Presse néerlandaise du mardi 24 mai 2005

Fraude
dans l’enseignement professionnel supérieur, congestion des tribunaux,
bureaucratie et football : les grands titres à la une sont variés et l’actualité
politique se réduit pratiquement à la question du prochain référendum
néerlandais sur le Traité constitutionnel européen.

La
plupart des quotidiens rendent par ailleurs compte des premières épreuves du
baccalauréat aux Pays-Bas. 

  • NRC Handelsblad
    d’hier soir : "Gerhard Schröder choisit la fuite en avant - Elections
    législatives anticipées en Allemagne après la défaite du SPD en Rhénanie du
    Nord-Westphalie", "Une pilule contre la peur de l’échec", "L’Inspection
    critique vis-à-vis du nouveau système d’enseignement"
  • de Volkskrant  :
    "La fraude dans l’enseignement professionnel supérieur s’élève à 96 millions
    d’euros - Rutte réclame ’en principe’ le remboursement", "Sans espoir dans le
    ’procès du siècle’" (reportage de Moscou), "Gullit ne veut pas communiquer par
    e-mail" (football)
  • Trouw  : "’Les
    juges de première instance sont surchargés’ - La Cour de Cassation partage les
    préoccupations concernant la qualité de la justice", "Les examens ont
    commencé"
  • De Telegraaf  :
    "Couper dans la montagne de paperasses", "Feyenoord rompt avec Ruud Gullit"
  • Algemeen Dagblad
     : "Gullit calme après son licenciement", "Bos : en cas de ’non’ un nouveau
    référendum", "LAKS recueille déjà beaucoup de plaintes sur les examens"

* * * 

 

Le
dossier du jour : Référendum sur la Constitution européenne

Si
la population néerlandaise, mercredi en huit, dit ’non’ à la Constitution
européenne et si les Pays-Bas sont le seul Etat membre à la bloquer, la Deuxième
Chambre doit envisager d’organiser un nouveau référendum l’année prochaine
",
écrit l’ Algemeen Dagblad à la une. " C’est ce que déclare le leader
PvdA Wouter Bos
dans une interview à notre journal. Si les Pays-Bas sont les
seuls à être contre, il y aura une concertation en Europe. ’Il est douteux que
les autres pays soient alors prêts à renégocier avec nous’, dit Bos. ’ Dans un
an et demi, les dix référendums auront tous eu lieu. Ce n’est qu’alors que nous
saurons si les Pays-Bas sont isolés. Il se pourrait très bien que les Pays-Bas
organisent alors un nouveau référendum
. Je suis tout à fait partisan de ne
pas faire du référendum un événement unique dans notre démocratie. Il faut que
le référendum appartienne au répertoire standard pour les grandes décisions’. "

"Bos,
avec ce scénario, suit l’exemple du Danemark - qui a rejeté le Traité de
Maastricht par référendum en 1992 - et de l’Irlande, qui a désapprouvé le Traité
de Nice en 2001. Les électeurs ont néanmoins approuvé les deux traités en
seconde instance. Ce n’est que si d’autres pays - comme la France ou le
Royaume-Uni - rejettent également la Constitution que ce sera ’fini’, selon Bos
.
Dans ce cas il n’y aura pas de Constitution et nous devrons continuer à
patauger dans l’Europe de maintenant
. Ce ne sera pas une catastrophe, mais
une occasion manquée. Il sera alors moins facile d’arrêter les terroristes et ce
seront toujours les mêmes pays qui accueilleront les demandeurs d’asile’."

"Dans
l’interview, Bos s’en prend au leader du SP, Marijnissen, qui est contre la
Constitution. ’La façon dont Marijnissen s’y prend est indigne d’un leader
politique. Marijnissen accroît le fossé entre les citoyens et la politique. En
tant que leader il faut aussi oser transmettre des messages difficiles’."

" Si
je donnais la priorité aux intérêts à court terme, je donnerais une
recommandation de vote négative
", déclare Bos en page 7 du journal de
Rotterdam. J’y gagnerais énormément en popularité . Mais je dois aussi
oser apporter un message difficile à ma base. Je promets solennellement à mes
électeurs de ne pas être d’accord avec Balkenende trop souvent !"

