Presse néerlandaise du mardi 3 mars 2009

LES GRANDS TITRES

Trouw : L’argent de l’aide à Gaza ne peut pas être utilisé
Volkskrant : Pertes record, tous les signaux au rouge
Telegraaf : Nous les avons !
Algemeen Dagblad  : Doubler le prix de l’alcool
NRC-Handelsblad  :Pas d’argent, mais de la solidarité pour les pays d’Europe de l’Est

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AFFAIRES INTERNATIONALES

Moyen-Orient

L’AD rend compte du déplacement du ministre des Affaires Etrangères, M. Maxime Verhagen, en Egypte pour la conférence de Sharm El-Cheik et évoque plus particulièrement deux questions :

- L’aide des Pays-Bas au Palestiniens : le ministre déplore, explique G. Korevaar, que « les projets agricoles aient fortement souffert des affrontements avec Israël. ‘C’est très triste, nous voulions justement montrer qu’il est payant d’opter pour la voie pacifique. Des milliers de Palestiniens gagnent leur pain de cette façon’. M.Verhagen souligne que beaucoup de pays donateurs ‘veulent maintenant être sûrs que tout ne sera pas de nouveau dévasté dans une semaine’. Les Pays-Bas vont apporter une aide humanitaire d’urgence. Le gouvernement ajoute 2 millions d’euros pour l’aide à la population palestinienne au montant habituel de 15 millions d’euros. Il pose pour condition que les ennemis que sont le Hamas et le Fatah se réconcilient et forment un ‘gouvernement d’affaires courantes’ : ‘et Israël doit ouvrir les frontières de la bande de Gaza et revenir à la table de négociation pour discuter des conditions d’une paix durable’ ».

- Les retombées du conflit israélo-palestinien en Europe : sous le titre « Gaza comme excuse pour les agressions », l’AD explique que « le conflit israélo-palestinien est trop facilement utilisé comme excuse aux Pays-bas pour justifier la violence et les agressions. ‘C’est une excuse pour les terroristes, mais aussi pour des jeunes qui veulent tout casser. Pas seulement aux Pays-Bas, mais partout en Europe. On appelle à une nouvelle Intifada ou à gazer les Juifs, ce sont des slogans terribles, qui traduisent une haine gigantesque, avec d’un côté l’islamophobie et de l’autre un nouvel antisémitisme’. Verhagen dément avoir apporté son soutien à Israël dès le premier coup de feu. Tout gouvernement a le droit de se défendre, dit-il, et les attaques à la roquette depuis la bande de Gaza appelaient une réponse. Mais dans le respect du droit international, avec réserve et en évitant le plus possible de faire des victimes civiles. ‘C’est ce que j’ai dit, et cela correspondait à ce qu’ont demandé les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Mais aux Pays-Bas, la polarisation des esprits fait que mes propos ont été interprétés comme un soutien à Israël’. A la Deuxième Chambre, c’est surtout le député SP Harry van Bommel qui s’est montré critique : ‘celui qui participe à un défilé pro-palestinien et appelle à une nouvelle Intifada. Faut-il que je le prenne au sérieux ?’. Verhagen soutient l’appel à une enquête internationale sur de possibles violations du droit de la guerre : ‘mais je ne préjuge nullement du résultat. On entend dire également que le Hamas a utilisé des civils comme boucliers humains. Chaque victime représente une tragédie, mais chaque victime ne représente pas un crime de guerre’. »

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ACTUALITE INTERIEURE

Coopération et crise économique

Le Trouw publie un entretien avec le ministre de la coopération, M. Bert Koenders, actuellement en voyage au Mali : « La stabilité dans ces pays est aussi dans notre intérêt ».

