Presse néerlandaise du mardi 25 septembre 2007

Selon le programme télévisé d’actualité Nova, 161 kilogrammes d’héroïne saisis par la police dans le cadre d’investigations sur le trafic de drogue turc aux Pays-Bas ont disparu. Il s’agirait de deux lots de 69,7 et de 204 kilogrammes qui n’auraient été que partiellement détruits. Un autre lot de 99,2 kilogrammes n’aurait pas été détruit du tout.
Un porte-parole du Parquet national fait savoir que le lot de 99,2 kilogrammes a bel et bien été détruit. Mais cette destruction n’est consignée nulle part.
L’avocat Jan Boon affirme que l’héroïne a servi à intercepter un transport beaucoup plus important, une méthode interdite par la loi depuis l’affaire IRT.

LES GRANDS TITRES

NRC Handelsblad (libéral) d’hier soir : "Joustra : le ton du débat sur l’islam entretient l’agitation" (cf. presse du 24 septembre), "La révolte s’amplifie en Birmanie", "Le PvdA en difficulté à cause du référendum""
de Volkskrant (centre gauche) : "Ploumen l’emporte sur Pronk - Les membres du PvdA élisent un président qui a l’intention d’aiguillonner le groupe et les ministres", "Ecouter ’l’Hitler iranien’" (reportage de New York)
Trouw (chrétien progressiste) : "Le vaccin antigrippal ne fait guère d’effet aux personnes âgées", "Ce n’est pas Pronk, mais Ploumen qui présidera le PvdA", "Máxima : L’identité néerlandaise n’existe pas"
De Telegraaf (populaire) : "Máxima condamne le ’cloisonnement’ - ’Le mélange des cultures est justement notre force’", "Soulagement à la direction du PvdA : ce n’est pas Pronk"
AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "Des renforts sont nécessaires en Uruzgan - Peut-être des troupes supplémentaires pour lutter contre les talibans", "Un grand lot d’héroïne a disparu à la police", "Pronk battu par Lilianne Ploumen dans la course à la présidence"

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LE DOSSIER DU JOUR :PvdA

"Les membres du PvdA ont élu Lilianne Ploumen à la présidence du parti", annonce le Volkskrant dans son grand article à la une. "Elle a finalement obtenu 54 pour cent des voix et a ainsi battu son principal rival, l’ancien ministre Jan Pronk. Un peu moins de la moitié (44 pour cent) des plus de soixante mille membres ont voté."
"Ploumen, qui sera nommée officiellement par le congrès du PvdA, le 6 octobre, a déclaré être très satisfaite de sa victoire. Elle a promis aux responsables PvdA et au groupe parlementaire à la Deuxième Chambre de les ’aiguillonner’."
"A cause de la complexité du système de vote, il a fallu six tours de scrutin pour aboutir à la victoire de Ploumen. Néanmoins, son rival Pronk a parlé d’une victoire marquante. ’Mon intuition me disait que ce serait juste. Je ne dirai pas que je suis soulagé, mais je ne trouve pas grave de ne pas avoir été élu.’ Pronk a reconnu que son style tranchant - il avait qualifié le premier ministre Balkenende de menteur - ne l’a pas rendu populaire auprès d’une partie de la base."
"Le leader du parti, Bos, a loué l’expérience internationale de Ploumen. Il a reconnu être soulagé que Pronk n’ait pas obtenu la présidence. Bos espère que Ploumen fera du PvdA le parti le plus attrayant des Pays-Bas. ’Sur ce point, nous le cédons au CDA et au SP’."