"La
majorité de votre base a l’intention de voter ’non’. N’aurez-vous pas un
problème de crédibilité en tant que leader du PvdA ?"

Bos : "Je ne le pense pas.
Ceux qui veulent voter ’non’ voient cela comme une simple divergence d’opinion.
Il y a des groupes en désaccord sur l’Europe dans tous les partis politiques. Le grand gain de ce référendum est qu’on débat enfin de l’Europe aux Pays-Bas ."

Le PvdA suivra-t-il les électeurs ?" "Pour nous, un
’non’ est un ’non’ - pas de tergiversations à la Van Aartsen. Si le taux de
participation est de 30 pour cent ou
plus et si c’est non - même si la différence n’est que de un
pour cent - nous ne voterons pas pour
à la Deuxième Chambre
." "Nous n’avons jamais eu autant de débat. Je partage
les préoccupations de mes électeurs. Je me bats avec eux pour une contribution
financière plus réduite à l’Europe, pour plus de démocratie et plus de
dynamisme. Nous y arriverons mieux avec la Constitution."

Bos
défend aussi la Constitution européenne et critique Jan Marijnissen, qu’il
accuse de dresser "un écran de fumée autour du Traité constitutionnel", dans une
tribune publiée dans le cahier de Verdieping du Trouw .

En page
d’opinion du Volkskrant , Rob de
Wijk, de l’Institut Clingendael, fait valoir que "l’approbation de la
Constitution créera une nouvelle dynamique en Europe"
et stimulera la
recherche commune de solutions à un certain nombre de problèmes de nature
géopolitique. "Voter contre la Constitution, c’est voter pour l’approche
américaine."

Le
député indépendant Geert Wilders répète sur la même page que " cette
Constitution désavantage les petits pays
" et qu’elle "porte même préjudice
aux intérêts néerlandais". "Un vote contre n’est pas un vote contre l’Europe,
mais un vote contre un super-Etat européen."

Le Telegraaf (p.3), enfin, titre "Bot : En cas de doute sur la Constitution ne
votez pas" au-dessus d’un article de synthèse. " Le ministre Bot (Affaires
étrangères) appelle les électeurs à ne voter ’non’ au prochain référendum que
s’ils nourrissent vraiment de sérieuses objections contre la Constitution
européenne
. Il vaut mieux que les gens qui doutent, qui ne comprennent pas
le traité ou qui ont d’autres griefs restent à la maison, selon le ministre CDA.
’Il n’est pas fair-play de voter ’non’ par cynisme ou pour des raisons
irrationnelles’, estime Bot."

 

Actualité
internationale

Allemagne

" L’électorat
est intervenu
", remarque l’éditorialiste du NRC Handelsblad d’hier
soir à propos des élections en Rhénanie du Nord-Westphalie . " A juste
titre : quand un parti est au pouvoir aussi longtemps, à Düsseldorf et Berlin,
et qu’il ne réussit pas à réaliser ses promesses de croissance économique et de
création d’emplois, un règlement de compte électoral est mérité
."

" En
fait, le résultat des élections en Rhénanie du Nord-Westphalie oblige la
politique nationale tout entière à prendre position sur l’Etat-providence et les
tentatives de le réformer
. Schröder en a donné l’amorce, mais les électeurs
ne lui en ont pas su gré. Le paradoxe est que l’assainissement des coûteux
arrangements sociaux que la République fédérale connaît aussi, comme les
Pays-Bas, est absolument nécessaire mais demande du temps et effarouche les
électeurs. Il est tragique que l’alternative des chrétiens-démocrates sous la
direction d’Angela Merkel ne soit pas encore convaincante. Elle ne pourra battre
Schröder et devenir la première chancelière allemande que si elle montre sans
équivoque pourquoi les sept années de la coalition rouge-verte ont été des
années perdues et pourquoi une coalition sous sa direction sera manifestement
meilleure. Il serait bon d’avancer les élections pour le Bundestag . Cette pression politique accroîtra la clarté, elle montrera à tout le monde que
l’Allemagne approche d’une heure importante : l’heure H de l’avenir économique
et politique du plus important pays d’Europe
."

