Presse néerlandaise du mardi 24 janvier 2006

Le procureur J. Plooy a commencé hier son réquisitoire dans le procès du groupe Hofstad, à Amsterdam. Il a résumé le contexte du procès en deux mots : la peur. "La peur se répand à la vitesse de l’information et cette vitesse est plus grande que jamais. La peur traverse tout, elle a pour caractéristique d’être causée par une menace de danger dont on ne sait pas si elle est réelle ou supposée."
La peur a toujours été un effet secondaire des maladies, des catastrophes et des guerres, a expliqué le procureur, mais les terroristes cherchent maintenant à la provoquer sciemment. On peut alimenter la peur et être terroriste même sans attentat, selon le Ministère public.
Le réquisitoire est composé de deux parties. Demain, le Ministère public détaillera les preuves concrètes contre les accusés et fera connaître les peines requises.

-NRC Handelsblad d’hier soir : "Le procureur : Le terrorisme s’est beaucoup rapproché", Les criminels sont en possession d’un rapport de l’AIVD - Plainte à court terme", "Le Kosovo en deuil après la mort de Rugova", "Croissance de Philips dans le secteur médical"
-Trouw  : "’Le ministère public : Faire peur peut déjà être du terrorisme - Demain les membres du ’groupe Hofstad’ entendront les peines requises", "La Chambre modifie la nouvelle loi sur la santé publique"
-de Volkskrant "’Le surinamien est tout simplement plus gai’ - Dans le tram 3, à Amsterdam, on n’est guère charmé du projet de Verdonk de ne parler que le néerlandais dans la rue" (reportage), "Les services secrets russes surprennent des espions britanniques", "’Ismail A. et Jason W. voulaient mourir en martyrs’"
-De Telegraaf  : "Alerte aux catastrophes directement à la télévision - Test : Avertissement automatique des téléspectateurs", "Un sénateur D66 en a assez des jérémiades de Pechtold", "Protestations au Binnenhof" (santé publique)
-AD Haagsche Courant  : "Le fisc traque les privilégiés de la Coupe d’Europe", "Le gel en Europe - Moins 30° à Moscou, moins 18° à Berlin, moins 2° à Noordlaren"

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LE DOSSIER DU JOUR :Pechtold

"Le groupe D66 à la Première Chambre en a ras-le-bol de la commotion politique que leur collègue de parti le ministre Pechtold (Rénovation administrative) suscite coup sur coup", annonce le Telegraaf à la une. "Le président du groupe D66, le sénateur Schuyer, appelle Pechtold à cesser d’adresser de sévères critiques aux autres ministres et au premier ministre Balkenende. ’Il l’a déjà fait deux ou trois fois et je pense que cela suffit maintenant’, dit Schuyer, qui rappelle à Pechtold que ses actions peuvent avoir des conséquences fâcheuses. ’Il court le danger de perdre la loyauté de ses collègues et le jeu n’en vaut pas la chandelle’."
"Le président de la Deuxième Chambre, Frans Weisglas, qualifie les critiques de Pechtold à l’encontre de ses collègues politiques de ’peu collégiales et déloyales’. ’Si je me sentais aussi mal à l’aise à La Haye qu’Alexander Pechtold, je prendrais un aller simple pour Wageningen’."
"Pechtold s’en prend cette semaine dans Opzij à la classe politique haguenoise, où tout est encore ’plus sale et plus répugnant que les gens ne le pensent’. Il dit aussi qu’il a du mal à travailler avec des collègues comme le premier ministre Balkenende et le ministre Donner (Justice), bien qu’il ajoute que cela doit être réciproque. Les partenaires de coalition du D66 ignorent les dernières déclarations du ministre Pechtold."
"Plus le ministre Pechtold hausse le ton pour dire que rien ne va dans la classe politique haguenoise, moins son message est entendu", poursuit le journal populaire en page 5. "La Deuxième Chambre ne le prend pratiquement plus au sérieux, ainsi qu’il ressort des réactions au dernier accès de mécontentement du responsable D66 dans Opzij, cette semaine."
"L’amateurisme du D66 commence à prendre une forme maladive qui menace non seulement le parti lui-même, mais aussi la coalition et les partis de la coalition", remarque le commentateur politique du journal, Kees Lunshof, dans un article de synthèse. "Si on pouvait encore considérer au début de l’année dernière le langage de Pechtold comme celui d’un nouveau venu enthousiaste qui devait encore s’habituer à La Haye, il apparaît maintenant que c’est un bavard pathologique qui se surestime." "Il vaut mieux que les autres acteurs à La Haye ne se laissent pas provoquer par Pechtold, qui est avide de publicité. Ce serait lui faire trop d’honneur."

