Presse néerlandaise du mardi 23 octobre 2007

Un grand incendie a dévasté l’Armando Museum d’Amersfoort (Utrecht). Toutes les œuvres présentes dans l’église du XIXe siècle située dans le centre historique de la ville sont perdues. Outre 13 toiles d’Armando, le musée hébergeait dans le cadre d’une exposition des œuvres d’Albrecht Dürer, Hercules Segers, Jacob van Ruisdael, Anselm Kiefer et Richard Long.
"C’est effroyable car toutes ces œuvres sont irremplaçables", a réagi Armando (né en 1929) qui est considéré comme l’un des principaux artistes néerlandais d’après-guerre. Armando est aussi poète, écrivain et réalisateur de cinéma et de télévision et il a joué pendant plusieurs années dans l’orchestre gitan de Tata Mirando, ainsi que dans son propre quartette.

NRC Handelsblad (libéral) d’hier soir : "Le gouvernement critiqué à cause de la gestion du dossier ’Uruzgan’ - Fuites sur la réduction de la mission", "La fraternité kurde sous pression" (correspondance de Turquie), "La France idéologise le passé avec le ’héros’ Môquet"
Trouw (chrétien progressiste) : "Le patient peut exiger une thérapie coûteuse -Directive pour l’usage de douze médicaments contre le cancer", "Armando : Ces œuvres sont irremplaçables"
de Volkskrant (centre gauche) : "En deux heures tout est perdu - Un grand incendie dévaste l’Armando Museum d’Amersfoort ainsi que les œuvres exposées", "Les nouveaux venus du Parti sont les princes héritiers de la Chine" (17e congrès du PCC)
De Telegraaf (populaire) : "Le fisc exige les données sur les portables" (déductions fiscales des entreprises), "Drame familial au Bijenkorf - Une femme se jette du quatrième étage avec son bébé", "Verdonk divise aussi le JOVD"
AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "La vente aux enchères des stations-service est un fiasco - Il n’y a pas de guerre des prix sur les autoroutes", "L’Armando Museum dévoré par les flammes"

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ACTUALITE INTERNATIONALE

Pologne

"L’Union européenne ne regrettera guère le prochain départ de Jaroslaw Kaczynski qui, par ses argumentaires peu subtils, s’est révélé un mauvais coucheur de la pire espèce durant les récents sommets européens", fait valoir l’éditorialiste du NRC Handelsblad d’hier soir. "Le fait que Tusk veuille resserrer les liens avec les pays occidentaux est prometteur. Il serait raisonnable qu’il commence à Berlin."
"Une certaine détente est probable en Pologne, mais il ne faut pas trop en attendre. S’il est libéral, Tusk est aussi conservateur dans ce pays catholique ; il est contre l’avortement et l’euthanasie et ne se soucie guère des droits des homosexuels. Mais le départ de Kaczynski, de son PIS et de ses deux partenaires de coalition, et le résultat médiocre de la gauche, signifient en tout cas que la Pologne va devenir un pays plus libéral."

Le Volkskrant remarque ce matin qu’"avec un gouvernement dirigé par Donald Tusk, le leader de la Plate-forme civique, des dirigeants plus jeunes et plus modernes feront leur entrée". "Ils opéreront probablement avec moins de rigidité sur la scène européenne et se préoccuperont moins, à l’intérieur, du passé communiste du pays et de la défense de la morale catholique traditionnelle. Autant de gagné. Mais il serait erroné de penser que le vent a complètement tourné en Pologne." "Varsovie ne fera pas brusquement des baisemains à Bruxelles. La Plate-forme civique est un parti (néo-)libéral avec une aile conservatrice considérable."
"De plus, il y a toujours le président Lech Kaczynski, dont le mandat va jusqu’en 2010. Il peut entraver des projets de loi avec son veto présidentiel."

Pour le Financieele Dagblad, "l’Europe a gagné les élections polonaises". "Le nouveau gouvernement, qui sera très certainement dirigé par le leader de la Plate-forme civique Donald Tusk, va déblayer les décombres de deux ans de Kaczynski. La relation avec l’Allemagne va être rétablie rapidement et Bruxelles aussi est plein d’espoir. Devant les caméras, Tusk présentera un visage plus aimable de la Pologne que les Kaczynski, mais à huis clos la Pologne restera pour le moment un acteur dur."

