Presse néerlandaise du mardi 28 décembre 2004

La presse continue à titrer sur la catastrophe qui vient de frapper l’Asie du sud, pour se concentrer ce matin sur le volet de l’aide aux victimes ; parmi celles-ci, relève le Telegraaf à la une, on compte également des touristes néerlandais, probablement plus que les 13 annoncés hier par l’ANWB ; le ministère des affaires étrangères dépêche une équipe de 29 spécialistes de l’identification dans la région. Le résultat des élections en Ukraine ne fournit guère plus qu’un article à la une du Volkskrant, qui constate que « le perdant rejette le résultat ». L’Algemeen Dagblad, pour sa part, n’oublie pas que le Nouvel An approche et met en garde contre des « feux d’artifice de mauvaise qualité ».

- NRC-Handelsblad : Le nombre de victimes du raz-de-marée en Asie dépasse les 20.000
- Trouw : La catastrophe en Asie demande une opération d’aide sans précédent
- Volkskrant : Le Sri Lanka est le plus durement touché
- Algemeen Dagblad : L’Asie crie à l’aide
- Telegraaf : Il y a aussi des Néerlandais parmi les morts

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Affaires internationales

Elections ukrainiennes

L’éditorialiste du Trouw, sous le titre « Ukraine Orange », constate que « la Révolution Orange s’achève. A la place d’un chef d’Etat orienté vers la Russie, l’Ukraine a maintenant un président qui est davantage attiré par l’Ouest. Mais son pays est, culturellement et économiquement, tellement lié à la Russie qu’il ne pourra pas ignorer son grand voisin. Iouchtchenko a du reste déjà annoncé que sa première visite serait pour la Russie...Il faut espérer que pour le Président Poutine, ces dernières semaines ont été instructives. Son pouvoir, dans son propre pays, est très grand, mais sa volonté explicite de recréer un cercle de pays satellites a achoppé sur le refus de la population. Certains commentateurs se risquent à envisager une extension de la révolution orange jusqu’à Moscou. C’est un peu prématuré, étant donné le contrôle exercé par Poutine sur la presse, la politique et l’économie de son pays - comme vient de l’illustrer l’affaire Ioukos. Mais prématuré ne signifie pas automatiquement impossible, au moins à long terme ».

Pour le correspondant à Bruxelles du Volkskrant, après le succès électoral de Viktor Iouchtchenko, « la question n’est plus de savoir si l’Ukraine, et par extension la Biélorussie, la Moldavie, et qui sait peut-être même la Russie, deviendront jamais membres de l’UE, mais bien plutôt quand cela se fera. Cela ne fera pas plaisir à la Commission, qui soulignait hier qu’il ne peut être question que d’une coopération renforcée. La morale de cette histoire ? En soutenant Iouchtchenko, qui se sent proche de l’Ouest, Bruxelles s’est tiré une balle dans le pied. Ironiquement, une victoire de Ioukanovitch, un proche de Moscou, aurait pu épargner bien de maux de tête à l’Europe ». Pour l’éditorialiste de ce journal, toutefois, « la démocratie l’a emporté », et « maintenant que l’Europe a mis tout son poids dans la balance pour imposer le respect des règles démocratiques, il sera difficile d’expliquer à Kiev que pour l’instant, il ne faut pas compter sur une adhésion. Après le dernier élargissement et la question non résolue de la Turquie, la capacité d’absorption de l’UE est entièrement épuisée. Mais cela n’est pas une raison pour ne pas accueillir chaleureusement l’Ukraine dans la communauté des Etats démocratiques ».

L’éditorialiste de l’Algemeen Dagblad se réjouit qu’en Géorgie comme en Ukraine, « les changements se soient effectués sans violence »... « Le Président Poutine sait maintenant que sa ‘dictatocratie’ ne peut pas s’exporter vers les pays voisins. L’Ukraine mérite tout le soutien possible dans les temps difficiles qui s’annoncent. Le Président Poutine devrait réfléchir à l’introduction de réformes démocratiques pour éviter que son pays ne pense qu’ ‘trop c’est trop’. »

Actualité intérieure

Un ministre de la sécurité

Le Trouw revient sur l’idée exprimée dans la récente interview du Premier ministre, M. Balkenende, de créer dans le prochain gouvernement un poste de ministre de la sécurité.