ACTUALITE INTERNATIONALE

Pays-Bas - Afghanistan

En page d’opinion du Volkskrant, l’ancien leader du PvdA Ad Melkert appelle ses collègues de parti à la Deuxième Chambre à voter pour le projet de mission militaire néerlandaise dans le Sud de l’Afghanistan. "La Deuxième Chambre a une occasion unique de donner un signal de résolution nationale ayant une influence réelle sur la stabilité et la confiance internationales", écrit Melkert. "Un concours de circonstances confère au choix néerlandais en faveur du renforcement de la présence militaire en Afghanistan une importance bien supérieure à celle que la question de la participation a en général", fait valoir Melkert. Selon lui, avec la participation des Pays-Bas à la mission de l’ISAF en Uruzgan c’est "l’avenir de la population afghane, la lutte contre le terrorisme, l’autorité des Nations Unies et l’efficacité de l’OTAN" qui sont en jeu.
"La reconstruction en Afghanistan est surtout une question de patience, de constance et de longue haleine", écrit la ministre de la Coopération Agnes van Ardenne (VVD) de son côté, sur la même page. "C’est justement maintenant que le développement commence dans de grandes parties du pays qu’il est crucial de créer aussi les conditions de la reconstruction dans les régions méridionales et de ne pas cesser nos efforts à mi-chemin. Nous devons achever notre tâche."
Union européenne - Roumanie

"Une majorité parlementaire VVD, D66 et PvdA est favorable à l’approbation de l’adhésion de la Roumanie à l’UE", relève le Trouw (p.6). "Le CDA est donc isolé dans son refus. Le VVD, le D66 et le PvdA s’interrogent au demeurant eux aussi sur la capacité de la Roumanie à adhérer à l’UE dès 2007. Mais ces partis veulent soutenir la poursuite des réformes dans ce pays. En outre il est toujours possible de reporter l’adhésion d’un an."

ACTUALITE INTERIEURE

Patrimoine culinaire

"Il faut réapprendre aux enfants de l’école primaire le goût de la nourriture - et surtout de la nourriture saine", note le Trouw (p.4). "Le ministre Veerman (Agriculture) pense que donner des ’leçons de goût’ à l’école primaire est une bonne façon de montrer aux enfants ’qu’une nourriture saine et simple est bonne’."
"Ce plaidoyer en faveur de l’enseignement diététique a été tenu hier à Maastricht, où a été installé le nouveau président d’Euro-Toques. Cette organisation qui regroupe 2 500 cuisiniers de toute l’Europe et qui œuvre pour la préservation du patrimoine culinaire a introduit les leçons de goût dans plusieurs écoles primaires néerlandaises."
"Le ministère de l’Agriculture veut coopérer avec l’association internationale de cuisiniers pour mettre ces leçons au programme de toutes les écoles primaires. ’Il me semble que ce n’est pas seulement une expérience instructive pour les enfants, mais aussi agréable’, a dit le ministre. Veerman apprécie l’attention accrue portée à une nourriture saine pour les enfants. Il se réfère dans ce contexte au cuisinier de la télévision britannique James Oliver, qui veut aboutir à une alimentation plus saine dans les écoles anglaises, par le biais de sa campagne Feed me better" (également Het Financieele Dagblad p.2).

