Presse néerlandaise du mardi 5 septembre 2006

Les militaires néerlandais stationnés dans la province afghane d’Uruzgan doivent remettre leurs téléphones portables à leurs supérieurs, pour leur propre sécurité. La Défense craint en effet que l’ennemi ne localise les soldats à partir des appels GSM. L’envoi de photos numériques par e-mail prendra également fin prochainement. Le commandant de la Task Force Uruzgan (TFU) envisage même de faire contrôler les PC portables des militaires quittant l’Uruzgan.
La Défense, jusqu’à présent, partait du principe que la téléphonie mobile n’était pas possible en Uruzgan, mais à la grande surprise du ministère un opérateur afghan, Roshan, couvre la province depuis la semaine dernière. Roshan aurait des connections avec des groupes armés anti-occidentaux.

NRC Handelsblad d’hier soir : "Les universités vont sélectionner plus sévèrement", "Le PvdA veut dégager des fonds en réduisant le nombre de fonctionnaires", "Plus de 200 morts dans une offensive dans le Sud de l’Afghanistan"
Trouw  : "Les soldats remettent leur portable - L’ennemi en Uruzgan risque d’en apprendre trop", "Les protestants seront bientôt une petite minorité"
de Volkskrant  : "Les Néerlandais actifs hors d’Uruzgan - Engagement de l’artillerie lourde contre les talibans", "’Les gaffes des autorités ont aggravé l’incendie de Schiphol’", "Les universités : moins d’échecs grâce à une meilleure sélection"
De Telegraaf  : "Défaillance des autorités lors de l’incendie du centre de détention - ’Trop de morts à Schiphol’", "Assouplissement des règles pyrotechniques : détonations plus fortes"
AD Haagsche Courant  : "Photos d’identité : chaos dans les ambassades - Des milliers de Néerlandais résidant à l’étranger doivent retourner chez le photographe"

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LE DOSSIER DU JOUR :Eglises

"Dans 15 ans presque deux tiers des Néerlandais seront sans appartenance religieuse", annonce le Trouw à la une. "Les grands groupes religieux restants seront les catholiques et les musulmans. C’est ce que conclut le Sociaal Cultureel Planbureau (SCP) dans le rapport ’Godsdienstige veranderingen in Nederland’ [changements religieux aux Pays-Bas] qui paraît aujourd’hui."
"Selon le SCP, les Néerlandais sont prompts à se dire religieux : la moitié de la population croit en l’existence de Dieu. Le pourcentage d’appartenance à une Eglise est plus faible : il s’agit d’environ 45 pour cent des Néerlandais. C’est nettement moins qu’il y a 25 ans, pour les catholiques comme pour les protestants. Depuis 1970, l’Eglise catholique a perdu un cinquième de ses membres. Le SCP estime qu’en 2020 un Néerlandais sur dix sera encore catholique, contre presque un sur trois à l’heure actuelle."
"Les Eglises qui se sont fondues dans l’Eglise protestante des Pays-Bas (PKN) ont perdu presque la moitié de leurs membres durant le dernier quart de siècle. Selon le rapport du SCP la PKN, les quinze prochaines années, perdra encore deux tiers des deux millions de membres qu’elle compte maintenant. Après, les protestants formeront une très petite minorité, environ quatre pour cent des Néerlandais. Ils seront dépassés en nombre par les musulmans, qui formeront huit pour cent de la population en 2020."
"Les Eglises ont accueilli le rapport du SCP avec des sentiments mitigés. ’Ce sont des prévisions’, dit Jan Willem Wits, porte-parole de la conférence épiscopale catholique. ’La question est de savoir si elles se réaliseront. Mais les chiffres sont éloquents’."
"Selon le SCP, un grand groupe, environ un cinquième de la population néerlandaise, est ’en quête de spiritualité’ : ce sont des ’messalisants’ occasionnels qui ne prennent pas la Bible à la lettre, qui prient de temps en temps, mais attachent aussi de la valeur aux phénomènes ’paraculturels’, comme la guérison par la prière et les prédictions. La foi dans les miracles, dans la vie après la mort et dans le Ciel est grande. Un tiers des Néerlandais pense que les miracles sont possibles et un quart compte sur un ciel. Selon 37 pour cent de la population, la mort n’est pas la fin."
Un développement et des graphiques figurent dans le cahier de Verdieping du journal chrétien progressiste, sous les titres "Un pays aux églises vides" et "Hors des villes l’Eglise exerce encore une attraction".

