Presse néerlandaise du mercedi 19 décembre 2007

Tous les syndicats des forces de l’ordre vont entrer en action pour appuyer les revendications salariales de la police néerlandaise. Le Nederlandse Politiebond (NPB), qui n’a pas participé à la grève qui a entraîné le report de deux grands matches de football, voulait d’abord attendre janvier pour protester contre l’offre de la ministre de l’Intérieur Guusje ter Horst (PvdA). Il se rallie à l’AlgemeenChristelijke Politiebond (ACP) et aux petits syndicats qui, depuis quelques jours, font preuve de modération dans l’établissement de contraventions.

NRC Handelsblad (libéral) d’hier soir : "’Dans le Coran le médecin n’a pas de sexe’ - Selon la KNMG, les patients peuvent toujours demander un autre praticien", "L’ONU prévoit une pénurie alimentaire mondiale", "Fidel Castro fait allusion à sa retraite"
Trouw (chrétien progressiste) : "Les actions de la police s’étendent - Uniquement des contraventions bidon", "Premières compétitions de patin sur glace naturelle aujourd’hui ; les perspectives sont bonnes"
de Volkskrant (centre gauche) : "Plus d’impunité pour les collectivités lors de catastrophes - Le revirement du CDA fournit une majorité pour un projet de loi du PvdA", "Jacob Zuma élu président de l’ANC"
AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "Les institutions d’éducation spéciale ne sont pas sûres - Des élèves menacés dans sept écoles sur dix" (enfance inadaptée), "Marleen Veldhuis élue Sportive de l’année"
De Telegraaf (populaire) : "Cours de rattrapage en été - Un groupe de réflexion prône des solutions révolutionnaires dans l’enseignement", "Les grands sportifs de 2007"

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LE DOSSIER DU JOUR :Responsabilité des services publics

"Les institutions publiques, les gestionnaires politiques et les fonctionnaires dirigeants pourront désormais faire l’objet de poursuites s’ils enfreignent la loi", annonce le Volkskrant dans son grand article à la une. "Une majorité de la Deuxième Chambre veut mettre fin à leur immunité dans la pratique. Le Code pénal précisera que les organes de l’Etat seront passibles de poursuites ’sur un pied d’égalité’ avec les entreprises, les fondations et autres personnes juridiques. Les gestionnaires politiques et les fonctionnaires dirigeants pourront ainsi être désignés comme suspects."
"Cela signifie que les services publics et leurs dirigeants ne resteront plus automatiquement impunis en cas de catastrophe comme l’explosion d’un dépôt d’articles pyrotechniques à Enschede (2000, 23 morts), l’incendie d’un café de Volendam (2001, 14 morts) et celui du centre de détention de Schiphol-Est (2005, 11 morts)."
"Le député Aleid Wolfsen (PvdA) avait déposé en avril 2006 un projet de loi visant à supprimer l’immunité pénale de l’Etat, mais n’avait pas pu trouver une majorité favorable. Mardi, le CDA a décidé de soutenir tout de même la proposition de Wolfsen et même de la signer. La ChristenUnie le faisant aussi, la proposition est assurée maintenant du soutien d’au moins 80 députés sur 150."
"La suppression de l’immunité peut avoir de grandes conséquences pour l’Etat. Après les catastrophes d’Enschede, Volendam et Schiphol-Est, le Ministère public avait refusé d’ouvrir une enquête sur le rôle des collectivités, des gestionnaires et des fonctionnaires dirigeants, en dépit des indices selon lesquels des erreurs avaient été commises dans l’attribution de permis et de licences. Selon le Ministère public, il ne servait à rien d’enquêter, parce qu’il n’était pas possible d’engager des poursuites en raison des arrêts dits de Pikmeer, en 1996 et 1998. Dans ces arrêts la Cour de Cassation avait décidé que les collectivités locales ne pouvaient pas faire l’objet de poursuites lorsqu’elles exécutent une tâche publique qui ne peut pas être confiée à des instances privées. Le contrôle des licences est considéré comme faisant partie de ces ’tâches publiques exclusives’."
"Cette immunité a suscité une grande insatisfaction chez les survivants et les familles des victimes des catastrophes. Ils estimaient qu’elle couvrait les possibles négligences des communes et d’autres instances de l’Etat."
"Wolfsen a établi son propre projet de loi parce qu’il nourrit des objections fondamentales contre la situation actuelle. ’Un Etat ne peut demander à ses citoyens de prendre leurs responsabilités que s’il est lui-même responsable de ses actes et omissions’, selon le député PvdA."

