Presse néerlandaise du mercredi 10 août 2011

LES GRANDS TITRES

- Trouw (chrétien progressiste) : Il y en avait tellement [d’émeutiers], et ils étaient si jeunes.
- De Volkskrant (centre gauche) : La colère règne.
- AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : L’Angleterre n’arrive plus à contenir les émeutes.
- De Telegraaf (populaire) : Les Britanniques en état de choc.
- Nrc.next : Nous prenons notre revanche [émeutiers].

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ACTUALITE INTERNATIONALE

Grande-Bretagne

Les journaux consacrent de nombreux reportages illustrés de grandes photos aux émeutes qui ont touché plusieurs villes de Grande-Bretagne. Le Trouw publie dans ce contexte un entretien du député travailliste (PvdA) Ahmed Marcouch, ancien maire d’arrondissement du quartier de Slotervaart à Amsterdam, sous le titre : « les Pays-Bas ne connaissent pas ce type de cocktail explosif ». M. Marcouch « ne croit pas à un risque de contagion des émeutes britanniques aux Pays-Bas : ‘ Certes, nous avons nous aussi des quartiers défavorisés où les agents de police sentent des tensions et marchent sur des œufs, mais pour le reste, le contexte est très différent’. Il se déclare particulièrement satisfait des efforts de réhabilitation urbaine qui ont été faits aux Pays-Bas ces dernières années : ‘Cela fait une grande différence par rapport à la paupérisation de certains quartiers en Angleterre. Regardez Slotervaart, le tristement célèbre quartier de Mohammed B., l’assassin de Théo van Gogh. Les immeubles ont été détruits, il y a maintenant un terrain où de beaux logements vont être construits. Nous avons actuellement des femmes policières à Slotervaart, ce qui aurait été impensable il y a quelques années. Dans ce quartier, il y avait cent familles à problèmes qui vivaient dans la promiscuité. Il est important d’être à l’écoute de leurs problèmes, de continuer à les aider. C’est la seule façon de savoir ce qui se passe. Parce que lorsque les tensions s’exacerbent, il faut veiller à ce que la population honnête n’apporte pas son soutien aux casseurs. En 2007, les habitants m’ont soutenu, les criminels étaient isolés. Et ainsi, le calme est revenu assez rapidement ’ ».

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AFFAIRES EUROPEENNES

Crise de la dette et situation de l’euro

Bien que les émeutes en Angleterre dominent actuellement les unes des quotidiens, la gestion de la crise de l’euro continue à soulever des questions.
« Le rôle de la BCE devient par nécessité plus politique », titre l’AD. « La Banque centrale européenne joue un rôle de plus en plus important dans la lutte contre la crise de l’euro. Cette semaine elle a racheté des obligations espagnoles et italiennes. Mais d’une lettre de Jean-Claude Trichet à M. Berlusconi, il ressort que la BCE se mêle également de la politique budgétaire du gouvernement italien, à la grande indignation de certains politiques italiens », note le journal. Sylvester Eijffinger, professeur d’économie monétaire à l’Université de Tilburg, estime dans ce même article que « cette critique n’est pas justifiée. En effet, le rôle de la BCE n’est pas de résoudre les problèmes budgétaires des Etats membres. Toutefois, si les déficits, et de ce fait la dette d’Etat, augmentent, la BCE se doit d’intervenir puisqu’elle est responsable de la stabilité financière dans la zone euro. Jusque là, la BCE a mis les politiques sous pression et obtenu des solutions. Trichet a joué ce jeu parfaitement ». Par ailleurs, dans un article coécrit avec l’économiste monétaire Edin Mujagic publié par le Volkskrant, Sylvester Eijffinger s’exprime en faveur des actions de la BCE et conclut que « l’Europe ne pourra pas se soustraire totalement à une grande inflation. Mais elle peut en limiter les dommages, grâce notamment aux actions de la BCE et de son président Jean-Claude Trichet ».