Verdonk

"Les propos de la ministre de l’Intégration Verdonk concernant un possible code de comportement sont assurés du soutien politique du premier parti du gouvernement, le CDA", écrit le Volkskrant (p.3). "’Le CDA plaide depuis longtemps en faveur des normes et des valeurs, sans qu’il faille immédiatement les ajouter au droit pénal’, dit la députée Sterk. ’Un tel signal du ministre est positif. Les gens doivent pouvoir entretenir des contacts normaux entre eux et la maîtrise de la langue est importante à cet égard’."
"Lundi, Verdonk a affirmé qu’elle n’avait pas l’intention d’interdire l’usage d’autres langues dans la rue. ’Rien ne sera obligatoire à l’avenir’, a dit Verdonk depuis le Kenya, où elle est en visite. ’Il n’est pas question d’instaurer une sorte de police linguistique’."
"Le PvdA n’est pas favorable à l’imposition d’un code moral par le ministère. ’Je ne crois pas aux codes de comportement comme celui de Rotterdam’, dit le député Dijsselblom. ’La ministre ferait mieux de s’occuper de choses qu’elle peut effectivement influencer : cela fait trois ans que la Chambre attend la loi sur l’intégration.’ Le JOVD [jeunes libéraux] n’est pas partisan d’un code. ’Un règlement imposé ne suscitera que des irritations. Cette proposition est alibérale’, déclare le président Ter Wal."

Le D66 n’est pas partisan de l’idée non plus, selon le Trouw (p.3). "C’est comme si j’étais contrainte de parler français avec mon mari quand nous sommes en vacances en France", fait valoir la députée Lambrechts. Les Démocrates craignent d’autre part que les gens "ne se regardent de travers" si quelqu’un ne parle pas néerlandais, ce qui peut accroître les tensions au sein de la société.

Pour l’éditorialiste du Volkskrant, "il est raisonnable d’exiger d’un demandeur d’emploi qu’il maîtrise le néerlandais". "Mais il est absurde d’attendre de deux Turcs qu’ils parlent néerlandais entre eux dans la rue. Les gens se sentent unheimisch [emprunt allemand, angoissé] quand ils entendent une langue étrangère dans la rue, a dit Verdonk, qui ne trouvait manifestement pas un mot néerlandais."
"Les Néerlandais devront pourtant se faire à l’idée que nous vivons à l’époque de la globalisation. Les Pays-Bas sont un pays d’immigration, qu’ils le veuillent ou non. On ne promeut certainement pas l’intégration en donnant constamment aux nouveaux venus le sentiment qu’ils ne sont pas à leur place ici." "Les Pays-Bas, naguère, ont souffert d’un multiculturalisme trop indolent. Il y a eu un retour de balancier : le provincialisme étriqué actuel ne tient pas davantage compte de la réalité."

AFFAIRES FRANÇAISES

L’éditorialiste du NRC Handelsblad d’hier soir, à la suite du "discours de Brest" du Président de la République, engage la France à "se conduire de manière responsable en sa qualité de membre du club exclusif des cinq puissances nucléaires officielles" et invite "Paris à y repenser sérieusement l’an prochain, après les élections présidentielles".

Ce matin, le Trouw (p.8) note dans une brève que, selon le président Chirac, "la stratégie nucléaire française n’a pas changé".

Le Telegraaf (p.13) rend compte du "minisommet franco-allemand" qui a eu lieu hier à Paris, rappelant que le président tient beaucoup à obtenir la baisse de la TVA dans l’hôtellerie-restauration, alors que l’Allemagne veut faire passer la sienne de 16 à 19 pour cent pour mettre de l’ordre dans ses finances publiques.

Sur le plan culturel, le Trouw, dans son cahier de Verdieping, présente le philosophe René Girard.

Dernière modification : 12/05/2006

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