Presse néerlandaise du mercredi 12 octobre 2005

L’actualité internationale domine la une de la plupart des quotidiens, avec la recherche de survivants du séisme de samedi dans le Sud de l’Asie et les attentats en Irak, quelques jours avant le référendum sur la Constitution. Plusieurs éditorialistes commentent par ailleurs la situation politique en Allemagne.

-NRC Handelsblad d’hier soir : "Je ne dois pas être grincheuse, dit Merkel", "Remkes : les communes ne font pas assez attention à la radicalisation", "Mécontentement en Asie du Sud sur l’aide après le séisme"
-Trouw : "Attentats en Irak : 50 morts - La violence s’amplifie à l’approche du référendum sur la Constitution", "’Il faut supprimer l’âge limite pour la fécondation in vitro’" (soutenance de thèse)
-de Volkskrant : "’Ne sommes-nous pas des victimes aussi ?’ - Colère et impuissance dans les montagnes du Nord du Pakistan" (reportage), "La lauréate du Prix Nobel [de littérature 2004] divise le comité"
-De Telegraaf : "Des voyages par avion en vente au supermarché - A Berlin pour € 29 avec Dirk van den Broek", "Nouveau remaniement à Talpa" (télévision commerciale)
-AD Haagsche Courant : "Le même numéro de téléphone pendant toute sa vie", "La puanteur de la mort domine" (reportage du Pakistan)

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ACTUALITE INTERNATIONALE

Allemagne

"On dit d’Angela Merkel qu’elle a souvent été sous-estimée durant sa carrière", écrit l’éditorialiste du NRC Handelsblad d’hier soir. "Ce serait parce qu’elle a l’air timide. Mais cette ’petite de l’Est’, comme on l’a parfois appelé par dérision, ne s’est jamais laissé marginaliser. Elle va devenir maintenant le chef politique de l’Allemagne, le pays le plus important d’Europe." "Elle sera la première chancelière de la République fédérale, la leader d’une grande coalition des principaux courants politiques, les chrétiens-démocrates (CDU/CSU) et les sociaux-démocrates (SPD)."
"Elle a battu le chancelier Gerhard Schröder de peu. Il n’est pas nécessaire de déplorer le départ de celui-ci. Les Allemands n’en avaient peut-être pas assez de lui, mais certainement de sa politique défaillante."
"Une grande coalition est par définition difficile. Plus de quatre ans de gouvernement n’est pas souhaitable du point de vue idéologique. Dans le pire des cas, ce sera de la politique au millimètre. Dans des conditions idéales - qui sont rares - les partenaires pourront conjuguer leurs efforts et s’atteler aux problèmes nationaux : le vieillissement de la population, le déficit budgétaire, le coût trop élevé de l’Etat-providence et, surtout, le chômage et la misère persistante dans les länder de l’Est. Ces länder ne comptent pas seulement le plus grand nombre de chômeurs, il y règne aussi une ambiance de déclin moral. Quinze ans après sa chute, le Mur est toujours entier dans la tête de beaucoup d’Allemands de l’Est. A Merkel de le faire tomber."
"L’Allemagne a déjà eu une grande coalition au niveau national, celle dirigée par le chancelier CDU Kiesinger. De fortes personnalités comme Willy Brandt, Franz-Josef Strauss et Herbert Wehner, des gens qui, en général, ne cédaient pas d’un pouce, ont fait partie de son gouvernement (1966-1969). Pourtant, Kiesinger a réussi à appliquer de grandes réformes et on peut considérer rétrospectivement que cette législature a été bonne. C’est un encouragement pour Merkel. Son ’mariage d’éléphants’ peut très bien réussir. Pour l’Europe, qui ressentira indubitablement les conséquences d’une Allemagne en changement, les prochaines années, cela peut être rassurant."

Pour le Trouw, "l’ère Schröder est finie, Merkel peut se mettre à l’ouvrage". "La grande coalition qui s’est créée est clairement un mariage de raison, imposé parce que d’autres coalitions ne sont pas faisables et que tout le monde juge indésirable d’organiser de nouvelles élections."
A la différence de son confrère le NRC Handelsblad, le journal chrétien progressiste est "pessimiste sur l’avenir de cette coalition". "La première tentative de gouvernement commun de la CDU/CSU et du SPD, à la fin des années soixante, a été marquée par une grande méfiance mutuelle et le processus politique a été difficile pendant des années. La chose peut se répéter et cela ne serait pas bon pour l’Allemagne et pour l’Union européenne. Il faut du dynamisme pour sortir l’économie de l’ornière et donner de nouvelles impulsions à la coopération au sein de l’UE."
"Schröder a mis fin hier à l’incertitude sur son avenir politique. Il ne sera pas ministre au sein du gouvernement Merkel. C’est une sage décision. En tant que ministre il se serait mis dans les jambes de son successeur et aurait hypothéqué le difficile mariage du SPD et de la CDU/CSU. Angela Merkel doit pouvoir gouverner."

