Presse néerlandaise du mardi 5 février 2002

NRC Handelsblad
d’hier soir : "Les Etats-Unis agiront seuls contre le terrorisme, s’il le
faut – Heurt entre l’Europe et l’Amérique", "Des millions de téléspectateurs
ont regardé le mariage", "Pronk veut arrêter le réacteur de
Petten"

De
Telegraaf
 : "Les patients souffriront de l’arrêt
du réacteur – Petten est leader sur le marché du diagnostic nucléaire"

Algemeen
Dagblad
 : "La Justice veut davantage
d’arrangements à l’amiable", "Le prince consort danois provoque une
crise"

Trouw
 : "Les villes veulent distribuer de l’héroïne aux toxicomanes sans
espoir", "Le ’vandalisme’ inquiète les juifs parisiens",
"Le réacteur nucléaire de Petten sera fermé temporairement"

de
Volkskrant
 : "Leijnse : l’enseignement
professionnel supérieur a transgressé les règles concernant les
inscriptions", "Fermeture temporaire du réacteur nucléaire de
Petten"

 

 


* *

 

 

Le
dossier du jour : Toxicomanie
Six
grandes communes veulent distribuer le plus rapidement possible de l’héroïne
à tous les toxicomanes graves sur leur territoire
", annonce le Trouw
dans son grand article à la une. " Cette
possibilité semble se rapprocher maintenant qu’une expérience de distribution
gratuite a réussi
."

" Amsterdam,
Rotterdam, La Haye, Utrecht, Heerlen et Groningue
se réjouissent de la recommandation de la Centrale Commissie Behandeling Heroïneverslaafden (CCBH), qui estime que les autorités devraient fournir de l’héroïne
gratuite aux toxicomanes qui n’ont aucune chance de se désintoxiquer un jour. Cette
recommandation a été transmise à la ministre Borst (Santé publique)
. La
majorité des députés des groupes parlementaires Paars a également réservé
un accueil positif au rapport de la CCBH
."

"Les six villes, dans lesquelles l’expérience
de ’fourniture d’héroïne sur ordonnance médicale’ s’est déroulée pendant
quelques années, ont appelé les députés à prendre position dès avant les
élections. L’expérience a commencé à Utrecht en 1999, avec 65 héroïnomanes.
L’échevin chargé de la santé publique, Spekman (PvdA), qui exprime aussi
l’avis des autres villes impliquées, veut étendre ce groupe à pratiquement
tous les héroïnomanes de la ville, soit environ 250. ’Nous vivons ici la
pratique quotidienne avec les toxicomanes et la
nouvelle approche est efficace
. Les habitants subissent moins de nuisances
et nous voyons que les toxicomanes concernés se portent nettement mieux. Ils ne
vivent plus dans la rue, ont un logement et la plupart travaillent de nouveau.’
Spekman pense que les citoyens soutiendront cette approche libérale. ’Il ne
serait pas moral de leur refuser le médicament dont ils ont besoin. Tous les
partis du conseil municipal d’Utrecht partagent le point de vue que les héroïnomanes
sont des patients qui ont besoin de l’héroïne comme médicament’."

"La CCBH a étudié les effets de la
distribution d’héroïne par un spécialiste des toxicomanies." "Il
ressort de cette étude que l’état
physique et psychique des toxicomanes graves s’améliore grâce à la
distribution médicale d’héroïne
. On
constate aussi une baisse de la délinquance
."

"Les
Pays-Bas comptent 25 000 héroïnomanes au total. Selon le président de la
commission, Wim van de Brink, 2 000 d’entre eux entrent en ligne de compte
pour la distribution médicale. Les autres ne sont pas concernés parce qu’ils
savent encore combiner leur consommation avec leur travail et ne forment pas une
nuisance" (également Algemeen
Dagblad
pp.1 et 5, de Volkskrant
p.3, De Telegraaf p.7).

 

Actualité
internationale

 

Pays-Bas – France

" La
France et les Pays-Bas sont de nouveau amis
", titre le Volkskrant
en page 5. "Les Pays-Bas et la France vont coopérer plus étroitement Lundi, les ministres des Affaires étrangères Van Aartsen et Védrine
ont signé une liste d’accords qui doit conclure la considérable amélioration
des relations qui s’est effectuée les dernières années
."

