Presse néerlandaise du mercredi 2 juin 2004

Syndicalisation croissante des personnes âgées, faillites dans le
secteur de la restauration, prolifération des auto-écoles et idées du PvdA en matière
d’emploi : l’actualité présentée à la une reste disparate et les faits divers abondent
dans la presse à grand tirage.

  • NRC Handelsblad d’hier soir : "Sanctions moins élevées pour les
    fraudeurs du bâtiment", "Querelle au sein de MSF sur la rançon pour
    Erkel", "Ryad désemparé par le terrorisme"
  • de Volkskrant  : "Une vague de faillites frappe
    l’hôtellerie-restauration", "La Chambre réclame trente ans de prison pour le
    meurtre", "Les internautes peuvent décorer la Chambre" (projet de
    décoration de la nouvelle dépendance parlementaire)
  • De Telegraaf  : "Le PvdA veut un bonus pour les actifs - Bos va
    présenter un projet d’emploi
    ", "Un sms désespéré qui n’a pas été
    lu" (drame familial au Brabant)
  • Algemeen Dagblad  : "Progression des mauvaises auto-écoles - Un
    à-côté de chômeur", "Les acteurs grandissent avec Harry Potter"
    (les jeunes vedettes de la série de films), "Epouse à vendre", "Moberg :
    Ahold a frôlé la faillite"
  • Trouw  : "Forte croissance des syndicats du troisième âge", "Les
    Occidentaux : rester ou non ?" (situation en Arabie saoudite)

* * *

Actualité internationale

Antilles néerlandaises

" Le gouverneur des Antilles installera jeudi un nouveau
gouvernement qui succédera au gouvernement Godett
", annonce le Volkskrant
(p.2). " L’ancien premier ministre Etienne Ys, du PAR, reprendra ce portefeuille .
Outre le PAR, le deuxième parti du Parlement, le PNP et le PLKP feront partie du nouveau
gouvernement, qui doit gouverner jusqu’en 2006."

"Ces formations font actuellement partie du gouvernement
démissionnaire dominé par le Frente Obrero Liberashon (FOL) du politicien controversé
Anthony Godett. Les deux partis ont provoqué cette année la chute du gouvernement
dirigé par Mirna Godett, une sœur du leader du FOL."

"Le deuxième gouvernement Ys devra appliquer un programme
d’urgence pour mettre fin au déclin économique des Antilles néerlandaises. Les nouveaux
partis en coalition essaieront aussi de former une nouvelle administration de l’île de
Curaçao. S’ils y arrivent, le Frente Obrero Liberashon disparaîtra à la fois du
gouvernement national et de l’administration insulaire. Le Fol est actuellement le premier
parti du Parlement antillais et du Conseil insulaire de Curaçao."

Affaire Erkel

" Le gouvernement néerlandais et Médecins sans frontières,
peu avant la libération d’Arjan Erkel, ont violé des accords conclus avec les Russes
impliqués
", relève le Volkskrant (p.4) en rubrique internationale.
" C’est ce que dit le directeur des vétérans du KGB, Valentin Velitchko. ’Une
condition était le secret absolu sur les détails opérationnels. L’autre était : pas de
rançon’
."

"Les vétérans de Velitchko ont joué en mars un rôle de
médiateur lors du dénouement de l’enlèvement d’Erkel dans la république du Daguestan.
L’ex-membre du KGB est surpris par la querelle entre Médecins sans frontières et le
gouvernement néerlandais, à propos du versement d’une rançon d’un million d’euros. ’De
quoi se plaignent-ils ? Erkel n’a-t-il pas été libéré ? Je le répète : nous n’avons
jamais reçu d’argent du gouvernement néerlandais et nous n’avons pas payé les
ravisseurs. J’ai bien fait mon travail. S’ils ne sont pas contents, ils n’ont qu’à
ramener Erkel à Makhatchkala !’"

" En fait, les vétérans sont les seuls à tenir leurs
engagements’, réagit Arjan Erkel
. Il avait été convenu de ne pas porter la
rançon sur la place publique.’
Il savait qu’une ’transaction’ avait mené à sa
libération, mais il n’en connaissait pas le montant ni l’origine de l’argent."

