Presse néerlandaise du mardi 25 novembre 2008

La banque d’assurance Fortis devra se soumettre à une enquête indépendante sur la reprise d’ABN Amro et la vente de diverses activités aux Etats néerlandais et belge. C’est ce que la chambre des entreprises du Tribunal d’Amsterdam a décidé hier dans une procédure engagée par l’association des petits actionnaires néerlandais VEB.

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- NRC Handelsblad (indépendant) d’hier soir : "Crise du crédit : Projets de stimulation des Etats-Unis et de l’UE – Des milliards supplémentaires pour conjurer la récession", "Les Etats-Unis se concentrent sur l’Afghanistan"
- de Volkskrant (centre gauche) : "Euphorie à la Bourse à la suite du soutien d’Etat", "La gauche américaine est déçue par le choix des ministres d’Obama" (correspondance de New York)
- De Telegraaf (populaire) : "Le CDA propose un impôt unique – Taux de 37 pour cent pour tout le monde", "Les bourses sont euphoriques", "En tandem pour se rendre au siège du gouvernement" (entretien de Mme Jetta Klijnsma, future secrétaire d’Etat aux Affaires sociales, avec le premier ministre Balkenende)
- Trouw (chrétien progressiste) : "Enquête sur la mauvaise gestion de Fortis – La chambre des entreprises honore la demande des actionnaires", "Les familles des victimes du massacre néerlandais n’abandonnent pas" (exécutions à Java en 1947)
- AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "Peines doubles pour les agresseurs de préposés à la circulation – Le Ministère public considère les préposés comme des fonctionnaires"

LE DOSSIER DU JOUR : Maxime Verhagen

"Le ministre, qui a maintenant 52 ans, est à la page", écrit Mark Kranenburg dans le NRC Handelsblad (p.2) d’hier soir, dans un grand article sur le chef de la diplomatie néerlandaise, M. Maxime Verhagen (CDA). "Alors que quelques-uns de ses collègues entretiennent un blog avec plus ou moins de succès, Maxime Verhagen va plus loin. Il pratique le twitter . Toute la journée, à partir de chez lui, de la Deuxième Chambre et, évidemment, du monde entier, son terrain de travail. Il a un poste dynamique et tout le monde a le droit de le savoir. Doit même le savoir : on peut suivre ses activités sur le site www.hierisministerverhagen.nl du ministère des Affaires étrangères, en paroles et, grâce à Google Maps, en images."
"Ce matin, Verhagen s’est rendu au Maroc et en Algérie pour une visite de trois jours. Au programme figurent les entretiens d’usage avec ses homologues, d’autres ministres et des parlementaires des deux pays. La rencontre de représentants d’organisations de défense des droits de l’homme ne manquera pas non plus, cette fois-ci. C’est presque devenu un point permanent de ses voyages. Verhagen souhaite entrer dans les annales comme ’ministre qui accorde une place centrale aux droits de l’homme’."
"Tout comme durant ses visites au Moyen-Orient, au Soudan et aux Nations Unies à Genève, il n’emmène pas que des fonctionnaires. Six jeunes gens, qui ont un parcours commercial, juridique, universitaire ou culturel, l’accompagnent. Pour montrer aux jeunes comment se fait le politique étrangère néerlandaise, selon les Affaires étrangères."
"Avec l’arrivée de Maxime Verhagen en tant que ministre, un petit choc culturel a traversé le département. Le monde des costumes rayés, des consultations et des démarches a remarqué qu’un politique de race se trouve à sa tête depuis février 2007. Il y a moins de place actuellement pour la réserve et la sagesse, deux éléments pourtant fondamentaux de la diplomatie. Le ministère doit s’ouvrir sur le monde, tel est le message permanent de Verhagen. Montrer ce qu’il fait."
"Verhagen jouit intensément du jeu du pouvoir. Et il sait y jouer comme nul autre, a remarqué La Haye lorsqu’il a présidé son groupe parlementaire. Donner, mais surtout prendre le plus possible. ’Créer un intérêt chez un autre pour recevoir quelque chose en retour’, dit-il avec un scintillement dans les yeux." "’Le rat’, disait de lui ses collègues politiques lorsqu’il était président du groupe parlementaire CDA. Cela ne le gênait pas. Verhagen a emporté son instinct politique au ministère des Affaires étrangères. ’Un vrai Machiavel’, l’a appelé cette année l’hebdomadaire European Voice, qui est très lu à Bruxelles. ’Tout ce qu’il fait est politique’, a écrit le magazine. ’He walks, talks and breathes the stuff.’ Les députés de la Deuxième Chambre sont du même avis. ’Ben Bot était un diplomate qui était ministre, Maxime est un politique qui est ministre’, déclare Hans van Baalen (VVD). ’C’est quelqu’un qui ose monter au créneau’, estime Jöel Voordewind (ChristenUnie). ’Quelqu’un qui a son propre agenda’, selon Martijn van Dam (PvdA)."
"Les droits de l’homme, par exemple – un thème risqué, comme Verhagen l’a remarqué à plusieurs reprises. Car comment peut-on accorder une place centrale aux droits de l’homme, quand il faut aussi faire affaire avec des pays comme la Chine et la Russie ?" "Quand il y a vraiment de grands intérêts en jeu, Verhagen préfère la diplomatie silencieuse. Cela ne ’contribue pas à la clarté du profil qu’il s’est choisi’, dit le député PvdA Martijn van Dam, qui trouve que les positions de principe de Verhagen et les intérêts commerciaux des Pays-Bas sont parfois conflictuels."
"L’Europe a aussi fait la connaissance de Verhagen depuis. ’Il est très influent’, fait valoir le ministre finlandais des Affaires étrangères, Alexander Stubb. ’Maxime est presque toujours en mesure d’imposer un certain point de vue. Il figure certainement parmi les cinq ministres européens des Affaires étrangères les plus influents’."
"Cela a beaucoup à voir avec l’attitude intransigeante de Verhagen vis-à-vis de la Serbie et sa possible adhésion à l’UE. Il dit et répète qu’il veut d’abord voir l’ancien général serbe Mladic répondre de crimes de guerre devant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie. Un autre grand suspect, Radovan Karadzic, a été arrêté à Belgrade cette année. Contre les attentes de beaucoup de ses collègues, Verhagen n’a pas assoupli sa position vis-à-vis de la Serbie. Il veut tout, en l’occurrence, et donc aussi Mladic."
"Le député VVD Van Baalen résume ainsi la différence entre le comportement de Verhagen et celui de son prédécesseur : ’Bot essayait de régler les choses dans le calme, Verhagen le fait en les montant en épingle.’ Et il peut être ’plutôt têtu’, sait le député PvdA Van Dam."

