Presse néerlandaise du mercredi 10 mai 2006

Les comportements asociaux sont un problème croissant dans les pays d’Europe, selon une grande enquête effectuée par l’entreprise de sécurité ADT et le University College London. Chaque pays estime que ses propres difficultés excèdent celles des autres - aux Pays-Bas, 94 pour cent des Néerlandais le pensent. Mais quand on demande aux 7 000 personnes interrogées en Europe de donner leur avis sur les comportements asociaux dans d’autres pays que le leur, il apparaît qu’ils considèrent surtout la Grande-Bretagne et la France comme pays à problème. 44 pour cent pensent que les comportements asociaux sont un grand problème aux Pays-Bas.

-NRC Handelsblad d’hier soir : "La police emploie les GMS des citoyens pour ses investigations - La population va contribuer à la lutte contre les délits - Cela a déjà été le cas hier soir durant les désordres à Amsterdam", "Davantage d’institutions concernées par la loi sur la transparence administrative"
-Trouw  : "Les directeurs s’habituent aux allochtones dans leurs entreprises - Les grands managers : les Nouveaux Néerlandais sont importants pour l’économie", "Les Néerlandais ne sont pas si asociaux que cela"
-de Volkskrant  : "Le lien entre Kroes et Paarlberg est en partie intact - Le magnat immobilier est garant de sa villa privée", "Bruxelles renonce à revitaliser la Constitution", "Bolkestein soutient Verdonk comme leader du VVD", "Endstra s’était aussi entretenu avec le procureur Plooy" (procès Holleeder)
-AD Haagsche Courant  : "Chez Taïda à Sarajevo" (reportage sur la lycéenne kosovare contrainte de quitter les Pays-Bas), "’Un émeutier de Pjinacker voulait étrangler une agente de police’"
-De Telegraaf  : "L’enregistreur DVD perturbé - Un mystérieux code bloque certains enregistrements", "L’aide au Surinam se met en route"

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ACTUALITE INTERNATIONALE

Union européenne

1) Constitution européenne.
"Il est inutile pour le moment d’essayer de revitaliser la Constitution européenne rejetée l’an dernier par les Français et les Néerlandais", écrit Bert Lanting à la une du Volkskrant, depuis Bruxelles. "C’est ce que conclut la Commission européenne dans un rapport qui paraît aujourd’hui. A la place, le président de la Commission, Barroso, veut en appliquer certains éléments, comme la coopération dans le domaine de la justice."
"La Commission recommande de laisser la Constitution pour l’instant, parce qu’il n’y a ’pas de consensus’ sur ce qu’il convient de faire. ’L’ignorer serait une illustration du fossé que la Constitution devait justement combler’."
"En 2007, lorsqu’il y aura cinquante ans que la CEE (le précurseur de l’UE) a été fondée, les leaders de l’UE devraient adopter une déclaration sur les valeurs et les ambitions de l’Union, ’avec la promesse solennelle de les réaliser’. Cette déclaration pourrait être le point de départ d’une réforme des institutions européennes." "Dans l’intervalle, l’UE doit mieux utiliser les traités existants pour être plus dynamique. C’est pourquoi Barroso veut se défaire du droit de veto des Etats membres dans le domaine de la justice, s’agissant de la lutte contre le terrorisme, le trafic d’êtres humains et d’armes..."
"La Constitution le prévoyait déjà, mais comme elle n’est pas appliquée pour le moment, Barroso veut régler la question par une autre voie."
"La Commission reconnaît que c’est une affaire sensible aux Pays-Bas, mais selon un collaborateur il s’agit uniquement de la criminalité transfrontalière et la politique néerlandaise de la drogue n’est pas menacée."

"Les groupes europarlementaires PvdA et D66 jugent bon que Barroso monte au créneau et essaie de régler quelques questions prévues dans la Constitution échouée, questions urgentes à leurs yeux", précise le Telegraaf (p.13). "GroenLinks et le VVD, surtout, redoutent cependant l’image négative qui peut se créer, les Néerlandais qui ont voté contre la Constitution risquant de se sentir mis à l’écart. ’C’est surtout le fait que ce soit Bruxelles qui reprend l’initiative qui est déraisonnable’, selon l’europarlementaire VVD Maaten."

En page d’opinion du Financieele Dagblad, Han Dirk Hekking et Hendrik Jan van Oostrum estiment que "Barroso ferait bien aujourd’hui de recommander vivement aux politiques français et néerlandais d’aborder largement les thèmes européens dans leurs campagnes électorales". "Dans la perspective d’un nouveau référendum sur les règles du jeu européennes, il importe que les Français et les Néerlandais sachent beaucoup mieux ce que signifie la coopération européenne."
Journée de l’Europe.
L’Algemeen Dagblad, dans son cahier haguenois Den Haag Dichtbij, rend compte d’une réception donnée hier à la Maison de l’Europe, sur le Korte Vijverberg. L’un des invités de Ludolf van Hasselt, représentant permanent de la Commission européenne aux Pays-Bas, était le coordonnateur européen de la lutte contre le terrorisme, l’ancien secrétaire d’Etat Gijs de Vries (VVD).

Surinam

"L’aide au Surinam touché par de graves inondations démarre tout doucement", relève le Telegraaf à la une. "Ainsi, les communes d’Amsterdam et de Rotterdam ont toutes deux mis 250 000 euros à la disposition des victimes dans l’ancienne colonie néerlandaise, tandis que la ministre Van Ardenne (Coopération) a fait savoir que ’l’ami du Surinam est prêt à faire le nécessaire’."
"Le ministère des Affaires étrangères est en concertation sur la situation avec les Nations Unies, la Croix Rouge et d’autres organisations d’aide. La radiotélédiffusion publique prépare activement une soirée télévisée nationale au bénéfice des victimes, dimanche prochain."

