Presse néerlandaise du mercredi 16 avril 2008

"La qualité de notre scarole, de nos choux-fleurs et de nos carottes baisse très vite", écrit le quotidien à grand tirage De Telegraaf. "Les vingt dernières années la présence de vitamines et de minéraux dans les légumes dits de pleine terre a fortement diminué, parfois de plus de cinquante pour cent. C’est en grande partie dû à l’injection d’engrais dans toutes nos terres arables. Ce procédé est tellement agressif qu’il se forme trop de substances nocives dans le sol. C’est ce que disent diverses organisations, dont la Stichting Milieubewuste Veehouderij [élevage respectueux de l’environnement], le bureau conseil Team Ecosys et Aquarius Alliance, une association de paysans et de scientifiques. L’Université agricole de Wageningen est elle aussi d’avis que cette pratique nuit à la vie des sols."
"Un Néerlandais sur trois développe actuellement un cancer, c’est un pourcentage beaucoup plus élevé que dans le reste du monde", commente la Vereniging tot behoud van boer en milieu (association pour le maintien des paysans et de l’environnement). "Si nous continuons ainsi, la santé publique sera mise en danger."

LES GRANDS TITRES

NRC Handelsblad (libéral) d’hier soir : "Le Nord aide ’il Cavaliere’ à reconquérir l’Italie", "’Il faut réformer les marchés pour lutter contre la faim’", "Nouvelle découverte de pétrole au Brésil"
De Telegraaf (populaire) : "Moins de vitamines dans les légumes – Les champs sont pleins de substances chimiques à cause de l’injection d’engrais", "Euroborg remis à neuf" (stade de Groningue)
de Volkskrant (centre gauche) : "Les assurances à frais excessifs sont toujours sur le marché – Le coût des polices n’a pratiquement pas baissé", "Un avion s’écrase dans un quartier au Congo"
Trouw (chrétien progressiste) : "Berlusconi ne vend plus de rêves – Un gouvernement stable est désormais possible en Italie", "Rouvoet : Moins d’églises, c’est plus grave que plus de mosquées"
AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "L’Etat a dépensé 2,6 milliards pour du personnel et des conseils externes – La Chambre exige que le gouvernement réduise les frais", "Tête à tête spirituel du Dalaï Lama et de Desmond Tutu"

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LE DOSSIER DU JOUR : Elections législatives italiennes

"Durant ses précédents mandats (1994 et 2001-2006) Berlusconi ne s’est pas montré un réformateur", fait valoir l’éditorialiste du NRC Handelsblad d’hier soir. "Durant la dernière période il s’est surtout occupé de législation destinée à lui éviter des poursuites pénales. Le reste de sa politique se limitait à des semblants de réforme."
"Berlusconi ne peut désormais plus s’en tenir à des apparences. L’Italie, avec une dette d’Etat de 105 % du PIB, est en train de devenir le maillon faible de l’Europe. Le système de retraites n’est pas adapté au vieillissement de la population. La participation au travail ne croît guère, l’économie non plus, même si l’on néglige l’effet de la crise du crédit. De nombreuses industries souffrent de la concurrence asiatique. Autrefois, on pouvait riposter en dévaluant la lire, mais avec l’euro ce n’est plus possible."
"La population ne semble pas encore disposée à voir la triste vérité en face. La façon dont les syndicats et les politiques ont empêché la reprise par Air France-KLM d’Alitalia au bord de la faillite a été révélatrice. Le premier ministre Berlusconi devra rompre cette stagnation." "A 71 ans, au crépuscule de sa vie politique, il a l’occasion de s’attaquer à autre chose qu’aux tarifs fiscaux et à ses propres accusateurs. Dans ce genre de circonstances, les premiers ministres se révèlent parfois d’énergiques réformateurs."