Ce journal rappelle qu’en 1994, l’ex-ministre de l’intérieur Ed van Thijn s’est présenté comme « votre ministre de la sécurité » dans une réunion sur la sécurité dans les quartiers. Quelques années plus tard, après les attentats de New-York en 2001, la création d’un ministre assurant la coordination de la sécurité a été régulièrement évoquée. En 2000, la tension dans le domaine de la sécurité était d’un tout autre ordre qu’actuellement. Dans le prolongement des idées de van Thijn, Thom de Graaf, alors président du groupe D66 au parlement, plaidait en faveur d’un ministre de la sécurité. Il fallait rendre les grandes villes plus sûres, lutter contre la criminalité. Le service de renseignement AIVD (à l’époque encore nommé BVD), n’entrait pas en ligne de compte ; personne ne parlait encore des dangers de l’extrémisme musulmans, ni de terrorisme. Cela changea subitement après les attentats de New-York et Washington le 11 septembre 2001. Les propositions se succédèrent pour rendre les Pays-Bas plus sûrs. C’est l’ex-ministre de l’intérieur, Bram Peper, qui proposa de nommer un ministre de la sécurité. Le Premier ministre Kok trouva que la proposition méritait qu’on y réfléchisse, en insistant sur le rôle de coordinateur du Premier ministre. Mais le CDA déclara ne pas voir la nécessité d’un tel super ministre. Le député Camp expliqua ne pas « vouloir investir durant six ans dans le regroupement de ministères ».

« Ce fut ensuite la LPF qui se révéla grand défenseur de l’idée d’un ministre de la sécurité. Lors de la formation du gouvernement de 2002, le grand vainqueur des élections défendit la création d’un « super ministre de la police et de la justice. Finalement, cela ne se fit pas. « J’hésite beaucoup à réunir police et justice sous un seul ministère », déclara Gerrit Zalm avant de conclure l’accord de gouvernement. La solution fut alors d’installer un secrétaire d’Etat à la sécurité, Rob Hessing, au sein du ministère de l’intérieur - et elle ne survécut pas au premier gouvernement Balkende. Hessing partit ensuite au Sénat. Le deuxième gouvernement Balkende ne comportait plus de poste de secrétaire d’Etat à l’ordre public et à la sécurité. La LPF n’était plus au gouvernement, mais continuait de le demander. En mars 2003, le député Joost Eerdmans expliquait dans un article d’opinion publié par l’Algemeen Dagblad pourquoi, selon son parti, il fallait nommer un tel « super ministre ». Eerdmans avait essayé - vainement - d’influencer la formation du deuxième gouvernement Balkenende. Puis le silence retomba sur ce sujet. Mais lorsque le ministre Donner constata, en août dernier, qu’il y avait peut-être des recouvrements inutiles entre les compétences des ministères de l’intérieur et de la justice, Eerdmans revint promptement dans les colonnes du Het Parool et du NRC-Handelsblad pour tenir une fois de plus son plaidoyer. Et maintenant, c’est finalement le Premier ministre Balkenende. Il trouve intéressant de réfléchir à la création d’un super ministère. Le PvdA n’y croit pas beaucoup. Le D66, défenseur de la première heure, est pour. Le CDA a changé d’avis, et il soutient le Premier ministre ».

Pour l’éditorialiste du Telegraaf, « il n’est pas nécessaire d’attendre la formation d’un nouveau gouvernement pour procéder à une réorganisation ministérielle. Pour éviter que La Haye ne soit paralysée pendant le remaniement, il faut prévoir un étalement dans le temps. Et il n’est jamais trop tôt pour mieux coordonner la lutte contre le terrorisme.

Affaires françaises

Le correspondant du Trouw signale une « explosion à Mulhouse » qui a coûté la vie à 17 personnes d’un immeuble.

Dernière modification : 28/12/2004

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