"Des fonctionnaires du ministère néerlandais des Affaires
étrangères ont menacé Médecins sans frontières de rendre public le versement d’une
rançon, si MSF ne remboursait pas un million d’euros. C’est ce que dit Austin Davis,
directeur de MFS Pays-Bas
. Selon lui, le ministère a ’menacé et mis sous pression’
MSF, surtout le 3 mai, lors d’un entretien entre des fonctionnaires, Davis et Thomas
Linde, le directeur de MSF Suisse, qui s’est mis en disponibilité depuis."
"’Ils ont dit que la question de la rançon pouvait déboucher sur une crise
ministérielle. Le public en voudrait à MSF et les politiques se vengeraient sur
nous’."

"Davis reproche au gouvernement néerlandais de revendiquer le
succès de la libération d’Erkel, à juste titre selon lui, mais de rejeter entièrement
la responsabilité sur MSF dès qu’il s’agit d’un aspect moins glorieux : l’argent
.
’Les Pays-Bas et MSF ont tous deux les mains sales’."

"Erkel est convaincu que la fuite vient de MSF France. ’La
nouvelle était dans Le Monde. Et ils n’ont jamais démenti. Je trouve
déraisonnable que la discussion soit maintenant dans le domaine public. Cela ne profite
à personne. Les touristes et les hommes d’affaires néerlandais à l’étranger courent
maintenant davantage de risques. MSF aurait dû garder le secret sur la discussion’."

"Quoi qu’il en soit, ce qui dérange Davis et Clerk [le
porte-parole de MSF Suisse], c’est que la querelle porte surtout sur l’argent, alors qu’il
s’agit selon eux d’une question plus importante : l’avenir de l’aide dans le Caucase,
voire l’action même de Médecins sans frontières en tant que telle."

Union européenne : élection du Parlement européen

La Commission européenne menace de saisir la Cour européenne de
Justice si les Pays-Bas publient le résultat des élections européennes le 10 juin
.
Elle veut que les Pays-Bas attendent trois jours, le temps que les autres Etats membres
aient également voté. Les Pays-Bas, de leur côté, affirment qu’il s’agit d’un
résultat officieux, le Conseil électoral néerlandais déterminant le résultat
définitif le 15 juin.

L’un des arguments avancés par la Commission est que le résultat
- officiel ou officieux - des élections néerlandaises pour le Parlement
européen est susceptible d’influencer le comportement de vote dans d’autres pays de l’UE.

Selon un porte-parole du ministère de l’Intérieur, la discussion
entre La Haye et Bruxelles se déroule sur un ton amical. Il ne s’attend pas à ce que les
Pays-Bas modifient leur approche.

Les électeurs néerlandais et britanniques seront les premiers à
voter, le 10 juin. La plupart des autres Etats membres ne se rendront aux urnes que le
dimanche 13 juin ( Trouw pp.1 et 4).

 

Actualité intérieure

Code pénal

Une majorité de la Deuxième Chambre veut que les délits graves, tels
que le meurtre, soient sanctionnés par une peine de prison temporaire maximale de trente
ans
. CDA, PvdA et LPF rejettent la proposition du ministre de la Justice, Donner
(CDA), de combler d’une autre manière le "trou pénal", la différence entre la
peine de prison temporaire la plus lourde et la perpétuité.

Actuellement, une personne condamnée à la peine maximale de vingt ans
est libérée au bout de treize ans et demi, par suite de la remise en liberté accordée
automatiquement aux deux tiers de la peine, alors que la détention à perpétuité dure
jusqu’à la mort du condamné. Ainsi, un meurtrier condamné jeune peut passer plus de
quarante ans en prison.

La proposition du CDA, du PvdA et de la LPF réduit l’écart de six ans
et demi au maximum, une personne condamnée à trente ans étant automatiquement élargie
après vingt ans. Le ministre Donner estime cependant qu’elle porte atteinte à la
systématique du Code pénal : selon lui, il faudrait alors augmenter aussi les peines
maximales prévues pour d’autres délits. Il propose de donner aux juges la possibilité
d’infliger une peine de prison de vingt ans qui soit appliquée intégralement ( de
Volkskrant
p.1, Trouw pp.1 et 3).