Sous le titre « le marché immobilier en danger en cas de notation plus basse des Pays-Bas », le Financieele Dagblad s’inquiète du fait que le secteur immobilier pourrait sentir les effets d’une revue à la baisse éventuelle de la solvabilité des Pays-Bas. « Les rapports récents des agences de notation démontrent que le statut AAA actuel des Pays-Bas forme la base pour beaucoup d’autres institutions. Or, lundi dernier le ministre des Finances M. De Jager avait fait allusion à la possibilité que la notation des autres pays de la zone euro avec une notation AAA, comme les Pays-Bas, pourrait-être abaissée si ces pays donnent trop d’argent pour soutenir les cours des obligations sud-européennes ».

Le quotidien financier souligne dans un autre article le rôle crucial du PvdA (travaillistes), le plus grand parti de l’opposition, dans le débat sur la contribution néerlandaise au deuxième paquet d’aide à la Grèce. Cet après-midi, les spécialistes financiers des différents partis politiques discuteront sur ce sujet à la Deuxième Chambre avec de hauts fonctionnaires. Le Financieele Dagblad remarque que « tous les députés, de gauche comme de droite, s’intéressent surtout au risque que les Pays-Bas encourent en se portant garants. Ronald Plasterk, spécialiste financier du groupe parlementaire PvdA, veut connaître l’avis du Premier ministre, M. Rutte. « Je veux maintenant qu’il me dise si ce paquet suffit ou s’il faut augmenter le Fonds européen de stabilité financière. Tous les économistes et la Commission européenne s’accordent à dire que le FESF doit être augmenté. Quel est l’avis du gouvernement néerlandais ? Je ne veux pas de réponse de Normand. Comme tous les autres dirigeants de la droite, Rutte et De Jager ont peur de leurs électeurs. Je n’ai pas envie de résoudre leurs problèmes. »

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ACTUALITE INTERIEURE

Santé publique

Le Telegraaf consacre un grand article à la « querelle sur le médicament contre le cancer trop cher » entre les spécialistes médicaux et la ministre de la Santé Mme Schippers. La ministre, se référant à l’avis négatif de l’association des assureurs concernant le médicament Lapatinib, a décidé que celui-ci ne serait pas remboursé. Selon le Telegraaf, « ce nouveau traitement accroît l’espérance de vie dans les cas de forme très agressive de cancers du sein. (…) Il faut souligner que ce traitement est remboursé dans presque tous les pays européens et enregistré par l’autorité pharmaceutique EMA. Le professeur Nortier (Hôpital universitaire de Leyde) est furieux : ‘Toute la profession est unanime sur les effets de ce médicament. Nous avons fait des études pendant des années et les résultats sont bien documentés. La seule alternative pour les patients est de s’adresser à la Justice’. L’association des malades du cancer du sein trouve la décision de la ministre incompréhensible : celle-ci ‘prive les malades d’une dernière chance d’améliorer la qualité des derniers mois de leur vie’. »
Cette affaire est reprise sur les sites Internet de tous les journaux.

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LA FRANCE DANS LA PRESSE NEERLANDAISE

Sous le titre « les pêcheurs bretons redécouvrent l’énergie éolienne », le Trouw, dans son supplément de Verdieping, consacre deux pages à l’invention de Pierre-Yves Glorennec de gestion automatique des voiles. Dans ce même supplément, le journal consacre un article à l’oliveraie de l’hôpital Saint-Paul-de-Mausole, peinte par Vincent van Gogh.
L’AD note que « des plages bretonnes seront fermées à cause de l’algue verte » et consacre une grande page aux dernières conversations dans la cabine de pilotage du vol AF 447 d’Air France avant son crash dans l’Océan atlantique.
Le Volkskrant publie un article sur les conclusions du scientifique et poète italien Giovanni Catelli sous le titre « La mort d’Albert Camus n’était pas un accident mais un meurtre commis par le KGB ». Ce même quotidien consacre également un article à l’affaire DSK sous le titre « la femme de chambre demande des dommages-intérêts à Strauss-Kahn ».

Cette revue de presse ne prétend pas à l’exhaustivité et ne reflète que des commentaires ou analyses parus dans la presse néerlandaise, qui n’engagent en rien le point de vue propre de l’ambassade de France aux Pays-Bas.

Dernière modification : 10/08/2011

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