Le Trouw (p.3) précise que 20 000 à 25 000 personnes ont tout perdu dans les régions inondées. L’association d’organisations d’aide SHO a ouvert le compte postal 797 au nom de SHO Den Haag. Kerkinactie et l’Organisation interéglise d’aide au développement ont mis 100 000 euros à la disposition des zones sinistrées.

Nations Unies

Le Volkskrant (p.5) signale l’élection des Pays-Bas au nouveau Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies. "Les Pays-Bas étaient en compétition avec huit pays occidentaux candidats à sept sièges au sein du Conseil. Ils sont devenus cinquième avec 137 voix, derrière l’Angleterre, l’Allemagne, la France et la Suisse."

ACTUALITE INTERIEURE

VVD

"L’ancien président du groupe parlementaire VVD Bolkestein veut que la ministre de l’Immigration Verdonk devienne la nouvelle tête de liste du VVD", relève le Volkskrant à la une. "Il est convaincu que Verdonk attirera plus d’électeurs que son rival le secrétaire d’Etat à l’Education Rutte." "Selon Bolkestein, l’image de Verdonk est convaincante. ’Elle a les pieds sur terre. Elle fonce et les gens le sentent’, dit l’ancien commissaire européen cette semaine dans Elsevier. Il juge très important que Verdonk soit versée dans ’le principal thème’ des années à venir : les migrations et l’intégration." "Les membres du VVD peuvent voter à partir d’aujourd’hui pour l’un des trois candidats, Verdonk, Rutte et la députée Veenendaal. Le résultat sera publié fin mai."

Dans une interview publiée dans le cahier Voorkant du journal de centre gauche, Rita Verdonk prône un soutien éducatif obligatoire aux parents susceptibles de ne pas bien pouvoir éduquer leurs enfants. "Du moment que les parents n’y arrivent pas eux-mêmes, il faut les assister dans l’intérêt des enfants. Et quand un parent ne veut pas le comprendre, il faut le contraindre. Point final."
Verdonk veut mettre fin au "pouponnage" des citoyens par les autorités. "Nous Néerlandais avons toujours été des entrepreneurs. Mais nous avons perdu cette qualité parce que nous avons été traités comme des enfants immatures pendant des années."

De Telegraaf

"La justice soupçonne deux journalistes du quotidien De Telegraaf de violation de secrets d’Etat", note le Volkskrant à la une. "Les reporters Joost de Haas et Bart Mos ont été interrogés par la police nationale mardi. Durant l’interrogatoire, ils ont dû laisser prélever de l’ADN et leurs empreintes digitales. Ils ont également été contraints de laisser un échantillon de leur écriture. C’est la première fois que des journalistes doivent fournir de l’ADN à la justice."
"De Haas et Mos ont révélé au début de l’année que des informations secrètes provenant d’enquêtes effectuées par l’AIVD en 1999 circulaient dans le milieu amstellodamois. Ainsi, le grand criminel Mink K. est en possession des enquêtes que l’AIVD a faites sur lui. Le Telegraaf a cité des extraits de ces documents."
"Un ancien agent de l’AIVD a été arrêté la semaine dernière", rappelle le journal de centre gauche. "Il est soupçonné d’avoir vendu des secrets d’Etat à K.. La justice estime que les reporters n’avaient pas le droit de publier des extraits des documents qui circulaient" (également De Telegraaf p.3).

GroenLinks

Le sénateur GroenLinks Sam Pormes, dont le passé de militant pour la cause moluquoise fait l’objet de rumeurs depuis des mois, s’est accordé sur sa situation avec ses collègues de groupe sénatorial. Selon une déclaration du groupe GroenLinks, Pormes quittera le Sénat à l’automne, "afin que GroenLinks ne soit pas gêné par les rumeurs sur sa personne, dans la perspective des élections de mars et mai 2007".
Pormes emploiera surtout le temps qui lui reste au Sénat à lutter pour sa réhabilitation au sein de son parti (de Volkskrant p.2, De Telegraaf p.12).

ECONOMIE, FINANCES

Energie durable

Le Volkskrant (p.7) et le Trouw (p.15) publient un reportage sur la première phase du projet d’énergie éolienne Offshore Windpark Egmond, le transport par convoi exceptionnel d’énormes pièces qui seront assemblées au large d’Egmond aan Zee (Hollande du Nord). "Ce sera le premier grand parc d’éolienne en mer du Nord, au large de la côte néerlandaise", souligne le second journal. "De tels parcs existent déjà au large des côtes britannique et danoise, mais celui d’Egmond sera le premier du monde à avoir des turbines de 3 mégawatts en pleine mer."
Le projet, initié par l’Etat en 1997, a été adjugé à NoordzeeWind (Shell et Nuon).

AFFAIRES FRANÇAISES

Dans le Volkskrant (p.5), Fokke Obbema, outre une correspondance sur le lobby anti-ours des Pyrénées, consacre un papier d’angle à l’affaire Clearstream, intitulé "Gestion de scandale à la française". Le journaliste s’étonne de l’indifférence des Français pour conclure : "Les conséquences politiques ne sont pas difficiles à prédire. L’affaire, qui risque de traîner encore plusieurs semaines, ne touche pas seulement la droite politique, mais aussi la gauche. L’image de profiteurs et de délateurs qui colle aux politiques s’en trouve renforcée - et favorise les extrémistes."

Dernière modification : 11/05/2006

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