Presse néerlandaise du mercredi 10 septembre 2008

Le programme télévisé NOS Paralympics a été suivi par 427 000 téléspectateurs lundi, un taux d’audience remarquable si l’on considère que pendant des décennies, personne aux Pays-Bas ne s’intéressait aux Jeux Paralympiques. "C’était un spectacle pour des gens à plaindre", souligne le Volkskrant à la une, "et certainement pas du sport de haut niveau." "Le fournisseur national d’images de sport, la NOS, n’a jamais rien fait pour les Paralympiques. Mais à Pékin tout est brusquement différent."

NRC Handelsblad (indépendant) d’hier soir : "Tout de même un accord social sur le droit de licenciement – Pas encore d’engagement sur les salaires", "La Défense a donné plus de poids au JSF", "Sarkozy sauve le plan de paix de l’UE en Géorgie"
Trouw (chrétien progressiste) : "Le combat pour le droit de licenciement est terminé – Le pragmatisme hollandais l’emporte", "Un intérieur amstellodamois comme témoin silencieux du triste sort d’une famille juive" (découverte d’une pièce de style "Ecole d’Amsterdam" parfaitement conservée depuis 1942)
de Volkskrant (centre gauche) : "Brusque intérêt pour les Paralympiques", "’Le malaise des jeunes est une bombe pour la société’ – Le président de l’association de l’aide sociale à la jeunesse : de moins en moins de jeunes sont disponibles pour l’économie de la connaissance"
De Telegraaf (populaire) : "De Hoop Scheffer menacé – Arrestation après quelques heures d’un SDF détraqué", "Deux médailles d’or" (Jeux Paralympiques)
AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "Nouvelle hausse des cotisations de sécurité sociale – Le gouvernement espère qu’elle ne dépassera pas quelques dizaines d’euros", "Les syndicats divisés sur l’accord social", "Coup d’envoi de la restauration des moulins de Kinderdijk" (Hollande du Sud)

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ACTUALITE INTERNATIONALE

Union européenne : Bulgarie et Roumanie

"’Il est minuit moins une pour la Bulgarie et la Roumanie’", écrit le Volkskrant (p.2). "C’est ce que dit le ministre des Affaires européennes Timmermans. Le ministre, cette semaine, est en visite en Bulgarie et en Roumanie, auxquelles il va transmettre les ’grandes préoccupations’ du gouvernement et de la Deuxième Chambre concernant les défaillances des deux pays dans le domaine de la lutte contre la corruption, le crime organisé et la gestion des fonds européens."
"Un récent rapport de la Commission européenne sur les deux pays a tiré des conclusions tellement négatives que Bruxelles a suspendu les versements. Une majorité de la Deuxième Chambre veut que Timmermans exclue en tout cas la Bulgarie de l’Accord de Schengen, qui permet aux citoyens de circuler librement entre les Etats membres."
"Timmermans envisage cette mesure, ainsi que quelques autres. Mais simultanément, il fait valoir que les deux pays sont ’membres à part entière’ et qu’il ne convient pas de les ’montrer du doigt’."
"Le VVD, le PVV et le SP sont le plus critiques. Les deux derniers partis veulent que les frontières restent fermées jusqu’en 2014. Mais le CDA hésite aussi et au sein du propre parti de Timmermans, le PvdA, ce sont les échevins PvdA des grandes villes qui se sont opposés les premiers, à l’époque, à l’afflux de Polonais."

Pays-Bas – Afghanistan

"Le ministre de la Défense Van Middelkoop (ChristenUnie) n’exclut pas qu’un nombre limité de militaires néerlandais restent en Uruzgan après la fin de la mission actuelle dans cette province afghane", relève le Volkskrant (p.3). "C’est ce que le responsable a laissé transparaître mardi, durant une émission du programme télévisé Pauw & Witteman. Il a souligné que le gouvernement avait convenu avec la Deuxième Chambre que les Pays-Bas, en 2010, cesseraient d’être la ’nation leader’ en Uruzgan, en tant qu’élément de la force de stabilisation de l’OTAN, l’ISAF. ’Mais’, a dit Van Middelkoop, ’dans trois ans nous serons toujours membre de l’OTAN et l’OTAN s’est engagée à rester beaucoup plus longtemps’."
"La Chambre a approuvé l’an dernier la prolongation de la mission jusqu’en 2010, à condition que d’autres pays de l’OTAN et/ou les troupes de sécurité afghanes reprennent alors les tâches des Néerlandais", rappelle le journal de centre gauche. "Il est apparu depuis que les Afghans ne seront pas en mesure de le faire."

ACTUALITE INTERIEURE

Défense : Joint Strike Fighter

"Le ministère de la Défense, lors de la sélection du Joint Strike Fighter (JSF) en 2000, n’a pris en compte que partiellement les informations sur ses concurrents européens", écrit le NRC Handelsblad d’hier soir à la une. "C’est ce qui ressort d’une enquête de notre journal."
"En 2002, le gouvernement a décidé d’investir 800 millions de dollars dans le développement du JSF. Un des piliers de cette décision était la comparaison que l’armée de l’air avait faite entre le JSF et cinq autres avions, dont l’Eurofighter et le Rafale. Le résultat de cette ’évaluation des candidats’, avait écrit le gouvernement à la Deuxième Chambre le 11 février 2002, montrait que le JSF était ’le plus efficace du point de vue opérationnel’."
"Il ressort cependant de documents confidentiels du ministère de la Défense que l’armée de l’air, dans son évaluation, n’a pas tenu pleinement compte de la version la plus avancée de l’Eurofighter, la tranche 3, parce que les spécifications de cet appareil n’étaient pas encore arrêtées." "Les capacités de la toute dernière version du Rafale français n’ont pas été pleinement retenues non plus. Pour le JSF, qui devait encore être conçu à ce moment-là, l’armée de l’air s’est fondée sur les exigences minimales posées par le Pentagone américain."
Un long développement suit en pages 11 et 12.

