Presse néerlandaise du mardi 30 août 2011

LES GRANDS TITRES

- Trouw (chrétien progressiste) : [Le Conseil de l’enseignement appelle à] ne pas réduire le nombre de filières au lycée.
- De Volkskrant (centre gauche) : Les policiers devraient se battre à Kunduz.
- AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : Chasse au tireur dans une Golf grise [tireur prenant pour cible des véhicules autour de Rotterdam].
- De Telegraaf (populaire) : Le clan de Kadhafi s’écroule.
- Financieele Dagblad : L’Autorité des marchés financiers exige la fin d’une commission (non justifiée) perçue par les gestionnaires.

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ACTUALITE INTERNATIONALE

Afghanistan

Le Volkskrant annonce à la une que « les habitants de la province de Kunduz ne comprennent pas les conditions posées par les Pays-Bas, selon lesquelles les policiers, à l’issue de leur période de formation, ne devraient pas se battre. (…) Le parti d’opposition GroenLinks n’a approuvé la mission d’entraînement de la police à Kunduz qu’après avoir obtenu la garantie que celle-ci ne serait affectée qu’à des opérations civiles. (…) Le commandant néerlandais de la mission d’entrainement, Ron Smits, essaie d’interpréter sa mission dans un sens qui corresponde à la réalité afghane ». Le commentateur Bert Wagendorp, dans le même journal, parle ironiquement de « police de salon : nos instructeurs vont devoir expliquer aux Afghans la différence entre offensive militaire et riposte (…). Pour la première fois dans la longue histoire guerrière de l’humanité, une mission risque d’échouer sur un problème de définition ».

Syrie

Les journaux annoncent une réunion à huis clos sur la position de Shell en Syrie organisée à la Deuxième Chambre à l’initiative du président de la Commission des Affaires étrangères, M. Alexander Pechtold (D66) : « 95% du pétrole exporté par la Syrie part pour des raffineries en Europe, plus particulièrement aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne, en France et en Italie. Shell est l’un des principaux investisseurs internationaux en Syrie (…) et a ainsi plus de pouvoir que les politiques » (Volkskrant). Selon l’AD, « Shell condamne la violence et les violations des droits de l’homme mais n’est pas prête à cesser ses activités tant qu’il n’y a pas de boycott international. Plusieurs partis politiques estiment néanmoins que Shell a sa propre responsabilité : ‘les tanks qui tirent sur les manifestants roulent avec du diesel de Shell’, fait remarquer le député SP Harry van Bommel ». Le Volkskrant rappelle que « le responsable de Shell qui sera entendu cet après-midi par la Chambre, Dick Benschop, est ancien secrétaire d’Etat aux Affaires européennes. Il est collègue de parti et ancien homme de confiance de l’ex-Premier ministre Wim Kok (PvdA) qui, après sa démission en 2002, est entré au conseil d’administration de Shell. En Syrie, ce groupe est actionnaire majoritaire de Syria Shell Petroleum Development, qui serait impliqué dans l’exploitation d’une quarantaine de champs pétrolifères ». Elsevier indique que « le ministre des Affaires étrangères, M. Rosenthal, a déjà évoqué un boycott européen du pétrole syrien, mais cela est difficile faute de position européenne unique ».

Libye

Sous le titre « Images simplistes », le chroniqueur Sylvain Ephimenco explique dans le Trouw que « nous avons visiblement un grand besoin d’images simples et univoques et nos médias y répondent. (…) Mais ce qui unit les images de la chute de Bagdad et celles de la chute de Tripoli dépasse le simple besoin de consommation d’images. Celui-ci est plus ou moins sous-tendu par l’idée que l’Occident peut exporter ou aider à installer ses idéaux démocratiques à coups de bombes et de grenades. Mais qui peut assurer qu’en Libye, les choses iront différemment qu’en Irak ? » Le commentateur stigmatise « la naïveté de l’Occident » face au printemps arabe et aux mouvements djihadistes qu’il soupçonne de chercher à en tirer parti.