"Le nouveau gouvernement Berlusconi aura-t-il assez de dynamisme pour tirer l’Italie de l’ornière ?" s’interroge le commentateur du Volkskrant. "Hélas, les signes précurseurs ne sont pas favorables. Durant son précédent mandat, Berlusconi préférait éviter les mesures impopulaires. Et sa coalition ressemble à une alliance contre nature, dans laquelle les nationalistes doivent coopérer avec ’Lega Nord’, un parti qui flirte avec le séparatisme. Pour comble de malheur Berlusconi doit sa victoire en grande partie à ce partenaire turbulent."
Le journal de centre gauche discerne "des possibilités pour le leader de l’opposition de gauche, Walter Veltroni, qui en dépit de sa défaite a gagné en stature". "En opérant indépendamment avec son Parti Démocratique, il est en outre responsable de ce qui est peut-être bien le résultat le plus marquant de ces élections : la disparition des communistes et autres groupements radicaux de gauche, qui ont si souvent paralysé la coalition de gauche par leurs positions doctrinaires et qui ont été punies à juste titre."

"La meilleure nouvelle, c’est que Berlusconi dispose d’un bon mandat, avec une majorité à la Chambre et au Sénat", fait valoir le Trouw. "Les Italiens se sont ainsi rendu un grand service. Mis à part Bossi, ce ne seront pas des problèmes de coalition qui détermineront si Berlusconi peut appliquer une bonne politique ou non. C’est Berlusconi lui-même, et les électeurs sauront qui punir aux prochaines élections, s’il échoue."

Pour le journal d’affaires Het Financieele Dagblad, "les deux précédents mandats de Berlusconi laissent supposer qu’il ne faut pas s’attendre à ce qu’il prenne les mesures dont l’Italie a besoin". Le fait que le vainqueur des élections s’en soit pris à la Banque centrale européenne conforte le journal dans son pessimisme. "C’est à tort qu’il cherche de nouveau la cause des problèmes à l’étranger."

ACTUALITE INTERIEURE

Deuxième Chambre

"La Deuxième Chambre, à l’occasion d’un débat sur les rénovations de l’enseignement, a reconnu que l’Etat, dans de nombreux domaines, n’est pas à même d’appliquer une politique sans faire de dégâts", relève le Trouw (p.5). "Il faut laisser beaucoup plus de dossiers aux experts des secteurs concernés."
"Les groupes parlementaires de la droite comme de la gauche ont complimenté la commission Dijsselbloem (du nom de ce député PvdA) pour ses conclusions critiques sur les rénovations de l’enseignement." "Tous les groupes, à l’exception du SP, ont battu leur coulpe. En effet, les rénovations qui ont mal tourné avaient été soutenues pleinement par le Parlement. Ce n’est que lorsque d’autres groupes ont rappelé au SP qu’il avait soutenu l’introduction de diverses méthodes d’enseignement, ’sans avoir assisté aux débats’, que le député SP, Van Dijk, a reconnu la responsabilité de son parti."
"Mais hier le sentiment général était surtout que l’influence de l’Etat a atteint ses limites et qu’elle a un effet plutôt destructif que bénéfique. Le leader SGP Bas van der Vlies qualifié l’Etat de ’pouvoir contrariant’, le député SP Jasper van Dijk a condamné la puissance des managers, des gestionnaires et des conseillers dans l’enseignement, mais aussi dans les soins. Femke Halsema (GroenLinks) a parlé d’une ’combinaison désastreuse gouvernement-Chambre souffrant de vision de tunnel’ et ’ne se réduisant hélas pas au seul enseignement’. ’Des rapports similaires peuvent être rédigés sur les modifications de la sécurité sociale, des soins, de la politique d’asile, etc., etc...’"
"C’est le PvdA qui s’est mortifié le plus, ayant eu deux ministres (Netelenbos, Ritzen) et un secrétaire d’Etat (Wallage) responsables de l’application de rénovations et qui, s’il le fallait, escamotaient des rapports qui leur étaient défavorables. Le député PvdA Staf Depla, comme les autres porte-parole, a extrapolé vers un Etat incapable de prendre la direction dans beaucoup plus de domaines. ’Groupes d’organisations de coordination, gestionnaires, directions administratives, consultants et scientifiques forment une sorte de couche élastique qui absorbe les chocs, de sorte que ceux qui sont hors-circuit doivent crier de plus en plus forts pour se faire entendre.’ Depla a critiqué la concentration administrative, qui a agrandi la distance des gestionnaires aux exécutants. ’Pourquoi une compétition s’engage-t-elle, dont le vainqueur n’est pas le manager et encore moins l’enseignant, mais la bureaucratie ? L’évaluation, l’enregistrement et le monitoring ont pénétré jusque dans les fibres de notre secteur public. La méfiance semble être le ressort de cette compétition."
"Depla prône une étude parlementaire sur ces mécanismes dans l’enseignement, l’aide sociale aux jeunes et les soins au troisième âge. Mais il en a aussi imputé la responsabilité à la classe politique, qui rédige des accords de gouvernement ne laissant pas la moindre latitude."