L’auteur de l’article, Han Koch, explique que le ministre est « convaincu que la crise économique mondiale représente une menace importante pour la paix et la sécurité dans les pays en développement. Certaines régions d’Afrique, comme les Grands Lacs et la zone de la Côte d’Ivoire seraient des ‘bombes à retardement’. M. Koenders explique : ‘ces dernières années, beaucoup de progrès ont été enregistrés sur le plan de la démocratie. Cela suscite un grand espoir dans les populations, et de ce point de vue, l’augmentation du chômage chez les jeunes m’inquiète beaucoup. Nous avons un intérêt bien compris à ce que la stabilité soit préservée. Des pays comme le Mali ne peuvent pas être considérés comme un moteur de croissance, mais nous avons tout intérêt à ce que les acquis restent intacts. Cela ne s’applique pas seulement à la région des Grands Lacs, mais également à la Côte d’Ivoire, la Mauritanie et la Guinée Bissau’. Les Pays-Bas donnent au Mali – où l’argent est principalement utilisé pour le secteur de la production, pour l’enseignement et la santé publique – près de 60 millions d’euros. Koenders veut maintenir ce niveau, même si cette année son budget enregistrera une diminution : l’aide au développement représente 0,8% du PIB, ce qui veut dire que cette année, avec une contraction de 3,5% de l’économie, le montant diminuera automatiquement ». Dans la perspective du prochain G20, le ministre de la coopération souligne que les pays en développement « ne peuvent pas se défendre contre le protectionnisme, ne sont pas représentés à la table de discussion et ne sont pas en mesure de financer d’importants paquets de mesures de relance de l’économie. Des organisations comme le FMI et la Banque Mondiale doivent donc jouer un rôle de passerelle. La Banque Mondiale doit assouplir les règles des prêts financiers et accorder davantage de capitaux ».
Le Telegraaf s’attend pour sa part, dans un article publié à la une, à des « économies sur l’aide au développement » du fait de la crise économique. Faisant allusion à la « Liste Gerritse » remise au Premier ministre par le Secrétaire Général du ministère des Finances et comportant des suggestions de mesures d’austérité dans toutes sortes de domaines, le grand journal populaire met l’accent sur le budget de la coopération, présenté comme « une option : notre pays dépense chaque année 4,7 milliards d’euros, soit 630 millions de plus que la norme fixée par les Nations-Unies de 0,7% du PIB » .
Le commentateur politique du Telegraaf, Paul Jansen, recommande plus généralement de « couper dans les lobbies de gauche - à côté de l’aide aide au développement, les budgets spéciaux de la culture et la télévision publique, qui, curieusement ne figurent pas sur la liste de suggestions. La population a le sentiment que le gouvernement a apporté son aide aux banquiers, mais fait supporter aux simples citoyens les factures impayées. Cela peut miner la confiance dans la coalition. Et celle-ci est déjà tellement faible, avec la montée dans les sondages de Geert Wilders, que la rigueur des mesures qu’il faudra prendre justifierait presque des élections anticipées ».

Télévision publique

Le Telegraaf annonce à la une qu’il a réuni en 2 semaines les 50.000 adhérents dont il a besoin pour déposer une candidature et obtenir une licence de télédiffusion pour 2010. « Ainsi la première condition a été remplie. Les candidats à une licence ont en effet jusqu’au 1er avril pour réunir les signatures. Ensuite, il leur faut prouver qu’ils peuvent ajouter quelque chose au système existant. La voix caractéristique du Telegraaf est encore absente d’Hilversum (antenne centrale de la Radio-télévision) et nous allons réfléchir, à la rédaction, à la meilleure façon de traduire notre ADN caractéristique en programmes de radio et de télévision. Le Commissariat aux Média doit contrôler que tous les critères sont remplis et après avoir recueilli l’avis du conseil de direction de la télévision publique et du Conseil pour la Culture, le Ministre de la culture décidera quelles sociétés pourront commencer à émettre en septembre 2010 ».

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AFFAIRES FRANCAISES

Le Volkskrant évoque la Bourse de l’émigration qui doit se tenir prochainement à Utrecht en publiant un grand article sur le Morvan et des Néerlandais qui ont allés s’y installer, tout en précisant que plusieurs régions de France seront représentées lors de cette manifestation.

Le correspondant du Trouw évoque l’affaire des « Neuf de Tarnac » et complète son article par un entretien avec Olivier Besancenot.

Dernière modification : 17/03/2009

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