Presse néerlandaise du mardi 31 janvier 2006

L’arrestation par la police judiciaire nationale de l’ancien ravisseur de Freddy Heineken, Willem Holleeder (47 ans), et de quatorze personnes de son entourage fait l’objet d’importants développements dans l’ensemble de la presse. Holleeder est soupçonné d’extorsion de fonds sous la menace dans l’immobilier amstellodamois. Son arrestation était attendue depuis longtemps, souligne la presse.
Le quotidien à grand tirage De Telegraaf signale d’autre part que la Reine Beatrix, qui n’est pas encore tout à fait remise d’une opération au genou, fête aujourd’hui son 68e anniversaire en famille, au palais Huis ten Bosch.

-Het Parool d’hier soir : "Holleeder arrêté - Suspicion d’extorsion et de menaces à l’adresse d’Endstra et De Vlieger - La police judiciaire a arrêté le ravisseur de Heineken au volant de sa voiture - Arrestation de treize autres suspects, dont son amie"
-NRC Handelsblad d’hier soir : "La Chambre écoute la tragédie afghane", "La police judiciaire nationale arrête Holleeder"
-De Telegraaf : "La bande de Holleeder arrêtée - Les marchands immobiliers ont payé des millions pour leur ’protection’ - Le journal d’Endstra est au centre de l’affaire du patron de la maffia", "Beatrix fête son 68e anniversaire"
-de Volkskrant : "La Deuxième Chambre soumise à de fortes pressions", "Arrestation de Holleeder et d’un cercle de suspects", "La justice veut une longue peine de prison pour le grand criminel - Les arrestations ne semblent pas seulement motivées par les extorsions, mais aussi les liquidations"
-Trouw  : "Un membre du SER : On exagère souvent l’importance de la formation - Pour la plupart des salariés il n’est probablement pas utile d’avoir plus de connaissances", "Un rapport américain : L’Uruzgan est ’extrêmement dangereux’"
-AD Haagsche Courant  : "La bande de Holleeder a été arrêtée - Egalement son amie Maike, son homme de paille Marcel, son garde du corps et ses associés"

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LE DOSSIER DU JOUR :Pays-Bas - Afghanistan

"Trois jours avant le débat parlementaire décisif les Pays-Bas subissent des pressions internationales massives pour qu’ils envoient des troupes dans la province afghane d’Uruzgan", écrit le Volkskrant dans son grand article à la une. "Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a déclaré à l’issue d’une visite éclair au premier ministre Balkenende que les Pays-Bas ’créeront un problème au sol’ s’ils ne veulent pas participer à la force de stabilisation internationale dans le Sud de l’Afghanistan. Les troupes néerlandaises doivent notamment assurer la sécurité du personnel de l’ONU. ’Sinon certaines tâches ne pourront pas être effectuées’."
"Le plus haut militaire de l’OTAN, le général américain Jones, a dit que la force de stabilisation a ’grand besoin de la contribution néerlandaise’. Jones, qui a été le seul à être questionné à huis clos lundi, durant une audition à la Deuxième Chambre, a dit que l’OTAN n’a pas d’alternative si les Pays-Bas décrochent inopinément."
"Le secrétaire général de l’OTAN, De Hoop Scheffer, est allé plus loin dans l’International Herald Tribune. ’On ne peut pas dire : désolé, c’est trop dangereux, nous n’y allons pas. Je ne l’accepterai pas. A quoi bon avoir une armée, alors ?’ De Hoop Scheffer a évoqué la solidarité de l’Alliance atlantique. L’envoyé spécial de l’UE en Afghanistan, Vendrell, a lui aussi dit qu’on ne pouvait pas seulement envoyer des troupes dans les régions relativement sûres. ’Cela nuirait à la réputation de l’UE.’ L’influence de l’UE sur la scène mondiale diminuerait, a affirmé Vendrell."
"La réputation des Pays-Bas est également en jeu, a fait valoir le général en retraite Van Kappen, un ancien conseiller d’Annan. Van Kappen, durant cette audition qui a duré plus de douze heures, a dit qu’il était naïf de croire qu’un refus néerlandais resterait sans conséquences. Des organisations comme l’OTAN et l’ONU prendront les Pays-Bas moins au sérieux."
"Des hommes politiques afghans ont également réclamé la venue des Néerlandais en Uruzgan. Un parlementaire de cette province a dit qu’il serait reconnaissant si les Pays-Bas offraient une ’aide impartiale’ dans la lutte contre le terrorisme. Selon un de ses collègues, les militaires américains, avec leur approche dure, ont provoqué la colère."
"Le député CDA Ormel a qualifié la demande des Afghans d’’appel à l’aide’. Van Baalen (VVD) : ’Il faut avoir un cœur de glace pour ne pas être ému’."