= ECONOMIE, FINANCES =

Crise du crédit

"Selon le premier ministre Balkenende, la crise financière est aussi en partie une crise morale", relève le Trouw (p.10) en rubrique économique. "Le responsable CDA estime qu’un ’retour aux sources’ morales de notre système financier est nécessaire. ’Nous devons de nouveau pouvoir avoir une confiance aveugle dans les banquiers, revenir à la banque morale et durable’. C’est ce que Balkenende a déclaré hier soir, lors d’une réunion de discussion avec des membres du CDA."
"Le premier ministre prône une concentration beaucoup plus forte sur le modèle rhénan et l’abandon du modèle anglo-saxon. Ainsi, les actionnaires doivent de nouveau avoir un véritable lien avec l’entreprise dans laquelle ils investissent. Ces derniers temps, ils ont trop été en quête d’un gain à court terme, alors qu’une relation durable est nécessaire, selon Balkenende."

= AFFAIRES FRANÇAISES =

Socialistes français

La situation au PS reste le centre d’intérêt des quotidiens néerlandais (Trouw p.10 : "Les socialistes français s’accusent mutuellement de fraude et de supercherie" ; Het Financieele Dagblad p.4 : "Impuissance de la gauche" et un portrait de "’Madame 35 heures’ Martine Aubry" p.2).

"Quel triste spectacle offre le Parti socialiste français", écrit l’éditorialiste du Volkskrant. "La lutte pour le leadership du PS a tourné à la bataille rangée, une bataille dont la fin n’est pas encore en vue." "Il faut chercher hors du parti le fomenteur de l’inimitié dont le PS est maintenant la proie. Il siège à l’Elysée et s’appelle Nicolas Sarkozy. En ouvrant son gouvernement à plusieurs grandes figures de la gauche, il a mis le PS dans l’embarras. C’est lui l’étoile au firmament politique et il modèle son action pour couper régulièrement l’herbe sous les pieds de l’opposition."
"Sarkozy savoure évidemment l’affaiblissement de l’opposition, mais à long terme ce n’est pas bon pour la France. Le PS peut-il encore surmonter sa division interne et se réinventer lui-même ? Pour cela, il faudra en tout cas un leadership ferme et convaincant, que ni Aubry ni Royal ne semblent pouvoir offrir."

Dernière modification : 11/12/2008

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