Presse néerlandaise du mercredi 13 octobre 2004

Si la
grève des transports publics cause des problèmes demain, ce sera durant l’heure
de pointe du matin, préviennent les journaux. La pluie annoncée par les
météorologistes et la présence sur les routes de migrants pendulaires qui
prennent habituellement le train pour se rendre au travail risquent de causer de
très longs ralentissements. En temps normal, on compte 180 km de bouchons aux
Pays-Bas le jeudi matin. Le Service d’information routière recommande à tous
ceux qui peuvent le faire de prendre congé demain, de travailler à domicile ou
de faire du covoiturage. 

  • NRC Handelsblad
    d’hier soir : "Les europarlementaires rejettent Buttiglione", "Le salaire
    épargne vivement critiqué", "La fraude dans le bâtiment est en partie couverte
    par la prescription"
  • de Volkskrant  :
    "’Pourquoi de nouveau les transports publics ?’", "Tonino se démet à cause de
    l’affaire de l’ordinateur",
  • Trouw  : "Procès
    historique contre la direction d’Ahold", "’Vous resterez dans nos cœurs’" (fin
    du deuil officiel des victimes de la prise d’otages de Beslan, en Ossétie)
  • Algemeen Dagblad
     : "Les patients ont maintenant le choix" (étude comparative des performances
    des hôpitaux néerlandais), "La grève divise la population"
  • De Telegraaf  :
    "Tonino se démet à cause de la gaffe du PC - Le VVD veut se pencher sur le
    travail à domicile des magistrats
    ", "Le prince Bernhard a des troubles
    respiratoires"

* * *

Le
dossier du jour : Conflit social

" Le
vice-premier ministre Zalm a tendu une main très prudente aux partenaires
sociaux hier
", relève le Trouw (pp.1 et 2). " Les économies à
réaliser sur la VUT [retraite anticipée] et la préretraite resteront inchangées,
mais Zalm a parlé de possibles atténuations
. Il a nommé la VUT épargne et
la retraite à temps partiel comme thèmes susceptibles d’être présentés en guise
de compromis au mouvement syndical
."

"Jusqu’à présent, le vice-premier ministre avait maintenu que l’Etat ne ferait
pas de concession sur la VUT épargne, une forme de VUT qui n’exclut pas le
départ anticipé à la retraite, mais qui récompense expressément le travailleur
s’il reste actif plus longtemps. Le porte-parole de Zalm n’a pas voulu préciser
davantage ce que Zalm envisage."

" L’appel
à une intervention du premier ministre Balkenende se fait de plus en plus
pressant
. Hier, le secrétaire d’Etat Van der Knaap, durant ses entretiens
avec les partenaires sociaux, s’est aussi fait dire par l’organisation patronale
MKB-Nederland et la centrale syndicale MHP que Balkenende devait se mêler
personnellement de l’affaire
."

"Hier
après-midi, MKB-Nederland, l’organisation patronale des petites et moyennes
entreprises, s’était encore interrogée ouvertement sur la mission Van der Knaap.
’Quand on veut assurer une médiation, on ne l’annonce pas au grand public’, a
dit le président de MKB, L. Hermans. MKB-Nederland reproche au gouvernement
d’agir avec maladresse, surtout parce que le vice-premier ministre Zalm avait
employé le terme ’renifler’ pour parler de cette tentative. ’Au nom de qui le
secrétaire d’Etat opère-t-il donc ?’ s’est demandé Hermans en public."

"Cela
n’a pas empêché qu’un entretien ’ouvert et agréable’ se déroule plus tard dans
la journée, entre Van der Knaap et Alfred van Delft, coordinateur de la
politique sociale de MKB-Nederland."

" L’appel
remarquable des syndicats - Balkenende n’est-il pas le leader du gouvernement
qu’ils abhorrent ? - s’est fait entendre durant les entretiens avec le
secrétaire d’Etat CDA Cees van der Knaap
", souligne aussi le Volkskrant
à la une. "’Le premier ministre doit frapper du poing sur la table’, selon
Wolter Muller, du MHP. Quant à Alfred van Delft, de MKB-Nederland, il a dit que
’Balkenende doit prendre les commandes’. Le chef de file CNV
Doekle Terpstra, qui ne s’est pas entretenu
avec Van der Knaap, a annoncé que ’la seule chose qui marchera, c’est que
Balkenende, de son lit d’hôpital, désigne un médiateur qui ne fera son rapport
qu’à lui’. Il y a d’autres initiés à La Haye qui pensent que le premier
ministre pourra jouer un rôle décisif lorsqu’il se remettra au travail
. Ces
initiés considèrent l’intervalle jusqu’en novembre comme une utile période
d’apaisement."

