Presse néerlandaise du mardi 8 avril 2008

Les autorités soudanaises refusent un visa au ministre néerlandais de la Défense, M. Van Middelkoop (ChristenUnie). Les milieux proches du gouvernement estiment que cette décision est une réaction au film anti-Coran du député PVV Geert Wilders. "Cela paraît logique, mais les Soudanais ne nous le diront pas ouvertement", a déclaré un haut fonctionnaire qui était impliqué dans la préparation du voyage. Le ministre voulait rendre visite aux militaires néerlandais qui font partie d’une mission de paix chargée de veiller au respect d’un accord entre le Nord islamique et le Sud chrétien.
Lundi, un jour avant le départ au Soudan, Khartoum a fait savoir au ministre qu’il n’y avait pas encore de visas pour lui et sa suite. La Défense a donc annulé le voyage.

NRC Handelsblad (libéral) d’hier soir : "La flamme apporte la question du Tibet à Paris - Jeux Olympiques : Le relais de la torche interrompu à Paris, la Chine condamne les protestations à Londres", "Le site de Verdonk est déjà fermé"
de Volkskrant (centre gauche) : "Le Soudan refuse notre ministre – Pas de visa pour Van Middelkoop", "Salaire plus élevé pour les jeunes de formation supérieure", "La Cour des comptes se penche sur la politique culturelle d’Amsterdam"
Trouw (chrétien progressiste) : "Après la puce de la carte de transports publics, une fuite dans celle du passeport – Les applications criminelles sont légion", "De nouvelles protestations attendent la flamme olympique à San Francisco"
De Telegraaf (populaire) : "Crise du crédit : les banques sont plus sévères – Recouvrement au moindre retard dans les versements", "Chaos autour de la flamme", "La mosquée qualifie les infidèles de ’chiens’ durant une excursion scolaire" (incident à Amsterdam)
AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "Les écoliers s’apprennent mutuellement à vivre sainement – Leçons contre l’alcool, les drogues et le manque de mouvement", "Une entreprise frisonne soupçonnée de fraude avec de la viande sans certificat", "La flamme olympique s’éteint à Paris"

ACTUALITÉ INTÉRIEURE

Geert Wilders

L’ensemble de la presse relève que le chef de file PVV Geert Wilders a gagné le procès en référé que l’organisation musulmane Nederlandse Islamitische Federatie (NIF) lui avait intenté pour obtenir qu’il modère ses déclarations. Le tribunal de La Haye a jugé que M. Wilders n’incite pas à la haine contre les musulmans, bien que ses propos soient parfois provocants. "Un parlementaire doit pouvoir exprimer son point de vue." "C’est la liberté d’expression de Wilders qui prime en l’occurrence".
Le leader du PVV se réjouit de la décision du tribunal, auquel la NIF avait demandé si le député avait transgressé la loi en associant publiquement l’islam et le Coran au fascisme et en disant que le prophète Mahomet était un barbare. "J’ai toujours pensé que dans le débat politique je dois pouvoir signaler les dangers de l’islamisation de l’Occident et des Pays-Bas. Je n’ai jamais eu le sentiment d’aller trop loin. Dans le cadre du débat politique on doit pouvoir faire des déclarations musclées", a réagi M. Wilders" (NRC Handelsblad d’hier soir pp.1 et 3, de Volkskrant pp.1 et 3, Trouw p.5, De Telegraaf p.7, AD p.9).

Le commentateur du Trouw estime à la suite du débat parlementaire sur le film Fitna, durant lequel le député Geert Wilders a accusé le gouvernement Balkenende de mensonges, qu’une enquête sur ce qu’il a dit au juste au Coordinateur national de la lutte contre le terrorisme et au ministre de la justice n’est pas nécessaire. "Le monde entier savait que Wilders trouve que le Coran est un livre fasciste. De plus il avait dit dans des interviews qu’il se passerait peut-être quelque chose avec le Coran et/ou le prophète dans son film. Et dans la version définitive la suggestion était parfaitement claire. Bref, il y avait tout lieu pour le gouvernement d’entrer en action."
"Mais une enquête ne ferait qu’entraîner des chicanes sans fin sur ce que Wilders a dit ou voulu dire et détourner l’attention de l’essentiel, à savoir qu’il y avait tout lieu de s’inquiéter." "Il n’est pas besoin de ’démasquer’ Wilders. Si le Parlement veut le faire tout de même, il entrera dans le jeu de Wilders."

Rita Verdonk

"Rita Verdonk a fermé dès dimanche soir la partie interactive du nouveau site de Trots op Nederland [Fiers des Pays-Bas]", annonce le NRC Handelsblad d’hier soir à la une. "Sous la devise ’Politiek 2.0’, les visiteurs pouvaient réagir à ses thèmes et apporter des idées. Verdonk entrerait alors en débat avec eux. Mais le week-end dernier le ’Rita-Wiki’ était intenable, selon Oscar van Veen, de Mangrove, l’entreprise qui gère le site. ’Les envois étaient beaucoup trop massifs. Les opinions divergentes sont bienvenues, mais ce n’était que des absurdités : des invectives, des photos salaces. Rita a donc décidé de fermer temporairement son wiki’."
"Mangrove a éliminé des propos insultants, d’autres contributions sont encore en ligne. Ainsi, les visiteurs, dans la rubrique ’suggestions thématiques’, proposent de la pommade gratuite contre les hémorroïdes, le jeu de galets comme sport olympique, la consommation de pommes de terre comme élément obligatoire de l’intégration et l’interdiction des lits à une personne comme étant une source de solitude et d’absence d’enfants..."

Si son site est pris d’assaut par des "pollueurs", Mme Verdonk, dans l’AD (pp.6-7), répond à dix questions de lecteurs de ce journal. "Une chose est sûre pour moi : il n’y aura pas de gens de la classe politique haguenoise actuelle sur ma liste. Il n’y a pas de place pour eux."

Communautés religieuses

"Les Pays-Bas comptent encore cent cinquante couvents ayant une fonction religieuse", relève le Trouw (p.4). "Par suite de la forte diminution du nombre de moines, de frères et de sœurs, on s’attend à ce qu’il en reste encore vingt ou trente dans dix ans. Pour les autres bâtiments, les ordres religieux et les congrégations devront trouver un autre usage."

AFFAIRES FRANÇAISES

Tous les quotidiens évoquent les protestations contre le passage de la flamme olympique à Paris.

Le Trouw (p.8) note que "des commandos français se rendent à Djibouti pour faire pression sur les pirates qui sont à bord du voilier de luxe français Le Ponant".

Dernière modification : 19/08/2008

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