"L’ancien commandant de l’ISAF, Py, ne doute pas de la bonne issue de la mission", ajoute le journal de centre gauche en page 3. "’Je n’oublierai jamais comment les Apache néerlandais ont mis fin aux tirs de roquettes sur Kaboul’, dit le général français aux députés. ’L’OTAN n’a pas d’autre choix que le succès. Notre approche en Afghanistan marche’."

"Le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, n’est pas le premier venu", remarque l’éditorialiste du Telegraaf. "Les parlementaires néerlandais ne peuvent pas ignorer tout bonnement son soutien à la nouvelle mission néerlandaise en Afghanistan." "Un non à la mission est un non à un Afghanistan moderne et un non aux tentatives entreprises pour y effacer l’influence des taliban et d’autres fondamentalistes."
"Certes, la mission militaire en Afghanistan ne sera pas sans danger, il peut être beaucoup plus dangereux encore de laisser faire les taliban."

ACTUALITE INTERNATIONALE

Palestine

"Je pense qu’il sera extrêmement difficile pour le Hamas de transformer son écrasante victoire électorale en politique gouvernementale", dit l’islamologue français Gilles Kepel dans le NRC Handelsblad (p.5) d’hier soir, en marge de la réunion à Salzbourg des ministres européens des Affaires étrangères. "Si le Hamas veut former un gouvernement et agir, il devra entrer en concertation avec la communauté internationale. Avec l’Union européenne, par exemple, qui paye généralement les factures dans les territoires palestiniens. Mais Bruxelles ne peut pas subventionner un mouvement qui prévoit la destruction d’Israël dans sa charte et qui ne refuse pas la lutte armée. Ce serait suicidaire de la part de la classe politique européenne."
Que peut faire l’Europe ? "En ce moment guère plus que ce qu’elle fait déjà : faire pression sur le Hamas pour qu’il se comporte en partenaire raisonnable. Au Moyen-Orient, ce sont tout de même les Américains qui font la cuisine et les Européens qui font la vaisselle. Maintenant que le cuisinier a fait une faute grave en sous-estimant tant la popularité du Hamas, les Européens ne peuvent pas faire la vaisselle pour le moment."

ACTUALITE INTERIEURE

Antilles néerlandaises

Selon Miriam Sluis, correspondante du NRC Handelsblad à Willemstad, le résultat des élections antillaises de vendredi - de grands glissements politiques à Curaçao et Sint-Maarten, alors que le statu quo s’est maintenu dans les petites îles de Bonaire, Saba et Sint-Eustatius - "simplifiera les négociations avec les Pays-Bas sur une nouvelle structure constitutionnelle au sein du royaume".
"A la mi-2007 le système constitutionnel antillais sera probablement modifié et le parlement antillais, les Etats, dissout. Si tout se passe comme prévu, Curaçao et Sint-Maarten auront le statut de pays autonome au sein du Royaume, statut qu’Aruba possède déjà. Les îles de Bonaire, Saba et Sint-Eustatius resteront des îles du Royaume, avec un lien direct avec les Pays-Bas."
"Mis à part le parti politique MAN - qui a réussi à soustraire des suffrages au FOL avec une campagne centrée sur l’asphaltage des routes et l’éclairage des rues - les vainqueurs des élections de Curaçao passent pour être des partenaires de négociation constructifs pour les Pays-Bas."
"Les porte-parole des groupes parlementaires de la Deuxième Chambre se réjouissent du résultat des élections antillaises, mais mettent en garde contre trop d’optimisme concernant le processus de rénovation administrative", note le journal du soir dans un deuxième article. "Selon les députés VVD et CDA, il sera plus facile de négocier avec un gouvernement comprenant le PAR qu’avec le FOL. ’Mais l’optimisme concernant l’assainissement des dettes antillaises est trop grand. Les Pays-Bas ne signeront pas de chèque blanc’, déclare le député CDA Van Fessem."
Le ministre Pechtold (Affaires antillaises, D66) se rendra aux Antilles dès que le nouveau gouvernement sera formé. "Le résultat des élections et la perspective d’un gouvernement coopératif donnent lieu à Pechtold d’être plus optimiste sur les prochaines négociations", fait savoir son porte-parole.

