Presse néerlandaise du mardi 26 mars 2002

Le journal
populaire De Telegraaf fête aujourd’hui son rédacteur mondain Henk van der
Meyden, "le doyen du journalisme de show-business", qui a rempli les colonnes de
la page Privé pendant 43 ans et qui part maintenant à la retraite

L’Algemeen Dagblad, se référant à une publication parue hier
dans la presse britannique, évoque les défauts de conception du nouvel
hélicoptère américain Apache, dont les Pays-Bas ont commandé trente unités au
total.

Les autres grands titres sont fournis par l’enseignement et
l’actualité médicale et économique. Le procès de l’imam El Moumni, accusé de
discrimination des homosexuels, est également suivi par les quotidiens.

Enfin, la presse annonce le vol de cinq chefs d’œuvre du Musée
Frans Hals, à Haarlem. 

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NRC Handelsblad d’hier soir : "L’Etat
prend davantage de risque avec le chasseur", "Une sanction de 1 200 euros
requise contre l’imam El-Moumni"

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de Volkskrant  : "Les écoles
brabançonnes optent pour leur propre convention collective", "La confiance des
consommateurs est en baisse", "Eenhoorn n’est pas une tortue" (article
d’ambiance sur le VVD)

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Trouw  : "Il est de plus en plus
rentable d’investir dans les hommes et l’environnement", "’Ne prescrire la
nouvelle pilule qu’après une sérieuse étude [du risque de thrombose]’"

-  
Algemeen Dagblad  : "Les Apache se
tirent dans la queue - L’hélicoptère peut se descendre lui-même en tirant des
missiles", "El Moumni : Pas le temps d’apprendre le néerlandais", "Un Oscar
comme percée pour les acteurs noirs"

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De Telegraaf  : "Hommage à Henk –
Le show-business élève Van der Meyden au rang de star au moment de son départ",
"Les cafés d’Amsterdam seront équipés d’un coffre pour les drogues et les
couteaux [saisis sur les clients]"

 

 

Notre dossier
 : Echanges culturels franco-néerlandais 

Plusieurs quotidiens ont évoqué ces jours-ci l’exposition De tijd van Degas (Au temps de Degas) au Musée municipal de
La Haye, rendue possible par un prêt exceptionnel d’œuvres de la collection du
Musée d’Orsay
.

" Un moment historique pour le Gemeentemuseum de La Haye et
un jalon dans ma carrière’
 : c’est ainsi que le conservateur John
Sillevis
a qualifié la présentation De tijd van Degas qui commencera dans
son musée demain", a rapporté le Telegraaf (p.22) le vendredi 22 mars,
sur sa page Kunst. " Car les célèbres toiles de Manet, Monet, Renoir, Cézanne
et Bonnard qui ont été sélectionnées quittent rarement le musée parisien
.
Grâce à nos Mondrian de la première époque, qu’on peut voir maintenant au Musée
d’Orsay, nous avons pu être exigeants. Mais nous avons tout de même eu du mal à
faire venir ici les "Femmes au jardin" de Monet, une toile haute de deux mètres
et demi’."

"Les jeunes de l’exposition, Gauguin, Bonnard et
Vallotton, avaient d’autres conceptions, mais l’art de la jeune génération ne
rend pas moins révolutionnaires les tableaux impressionnistes intemporels de
Degas, Monet et Sisley. L’intérêt que Degas manifestait pour le mouvement,
intérêt qu’il mettait en pratique dans ses scènes de ballets et de musique, est
fascinant. A La Haye, le choix des toiles prêtées montre que Degas était aussi
un grand portraitiste. Le tableau "La famille Bellelli" présente sa tante, son
mari (un baron italien) et leurs deux filles. ’Tante Laura’ avait été ’donnée en
mariage’ à ce Napolitain en raison d’intérêts financiers familiaux. Edgar Degas
a représenté la famille avec réalisme, en laissant percer de façon inimitable
les imperceptibles tensions."

Le soir du 22 mars, le journal haguenois Haagsche Courant
consacrait la première page de son cahier Cultuur à l’événement, sous le titre
"Impressionniste malgré lui. "On cite toujours d’un trait Degas et les autres
grands impressionnistes, Monet, Pissarro, Cézanne, Renoir, Manet et Sisley. Mais
bien qu’il fut admiré par ses collègues, Degas est toujours resté un
excentrique. Cet artiste remarquable forme maintenant le pivot de l’exposition
De tijd van Degas, au Gemeentemuseum de La Haye. uvres maîtresses du
Musée d’Orsay
, à Paris." " L’impressionnisme marque l’époque du progrès .
C’est le temps des trains à vapeur, des grandes gares, de
l’industrialisation, des grands magasins luxueux, de la Tour Eiffel et des
expositions universelles
. L’impressionnisme marque la transition vers les
temps modernes, vers l’art moderne."

