Presse néerlandaise du mardi 29 décembre 2009

Selon le Trouw, les partenaires sociaux sont en train de s’accorder sur le maintien de l’âge de la retraite de base AOW à 65 ans pour certaines catégories de travailleurs. "Une liste de métiers pénibles ? Ce n’est pas une bonne idée du ministre Donner (Affaires sociales, CDA), estiment le patronat et les syndicats. Il vaut mieux partir du revenu annuel."
"Les gens qui ont un revenu faible devraient pouvoir prendre continuer à prendre leur retraite à 65 ans. Le patronat et les syndicats examinent cette possibilité. Les centrales FNV et CNV et l’organisation patronale VNO-NCW ont déjà eu un premier entretien informel sur ce point." "Les gens qui exercent un métier pénible font généralement partie de la catégorie des revenus faibles", explique un dirigeant du grand syndicat FNV Bondgenoten. "Nous avons calculé qu’en prenant comme limite 35 000 euros bruts par an, nous couvrons environ 90 % des gens que nous voulons épargner."
Le revenu annuel moyen des Néerlandais est de 32 000 euros par an.

NRC Handelsblad (indépendant) d’hier soir : "Une explosion sur le siège 19A – Schiphol : contrôler tous les vols à destination des Etats-Unis", "Les manifestants iraniens n’ont plus peur de l’Etat" (correspondance de Téhéran)
De Telegraaf (populaire) : "Le terroriste a une cohorte de successeurs – Formé dans les camps secrets du Yémen", "Al Qaeda s’entraîne avec des bodys cans", "Les Pays-Bas vont connaître un froid glacial"
AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "’De nouveaux attentats en vue’ – Umar : Al Qaeda forme aussi d’autres jeunes pour faire sauter des avions" (correspondance de Washington), "Nouvelle vague de froid en vue : préparez vos patins", "Un médecin refuse une femme en burqa"
de Volkskrant (centre gauche) : "Les Verts iraniens ne veulent pas renoncer", "Des membres de l’opposition arrêtés en Iran" (synthèse de dépêches)
Trouw (chrétien progressiste) : "Le revenu est un meilleur critère pour l’AOW qu’une liste de métiers pénibles – Les partenaires sociaux sur une même ligne", "Schiphol pense démasquer les terroristes plus vite avec des scanners"

* * *

LE DOSSIER DU JOUR :Politique internationale néerlandaise

"La hollandite est de retour", titre le NRC Handelsblad d’hier soir en page d’opinion, au-dessus d’un tribune d’André Spoor, ancien rédacteur en chef du journal, et du politologue Godfried van Benthem van den Bergh. "La hollandite est une horrible maladie qui se caractérise par le fait que les Néerlandais font de la politique mondiale derrière un épais mur de présomption. Cette maladie les a gravement atteints dans les années quatre-vingts, lorsqu’en dépit du vacarme du mouvement pacifiste de Mient Jan Faber la classe politique a essayé de rester le fidèle vassal de Washington et de déployer des missiles de croisière comme l’OTAN le souhaitait."
Le grand discours prononcé par le président américain Obama à Prague, avril 2009, sur la suppression des armes nucléaires du monde entier et son plaidoyer en faveur de la réduction des arsenaux nucléaires des grandes puissances ont relancé le débat néerlandais, estiment les deux auteurs. "En même temps s’engageait une nouvelle réflexion sur la stratégie à suivre en Afghanistan."
"Dans les deux cas une nouvelle forme de hollandite est née aux Pays-Bas. Il est de nouveau question de laisser le provincialisme définir notre politique étrangère." "Selon les Ministres d’Etat, le ministre Verhagen et Martjn van Dam les Pays-Bas, en tant que ’Pays phare nucléaire’, devraient prendre le monde par la main et le guider vers un paradis totalement dénucléarisé." "Les ’Pays-Bas pays phare nucléaire’ semblent être une initiative excessive, dont le moteur est la hollandite. Il est souhaitable de supprimer un certain nombre d’armes nucléaires, mais leur suppression totale est irréalisable."
"Dans le cas de l’Afghanistan, la hollandite a sans doute frappé encore plus fort. Au lieu de soutenir la nouvelle politique d’Obama, il faudrait au contraire la saper en raison d’accords de politique intérieure, en retirant les militaires néerlandais d’Uruzgan en 2010, alors que l’approche néerlandaise y a servi de modèle."
"Nous doutons qu’on puisse assurer suffisamment la sécurité de l’Afghanistan en dix-huit mois, pour transférer nos tâches à des troupes afghanes. Mais un point essentiel du plan d’Obama est qu’il pose une limite à l’aventure afghane. Son ambition de réduire l’excessive présence militaire américaine dans le monde mérite d’être soutenue, même si cela débouche sur une prolongation du séjour de militaires néerlandais outre-mer."
"Plus de hollandite : limitez le nombre d’armes nucléaires par des négociations mais ne les supprimez pas, et ne retirez pas les troupes néerlandaises d’Afghanistan."