En page
3 du journal de centre gauche, le vice-premier ministre Zalm fait valoir que
la grève des transports publics, demain, touchera "les mauvaises personnes"
.
"C’est aux tribunaux de décider si c’est un moyen disproportionné, mais cela en
a tout l’air. Les syndicats toucheront des tas de gens, sauf le gouvernement .
C’est ce que je trouve tellement dramatique. Je trouve les manifestations plus
impressionnantes et elles suscitent plus de sympathie."

Le Telegraaf (p.3) estime avec MKB-Nederland qu’un jour de grève comme demain
coûtera environ 100 millions d’euros à l’économie néerlandaise.

 

Commentaires

Pour
l’éditorialiste du NRC Handelsblad d’hier soir, " la déconfiture du
secrétaire d’Etat Van der Knaap (Défense, CDA) fait apparaître une division au
sein du gouvernement
". " Chrétiens-démocrates et libéraux ont
manifestement une divergence d’opinion sur la manière dont il faut sortir de
l’impasse avec les partenaires sociaux
." " En démentant catégoriquement
que le secrétaire d’Etat agissait au nom du gouvernement, Zalm a effectivement
bloqué sa mission
. En outre, il a ouvertement mis les responsables CDA au
pied du mur
."

Compte
tenu de l’impopularité "dramatique" de la politique gouvernementale, le journal
du soir juge "d’autant plus curieux que le gouvernement continue de faire
tourner les moulins à prières de l’austérité à cause du vieillissement."

" On
peut se demander s’il y a un rapport entre l’absence du premier ministre et
l’assurance affichée par Zalm
. Cela fait maintenant un mois que Balkenende a
disparu de la scène à cause de son infection au pied. Plus personne ne parle de
normes et valeurs, il ne s’agit que de VUT et de préretraite."

" Le
problème n’est pas qu’il n’y a plus de coordination parce que Balkenende est
temporairement neutralisé. On ne peut de toute façon guère parler de
coordination par le premier ministre dans les gouvernements Balkenende. Mais en
tant que primus inter pares Balkenende pourrait bien générer un mouvement
susceptible de déboucher sur une reprise de la concertation avec les partenaires
sociaux
." "Balkenende a peut-être essayé par le biais de Van der Knaap de
jouer son rôle dans la reprise de la ’concertation polder’ tant souhaitée.
L’action du vice-premier ministre Zalm était d’autant plus néfaste."

Le
commentateur du Volkskrant de ce matin juge très gauche" l’approche
du gouvernement
. " Le manque de leadership du vice-premier ministre Zalm
est manifeste en l’occurrence
. Il semble bien que le VVD ne ressente aucun
besoin de tendre la main au mouvement syndical. Une majorité de la Deuxième
Chambre a amendé et accepté les grandes lignes des projets du gouvernement. Pour
les libéraux, la question est donc réglée."

"Les
actions" que préparent les syndicats "semblent à première vue dans l’intérêt de
tous. Mais les grèves dans les transports publics et l’enseignement perturbent
tellement la vie publique qu’il faut les rejeter comme moyen de pression
politique." " Il vaut mieux pour toutes les parties discuter plutôt que de
faire grève
."

 

Actualité
internationale

Irak

Dans le
NRC Handelsblad (p.2) d’hier soir, Max van der Stoel (80 ans),
ancien ministre PvdA des Affaires étrangères et Ministre d’Etat (une fonction
honorifique), soutient toujours l’offensive contre l’Irak , comme il l’a
fait l’an dernier. Mais les Américains et les Britanniques n’auraient pas dû
passer à l’action aussi rapidement
. "Je ne vois pas pourquoi ils étaient
tellement pressés. Ils ont réagi aux nouvelles les plus alarmantes et n’ont pas
suffisamment fait attention aux moins alarmantes." "La leçon à en tirer est
qu’il ne faut pas agir en fonction des premiers renseignements venus, mais qu’il
faut aussi étudier les indications qui vont dans une autre direction."

" Les
Américains, et surtout le Pentagone, ont commis des erreurs capitales
. Ils
se sont trop laissés guider par des exilés qui avaient quitté l’Irak depuis très
longtemps. Même Paul Bremer a reconnu qu’au début il n’y avait pas assez de
troupes. Une période d’incroyable anarchie et de pillage a ainsi commencé. Les
Américains étaient impuissants. C’est à tort aussi qu’ils ont considéré comme
non fiables presque tous ceux qui avaient servi Saddam dans l’armée ou au sein
du parti Ba’as. Ils oubliaient que beaucoup y étaient contraints pour sauver
leur peau ou pour soutenir leur famille. Une partie considérable de la
population s’est ainsi détournée des Américains."