"Lorsque les impressionnistes, au printemps 1875, ont organisé
eux-mêmes une vente de leurs œuvres contre vents et marées, sur l’initiative de
Renoir, il s’est avéré que la foule était surtout venue pour huer les artistes.
La plupart des œuvres de Renoir n’ont pas atteint la somme de 100 Francs, un
Monet faisait en moyenne 233 Francs. Il y a trois ans, Sotheby’s, à New York,
adjugeait une ’Baigneuse’ de Renoir pour 19 millions de dollars."

"Il faudra attendre 1947 pour que l’estimation prenne
forme avec un Musée de l’Impressionnisme au Jeu de Paume, dans les jardins des
Tuileries. Trente ans plus tard, on déménage tout – y compris les œuvres qui
étaient allées au Louvre – au nouveau Musée d’Orsay, une ancienne gare qui
représente un site tout à fait approprié
. Depuis son ouverture, en décembre
1986, on y fait la queue devant la caisse."

Hier soir, le Haagsche Courant rendait compte de la
Soirée Dansante qui a rehaussé l’ouverture de l’exposition à la Résidence de
France
, samedi. "Un bal dans le style du Temps de Degas. L’impressionniste
français comme artiste et comme thème d’un bal éclatant à la résidence de
l’ambassadeur de France. Le beau monde était au rendez-vous." "Son Excellence
Anne Gazeau-Secret attire elle-même les invités sur la piste de danse."

" La fête par laquelle l’exposition se terminera le 14
juillet, la Fête Nationale française, sera ouverte au public et se déroulera sur
le Lange Voorhout, devant le musée Het Paleis
."

" Degas, c’est la danse ", titre ce matin le Telegraaf (p.4) en rubrique mondaine. "Les messieurs étaient venus en
cravate blanche et les dames en robe de soirée de l’époque d’Eline Vere
[personnage d’un roman de l’écrivain haguenois Louis Couperus]." "Je voulais de
nouveau un bal et j’adore la Belle Epoque", cite Stan Huygens de la bouche de
l’ambassadeur de France.

 

Actualité internationale 

Kok à Belgrade

"Le premier ministre Kok essaie d’exposer son point de vue au
président yougoslave Kostunica, durant sa visite à Belgrade", écrit le Telegraaf (p.10), sous une photo des deux hommes d’Etat." " Le premier
ministre néerlandais a fait valoir hier aux responsables yougoslaves que
l’extradition d’importants suspects de crimes de guerre est une condition
indispensable, si la Yougoslavie veut être acceptée par l’Occident
."

"Belgrade est toujours le théâtre d’une bataille
politique sur la question de savoir s’il faut coopérer avec le Tribunal pénal
international de La Haye. Depuis l’extradition de Milosevic, plus aucun grand
suspect n’a été livré au tribunal. Après des entretiens avec Kostunica et le
premier ministre serbe Djindjic, entre autres, Kok pense que la Yougoslavie a
bien compris le message
 : ’La question n’est plus de savoir si la
Yougoslavie coopère avec le tribunal et livre des suspects, mais si ce seront de
petits ou de grands poissons.’ Kok faisait notamment allusion aux suspects les
plus recherchés, comme les Serbes bosniaques Mladic et Karadzic."

" Si la République Fédérale de Yougoslavie (RFY) ne coopère
pas plus avec le Tribunal pénal international de La Haye et n’améliore pas la
démocratie, les Pays-Bas ne pourront pas l’aider à terme à se qualifier comme
candidate à l’Union européenne
", souligne le Trouw (p.3) de son côté.
"Tel était le message central que le premier ministre Kok a transmis aux
autorités yougoslaves hier, lors de la première journée de sa visite de deux
jours en Serbie et au Kosovo."

"Kok a d’abord été reçu brièvement par le président
yougoslave, Kostunica, avec qui il allait avoir un autre entretien plus tard
dans la journée. Il s’est ensuite entretenu longuement avec le premier ministre
de la RFY, Pesic, le premier ministre serbe Djindjic et une délégation du
Parlement fédéral dirigée par le président Micunovic."

