Le gouvernement mettra à exécution les projets visant à
faire travailler tout le monde jusqu’à 65 ans après 2006", écrit le Volkskrant à la une. "C’est ce que le
premier ministre Balkenende a déclaré lundi, en réaction au rejet massif des
projets gouvernementaux par la base de la FNV. Vendredi, le gouvernement se
penchera sur les projets de loi visant à imposer la prolongation de la vie
active."

"La première centrale syndicale des Pays-Bas a fait
savoir lundi que 391 756 membres de la FNV, soit un tiers du total, ont été
pratiquement unanimes à rejeter les propositions du gouvernement et du patronat.
Suivant ces propositions, il resterait possible d’épargner pour la préretraite à
62 ans et demi. Il s’agit de participation volontaire à des règlements
collectifs. La FNV rejette cette formule. Le gouvernement va retirer maintenant
cette proposition de compromis et il a l’intention de supprimer les avantages
fiscaux accordés pour la préretraite."

"Le président de la FNV, De Waal, a qualifié le taux de
participation et le résultat du référendum de la centrale de ’supérieurs aux
attentes’. Les syndicats FNV préparent des
actions."

"Le ministre CDA des Affaires sociales, De Geus, est
resté laconique : ’Je ne pense pas qu’il y aura des actions. Les salariés ont
bien compris que leurs actions tueraient dans l’œuf le rétablissement
économique.’ Pour le ministre des Finances Zalm, le stade de la concertation est
passé. ’Je ne veux pas me remettre à discuter.’ Zalm, en tant que membre de la
FNV, a également exprimé son suffrage : il fait partie des 3 pour cent qui
voulaient accepter la proposition du gouvernement" (également Trouw pp.1 et 2, Algemeen Dagblad
p.3).

 

Affaires françaises 

 

L’arrestation de l’ancien PDG de Vivendi, Jean-Marie
Messier, pour suspicion d’actes frauduleux, est signalée par la plupart des
quotidiens ( Het Financieele Dagblad
p.1, de Volkskrant pp.1 et 7, Trouw p.6).

Le Financieele
Dagblad
(p.5) consacre d’autre part un papier aux avantages fiscaux et aux
subventions qui seront accordés à partir de 2004 aux jeunes entreprises
innovatrices. Un autre article factuel a pour thème la nervosité de l’UMP après
les élections européennes (p.7).

Dans le cadre de la Coupe d’Europe de football, le NRC Handelsblad (p.18) d’hier soir
évoque Les Bleus Multicolores de
l’ex-ministre des Sports Marie-George Buffet : "le football avec un visage
social, en tant que ciment de la société et débouchant sur la citoyenneté
mondiale".

Dernière modification : 08/07/2004

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