Presse néerlandaise du mardi 24 février 2009

Les journaux ouvrent ce matin largement leurs colonnes à la remise des Oscars à Hollywood, publiant de grands articles illustrés de multiples photos et continuent de suivre avec intérêt la vente aux enchères de la collection d’Yves Saint-Laurent. Sur le plan intérieur, la vente de Nuon à une entreprise suédoise donne lieu à de nombreux articles ; sur le plan européen et international, les réunions et sommets consacrés à la crise économique alimentent notamment la réflexion dans la presse financière et le NRC-Handelsblad.

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Trouw : Donner : bonus à la formation
Volkskrant : Klink s’attaque aux charlatans
Telegraaf : Les navires de plaisance luxueux dans le collimateur
Algemeen Dagblad : Des produits toxiques enlevés des rayons
NRC-Handelsblad : Une entreprise d’Etat suédoise fait une offre pour Nuon

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AFFAIRES EUROPEENNES

Dans le cadre d’un compte rendu de la réunion des ministres des Affaires étrangères qui s’est tenue hier à Bruxelles, le Financieele Dagblad relève que « la série de sommets de crise commence à agacer les plus petits états membres de l’UE », qui « craignent que les grands Etats les mettent devant le fait accompli ». Le quotidien financier note toutefois que « le Secrétaire d’Etat aux Affaires européennes néerlandais, Frans Timmermans, n’a pas réagi aux griefs exprimés par les petits Etats. Les Pays-Bas étaient en effet parvenus, après une concertation intensive avec la chancelière allemande Angela Merkel, à prendre place à la table de discussion le week-end dernier à Berlin ». Concernant les propositions de plan de redressement de l’économie européenne de la Commission, le Financieele Dagblad explique que « l’Allemagne et les Pays-Bas se montrent critiques sur la façon dont la Commission compte financer ses projets. Bruxelles a modifié ses plans en conséquence, mais les Pays-Bas ne sont toujours pas satisfaits. ‘ Mais nous allons dans le sens d’un financement solide’, a déclaré M. Timmermans’ ».

Dans sa chronique politique du NRC-Handelsblad, Luuk van Middelaar engage l’Union Européenne, avant le sommet de Londres du 2 avril, à « placer la crise du crédit dans un cadre plus large que l’utilité du FMI ou les paradis fiscaux » et à ne pas oublier les « trois autres acteurs mondiaux » que sont la Chine, l’Amérique et la Russie. A propos de l’Amérique, il rappelle que « les Européens espèrent que lors du G-20, le Président américain Obama apportera son soutien à leurs plans de régulation. Cela ne semble pas très probable. En premier lieu, Obama a bien d’autres choses en tête actuellement (et le 2 avril va arriver très vite). Et deuxièmement, l’Amérique a d’autres priorités. Tandis que les Européens cherchent à résoudre la crise économique par une plus forte régulation des banques, des produits financiers et des paradis fiscaux, en Amérique et en Chine, on est très attaché à l’une des causes de la crise : les Américains n’ont aucune intention de réduire la dette de l’Etat, au contraire, comme en témoigne l’immense plan d’investissement d’Obama. Les Chinois, de leur côté, ont toujours besoin d’énormes débouchés sur le marché américain pour entretenir leur croissance et leurs emplois. Alors que le Premier ministre britannique, l’hôte du G-20, appelait hier à un ‘New Deal’ mondial, à Washington on pense plutôt à un G-2 de l’Amérique et de la Chine.(…) Le principal message d’Hillary Clinton (après sa visite en Chine) était que les Chinois ont toujours confiance dans l’économie américaine ; ces deux pays vont travailler ensemble à un rétablissement de l’économie mondiale. » (…) Quant à la Russie, le chroniqueur constate que celle-ci « voit des opportunité dans l’instabilité provoquée par la crise du crédit » et explique que « Medvedev et Poutine utilisent les difficultés financières des anciennes républiques soviétiques (Biélorussie, Kirghizie et Ukraine) pour reconstituer leurs anciennes positions. Le 2 avril, tous ces acteurs vont se retrouver à Londres », et les Européens feront bien d’élargir leur regard, estime le commentateur.

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ACTUALITE INTERIEURE

L’actualité intérieure est dominée aujourd’hui par l’économie :

- Tous les journaux annoncent la « vente par étapes de Nuon à l’entreprise suédoise Vattenfall ».
« Nuon veut vendre son entreprise de production et de fourniture d’électricité au suédois Vattenfaal », explique le Financieele Dagblad. « C’est le résultat d’une longue procédure de sélection dans laquelle l’Italien ENI et le danois Dong étaient les principaux concurrents. Nuon, pour lequel les suédois vont payer 8,5 milliards d’Euros, sera transféré en quatre étapes à leur entreprise d’Etat. Cet été, Vattenfall reprendra 49% des actions et prendra directement le contrôle de Nuon. » Le Financieele Dagblad rappelle que « Nuon est la deuxième entreprise d’électricité de Pays-Bas ».

- La presse annonce également que le ministre des Affaires sociales, M. Donner, « prolonge la durée d’application de la réglementation sur la réduction du temps de travail », pour, estime le Volkskrant, « vraisemblablement un à deux mois ». Cette réglementation « s’applique à des entreprises qui peuvent prouver que leur chiffre d’affaires a baissé de plus de 30% en deux mois et peut couvrir jusqu’à 24 semaines. En novembre, le gouvernement a réservé pour cette mesure 200 millions d’Euros, qui permettraient à 20.000 salariés d’être au chômage à temps complet ou correspondraient à 760.000 heures travaillées. Selon le ministère des Affaires sociales, à ce jour, 80% de ces heures ont été consommées. M. Donner va poursuivre les discussions avec les syndicats et les employeurs durant les prochaines semaines. L’accord social devra entre autres porter sur le chômage partiel et la formation professionnelle. M. Donner souhaiterait également faire passer la réglementation de réduction du temps de travail de 24 à 6 semaines. En échange de cette mesure, qui visait à conserver un emploi pour les salariés ou à les aider à en retrouver rapidement un, il demande aux partenaires sociaux d’accepter ses propositions de modération salariale. Il souhaite que les syndicats réduisent leurs exigences à une compensation de l’inflation, soit actuellement environ un pour cent. La FNV ne veut encore rien promettre, préférant attendre les autres propositions du gouvernement ».

Dans ce contexte de réduction du temps de travail, les quotidiens annoncent ce matin que Philips vient de déposer une demande pour sa société de production de Middelburg (Zélande). La demande porte sur 41% du temps de travail, explique l’AD, qui correspond à la perte de chiffre d’affaires subie par Philips ces derniers mois. 150 personnes environ travaillent à Middelburg. Philips a déjà sollicité l’application de la mesure de réduction du temps de travail pour son usine de Drachten, mais s’est vu opposer un refus parce que celle-ci ne satisfaisait pas aux critères. »

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AFFAIRES FRANCAISES

- La vente aux enchères de la collection d’Yves Saint-Laurent est évoquée par tous les journaux
- Le Trouw suit le procès AZF qui vient de s’ouvrir à Toulouse.
- L’AD annonce la décoration du vice-amiral Kelder par l’Ambassadeur de France, en présence du Chef d’Etat-major des armées, le Général van Uhm.

Dernière modification : 10/03/2009

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