ACTUALITE INTERIEURE

Programmes électoraux

GroenLinks a présenté hier son projet de programme électoral pour le 22 novembre. "Il est plus que jamais centré sur l’emploi", en retient le Volkskrant (pp.1 et 2). "Pour la première fois, aussi, GroenLinks tient à ce que tous ceux qui peuvent travailler le fassent. Les sans-travail auront un an au maximum pour chercher un emploi. S’ils n’y arrivent pas ils devront être actifs pour la commune, pour le salaire minimum."
"La leader du parti, Halsema, et la députée Van Gent, dans leur note Vrijheid eerlijk delen [partager équitablement la liberté], avaient écrit en novembre que quiconque ne participerait pas au travail dans un délai d’un an perdrait son indemnité", rappelle le journal de centre gauche. "Les licenciements devaient en outre être plus faciles. Cela a valu à Halsema une vive querelle avec le mouvement syndical. Et les forces conservatrices au sein du parti ont également crié au scandale, surtout lorsque Halsema a été désignée comme Libéral de l’Année par le JOVD, le mouvement de jeunes du VVD."
"Mais quand on lit ce programme électoral de 29 pages, on ne peut que conclure que Halsema et ses amis politiques l’ont pour le moment emporté au sein du parti. Le paragraphe social traite exactement, point par point, les réformes que Halsema et Van Gent prônaient en novembre."
"Les thèmes véritablement de gauche, comme l’imposition plus forte des revenus supérieurs à cent mille euros par an, des allocations familiales dépendant du revenu et l’augmentation des indemnités occupent aussi une place éminente dans le programme. ’Nous sommes l’allié des citoyens engagés’, dit le député Vendrik. ’Et nous soutenons les outsiders qui ne réussissent pas maintenant. Leur manque de liberté est notre premier souci’."
"Halsema, lundi, s’est de nouveau prononcée pour un gouvernement de gauche avec le PvdA, GroenLinks et le SP. Tout comme le SP, GroenLinks, avec ce programme, devient de parti protestataire traditionnel un partenaire de coalition potentiel."
Le congrès GroenLinks qui se tiendra le 1er octobre doit encore approuver ce programme électoral.

"Le parti est coincé entre le PvdA et le SP, qui croît toujours", remarque le Trouw (p.4). "Son programme est un mélange de ceux de ces deux partis, bien que Halsema essaie de mettre en avant quelques idées sociales-libérales de son cru." "Le nouveau programme ne parle pas de stimulation de l’esprit d’entreprise ou de croissance économique, comme celui du PvdA, et encore moins du remboursement de la dette publique. GroenLinks veut surtout rendre les Pays-Bas ’plus verts, plus sociaux et plus tolérants’. Le parti dégage 12 milliards d’euros pour des investissements supplémentaires dans l’enseignement, l’emploi, les soins et l’environnement. Il veut économiser 11 milliards sur la circulation, la défense, les subventions et la bureaucratie. Ainsi, 150 000 emplois doivent être créés en réduisant de 20 milliards d’euros l’impôt sur le travail faiblement rémunéré."

Principaux points du programme GroenLinks :
- Baisse de l’impôt sur le travail faiblement rémunéré, ce qui revient à augmenter les "minima" de 200 euros par mois, dans le but de créer 150 000 emplois et de réduire de moitié le nombre de pauvres aux Pays-Bas.
- Investissements dans l’enseignement : 1 500 euros supplémentaires par élève et la garantie d’un stage, pour faire baisser de 30 000 le nombre de laissés-pour-compte.
- Limitation de la déductibilité fiscale des intérêts sur les prêts immobiliers.
- Augmentation de l’indemnité de chômage (WW), limitée à un an. Si l’indemnisé n’a pas retrouvé de travail au bout d’un an, la commune lui fait passer un "contrat de participation" lui assurant le salaire minimum.
- Assouplissement du droit de licenciement.
- Allocations familiales en fonction du revenu. Structures d’accueil des enfants gratuites, dans le but d’assurer l’indépendance économique de la moitié des femmes.
- Augmentation des indemnités de 10 pour cent.
- Suppression du bonus pour non-recours à l’assurance maladie.
- Les plus de 65 ans participent au financement de la retraite de base AOW, à partir de 15 000 euros de retraite complémentaire par an.
- Référendum correctif contraignant. Droit de vote à 16 ans. Suppression de la Première Chambre. Les Pays-Bas, à terme, deviendront une république.
- 800 millions supplémentaires pour les transports publics, instauration d’une taxe kilométrique. But : 20 pour cent de trains de plus, moins de bouchons sur les routes.
- Pas de baisse de l’impôt sur les bénéfices des entreprises.
- Dépenses totales : 13 milliards d’euros. Economies : 11 milliards.