Pour l’éditorialiste du NRC Handelsblad, "un statut à part pour Curaçao, selon le modèle arubain, est pour le moment un mirage constitutionnel". "Le quotidien antillais Amigoe, par exemple, souligne à juste titre qu’il n’y a pas de ’plan d’approche convaincant’ pour l’allégement de la dette publique de plus de deux milliards d’euros."
"Le ministre Pechtold est en ce moment très pris par ses tentatives de positionnement publicitaire. La semaine dernière cela s’est soldé par une douche froide méritée en conseil des ministres. Pechtold ferait mieux de se concentrer sur la partie Affaires du Royaume de son portefeuille ; il y a là une tâche importante et historique."

"Il est illusoire de croire que l’île de Curaçao pourra résoudre ses problèmes tout seul", estime aussi le commentateur du Volkskrant ce matin, qui fait référence au problème des jeunes Antillais défavorisés aux Pays-Bas. "Les Pays-Bas feraient donc bien de ne pas relâcher les liens, mais au contraire de les resserrer. Seule une ingérence haguenoise plus active peut mettre fin au rejet de responsabilités."

D66

"Le président de la rédaction d’Idee, le bulletin scientifique du D66, a rendu sa carte de membre la semaine dernière, parce qu’il est mécontent du fonctionnement de la direction du parti", annonce le Volkskrant (p.3). "Kees Verhaar est en proie à un ’sentiment général de malaise que beaucoup partagent’ avec lui au sein du parti et ne se sent plus chez lui au D66."
"Il a trois motifs directs de le quitter après quatorze ans. Il nomme tout d’abord ’la manière dont le ministre Pechtold mène le débat sur le fonctionnement de la classe politique’. Pechtold manque de loyauté vis-à-vis de ses collègues ministres, estime Verhaar."
"Deuxièmement il se réfère au débat sur la mission militaire en Afghanistan, que le D66, selon lui, mène surtout ’pour la galerie’. ’Pour retenir l’attention nous faisons un usage très créatif des procédures’."
"Verhaar parle en troisième lieu des effets de la politique gouvernementale sur les revenus, qui sont apparus la semaine dernière sur les bulletins de paye. ’J’ai parlé à beaucoup de personnes et j’ai fortement l’impression que tout le monde, sauf les familles avec des enfants, régresse. La joie devait venir après la peine, mais il n’en est rien. Le D66 a toujours été un parti qui défendait l’individu, mais il semble maintenant que nous avons renoncé à notre droit d’aînesse pour un plat de lentilles du CDA. Je suis vraiment en colère’."
"Verhaar trouve plus généralement que le D66 doit choisir : ’Ou bien nous quittons le gouvernement la tête haute, ou bien nous continuons, mais alors loyalement’."

AFFAIRES FRANÇAISES

La plupart des rubriques économiques évoquent la tentative d’OPA du numéro un mondial de l’acier Mittal Steel sur Arcelor. "La lutte pour Arcelor est un important test pour le premier ministre français et candidat aux présidentielles Villepin, qui veut appliquer une politique de ’patriotisme économique’", remarque le Trouw (p.9).

Le Volkskrant (p.4) et le Trouw (p.8) notent que la date du 10 mai a été retenue par le Président de la République pour honorer le souvenir des esclaves et commémorer l’abolition de l’esclavage.

Dans le Telegraaf (p.11), Kirsten Coenradie, sous le titre "Le président français idéal est une femme", rend compte d’un sondage d’opinion effectué par Le Figaro sur les préférences des Français dans la perspective des élections présidentielles.

Dernière modification : 12/05/2006

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