Forces armées

Le Commandant des forces armées partant, le général Dick Berlijn, dans un discours prononcé hier à l’occasion de l’ouverture d’une exposition de photos, s’est déclaré favorable à la réinstauration du service militaire obligatoire. Non seulement pour remédier à la pénurie de personnel de la Défense, mais aussi pour inculquer aux jeunes le sens des responsabilités. "Quand les jeunes s’investissent dans quelque chose, la société a immédiatement plus de valeur pour eux", a déclaré le général mardi, en marge d’une réunion de départ.
"Le service militaire a été suspendu dans les années quatre-vingt-dix du siècle dernier, mais il n’a jamais été supprimé", rappelle le Volkskrant à la une. Le discours figure en page d’opinion du journal.

Discrimination

Selon la Commission pour l’égalité de traitement (CGB), la rédaction du mensuel féministe Opzij se rend coupable de discrimination en refusant d’engager des rédacteurs de sexe masculin, note le Trouw (p.4). Le Bureau Discriminatiezaken avait déposé une plainte contre le magazine l’an dernier. "L’avis donné hier par la CGB n’est pas contraignant, mais les tribunaux en tiendront compte s’ils sont éventuellement saisis."
"Opzij ne veut pas de rédacteurs masculins parce seules des femmes peuvent être féministes, selon le magazine. Mais selon la commission, les hommes peuvent également l’être."
La CGB s’est par ailleurs prononcée dans une affaire d’objection de conscience contre le mariage homosexuel, de la part d’un candidat à un poste à l’état civil de Langendijk (Hollande du Nord). Elle a estimé que les communes néerlandaises peuvent exiger de leurs fonctionnaires qu’ils concluent tous les mariages, y compris entre personnes du même sexe. Selon la commission, la municipalité est tenue d’appliquer la loi et n’a pas le droit de discriminer suivant la sexualité des citoyens. Cela signifie que le fonctionnaire de l’état civil conclut tous les mariages ou aucun.
Les groupes parlementaires ChristenUnie et SGP ont demandé au gouvernement de réagir, l’accord de gouvernement prévoyant de "prendre des initiatives pour garantir la sécurité juridique des fonctionnaires nourrissant des objections de conscience", en cas de problèmes pratiques.

Islam radical

Le Telegraaf (p.7) signale qu’un prédicateur radical de la mosquée Al Aqsa, à Jérusalem, veut se rendre aux Pays-Bas pour assister à une conférence sur les Palestiniens. "Le cheik Ikrime Sabri glorifie le jihad et encourage les enfants à commettre des attentats suicides. Sabri a appelé à plusieurs reprises à détruire Israël et à chasser tous les juifs de la ’Palestine’."
"Le cheik a été invité par l’organisation turque Kudüs Vakfi à participer à une réunion à Zaandam, dimanche."

AFFAIRES FRANÇAISES

Le Het Parool (p.6) d’hier soir, le Trouw (p.9) et le Telegraaf (p.11) évoquent l’adoption par les députés français d’un texte sanctionnant l’incitation à l’anorexie, en particulier sur Internet.

Dans le NRC Handelsblad (p.5) d’hier soir, René Moerland note que "le Parlement français est de plus en plus moderne". "A partir de cette semaine, les 577 élus de l’Assemblée Nationale peuvent siéger avec un ordinateur portable, l’idée étant qu’ils peuvent laisser chez eux des tas de paperasses."

Dernière modification : 19/08/2008

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