"Condamnés l’un à l’autre", titre le journal d’affaires Het Financieele Dagblad au-dessus de son commentaire. "La grande coalition de sociaux-démocrates et de chrétiens-démocrates doit réunir deux partis qui ont une conception fondamentalement différente des thèmes cruciaux. Rédiger un accord de gouvernement ambitieux est une mission presque impossible. Le secteur privé allemand a déjà revu ses attentes à la baisse depuis longtemps."

A noter que le NRC Handelsblad reprend en page d’opinion un article de John Vinocur, commentateur de l’International Herald Tribune, qui discerne de "nouvelles possibilités pour une autre politique étrangère". "Merkel donne une nouvelle voix à l’Allemagne."

ACTUALITE INTERIEURE

Randstad

"Les maires des quatre grandes villes et quatre Commissaires de la Reine veulent une administration fortement simplifiée pour la Randstad", relève le Volkskrant à la une. "Dans un manifeste publié aujourd’hui, ils appellent le gouvernement à instaurer une commission indépendante qui devra formuler avant les élections de 2007 une proposition visant à mettre fin à la viscosité du processus décisionnel dans cette région."
"Selon les huit gestionnaires, qui se sont associés sous la dénomination Holland Acht, la Randstad, par suite de la bureaucratie, est à la traîne de dix-neuf autres régions urbanisées d’Europe de l’Ouest. Ils se fondent sur une étude indépendante de TNO, qui a comparé les données statistiques de vingt importantes régions économiques. ’Le développement de l’économie - et donc la croissance de la prospérité dans la Randstad Holland - n’est pas au rythme de celui de ses concurrentes. Le retard s’est accru en 2003 et un renversement n’est pas en vue’, conclut le bureau d’étude dans son rapport Randstadmonitor 2004. Si l’on mesure le produit brut par habitant - ce qui est le principal indice d’après les gestionnaires - la Randstad a dégringolé en six ans de la cinquième à la dix-neuvième place."
"Pour renverser cette tendance, il faut réformer l’administration de la Randstad, estiment les maires Cohen (Amsterdam), Opstelten (Rotterdam), Deetman (La Haye) et Brouwer-Korf (Utrecht). Le manifeste porte aussi la signature des Commissaires de la Reine Borghouts (Hollande du Nord), Franssen (Hollande du Sud), Staal (Utrecht) et Jager (Flevoland)."
"Le Holland Acht fait valoir dans son manifeste que beaucoup trop d’organes administratifs et de concertation ont leur mot à dire, de sorte que les décisions prennent du retard ou sont inapplicables."

Radiotélédiffusion publique

"Une majorité de la Deuxième Chambre soutient les projets médiatiques de la secrétaire d’Etat Van der Laan (Culture, D66)", annonce le NRC Handelsblad à la une. "C’est ce qui ressort d’un débat à la Deuxième Chambre sur l’avenir du système public de radiotélédiffusion, lundi. Les groupes parlementaires partis de la coalition, le CDA, le VVD et le D66, ont contribué à mettre au point ces projets."
"Van der Laan, durant le débat, a présenté un nouveau règlement de transition pour la NPS. Le gouvernement veut dissoudre cette organisation en 2008. Van der Laan, lundi, a proposé de continuer de faire les programmes culturels de la NPS jusqu’en 2011. D’ici là, elle veut transférer ’un à un’ ces programmes et leurs producteurs dans la nouvelle organisation centrale du système public."
"Le CDA a dit durant le débat que le système public devait garder trois chaînes de télévision. Le VVD a répété que le point de vue de ce parti était que deux suffisaient."

De l’avis du commentateur du Volkskrant, le projet de Medy van der Laan est "un monstre, un compromis incompréhensible entre le VVD et le D66, qui veulent une radiotélédiffusion nationale, et le CDA qui veut protéger les associations de radiotélédiffusion." "Il est amer de voir la radiotélédiffusion publique devenir la victime d’un marchandage politique qui devait sauver le gouvernement après la crise sur l’élection des maires. Et il est cynique que ce soit une secrétaire d’Etat D66 qui doive faire passer au Parlement récalcitrant ce projet concocté lors de ’messes basses’. Cela témoigne d’une conception de la démocratie que le D66 a toujours critiquée chez d’autres partis."
"Les téléspectateurs et les auditeurs ne peuvent qu’espérer que le projet de Van der Laan traîne au-delà de 2007. Un nouveau gouvernement aura alors la possibilité de formuler une proposition plus raisonnable. Le gouvernement Balkenende dira bien qu’une question importante risque de rester en suspens, mais en l’occurrence un report est préférable à un changement en mal."