"Au niveau politique, les nuages entre
Paris et La Haye se sont dissipés", souligne le journal de centre-gauche.
" Lors d’une conférence de presse,
le ministre Van Aartsen a parlé d’une ’excellente relation, à l’inverse d’il y
a quelques années’
. Les deux pays veulent aussi intensifier maintenant le
contact entre les deux populations. L’Institut Néerlandais de Paris et la
Maison Descartes d’Amsterdam vont coopérer plus étroitement. Le programme
franco-néerlandais de l’Université d’Utrecht sera revitalisé. Des thèmes
d’actualité seront organisés en concertation. C’est ainsi que l’Institut Néerlandais
organisera cette année à Paris une journée thématique sur la ’coopération
multiculturelle’.

"Aux Pays-Bas, en 1995, les vitres de
la Maison Descartes ont volé en éclat, après la reprise des essais nucléaires
français par le président Chirac", rappelle le Volkskrant. "Peu de temps après, les Pays-Bas étaient traités
de ’narco-Etat’ en France, et le président français refusait d’ouvrir la
frontière septentrionale en application de l’Accord de Schengen."

"Après que les Pays-Bas et
l’Allemagne avaient eu des problèmes similaires, ils ont décidé de fonder un
Institut Allemand à Amsterdam. Cette fois-ci, on a opté pour le recours à des
institutions existantes. Védrine a déclaré
qu’il était ’plus moderne’ de ne pas fonder un institut spécial, et d’œuvrer
à la compréhension réciproque en pleine société
. Selon
Van Aartsen, il y aura tout de même un élément nouveau : un Conseil de
la coopération franco-néerlandaise, présidé par les deux ministres
."

"Paris et
La Haye ont aussi exprimé leur intention de mieux coopérer sur le plan
politique bilatéral. L’achat probable,
par les Pays-Bas, du chasseur américain JSF, et donc pas du Rafale français,
n’a pas empêché la bonne humeur de régner hier
. Védrine a dit que le Rafale ’est techniquement aussi bon que l’appareil
américain’. A la question de savoir si les Pays-Bas avaient encore le temps de
changer d’avis, il a répondu : ’Rien ne presse, surtout si c’est pour faire le
mauvais choix.’
"

"Le
ministre français des Affaires étrangères, Védrine, et son homologue néerlandais
Van Aartsen ont convenu d’instaurer un ’conseil de coopération’ pour
intensifier les relations bilatérales", note aussi le Telegraaf (p.11). "Ce conseil de coopération devra aborder des
thèmes qui sont d’actualité dans les deux sociétés, comme les politiques
d’asile et de la drogue, l’élargissement de l’Union européenne et 
la défense européenne, notamment par le biais de conférences", précise
le journal populaire. S’agissant du remplacement du F16 néerlandais, il ajoute
 : "Le ministre Van Aartsen a expressément fait savoir qu’il n’était pas
sensible au lobbying de son collègue Védrine. ’Je connais les arguments français.
J’espère que nous pourrons prendre une décision vendredi’."

"Les
Pays-Bas doivent faire un ’important geste européen’ en choisissant un chasseur
européen pour succéder au F16", retient l’ Algemeen
Dagblad
(p.22) en rubrique économique. "Le ministre français des
Affaires étrangères, Hubert Védrine, a insisté sur ce point auprès de son
homologue néerlandais Van Aartsen."

 