"Lilianne Ploumen, 45 ans, n’a été considérée à aucun moment comme favorite pour la présidence du PvdA", note le journal de centre gauche dans un "profil" en page 2. "Elle était la candidate inconnue et ’sûre’ de bonzes du parti tels que l’ancien président Ruud Vreeman. Pas de polémiste populaire et médiagénique, comme son principal rival Jan Pronk. Hier, elle a été élue présidente du PvdA contre toute attente et succédera donc à Michiel van Hulten. "Tout de suite après son élection chaotique - une panne informatique a retardé le résultat de quatre heures - Ploumen s’est montrée ferme. Elle n’était pas la candidate des bonzes, a-t-elle fait savoir aux journalistes."
"Ainsi, la nouvelle présidente est partisane d’un référendum sur le traité européen. Et d’une enquête sur le processus décisionnel concernant le soutien néerlandais à la guerre d’Irak. ’Ce ne sera plus pour la législature actuelle, mais j’attache beaucoup d’importance à ce que cette enquête finisse par se faire’, a dit Ploumen hier soir."
"S’agissant de la mission en Uruzgan, elle a déclaré qu’un retrait rapide des troupes néerlandaises lui paraissait déraisonnable. ’Un départ impromptu aurait d’énormes conséquences pour la population locale’. Elle n’évitera pas les questions d’actualité, mais sa principale ambition est de donner davantage d’influence aux membres du parti, qui se sentent trop souvent ignorés par la direction du parti au Binnenhof."
"La nouvelle présidente du parti est née à Maastricht comme fille d’un laitier. Elle a étudié la sociologie historique à Rotterdam, puis elle a fait carrière dans des organisations idéalistes comme PLAN (anciennement Foster Parents Plan) et Mama Cash. Lutter contre l’injustice, tel est aussi son adage dans la politique néerlandaise."
"Il y a quatre ans Ploumen était encore membre de GroenLinks. Elle a quitté ce parti pour le PvdA parce qu’elle pensait qu’un parti populaire large pouvait s’occuper davantage de la pauvreté et des problèmes ethniques."
"Ploumen n’est pas une copine du leader Wouter Bos, souligne-t-elle. Selon ses propres dires, elle n’a serré la main du vice-premier ministre que trois fois."
"Il ne semble pas qu’il faille attendre de Ploumen du tumulte politique, comme Pronk en promettait en réclamant un référendum sur l’UE et une enquête sur l’Irak", souligne le Telegraaf à la une. "A propos du référendum sur lequel le groupe PvdA prendra une décision aujourd’hui, Ploumen a dit : ’Personnellement je suis pour, mais j’attendrai les délibérations du groupe’."

Pour l’éditorialiste du Volkskrant, "Ploumen, bien qu’elle ait bénéficié durant sa campagne du soutien de plusieurs échevins PvdA des grandes villes, est un poids léger sans base claire, en comparaison de Pronk". "Le leader Bos et le président du groupe parlementaire Tichelaar n’ont pas grand-chose à craindre d’elle. C’est valable aussi pour la coalition gouvernementale, qui ne tient absolument pas à avoir affaire à un trublion. Jan Pronk, lui, aurait provoqué des remous. Mais en tant que président il aurait aussi pu rendre le PvdA plus attrayant pour des électeurs de gauche qui votent SP. Les membres du parti n’ont donc pas opté pour la variante la plus vive, mais pour la sécurité."

"Pour beaucoup de membres du PvdA, Jan Pronk était souvent un opposant déloyal qui, avec ses idées gauchistes, sa préférence pour une coopération avec le SP et son aversion pour le premier ministre Balkenende, se serait certainement mis dans les jambes de Wouter Bos", remarque le commentateur du Telegraaf.

ACTUALITE INTERIEURE

Identité nationale

"Les Néerlandais sont capables d’être de bons citoyens, même s’ils ont plusieurs loyautés", relève le Telegraaf à la une. "C’est ce qu’a dit la princesse Máxima hier après-midi, lors de la présentation du rapport Identificatie met Nederland [l’identification aux Pays-Bas] du Conseil scientifique pour la politique gouvernementale (WRR). Elle a tenu un plaidoyer passionné en faveur de la diversité et du mélange des cultures et a ainsi pris position dans le débat sur la loyauté et la nationalité qui s’ouvre régulièrement dans notre pays."
"C’est ainsi que les secrétaires d’Etat Albayrak et Aboutaleb ont été attaqués cette année parce qu’ils ont deux passeports. Le même sort attendait la députée Khadija Arib, parce qu’elle siégeait dans un conseil consultatif marocain, un manque de loyauté vis-à-vis des Pays-Bas selon une partie de la Deuxième Chambre."
"Le prince Claus avait aussi diverses loyautés, a dit Máxima. Lorsque ses fiançailles avec le prince Willem-Alexander ont été annoncées, son futur beau-père a encouragé l’Argentine en lui disant : ’Une question à laquelle il est très difficile de répondre et qu’on m’a posée à plusieurs reprises est de savoir comment c’est d’être néerlandais. Ma réponse est : je ne sais pas comment c’est d’être néerlandais. J’ai plusieurs loyautés. Je suis à la fois citoyen du monde, européen et néerlandais’."
"’Ce sont des paroles que je n’ai jamais oubliées’, a dit la princesse hier. ’On ne peut pas mettre des grilles autour de l’identité et de la loyauté des gens.’ ’Nous pensons encore trop selon des lignes de démarcation’, selon la princesse Máxima. ’Les nouveaux venus le font aussi. Chaque ’espèce’ pour soi. Mais les Pays-Bas ne sont pas Artis [le zoo d’Amsterdam]. C’est justement la diversité et le mélange qui font notre force’."

