Presse néerlandaise du mardi 4 décembre 2007

Les provinces septentrionales de Frise et de Groningue risquent prochainement de ne plus être desservies par les trains de la société Arriva, qui exploite ces lignes régionales. Arriva refuse pour le moment de signer un contrat avec l’entreprise publique ProRail. Or cette signature est nécessaire pour obtenir une nouvelle licence d’exploitation, le 10 décembre prochain.
Selon Anne Hettinga, directeur d’Arriva, ProRail abuse de son monopole ; "Nous en avons assez de devoir signer des contrats unilatéraux avec ProRail qui nous imposent des tas d’obligations, alors que ProRail ne fait rien du tout. Je ne signe plus rien."
"D’autres compagnies de transports publics régionaux en ont également assez des mauvaises prestations du gestionnaire du rail", précise le Telegraaf.

NRC Handelsblad (libéral) d’hier soir : "Le président Chavez force son jeu" (correspondance de Caracas), "En Indonésie, 51 hectares de forêt vierge disparaissent tous les jours" (ouverture à Bali d’une conférence sur les changements climatiques)
de Volkskrant (centre gauche) : "Chavez sait aussi être bon perdant", "Les futurs grands managers ont hâte de défendre l’environnement" (appel à l’entreprise durable)
Trouw (chrétien progressiste) : "Verhofstadt doit déblayer les décombres en Belgique", "Le musée de Gouda veut bien exposer l’art homosexuel iranien" (retrait par le Musée municipal de La Haye d’une série de photos de l’artiste iranienne Sooreh Hera)
AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "Les Pays-Bas sont divisés sur le mouvement anti-Wilders - Le groupe antiraciste organisateur reçoit des courriels de menace"
De Telegraaf (populaire) : "Les trains régionaux refusent de rouler - Arriva ne veut pas signer le contrat de ProRail", "Une jeune fille morte de la tuberculose à Helmond"

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ACTUALITE INTERNATIONALE

Elections russes

"Des observateurs de l’intérieur et de l’étranger ont porté un jugement dévastateur sur la teneur démocratique des élections russes", écrit le Telegraaf (p.11) dans une correspondance de Moscou. "Selon l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) et le Conseil de l’Europe, qui avaient envoyé plus de soixante-dix parlementaires de 28 pays, il y a eu des abus de pouvoir et des violations des accords internationaux. Le fait, surtout, que Poutine a usé de ses fonctions de chef de l’Etat pour assurer le succès électoral de son parti est blâmable, selon ces organes."
"Le ministre des Affaires étrangères Verhagen estime que la Russie doit traiter sérieusement les objections formulées contre le déroulement des élections. Il part du principe que la Russie, aux élections présidentielles du printemps prochain, apportera toute sa coopération aux observateurs étrangers. Verhagen est déçu du nombre limité d’observateurs étrangers présents durant ces élections. Le résultat est cependant clair, selon le ministre. Il montre que le peuple russe veut poursuivre la ligne tracée par Poutine."

Pour l’éditorialiste du NRC Handelsblad d’hier soir, "on saura probablement aux alentours des fêtes de fin d’année de quelle manière Poutine va exercer le ’droit moral’ de continuer de dominer la politique russe, droit qu’il a revendiqué il y a déjà deux semaines". "En tant que président du Parlement, en tant que chef du Conseil de sécurité national ou en tant qu’autre chose. Ou tout simplement, en contradiction avec la Constitution, en tant que président avec un troisième mandat."
"La Russie, après ces élections qui ont donné au parti Russie unie une majorité de deux tiers, est-elle effectivement assurée de la stabilité à laquelle Poutine doit en grande partie sa popularité ?" s’interroge le commentateur du Volkskrant ce matin. "L’orchestration minutieuse et crispée de la campagne électorale semble indiquer que le président n’est pas tout à fait sûr de son affaire et que la lutte pour le pouvoir au Kremlin est plus importante qu’il n’apparaît pour le moment."
"En fait, Poutine a fait des ces élections un référendum sur sa personne. Va-t-il monnayer son triomphe en supprimant la barrière constitutionnelle qui s’oppose à un troisième mandat ? Ou aura-t-il recours à une autre construction lui permettant de rester au pouvoir totalement ou en partie ? Les électeurs ne seront pas consultés sur cette décision cruciale."