Affaires européennes

« Trichet, le sauveur de l’Europe » titre le Volkskrant. Dans son article, le journal fait l’éloge du président de la Banque centrale européenne : « il a sauvé l’Europe. A lui seul – allez, mettons avec les autres membres de la BCE – il a préservé, ces dernières semaines, l’UE d’une crise financière totale en achetant pour des Md€ d’obligations des pays faibles de la zone euro ». Le journal renvoie au débat lundi au Parlement européen, à l’occasion de la rentrée parlementaire, pendant lequel le président partant a reçu les félicitations de différents groupes parlementaires pour ses actions efficaces. « Le banquier Trichet demande aux pays de la zone euro d’agir », titre le Trouw. Le journal évoque l’appel de Jean-Claude Trichet aux pays de la zone euro de prendre rapidement des mesures pour résoudre la crise de la dette. « Il s’agit d’un deuxième paquet d’aide pour la Grèce et le renforcement du FESF, tel que cela a été convenu en juillet, mais également de nouveaux accords sur davantage de contrôle budgétaire et plus d’harmonie en ce qui concerne la politique économique de la zone euro ». Le Trouw précise que le président de la BCE « s’est distancié des déclarations de Christine Lagarde en faveur d’une recapitalisation des banques en déclarant avec Jean-Claude Juncker, président de l’eurogroupe, et le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, qu’ « une recapitalisation n’est pas nécessaire actuellement pour les banques européennes ».

En page économie du Volkskrant, le journaliste Peter de Waard, constate que les banques privées qui jouent un rôle clé sur les marchés financiers sont apparemment trop vulnérables : « en 2008 ABN Amro et Fortis sont devenues des banques d’Etat. Cette action ne doit pas être annulée mais, bien au contraire, poursuivie. De l’argent public devrait pouvoir être utilisé si nécessaire sous la contrainte, comme le souhaite Christine Lagarde, pour renforcer les banques, mais en contrepartie, elles doivent devenir des institutions publiques ». Quant au Telegraaf, il titre en grosses lettres que « Bruxelles est furieuse sur la semeuse de panique Lagarde » et cite un fonctionnaire européen : « elle semble avoir vite oublié ses années en France en tant que ministre des Finances et nous tourne le dos dans une tentative de passer pour quelqu’un d’indépendant ». Le journal note que, « pour des diplomates bruxellois, une recapitalisation n’est pas le problème puisque les banques ont assez en caisse. Le problème est qu’elles ne prêtent pas entre elles ». Le NRC estime pour sa part dans son éditorial que « Lagarde a parfaitement raison de lancer cet appel (à la recapitalisation). (…) Le FMI est un partenaire crucial de l’Europe dans l’opération de sauvetage et de soutien de la Grèce et d’autres Etats endettés ».

Dans son éditorial, le Trouw constate qu’ « il n’existe plus de leaders européens qui expliquent l’importance considérable de l’Europe ». L’éditorialiste se réfère à l’interview télévisée de Guy Verhofstadt, eurodéputé et ancien Premier ministre de la Belgique, et qualifie de « temps fort absolu » de l’émission le fragment d’un documentaire montrant le président Mitterrand expliquer que seule la coopération pourra apporter à l’Europe la paix et la prospérité en déclarant : ‘le nationalisme, c’est la guerre’ ». Il note « qu’actuellement les dirigeants calculent et hésitent entre l’intérêt national et européen et regardent d’un air inquiet les sondages » et conclut que « si les dirigeants ne transmettent pas l’idéal européen, comment voulez-vous que les citoyens s’enthousiasment pour l’Europe ? Avec ces images historiques de Mitterrand, Verhofstadt a montré parfaitement ce qui ne va pas en Europe et aux Pays-Bas ».

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LA FRANCE DANS LA PRESSE NEERLANDAISE

Sous le titre « Strauss-Kahn ministre, et pourquoi pas ? » le correspondant en France du Trouw consacre un grand article aux éventuelles possibilités pour DSK de devenir ministre si le Parti Socialiste remporte les prochaines élections.

Le Telegraaf note que Hema, magasin néerlandais emblématique, ouvre ce mois sa cinquième filiale à Evry2. A la fin de l’année, Hema prévoit l’ouverture d’une sixième filiale à la Gare du Nord.

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A SIGNALER

Le Trouw et le Volkskrant consacrent des reportages à l’exploitation de main d’œuvre polonaise dans une entreprise horticole : « sept jours de travail par semaine, 4€/heure et presque pas de contacts avec le monde extérieur ».

Cette revue de presse ne prétend pas à l’exhaustivité et ne reflète que des commentaires ou analyses parus dans la presse néerlandaise, qui n’engagent en rien le point de vue propre de l’ambassade de France aux Pays-Bas.

Dernière modification : 30/08/2011

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