ACTUALITE INTERIEURE

Migrants du travail

"Quelque chose a changé dans l’afflux de Polonais aux Pays-Bas", relève le Trouw (p.2). "Maintenant que les Européens de l’Est n’ont plus besoin d’autorisation de travail, ils ne sont plus contraints de rester chez le même employeur. Ils changent de plus en plus souvent d’emploi. Leur ’ancien’ emploi, souvent de saisonnier dans les serres, est repris par une nouvelle vague croissante de migrants du travail : les Roumains et les Bulgares."
"Ton van der Biezen est manager d’un projet agricole dans lequel LTO-Nederland et CWI (les anciens offices du travail) conjuguent leurs efforts pour aider les Européens de l’Est à trouver un emploi. Il dit que les Polonais quittent lentement le secteur agricole. ’A côté de l’horticulture, les Polonais discernent aussi des perspectives d’avenir dans d’autres secteurs, comme la transformation des métaux’, dit Van der Biezen."
"Il est d’autre part frappant de voir que les Polonais s’établissent aux Pays-Bas de façon plus permanente. Jusqu’à l’année dernière les Européens de l’Est ne faisaient que du travail saisonnier pour ensuite retourner en Pologne. La situation est en train de changer : de plus en plus de Polonais font venir leur famille. Alors que les Européens de l’Est, l’an dernier, restaient en moyenne trois mois aux Pays-Bas, leur séjour peut maintenant atteindre sept mois."
"Actuellement, plus de cinquante mille Polonais sont inscrits dans une commune néerlandaise."

"Il est difficile de dire exactement combien de Polonais, de Bulgares et de Roumains s’établissent aux Pays-Bas", remarque le même Trouw en page 3. "Le Centraal Bureau voor de Statistiek (CBS) a calculé que plus de 65 000 Polonais, Bulgares et Roumains se sont inscrits dans une commune cette année, soit plus de 20 000 de plus qu’en 2003. Mais selon Cathelijne Pool, qui travaille à une thèse sur les migrants polonais en Europe, les chiffres ne sont pas clairs. ’Certains Européens de l’Est ne s’inscrivent jamais, d’autres ne signalent pas qu’ils rentrent dans leur pays’."

Antilles néerlandaises

"Geert Wilders est le grand absent à Curaçao", écrit l’AD (pp.6-7). "Le leader du Parti de la Liberté n’a pas envie de ’serrer des mains et boire des pina colada’ sous le soleil des Caraïbes pendant onze jours." "Ses collègues les leaders de groupe parlementaire ont atterri hier soir à l’aéroport Hato, à Willemstad, pour une visite de travail au Antilles néerlandaises et Aruba. Au même moment, Wilders arrivait à Washington, où il aura des entretiens sur la lutte contre le terrorisme, les prochains jours."
"Wilders préfère laisser les entretiens avec les administrateurs des Antilles à ses collègues, mais il a tout de même un message pour eux : ’Il a été convenu que les Pays-Bas résoudront la dette publique des Antilles. Mais c’est bien la toute dernière fois. Nous avons fait parvenir d’énormes sommes aux îles ces dernières années, des sommes que nous pourrions aussi employer aux Pays-Bas’." "’Il faut qu’ils fassent table rase là-bas. Encore une faute et en ce qui me concerne on pourra offrir toutes ces îles à la vente sur Marktplaats.nl. Que le plus offrant les prenne alors."
"Wilders pense que Curaçao est la cause de la plupart des problèmes des Antilles. Selon lui, la suppression des Antilles néerlandaises le 15 décembre 2008 est donc une bonne nouvelle pour les petites îles, Bonaire, Saba et Sint Eustatius. ’Elles deviendront comme des communes néerlandaises. Cela ressemble un peu à l’approche française. Les îles françaises des Caraïbes, comme la Guadeloupe, dépendent directement de Paris. Et donc elles ont de bonnes routes, des soins médicaux convenables et une justice qui fonctionne. Si nous avions fait cela avec les Antilles il y a des années, ce ne serait pas une telle pagaille’."

JOVD

"Après que la discussion sur Rita Verdonk a fait trembler le VVD sur ses fondements, elle débouche maintenant sur une scission au sein de l’organisation de jeunes libéraux JOVD", annonce le Telegraaf à la une. "Depuis que la vice-présidente Machteld Vlaanderen, la semaine dernière, a manifesté dans le Telegraaf sa sympathie pour la leader du nouveau mouvement politique Trots op Nederland, les autres membres de la direction principale du JOVD ont exigé son départ. Elle s’est pliée à cette exigence hier après-midi."
"L’ex-vice-présidente va maintenant fonder un nouveau mouvement politique de jeunes, avec d’autres cadres dissidents du JOVD" (également de Volkskrant p.3).

AFFAIRES FRANÇAISES

Quelques articles ont encore trait à Guy Môquet (NRC Handelsblad pp.1 et 4, de Volkskrant p.5, Trouw p.8).

Le Trouw (cahier de Verdieping p.9), leTelegraaf (p.11) et l’AD (p.11) mentionnent une tribune publiée par Le Monde, dans laquelle vingt intellectuels français proposent de faire d’Ayaan Hirsi Ali "une citoyenne d’honneur de la France".

Dernière modification : 22/09/2008

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