 

Actualité intérieure 

Campagne électorale

"Et voici Bas Eenhoorn , l’homme dont la présidence de
GroenLinks, Mirjam van Rijk, a dit : ’Il tait venu pour assurer la
présidence à ses heures libres, mais il s’est révélé comme le démolisseur de
Hans Dijkstal
’, écrit le Volkskrant à la une. "Que va faire le
président du VVD pour faire de nouveau obstacle à sa tête de liste ? C’est la
question que tout le monde a sur le bout des lèvres au café haguenois Van Buren,
où Eenhoorn prend la parole lundi soir. Ce n’est pas un hasard s’il y a plus de
journalistes que d’habitués dans l’étroit local."

" Les dernières semaines, on aurait dit que Eenhoorn était en
compétition avec Dijkstal pour faire baisser le parti dans les sondages
d’opinion
. Il se faisait surtout remarquer par des déclarations qui
diminuaient sa propre tête de liste. Il a d’abord poussé Dijkstal, contre son
gré, à poser sa candidature au portefeuille de premier ministre, pour ensuite
’ne pas exclure’ Hans Wiegel pour ce poste, à la première contrariété. Une
semaine plus tard, il humiliait le chef de file en promettant à sa base qu’il
parlerait désormais en termes clairs et nets. Cinq jours plus tard, après un
deuxième débat électoral désastreux, il révélait qu’il envisageait de ’ne plus
mettre Dijkstal dans ce genre de situation’."

" Maintenant, lundi soir, toujours aussi souriant
devant les caméras, Bas Eenhoorn fait ce qui est devenu inévitable après tant de
semaines catastrophiques : il promet de se taire dorénavant
."

Le Financieele Dagblad (p.2) note de son côté que
" Frank de Grave a été ajouté le week-end dernier à l’équipe de campagne du
VVD pour les législatives
". "Le ministre de la Défense est considéré au sein
de son parti comme ’un habile tacticien politique’."

Le Trouw (p.4) relève que " le CDA ignore
l’appel de la ChristenUnie à exclure la coopération avec Pim Fortuyn
".
"Selon la tête de liste de la ChristenUnie, Veling, les idées de Fortuyn sont
contraires aux idéaux chrétiens, mais de l’avis du CDA, cela ne saurait être le
critère." " Car si l’on juge tous les programmes en fonction de critères
chrétiens, celui du PvdA n’est pas non plus acceptable sur tous les points
.
En effet, le PvdA est aussi responsable de la loi sur l’euthanasie et du mariage
homosexuel, auxquels le CDA et la ChristenUnie se sont opposés. Le porte-parole
de Balkenende a d’autre part rappelé hier que selon les députés VVD, les idées
de Fortuyn sur les demandeurs d’asile ne sont pas très éloignées de celles de
leur parti. ’Et nous n’excluons pas non plus le VVD.’ Le CDA conclut que la
ChristenUnie préfère une coalition avec le PvdA, le CDA et GroenLinks
,
puisqu’elle avait déjà exclu le D66 et marqué son éloignement du VVD."

L’éditorialiste du Trouw estime que " bannir
Fortuyn, c’est aussi bannir les critiques
". "Il faut éviter d’entourer
Fortuyn ou le SGP d’un cordon de sécurité. Dans une démocratie, il faut veiller
à ne pas isoler des électeurs et les mettre dans le même sac. Le plus risqué,
dans ce domaine, c’est l’appel de la tête de liste de la ChristenUnie, Veling,
aux partis chrétiens à exclure Fortuyn. C’est presque une invitation directe à
la diabolisation."

Dans le Telegraaf (p.7), le commentateur politique Kees Lunshof remarque qu’"après vingt-cinq ans de politique d’après-guerre
de reconstruction, suivie par plus de vingt-cinq ans de polarisation et vingt
ans de modèle polder, une nouvelle période semble s’annoncer". " Une
rénovation des élites politiques comme celle des années soixante et du début des
années quatre-vingts est dans l’air
." " L’histoire apprend que, lors d’une
telle révolution, le pouvoir échoit rarement à ceux qui ont causé l’onde de choc
et annoncé le changement
. Les provos et les kabouters qui ont bouleversé
notre pays dans les anées soixante ont été marginalisés. Cela a aussi été le cas
des révolutionnaires de mai 68 en France. Personne n’a voulu de leur imagination
au pouvoir. Le même sort attend Fortuyn , en définitive. La teneur de
son message, et surtout ses réponses, sont trop confuses, trop peu consistantes
et trop peu réalistes pour que les électeurs s’y raccrochent
. Ce soliste
n’est d’ailleurs pas assez politicien pour la tâche quotidienne, comme le
montrent les négociations de formation à Rotterdam, qu’il a sabordées
prématurément, et le débat télévisé de la semaine dernière où il a battu en
retraite de façon peu sportive, mis knock-out par Rosenmöller."