"Les grands partis politiques ont beaucoup en commun", note le Volkskrant (p.3) dans une analyse. "On remarque tout de suite que le CDA, le PvdA et le VVD sont d’accord sur de nombreux points." "En y regardant de plus près, on constate que le PvdA ne veut pas revenir sur les réformes du gouvernement Balkenende. Les sociaux-démocrates veulent même dégraisser la fonction publique. Les immigrants et les indemnisés qui n’entrent pas dans le jeu ne peuvent plus compter sur la compréhension du PvdA."
"Le VVD, de son côté, arrondit les angles de sa position sur l’immigration et veut investir dans l’enseignement. Le CDA est partisan d’emplois subventionnés pour mettre au travail les gens sans formation et est même prêt à étendre les possibilités d’accueil des enfants."
"Il est temps d’avoir recours aux sous-ensembles du manuel de mathématiques du secondaire. Dessinons un cercle pour chaque parti, avec les principaux points de son programme électoral. Les cercles se recoupent sur les points communs aux trois programmes. Il apparaît que le triangle au milieu, qui contient les souhaits communs aux trois partis, est bien rempli. Cela saute aux yeux : le CDA, le PvdA et le VVD ont davantage en commun que ne le font penser les saillies mutuelles de leurs dirigeants politiques."
"Les politiques reconnaissent maintenant ouvertement que la concentration et la culture de management qui ont pris un tel essor dans les années quatre-vingt-dix ont eu des effets néfastes sur l’enseignement, les soins et d’autres secteurs. Beaucoup de faiseurs d’opinion ont écrit des tirades acerbes à ce propos, les dernières années. Les partis politiques vont essayer maintenant d’y remédier. Dans un certain sens, ils commencent à appliquer la deuxième partie de l’agenda de Fortuyn : la ’société orpheline’. La première partie, le ton critique à l’encontre des immigrés, est passée. Ce qui était tabou avant a été dit, la porte est fermée aux immigrants. On prend conscience du fait que les Pays-Bas doivent vivre avec leurs nouveaux venus, et que l’enseignement et le travail pour tous en sont les clés, comme ils sont aussi l’arme contre le vieillissement de la population."

Rentrée universitaire

"L’Association des Universités, la ministre de l’Education Van der Hoeven et le président du SER Rinnooy Kan ont plaidé à l’ouverture de l’année universitaire en faveur d’une meilleure sélection pour les formations universitaires", relève le journal d’affaires Het Financieele Dagblad dans son grand article à la une. "Ainsi, moins d’étudiants échoueraient."

"Le prochain gouvernement devra appliquer trois réformes dans l’enseignement supérieur", note aussi le Volkskrant à la une. "Il doit régler la sélection au moment de l’inscription et différencier les doits d’inscription. Il doit aussi introduire un système ouvert, dans lequel les entreprises commerciales auront accès aux subventions du ministère de l’Education. C’est ce que la ministre Van der Hoeven a déclaré lundi, lors de l’ouverture de l’année universitaire, à l’Université de Maastricht. Depuis 2005, des expériences de sélection des étudiants de première année et de différenciation des droits d’inscription ont lieu. Elles seront évaluées en 2007."
"Van der Hoeven a aussi embrassé la proposition de l’Association des Universités VSNU, qui veut instaurer une ’recommandation contraignante’, afin d’écarter les étudiants dont les résultats sont insuffisants durant la première année. Van der Hoeven a estimé qu’il était ’grand temps’ d’appliquer une telle mesure."
Selon le président de la VSNU, Ed d’Hondt, "s’il apparaît que la discipline choisie par un étudiant ne lui convient pas et qu’il est manifestement à la traîne, l’université doit pouvoir le contraindre à choisir une autre voie".

AFFAIRES FRANÇAISES

Le Trouw (p.8) évoque factuellement l’entrée en "campagne présidentielle" du ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, sous le titre "Sarkozy règle son compte à l’héritage de 68".

Dernière modification : 05/09/2006

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