ACTUALITE INTERNATIONALE

Union européenne

Le Volkskrant consacre sa page d’opinion Forum au débat sur l’Union européenne qui se déroule aujourd’hui à la Deuxième Chambre. L’une des personnalités politiques auxquelles le journal de centre gauche ouvre ses colonnes est le secrétaire d’Etat PvdA aux Affaires européennes, Frans Timmermans. Celui-ci fait valoir qu’avec le Traité modificatif, l’Union "a trouvé une réponse qui doit nous éviter pendant au moins dix ans de négocier les règles du jeu européennes". "C’est bien, mais cela ne résout pas le déficit politique de l’Europe. Il est hélas toujours difficile de voir l’Union européenne comme un projet politique normal, avec toutes les incongruités que les projets politiques entraînent dans une démocratie. A chaque revers, parce que l’Europe ne fait pas tout de suite ce que nous voulons ou parce qu’elle prend une décision avec laquelle nous ne sommes pas d’accord, on pose la question de savoir si nous voulons bien faire partie de cette Europe. Et on se dépêche de dépeindre les institutions européennes comme un Moloch bureaucratique anonyme, peuplé de ’détraqueurs’ sortis tout droit de Harry Potter - des gardiens fantomatiques qui sucent l’âme de tous ceux qu’ils rencontrent."
"L’UE est considérée dans un certain nombre de pays comme un instrument des aspects maléfiques de la mondialisation. C’est pour cela que le président français Sarkozy insiste tant sur la qualité européenne comme bouclier contre le méchant monde extérieur. A l’échelle mondiale l’économie devient une économie de la connaissance, et plus une région est développée, plus la connaissance devient importante. Du moins si l’on souhaite, comme l’UE de réaliser un niveau élevé de protection sociale. Refuser de le voir et faire comme si l’on pouvait renverser le développement économique, c’est tromper les gens. Et c’est faire comme si l’on défendait les plus faibles, alors que ce sont justement les plus faibles qui sont les premières victimes de cette politique de l’autruche."
"Pour infléchir dans la bonne direction l’énorme force de la mondialisation, il faut avoir beaucoup de masse. Plus grande est l’échelle, plus grandes sont les chances de succès. L’UE, avec ses 500 millions d’habitants, s’avère de plus en plus un facteur déterminant. La stabilité interne, grâce à une monnaie unique et un grand marché intérieur, se combine avec une influence externe croissante qui découle de son leadership mondial sur le plan de la réglementation économique et écologique."
"Les Européens ont tellement l’habitude de broyer du noir à propos de leur potentiel économique qu’ils sous-estiment leur propre force. Le rêve européen, une combinaison unique au monde de grande prospérité bien partagée, de développement économique égal et de rapports relativement détendus sur le marché du travail et dans la vie sociale, n’est pas seulement viable, mais aussi une source d’inspiration pour d’autres régions du monde."
"Les institutions européennes sont des institutions comme toutes les autres. Les choses se passent souvent bien, parfois mal, mais on tente sincèrement de gérer au mieux avec les compétences et les moyens disponibles, au service des citoyens. Les institutions européennes sont désormais aussi réelles que les institutions nationales ou communales. Elles méritent donc d’être traitées de la même façon par les citoyens concernés et la presse critique. Il n’est ni dans l’intérêt des citoyens, ni dans celui des institutions d’embellir ou de noircir les choses. Cela peut paraître peu ambitieux, mais le contraire est vrai : le premier pas vers la réduction du déficit politique européen est l’égalité de traitement pour nos institutions européennes."
Le député PvdA Luuk Blom et son assistant politique Wouter Kolk, sur la même page, proposent dans le domaine de la subsidiarité "que les parlements nationaux regroupent leur puissance, en réunissant six fois par an deux représentants de chaque parlement". "Ils pourront alors voir ensemble s’il convient de distribuer des cartons jaunes ou orange. Lieu de ces rencontres : Strasbourg. C’est en effet faire d’une pierre deux coups : en employant Strasbourg à d’autres fins, nous pouvons aussi mettre un terme aux coûteux allers et venues mensuels des europarlementaires entre Bruxelles et Strasbourg."
"Mais dans de nombreux domaines l’UE est tout simplement indispensable. Des problèmes comme le changement climatique, l’approvisionnement en énergie, les migrations, le terrorisme et le crime organisé réclament une approche ferme. Ceux qui tirent constamment le signal d’alarme européen vivent dans un monde illusoire dans lequel on croit que ce genre de problèmes peut être résolu par quelques accords non contraignants entre différents Etats membres, ou sur la base d’un processus décisionnel à l’unanimité. Les politiques néerlandais doivent cesser d’arranger leur short de foot sur la ligne de touche : il est temps de s’occuper de nouveau pleinement du match."
Selon Ludolf van Hasselt, directeur de la Représentation de la Commission européenne aux Pays-Bas, et Judith Merkies, fonctionnaire auprès de la Commission, il est grand temps que le gouvernement et les médias "vendent" mieux l’UE à la population.

Le NRC Handelsblad (pp.1 et 3) d’hier soir, dans le cadre d’un arrêt de la Cour européenne de Justice sur les revendications du Royaume-Uni concernant les frontières extérieures de l’UE et la sécurité des passeports européens, rappelle que "la surveillance des frontières extérieures est assurée par l’agence Frontex" et que "les Pays-Bas n’y contribuent guère, ainsi qu’il ressort des aperçus des activités de Frontex en 2006 et 2007 et de ses projets pour 2008". "Selon l’europarlementaire Jeanine Hennis-Plasschaert (VVD), ’les Pays-Bas parlent beaucoup de la lutte contre l’immigration clandestine, mais ils tardent beaucoup à apporter une contribution concrète, surtout si l’on pense que Frontex a été lancée comme solution au problème des clandestins en Europe.’ Pour l’année à venir, les Pays-Bas ont promis informellement à Frontex d’engager un navire de la Marine. L’engagement a été pris dès avant l’été, mais la Justice et la Défense sont en désaccord sur les conditions. Frontex a récemment demandé de nouveau le navire."

ACTUALITE INTERIEURE

REA

Le Volkskrant (p.3) signale la dissolution du Conseil économique de la Deuxième Chambre (REA). Les cinq universitaires qui y siégeaient font savoir dans une lettre qu’ils estiment que la Chambre ne leur a pas fait suffisamment confiance. "Le député De Nerée (CDA) juge la décision des cinq professeurs ’extrêmement regrettable’. ’J’en impute la responsabilité non seulement au REA, mais aussi à la Chambre.’ Frans de Nerée est le père spirituel du REA. Il y a trois ans, il avait proposé d’instaurer un conseil consultatif d’économistes pour la Deuxième Chambre, pour faire contre-poids au Centraal Planbureau - le conseiller officiel du gouvernement."

AFFAIRES FRANÇAISES

Le Telegraaf (p.13) présente Carla Bruni.

Dernière modification : 19/08/2008

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