Van
der Stoel est très pessimiste concernant l’avenir
.
" Il ne sera pas facile de rétablir la confiance. Mais nous n’avons pas le
choix. Si l’Irak tombait aux mains de terroristes, la situation deviendrait
encore plus catastrophique
. Il ne reste qu’à aider le gouvernement
transitoire à asseoir son autorité et à former une armée efficace. Il importe
aussi d’impliquer des radicaux comme Muqtada al-Sadr dans le processus
politique." "Il n’est pas question d’abandonner l’Irak. Il faut donc essayer de
renforcer le plus possible l’armée irakienne."

En page
d’opinion, le même NRC Handelsblad reprend une tribune diffusée par le
ministre américain de la Défense Donald H. Rumsfeld : "Nous sommes en train de
gagner la guerre contre le terrorisme".

 

Actualité
intérieure

Nominations

J.W. de
Zwaan succèdera le 1er septembre 2005 à A. van Staden à la direction de
l’Institut Clingendael (La Haye). De Zwaan est professeur de droit de l’Union
européenne à l’Université Erasme de Rotterdam. Il a été agent du ministère des
Affaires étrangères, notamment auprès de la représentation permanente des
Pays-Bas auprès de l’UE, à Bruxelles ( Trouw p.5).

L’entrepreneur Bernard Wientjes sera le nouveau président de l’organisation
patronale VNO-NCW. Il succèdera en mai 2005 à Jacques Schraven, qui prendra de
hautes fonctions dans l’entreprise sidérurgique Corus. C’est ce qu’annoncent des
sources fiables à La Haye, selon le Telegraaf (pp.1 et 23).

 

Economie,
Finances

Fraude dans le bâtiment

"Les
entreprises de construction BAM, Heijmans, Koop et KWS ne seront plus
poursuivies pour préconcertation illégale", relève le NRC Handelsblad
d’hier soir à la une. "La conclusion d’accords tarifaires illégaux est couverte
par la prescription. C’est ce que le tribunal de Rotterdam a décidé lundi dans
le grand procès de fraude contre les quatre constructeurs et douze (ex-)managers
de ces entreprises. La préconcertation entre trois managers de Heijmans et un de
BAM est également trop ancienne pour faire encore l’objet de poursuites."

"Les
douze managers et les quatre entreprises seront cependant toujours poursuivis
pour production de fausses factures et de comptabilités manipulées et, dans le
cas de Koop, pour corruption de fonctionnaires." "Le procès qui a commencé la
semaine dernière fait suite à la grande fraude dans le bâtiment découverte en
2001" (également Trouw p.2).

 

Affaires françaises  

Le NRC Handelsblad (p.5) d’hier soir évoque encore la visite en Chine du
président Chirac en la plaçant dans un contexte international. "Le président
français Jacques Chirac a fait savoir à plusieurs reprises à ses hôtes chinois
qu’il commence à juger absurde l’embargo sur les armements de l’Union
européenne." "L’UE discute depuis quelque temps déjà de la pertinence du
maintien de l’embargo. La Grande-Bretagne est pour, tout comme les Etats-Unis,
moins pour des considérations humanitaires que géopolitiques. L’Amérique craint
que la Chine n’engage de nouvelles armes contre Taiwan et redoute de façon plus
générale que la Chine ne devienne trop puissante du point de vue militaire et ne
forme une menace de plus en plus grande."

"Pour
la France, la situation est différente. La France, membre comme la Chine du
Conseil de Sécurité de l’ONU, espère trouver dans ce pays un allié dans sa lutte
contre le trop grand unilatéralisme américain."

"Durant
une concertation des ministres des Affaires étrangères à Luxembourg, lundi, l’UE
n’a toujours pas pu s’entendre sur la levée de l’embargo. Le ministre Ben Bot,
qui a présidé la réunion, a déclaré à son issue : ’Il est clair qu’il nous faut
plus de temps pour évaluer la situation, mais nous espérons arriver à prendre
une orientation positive en faveur de la levée’."

"L’enthousiasme de l’Europe pour la Chine ne signifie rien de bon pour les
droits de l’homme dans ce pays", conclut le journal du soir après avoir rappelé
l’intérêt économique que la Chine présente pour les pays d’Europe, "et
l’évocation de ces droits durant les visites officielles est devenue quelque peu
obligée, voire démodée. Ainsi, Chirac, durant sa visite, a bien transmis une
liste de prisonniers chinois dont l’Union européenne s’inquiète, mais selon des
observateurs, cela n’avait rien d’impressionnant."

Dernière modification : 13/10/2004

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