ACTUALITE INTERIEURE

VVD

"Le VVD semble de retour sur la scène", remarque Peet Vogels dans l’AD (p.6). "Un récent sondage d’opinion présentait même les libéraux comme le deuxième parti du pays, avec 24 sièges." "Le leader politique Mark Rutte doit passer des semaines agréables. Il y a six mois, personne ne croyait plus en son avenir politique, et maintenant il est considéré comme un politique fiable qui a même été désigné parlementaire de l’année."
"Peter Kanne, chercheur du bureau d’étude du marché TNS NIPO, pense que le VVD profite surtout du regain d’attention des électeurs pour l’économie. ’Les thèmes socio-économiques prennent plus d’importance. Le VVD, dans ce domaine, a son propre profil de droite. Il veut économiser des milliards dès maintenant. Le CDA veut attendre encore une année. Les électeurs qui passent du CDA au VVD indiquent qu’ils trouvent que les chrétiens-démocrates suivent trop le PvdA’."
"Stef Blok, député VVD et leader de la campagne électorale du parti pour les prochaines élections municipales, est lui aussi d’avis que le message du VVD est un instrument de poids. ’Il y a dix-mois nous disions déjà que le pays entre dans une grave crise. Nous voulions d’ores et déjà faire des économies. Mais ce gouvernement ne propose que des alourdissements des charges’."
Mais selon le politologue Marcel Boogers, de l’Université de Tilburg, la force du VVD ne réside pas seulement dans son message : "Le VVD profite beaucoup de la faiblesse du CDA. Les chrétiens-démocrates, dans cette crise, veulent ménager la chèvre et le chou. Un tel cap médian n’est pas tellement reconnaissable pour l’électorat."

ECONOMIE, FINANCES

Epargne

"Les Néerlandais passent pour être un pays économe, à l’inverse par exemple des Américains, qui vivent à crédit", note le Trouw (p.10) en rubrique économique. "Or il apparaît que depuis dix ans nous aussi dépensons plus que nous ne gagnons, ainsi qu’il ressort de chiffres récents du Centraal Bureau voor de Statistiek (CBS)." "Alors que dans les années quatre-vingts et quatre-vingt-dix du siècle dernier nous mettions chaque année de côté une partie de notre revenu disponible, la tendance s’est renversée vers le tournant du siècle. A l’exception de 2001 et 2002, durant lesquelles le nouveau système fiscal a fortement amélioré notre situation financière, les Néerlandais n’ont pas épargné durant cette décennie, au bout du compte."
"La dette globale des Néerlandais est passée à 721 milliards d’euros", précise le Volkskrant (p.3), "soit 45 000 euros par habitant. "Les emprunts immobiliers en constituent la plus grande partie : 625 milliards d’euros. Depuis 2006, notre dette est supérieure à notre revenu annuel, le produit intérieur brut."

LA FRANCE DANS LA PRESSE NEERLANDAISE
Dans le Telegraaf (p.13), le correspondant Roger Strijland évoque la fermeture de nombreuses boîtes de nuit à Paris.

A signaler :
Un portrait du nouveau copropriétaire du NRC Handelsblad, le richissime Derk Sauer, 57 ans, qui a fait fortune dans l’ancienne Union soviétique (de Volkskrant p.3).

Cette revue de presse ne prétend pas à l’exhaustivité et ne reflète que des commentaires ou analyses parus dans la presse néerlandaise, qui n’engagent en rien le point de vue propre de l’ambassade de France aux Pays-Bas.

Dernière modification : 13/01/2010

Haut de page