"Le leader PVV Geert Wilders, à ’RTL Nieuws’ hier, a qualifié ces déclarations de ’blabla politiquement correct et bien intentionné’", rapporte le Trouw à la une.
"Les réactions au rapport Identificatie met Nederland sont vives", poursuit le journal chrétien progressiste en page 5. "Il n’existe pas d’identité néerlandaise unique, affirme le conseil consultatif." "’Nous devons dire ce qui nous semble raisonnable. Et ceci est une ligne raisonnable pour l’avenir des Pays-Bas. Toutes sortes d’études montrent que les pays qui acceptent la diversité se portent bien. Les migrations sont la logique du nouvel ordre économique. Sinon, il vaut mieux fermer la boutique et tout brader, en tournant le dos à l’avenir’."

Traité européen

C’est aujourd’hui que la Deuxième Chambre votera pour ou contre un référendum sur le nouveau Traité modificatif européen.

"Le PvdA commettra un suicide politique s’il rejette aujourd’hui un référendum sur le nouveau traité européen", écrit le Volkskrant à la une. "C’est ce que dit l’ex-député PvdA Niesco Dubbelboer, initiateur en 2005 du référendum sur la Constitution européenne."
"’Un non de notre part reviendrait à donner au SP et au PVV un bazooka pour nous réduire en miettes’, affirme Dubbelboer. ’Ce serait un suicide politique. Nous étions partisans d’un référendum, le président du groupe parlementaire Tichelaar l’a répété récemment. Alors nous ne pouvons pas faire volte-face’."
"Le groupe PvdA à la Deuxième Chambre décide aujourd’hui s’il doit soutenir une proposition de référendum de l’opposition. Selon Tichelaar, le groupe est divisé."

"Nous, le peuple, voulons un référendum", titre le journal de centre gauche en page d’opinion, au-dessus d’une tribune de l’écrivain et chroniqueur (dans l’hebdomadaire Elsevier) Leon de Winter.
Sammy van Tuyll, président et cofondateur d’un petit parti libéral, fait valoir de son côté qu’après le rejet de la Constitution européenne, "Balkenende II a omis de débattre des véritables objections contre la Constitution". "Le CDA a même déclaré le thème tabou aux élections législatives de 2006." "Maintenant, pratiquement la même Constitution est de nouveau proposée et le gouvernement ne juge pas utile de la soumettre aux électeurs." L’auteur de l’ouvrage Voor Europa, tegen deze Grondwet (Pour l’Europe, contre cette Constitution, 2005) estime que les électeurs néerlandais pourront se prononcer en juin 2009, aux élections pour le Parlement européen, en votant conformément à leur choix au référendum de 2005.
Enfin, le journaliste Yoeri Albrecht reproche au SP de "pousser au référendum pour le référendum". "C’est une forme de populisme très douteuse. C’est la querelle, le chaos, la déstabilisation, le vote protestataire qui comptent. Pas la question de savoir ce qui, sur le fond, est meilleur pour les Pays-Bas, quels sont les intérêts du pays et ce qui est politiquement raisonnable, du point de vue national et international."

AFFAIRES FRANÇAISES

Le Trouw (p.9) et l’AD Haagsche Courant (p.15) font mention d’un entretien du Président de la République avec le New York Times, dans lequel il envisage un retour de la France dans les structures militaires de l’OTAN.
Le Telegraaf (p.11) en parle dans la légende d’une photo de Nicolas Sarkozy faisant du jogging à New York.

Le Trouw (p.8) publie par ailleurs un reportage sur la "situation critique de l’enseignement français".

Dernière modification : 21/10/2008

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