Banque centrale européenne

" Chirac
devrait remercier Duisenberg à genoux
", titre le journal d’affaires Het
Financieele Dagblad
(p.9) au-dessus d’un article signé Cees van Lotringen.
Après avoir rappelé les détails de la question de la succession de Wim
Duisenberg à la direction de la BCE, l’ancien correspondant à Paris souligne
que " le seul candidat français à
la présidence acceptable – pour l’Allemagne et d’autres pays – est
Jean-Claude Trichet
". " Mais sa nomination est exclue tant que se poursuivra l’instruction sur
son rôle dans la faillite technique de la banque d’Etat Crédit Lyonnais
."
"La confiance dont jouit Trichet est plus que justifiée. En tant que haut
fonctionnaire, il a beaucoup contribué à l’unification politique de l’Europe.
En outre, après un démarrage hésitant il est devenu vers 1990 l’un des
principaux partisans de la politique du ’franc fort’. Cette politique, qui
supposait le couplage du franc au mark, a coûté beaucoup d’emplois en France,
mais elle a pavé la voie à l’Union économique et monétaire. Et lorsqu’il a
été nommé gouverneur de la Banque de France en 1993, il s’est battu sans
partage pour l’indépendance de cette institution." "Bref, Trichet
vaut largement la peine qu’on l’attende
."

"Duisenberg, en annonçant le report
de son départ, semble l’avoir fait dans cette perspective. Pour Chirac, cela
représente un dilemme. Il peut faire nommer un Français comme nouveau membre
de la direction de la BCE, mais celui-ci ne pourra pas en devenir le président."
"L’alternative qu’a la France est d’attendre le départ de Duisenberg, et
donc de ne pas être représentée au sein de la direction pendant un temps
assez long. Pour la France et l’Europe, il vaut mieux qu’on choisisse la deuxième
option, ce qui représente une défaite sensible pour Chirac qui avait fait
pression sur Duisenberg, à l’époque, pour pouvoir s’enorgueillir d’avoir
obtenu la nomination d’un Français à la BCE, à la veille des élections présidentielles
de mai 2002. Cela s’avère avoir été une erreur d’appréciation historique ;
quand on cherche la confrontation avec l’establishment monétaire, il faut
absolument avoir plus d’un joker en poche."

"Chirac
peut être reconnaissant à Duisenberg de ne pas s’être laissé inciter à
fixer sa date de départ. Dans ce cas, la France aurait dû attendre au moins
huit ans encore, avant d’avoir un président de la BCE."

 

Actualité
intérieure

 

Justice : arrangements à l’amiable

Selon le président
du collège des procureurs généraux, Joan de Wijkerslooth, interviewé par l’ Algemeen
Dagblad
(pp.1 et 3), le Ministère
public, au lieu de réduire le nombre d’arrangements à l’amiable avec des
entreprises ou des personnes soupçonnées de fraude, devrait au contraire en
conclure plus
. "Nous jugeons qu’il est raisonnable à divers titres de
continuer de conclure des arrangements à l’amiable et même d’en conclure plus,
car les tribunaux sont déjà surchargés ", déclare De
Wijkerslooth au journal de Rotterdam. S’agissant de l’arrangement conclu avec
l’entreprise de télécommunications Versatel, qui a fait l’objet de vives
critiques de la part des députés de la Deuxième Chambre, il dit : "S’il
y a une affaire dans laquelle il était raisonnable de conclure un arrangement
à l’amiable, c’est bien celle-là. Il s’agit d’une discussion classique de
droit fiscal sur le montant de l’imposition du revenu, avec pour enjeu la valeur
d’actions. Le fisc a eu recours au
Ministère public parce que l’entreprise aurait dû être au courant des
risques. En fait, nous aurions dû attendre le jugement de la chambre fiscale,
mais cela aurait pris beaucoup de temps et c’est l’une des raisons pour
lesquelles nous avons conclu un arrangement. Il y a évidemment une autre considération
qui a joué un rôle. Une affaire comme
celle de Versatel prend quatre ou cinq jours d’audience
. Cela signifie que nous devons reporter 30 autres affaires , par
exemple celles d’un auteur de hold-up, d’un ivrogne qui a écrasé quelqu’un,
d’un violeur. Et cela, nous ne le voulons pas non plus."

Dans le Trouw
(pp.1 et 5), l’avocat amstellodamien G. Doorenbos, auteur d’une thèse sur le
droit pénal financier, affirme de son côté que le
débat que la Deuxième Chambre consacre aujourd’hui aux arrangements à
l’amiable est "tout à fait superflu"
. Selon Doorenbos, le
ministre de la Justice, Korthals, peut se contenter de répéter ce qu’il a déjà
dit à propos des quatre arrangements intervenus récemment, avec les
entreprises Versatel, Vos, Pouw et Delta Lloyd. En outre, souligne Doorenbos,
les députés semblent surtout obsédés par les montants dont il est question,
alors qu’ils ne considèrent pas l’avantage que présente une telle transaction
pour le Ministère public.