" La
perspective d’élections offre aux leaders sociaux-démocrates la possibilité de
mettre fin aux querelles intestines et de redonner un objectif clair au parti :
gagner les élections
." "Schröder a-t-il encore l’énergie nécessaire pour
contenir ses électeurs, même sans l’épouvantail américain ? Et quel sera l’enjeu
de la campagne électorale : le chancelier fédéral soulignera-t-il la nécessité
de poursuivre la réforme (en partie impopulaire) de l’Etat-providence ou
aura-t-il recours à de vieux slogans du SPD ? Compte tenu de l’état des services
de Schröder il faut craindre qu’il ne panache les deux."

"Ce
n’est pas une perspective encourageante pour l’Europe, car toutes les
démonstrations de reprise économique européenne s’évaporeront si l’Allemagne
n’avance pas. Pour la faire avancer il faut une volonté politique que ne
manifeste ni le SPD rebelle, ni les chrétiens-démocrates qui jonglent avec des
alternatives peu claires."

Le
commentateur du Trouw conclut que le SPD et les Verts "n’ont pas pu
convaincre les Allemands qu’ils peuvent dissiper le malaise du pays". " Beaucoup
de membres du SPD misent maintenant sur un programme plus ’gauchiste’. Cela
plaira peut-être à certains groupes d’électeurs, mais ce n’est pas qu’il faut à
l’Allemagne. Vu la gravité du malaise les syndicats, le patronat et la classe
politique devront justement coopérer étroitement. Hélas, Schröder n’a pas pu
créer une telle dynamique pendant les sept ans qu’il a passés à la barre
."

 

Objectifs du Millénaire

Le Trouw (p.3) relève que la ministre de la Coopération, Van Ardenne, a
reproché hier au gouvernement Bush de ne pas tenir suffisamment compte des
droits de la femme
. Lors de l’ouverture de la conférence annuelle de la
Banque Mondiale sur le développement économique, à Amsterdam, Van Ardenne a
vivement critiqué l’absence du droit des femmes à la planification familiale
dans les Objectifs du Millénaire des Nations Unies, qui prévoient notamment de
réduire de moitié la pauvreté dans le monde d’ici 2015.

Van
Ardenne a reproché à la communauté internationale d’avoir trop écouté le
gouvernement américain, le Vatican et les pays en développement islamiques
conservateurs, qui s’opposent entre autres à l’usage de préservatifs ou d’autres
contraceptifs.

 

Economie,
Finances

Dérégulation

Le
Conseil économique de la Deuxième Chambre (Raad voor Economische Adviseurs,
REA) récemment créé sur proposition du député CDA De Neree, estime dans son
premier rapport adressé à la Chambre qu’on peut supprimer les ministères de
l’Agriculture et des Affaires économiques et confier les quelques tâches qui
leur restent à d’autres ministères. Les économistes du REA ne voient pas la
nécessité d’un ministère de l’Agriculture pour un secteur qui ne représente même
pas 2 pour cent du produit national. Ses tâches peuvent être reprises
sans problème par le ministère du Logement, de l’Aménagement du Territoire et de
l’Environnement (VROM).

En
définitive, les conseillers économiques veulent réduire le nombre de ministères
à six ou sept, et le nombre de fonctionnaires de plusieurs dizaines de
pour cent ( de Volkskrant p.9).

Le Telegraaf , dans son grand article à la une, annonce l’intention du ministre
Pechtold (Rénovation
administrative, D66) de réduire considérablement les "paperasseries
administratives" auxquelles sont confrontés les ménages et qui leur coûtent 1,2
milliard d’euros par an.

 

Affaires françaises  

Le NRC Handelsblad (pp.1 et 9) annonce le décès du philosophe Paul Ricœur et
consacre un article au Festival de Cannes.

 

A
signaler :

Un
portrait avec CV du nouvel échevin des Finances d’Amsterdam, Laetitia Griffith (VVD),
dans le Volkskrant (p.2). 

Dernière modification : 24/05/2005

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