Politique d’expulsion

"La Deuxième Chambre approuve la proposition visant à expulser plus rapidement les étrangers coupables d’un délit", note le Volkskrant (p.2). "Le CDA, le VVD, la LPF et les députés Nawijn et Wilders ont soutenu ce projet de la ministre de l’Intégration Verdonk mardi, durant un débat d’urgence."
"Cette proposition permettra de retirer le permis de séjour d’un étranger qui a résidé moins de trois ans aux Pays-Bas et qui a été condamné pour un délit passible d’une peine de prison."

Femke Halsema

"GroenLinks doit embrasser le libéralisme les prochaines années et se distancier de l’ancien concept socio-économique du paternalisme d’Etat", rapporte le NRC Handelsblad à la une. "C’est ce que la leader GroenLinks Femke Halsema écrit dans la postface du livre Vrijheid als ideaal [la liberté pour idéal], publié par le bureau scientifique de GroenLinks. Dans ce livre, un certain nombre de sociologues et de philosophes décrivent une politique libérale de gauche. Halsema, qui a annoncé le mois dernier un ’printemps de gauche’, est partisane d’un cap libéral pour son parti."
"Selon Halsema, son parti, ces dernières années, a omis de développer une ’conception souveraine’ de la liberté socio-économique. GroenLinks n’a pas assez progressé ’dans sa lutte pour l’émancipation’."
"Halsema se distancie du cap que le parti a suivi jusqu’à présent : ’L’Etat-providence actuel encourage la dépendance et l’inactivité en insistant sur l’aide au revenu. (...) C’est à tort que les règlements existants privilégient les personnes âgées par rapport aux jeunes’."

Santé publique

Le Trouw (p.4) et le Telegraaf (p.8) signalent la progression inquiétante du diabète aux Pays-Bas. Alors qu’en 2000, il y avait encore 475 000 Néerlandais diabétiques, leur nombre est passé à 600 000 trois ans plus tard. C’est ce qui ressort des chiffres présentés hier à Amsterdam par l’Institut national de la Santé publique et de l’Environnement (RIVM).
Selon l’organisation Diabetesfonds, il y a encore 250 000 Néerlandais atteints du diabète sans le savoir. L’organisation estime par conséquent à 850 000 le nombre total de diabétiques et elle s’attend à ce qu’ils soient un million en 2008.

ECONOMIE, FINANCES

TGV

"Les trains de la ligne TGV Amsterdam-Paris seront livrés avec un retard de dix mois", relève le Volkskrant (p.7). "La voie restera donc longtemps vide. C’est ce que la ministre des Transports Peijs a fait savoir à la Deuxième Chambre. La ministre veut tout de même faire payer les NS pour l’usage de la voie pendant ces mois, mais les chemins de fer refusent. ’S’il le faut nous saisiront les tribunaux’, a déclaré un porte-parole des NS."
"A partir du 1er avril 2007, date initialement prévue pour l’ouverture, les NS doivent payer pour l’usage de la voie, avec ou sans train. Cela signifie que les chemins de fer devront verser environ huit millions d’euros par mois. Dans ce cas, l’entreprise qui va exploiter la ligne TGV, HSA (propriété des NS à 90 pour cent, de KLM à 10 pour cent), risque fort de faire faillite, parce qu’elle n’aura pas de revenus. En définitive, ce sont les NS (propriété de l’Etat à 100 pour cent) qui devront verser ces montants, car la société est garante de HSA jusqu’à un montant de deux cents millions d’euros."
"Les NS reprochent au ministre de leur avoir communiqué beaucoup trop tard les spécifications du nouveau système de sécurité. Ce serait la cause du retard." "La ministre se réfère à ligne de Betuwe, où les sociétés ferroviaires sont en mesure de satisfaire aux normes de sécurité en 2007. En fait, elle reproche implicitement aux chemins de fer d’avoir commandé les trains trop tard. Et le choix en faveur du constructeur italien de trains Ansaldobreda est également malencontreux. Les Italiens n’ont pas d’expérience dans le domaine des TGV et ils sont connus pour livrer tard."
"La Deuxième Chambre débattra du TGV jeudi."

AFFAIRES FRANÇAISES

Le Financieele Dagblad (p.2) mentionne la mise en garde à vue de l’ancien ambassadeur français auprès des Nations Unies, Jean-Bernard Mérimée, la justice le soupçonnant d’avoir bénéficié de largesses du régime de Saddam Hussein. "Il aurait accepté des bons d’achat de pétrole entre 1996 et 2003."

Dernière modification : 12/10/2005

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