Accord social

"Les syndicats sont fortement divisés sur ’l’accord social’ que la FNV a conclu avec l’organisation patronale VNO-NCW et le ministre des Affaires sociales Donner", relève l’AD à la une. "Les centrales syndicales CNV et MHP qui, à leur grande surprise, n’ont pas été impliquées dans les négociations, rejettent résolument cet accord. Elles menacent de bloquer la prochaine concertation d’automne."

"L’accord de la FNV, de la VNO-NCW et du gouvernement sur le plafonnement de la prime de licenciement est qualifié de grand fiasco par ses censeurs", écrit le Telegraaf (p.7). "La petite organisation MHP, le parti d’opposition VVD et le syndicat CNV préférerait voir passer tout de suite à la corbeille à papier le projet de plafonnement à un an de rémunération la prime de licenciement des salariés ayant un revenu annuel supérieur à 75 000 euros."

Le commentateur du Telegraaf parle d’une "action curieuse, avec un résultat controversé". Le journal populaire estime que la VNO-NCW, la FNV et le gouvernement ont abouti à cet accord "dans la meilleure tradition des messes basses". "Car pourquoi les autres centrales syndicales et MKB Nederland [association des petites et moyennes entreprises] n’ont-elle pas été impliquées dans la réalisation de cet accord ? Un thème aussi sensible que le droit de licenciement mérite un soutien large et c’est solliciter des résistances que d’exclure certaines parties."

Pour l’éditorialiste du Volkskrant, "le compromis intervenu maintenant a levé un important obstacle à l’accord d’automne du patronat, des syndicats et du gouvernement". "Un tel accord est d’une grande importance pour la modération salariale, mais aussi pour les perspectives de travail de deux cent mille chômeurs de longue durée."

Le journal d’affaires Het Financieele Dagblad, pour sa part, remarque qu’il est "bien que les syndicats et les organisations patronales s’entendent de nouveau avec le gouvernement". "Mais il serait vraiment dommage de perdre ainsi une occasion de moderniser le marché du travail, en adoptant une autre approche de la sécurité de l’emploi."

Etat de droit

"Tous les avocats doivent manifester du respect pour l’Etat de droit et se lever quand les juges entrent dans la salle d’audience", note le Telegraaf dans un encadré à la une. "C’est ce que le ministre Hirsch Ballin (Justice) a fait savoir sans ambages à la Deuxième Chambre, hier. Le ministre réagissait à l’émoi suscité par l’avocat musulman orthodoxe Faizel Ali Einat, qui refuse de se lever au tribunal, ’par conviction religieuse’."
"Le député VVD Kamp avait abordé la question parce qu’Einat ’et d’autres musulmans radicaux pourrissent systématiquement le processus d’intégration’, selon lui."
"Le tribunal de Rotterdam, ce mois-ci, a décidé provisoirement qu’il pouvait rester assis. Kamp a condamné cette ’réaction molle’, mais selon Hirsch Ballin ’il s’agit d’un incident’. ’Il n’est pas vrai que cet avocat obtiendra gain de cause’."

Selon l’éditorialiste du Trouw, cet avocat, "par son comportement, suscite de nouveaux malentendus sur les rapports entre la religion et la vie publique". "Ces rapports sont tellement sensibles que cet incident a été gonflé de façon disproportionnée. Les réactions massives [dans les médias] sont peut-être plus préoccupantes que l’incident même."

ECONOMIE, FINANCES

Energie nucléaire

Le PDG de la compagnie d’énergie zélandaise Delta, M. Peter Boerma, annonce dans une interview publiée par le Financieele Dagblad (pp.1 et 13) son intention d’engager une procédure de demande de permis de construire pour une nouvelle centrale nucléaire près de Borssele. Delta veut en définitive "construire deux à quatre nouvelles centrales nucléaires" à Borssele, à côté de celle qui s’y trouve déjà. "Nous voulons démarrer. La première centrale doit être opérationnelle en 2016. Nous avons suivi le débat civil et nous pensons que les esprits sont mûrs."
La centrale nucléaire de Borssele appartient aux compagnies Delta et Essent et peut rester en service jusqu’en 2033, rappelle le journal financier. "En engageant la procédure de demande d’autorisation pour une nouvelle centrale, Delta donne suite à l’appel du président du groupe parlementaire CDA Pieter van Geel, qui a écrit sur son weblog, la semaine dernière, que de nouvelles centrales nucléaires sont ’inévitables’ aux Pays-Bas."

AFFAIRES FRANÇAISES

"Paris est sous les projecteurs grâce à Nicolas Sarkozy", titre le Volkskrant (p.5) au-dessus d’une correspondance d’Ariejan Korteweg. "Il était prévisible que l’eurosommet de juillet à Paris, où ont été resserrés les liens entre la Syrie et le Liban, entre Israël et les territoires palestiniens, serait un succès – grâce au travail acharné de la diplomatie française. Mais que la France, peu après le départ de Suleiman, d’Assad, d’Olmert et de tous ses autres amis, ait eu à s’occuper d’une crise de taille [dans le Caucase], cela dépassait les attentes." "La mission [à Moscou] peut être qualifiée de succès inconditionnel à au moins un égard : la France est mieux placée sous le feu des projecteurs internationaux que cela n’a été le cas pendant des années. Ce qui est en partie dû au dynamisme de Sarkozy."

Dernière modification : 09/10/2008

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