Prix

Marcel ten Hooven, rédacteur du Trouw recevra cette année le
Prix Anne Vondeling du journalisme politique
. C’est ce que la Stichting Anne
Vondelingprijs a annoncé hier.

Le jury a décidé de récompenser Ten Hooven pour ses grandes
capacités d’analyse politique et sa connaissance de la matière. Il apprécie par
ailleurs l’aisance avec laquelle il fréquente les milieux politiques haguenois, sans pour
autant afficher de préférences partisanes.

Ten Hoove recevra le prix instauré en 1980 par le leader PvdA Den Uyl,
un montant de 2 500 euros, le 30 juin prochain, lors d’une réunion à la Première
Chambre ( Trouw p.3).

Le metteur en scène Paul Verhoeven a reçu hier des mains de la
secrétaire d’Etat Medy van der Laan (Culture) le Bert Haanstra Oeuvre Award. Il en
a profité pour se venger des critiques néerlandais, en lisant une compilation des
recensions négatives des films qu’il a réalisés aux Pays-Bas ( de Volkskrant p.1,
Trouw p.5).

Modèle polder

Le fameux modèle polder, la concertation entre le gouvernement et les
partenaires sociaux, a fait son temps, s’il faut en croire le VVD
. Il est surtout
contre-productif lorsqu’il est nécessaire de faire des réformes, a déclaré le
président du groupe parlementaire libéral Jozias van Aartsen mardi à Eindhoven, au
début de la campagne pour les élections européennes.

Selon Van Aartsen, les syndicats et les partis d’opposition comme le
PvdA refusent de faire des choix et portent les Pays-Bas au bord du gouffre
.
"Nous ne pouvons pas à la fois travailler moins, partir en retraite plus tôt,
maintenir la sécurité sociale telle qu’elle est et nous attendre à ce que les emplois
ne quittent pas notre pays". Van Aartsen a qualifié la centrale syndicale FNV de
"syndicat du chômage supplémentaire".

"Tout le monde participe à la discussion, mais personne n’est
responsable", a-t-il ajouté en faisant référence au récent échec de la
Concertation de Printemps sur la VUT (retraite anticipée) et la préretraite ( de
Volkskrant
p.3, Het Financieele Dagblad p.3).

 

Economie, Finances

Délocalisations

Selon le président du syndicat FNV Bondgenoten, Henk van der Kolk, il
faut instaurer un contrôle indépendant pour les entreprises qui veulent délocaliser des
emplois vers des pays à bas salaires, afin de vérifier si le déplacement représente
vraiment un avantage. Les entreprises qui délocalisent des emplois devraient être
soumises à un prélèvement servant à créer de nouveaux emplois aux Pays-Bas.

C’est ce que Van der Kolk déclare dans une interview au Volkskrant
(pp.1 et 7) de ce jour. Van der Kolk juge "bizarre" que des entreprises qui ont
profité pendant des années des avantages sociaux des Pays-Bas puissent quitter le pays
sans problème. "Ces entreprises sont redevables à leur environnement. Je veux
qu’elles prennent leurs responsabilités", déclare le syndicaliste.

Plusieurs grandes entreprises, dont ABN Amro, Shell et LogicaCMG ont
récemment fait l’objet de publications dans la presse à cause de leurs projets de
délocalisation d’emplois en Inde, en Chine et en Malaisie et le bureau d’étude IDC a
prédit le mois dernier que l’exode des NTIC vers des pays à bas salaires coûterait
quelques dizaines de milliers d’emplois aux Pays-Bas. Récemment, 20 % des
entreprises industrielles ont délocalisé des emplois vers des régions meilleur marché
et une enquête de Deloitte et Touche montre que 30 % ont l’intention de suivre cet
exemple sous peu.

 

Affaires françaises

Le quotidien haguenois Haagsche Courant
(p.B5) signale la remise des insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur à dix
vétérans néerlandais, hier à la Résidence de France à La Haye. Un onzième vétéran
la recevra le 6 juin des mains du Président de la République, précise le journal.

Dernière modification : 30/06/2004

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