" Il a réveillé la classe politique par ses
loufoqueries et refait une fête de la politique, c’est vrai
. Mais les
électeurs devront se demander dans les semaines à venir si l’organisateur de
cette fête doit se voir confier l’administration du pays
, aussi fort qu’il
s’en sente la vocation. En général, il vaut mieux quitter la fête quand elle
bat son plein
. Fortuyn devrait le faire aussi . Il n’a pas d’avenir
politique
." 

Formation du collège municipal de Rotterdam

La plupart des journaux rendent compte de l’exclusion du
PvdA des négociations de formation d’un collège municipal à Rotterdam, où
Leefbaar Rotterdam a remporté 16 sièges. L’informateur Van Schendelen ne
négociera plus qu’avec Leefbaar Rotterdam, le VVD (4 sièges) et le CDA (5
sièges). Ces trois partis détiennent 25 sièges sur les 45 du conseil municipal ( Trouw
p.3, de Volkskrant p.3, Algemeen Dagblad p.5).

 

Economie, Finances 

Consommation

"Les Néerlandais sont moins disposés à acheter des produits",
rapporte le Volkskrant à la une. "Ce sont surtout les grands achats,
comme les réfrigérateurs et les téléviseurs, qu’ils reportent jusqu’à nouvel
ordre. La disposition à acheter, mesurée par le CBS, est descendue en mars au
niveau le plus bas depuis 1996. La confusion autour de l’euro et les déconvenues
de la nouvelle déclaration de revenus en sont probablement cause." "La confiance
des consommateurs, un indice qui mesure le jugement que les consommateurs
portent sur l’économie et leur propre situation financière, est descendue en
mars de cinq points par rapport au mois précédent."

"Au moment de notre enquête, beaucoup de consommateurs venaient
de remplir leur feuille d’impôt. Ce n’est qu’alors qu’ils ont remarqué que
toutes sortes de postes déductibles ont disparu dans le nouveau système fiscal",
commente un chercheur du CBS (également Trouw p.5, De Telegraaf
pp.6 et 27, Algemeen Dagblad p.21). 

Joint Strike Fighter

Les risques financiers accrus que prend l’Etat néerlandais dans
le projet de développement du Joint Strike Fighter américain sont encore évoqués
par le NRC Handelsblad (pp.1 et 3) d’hier soir. "L’Etat prend plus de
risques financiers qu’il ne l’avait prévu initialement. C’est ce qui ressort de
la ’lettre d’intention’ que l’industrie aéronautique néerlandaise a signée la
semaine dernière avec la ministre Jorritsma (Affaires économiques)".

Ce matin, le journal d’affaires Het Financieele Dagblad
note à la une que "le consortium de fournisseurs néerlandais de l’industrie
aéronautique est de plus en plus divisé sur la participation au Joint Strike
Fighter". "Beaucoup d’entreprises jugent les risques trop élevés et craignent
des répercussions des avionneurs européens."

"La semaine prochaine, le Parlement débattra de la décision du
gouvernement de participer au JSF. Le groupe parlementaire PvdA se concerte
aujourd’hui sur sa position. Les milieux politiques de La Haye s’attendent à ce
que le groupe pousse à un report de quelques années."

C’est une solution que l’éditorialiste du Telegraaf
juge désormais souhaitable.

 

Affaires françaises 
 

Le Volkskrant (p.3) suite le procès des meurtres
de Monfort.

Le Telegraaf (p.13) retient de la campagne pour
les présidentielles que "le premier ministre Jospin estime que les Français
feraient mieux de fumer un joint chez eux que de prendre le volant après avoir
bu". "C’est la première fois qu’un chef de gouvernement français fait une
déclaration positive sur la consommation de drogues douces, qui est toujours
punissable aux termes de la législation française."

Dernière modification : 21/04/2010

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