 

Economie,
Finances

 

Ouverture
des magasins

"Presque six ans après la loi sur les
heures d’ouverture des magasins, que le premier gouvernement Paars a eu beaucoup
de mal à faire adopter, les magasins néerlandais ferment de nouveau de plus en
plus souvent à six heures, comme avant", relève le Volkskrant
(pp.1 et 15). "Seuls les supermarchés restent ouverts plus longtemps. Le
nombre de dimanches pendant lesquels les magasins sont ouverts diminue aussi. La
plupart des petits centres commerciaux n’ouvrent plus que quelques dimanches par
an, beaucoup moins que les douze dimanches qu’autorise la loi. ’Le gros des
commerçants n’est pas de la partie’, constate 
E. Prins, de l’organisation sectorielle MKB Nederland. ’En fait, nous
sommes revenus à la situation d’avant la législation’."

"L’ouverture des magasins le dimanche
est néanmoins un grand succès à Rotterdam, La Haye et Amsterdam. Les effets
de la loi sur les heures d’ouverture des magasins sont les plus nets dans la
branche alimentaire. Albert Heijn, par exemple, ouvre tous ses magasins de huit
heures du matin à huit heures du soir, et il a l’intention de continuer. Les
petits commerces indépendants qui ne peuvent pas se le permettre mordent la
poussière. ’On constate un nouveau recul des bouchers, des boulangers et des
marchands de quatre saisons indépendants’, déclare Prins."

"Mais même les supermarchés hésitent
de plus en plus à rester ouverts plus longtemps. Laurus (entre autres Edah et
Super de Boer) définit désormais localement les heures d’ouverture les plus
indiquées. Dirk van den Broek a déjà décidé de fermer de nouveau à six
heures une partie de ses supermarchés d’Amsterdam et de Rotterdam."

 

Coût
et retombées du "Mariage"

Selon l’organisation Toerisme Recreatie Nederland (TRN), la valeur promotionnelle du
mariage de Willem-Alexander et de Máxima Zorreguieta est
"inestimable", note le Volkskrant
(p.3). "Ce mariage a de nouveau attiré l’attention du monde sur les
Pays-Bas", commente Sandra Marrink, de TRN. "Nous prévoyons une
croissance du tourisme dans les mois à venir."

La commune d’Amsterdam a dépensé 2,8
millions d’euros pour le mariage, frais administratifs non compris. Au total, la
fête aura coûté environ 20 millions d’euros.

Quelques
semaines avant l’événement, TRN a envoyé une vidéo de promotion à des
centaines de télévisions étrangères, présentant les Pays-Bas de
Willem-Alexander et de Máxima : un pays moderne et ouvert, où il y a toujours
des tulipes et des moulins, un pays qui vaut certainement le détour. Elle a été
employée par 240 stations de télévision. "De la pure publicité
gratuite", souligne Marrink. "Ce mariage était un don du ciel."

 

Affaires
françaises
 Le Trouw
(pp.1 et 6) publie un reportage signé Pieter van den Blink sur la montée de
l’antisémitisme à la suite de la nouvelle Intifada en Israël. "Les
autorités parlent encore toujours d’incidents, mais les juifs français s’inquiètent."
"Le Conseil représentatif des institutions juives de France et le
Consistoire s’indignent surtout de l’attitude des autorités françaises, qu’ils
jugent laxiste. Selon eux, elles essaient de dissimuler la relation entre les événements,
en parlant toujours de vandalisme."

Le Volkskrant
(p.4) signale que l’instruction de l’affaire Elf a pris fin, l’ Algemeen Dagblad (p.7) que Le Pen est candidat à la présidence.

Sur le plan
culturel, le Telegraaf (p.15) évoque
la tournée aux Pays-Bas, ce mois-ci, du pianiste de jazz Jean-Michel Pilc et de
son trio.

Dernière modification : 18/08/2008

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