ACTUALITÉ INTÉRIEURE

Geert Wilders

"Doekle Terpstra, dans une tribune publiée dans ce journal la semaine dernière, a appelé ’syndicats, patronat, musulmans, Eglises, humanistes et autres groupements et institutions’ à s’opposer ensemble au ’méchant message’ de Geert Wilders", rappelle le Trouw (p.4). "Mais bien que beaucoup de ces organisations n’aient guère de sympathie pour les idées de Wilders, Terpstra devra faire encore beaucoup de lobbying pour qu’elles se rallient effectivement à lui. La plupart ont été choquées par l’offensive personnelle de Terpstra contre Wilders, par exemple en parlant de la ’wildérisation de la société’."
"’Nous préférons parler de ’détérioration’’, dit Pieter Kohnen, porte-parole de l’Eglise catholique. ’Nous avons toujours prôné une politique d’asile clémente, et d’autres choses qui ne font pas le bonheur de M. Wilders. Mais le fait que ce mouvement semble se concentrer sur la personne de Wilders me tracasse. On risque ainsi d’accroître la polarisation. Et il ne faut pas oublier qu’il a été élu démocratiquement’."
"Beaucoup d’autres organisations consultées partagent cette crainte. Après le meurtre de Pim Fortuyn, il convient d’éviter la moindre apparence de ’diabolisation’, estiment-elles, et de se concentrer uniquement sur les idées, pas sur les personnes." "Tout le monde ne semble pas encore avoir remarqué que Terpstra a nuancé ses positions hier."

Le Telegraaf (p.7) fait mention dans ce contexte d’un sondage d’opinion TNS NIPO, selon lequel les trois quarts des Néerlandais jugent "irresponsables" les offensives continuelles du député PVV contre les musulmans. Plus de deux tiers des personnes interrogées par TNS NIPO estiment que le film anti-islamique que Geert Wilders se propose de réaliser n’est "pas une bonne idée".

"Combattre le mal par le mal : en algèbre moins par moins donne plus", remarque l’éditorialiste du Trouw. "Mais en l’occurrence l’aggravation de la polarisation est plus probable, certainement si l’appel de Terpstra débouche sur un mouvement anti-Wilders organisé. Il est bon que l’ancien président de la CNV ait pris position. Il est bon aussi qu’il ait voulu réveiller les ’citoyens raisonnables’. Mais il serait surtout raisonnable de rappeler à Wilders qu’il exploite des hantises qu’il est impossible de conjurer - nous le savons depuis le Moyen Age - en brûlant un livre."

Sylvain Ephimenco, dans sa chronique dans le cahier de Verdieping du même Trouw, reproche à Doekle Terpstra de "donner libre cours à ses émotions" et de "contribuer à l’escalade de la situation". "Terpstra, en fait, exprime sa méfiance vis-à-vis du Parlement, qu’il juge incapable de répliquer à Wilders. Tel un apprenti sorcier, il suscite des forces qu’il ne peut pas maîtriser. Aux groupes parlementaires offensés d’arrêter maintenant cette escalade."

SP

Deux conseillers municipaux SP d’Utrecht ont quitté leur parti. Un premier conseiller SP avait déjà quitté son parti il y a deux mois. Le groupe SP d’Utrecht ne compte plus que deux membres désormais. Le motif de la défection des deux conseillers est le déroulement du dernier congrès du parti. Aux yeux de Caroline Sarolea et Marcel van den Tooren, ce congrès n’a pas accordé suffisamment de latitude à la démocratisation du parti. La façon dont le leader du SP, Jan Marijnissen, a coupé court à l’appel à la démocratisation, en déclarant : "les chiens aboient, la caravane passe", leur a déplu (de Volkskrant p.3).

Internet

"Les Néerlandais sont en tête dans l’Union européenne, s’agissant d’Internet", relève le Trouw (p.12) en rubrique économique. "Aucun autre pays de l’Union n’a autant de raccords que les Pays-Bas. C’est ce qui ressort des statistiques européennes du bureau Eurostat."
"Aux Pays-Bas, 83 pour cent des ménages sont raccordés à la toile mondiale. La moyenne européenne est de 54 pour cent." "Les Pays-Bas sont aussi en tête s’agissant des débits rapides, comme ADSL : 74 pour cent, contre 42 pour cent dans l’UE."
"Les Néerlandais téléphonent aussi plus souvent via Internet que les autres Européens : 25 pour cent, contre 15 pour cent ailleurs en Europe."

AFFAIRES FRANÇAISES

Le Trouw (pp.3 et 8) évoque factuellement la visite d’Etat du Président de la République en Algérie : "Visite tendue à Alger".

Dernière modification : 22/09/2008

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