Presse néerlandaise du mercredi 2 août 2006

Les titres de la presse néerlandaise reflètent des intérêts très variés, la presse populaire évoquant en images les caprices de la météo et se réjouissant du redémarrage de l’économie néerlandaise, la presse de qualité préférant suivre l’actualité internationale, avec aujourd’hui de grandes photos de Cubains - dans une ambiance de fête à Little Havana ou de soutien à leur président malade à La Havane. L’apparition d’une variante atténuée de grippe aviaire en Gueldre est annoncée par l’ensemble des journaux.

Trouw : Grippe aviaire, mais sous une forme atténuée ; Les Pays-Bas ont le moins de chômeurs
Volkskrant : Israël se bat dans le nord du Liban ; Effritement du soutien des Néerlandais à Israël
Telegraaf : L’économie sur des roulettes
Algemeen Dagblad : Après la sécheresse de juillet, pluies en août

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AFFAIRES INTERNATIONALES

Liban

Le Volkskrant, sous le titre « l’UE demande un arrêt immédiat des violences », souligne la réaction de « colère du PvdA » devant la position adoptée à Bruxelles par le ministre néerlandais des affaires étrangères. « L’UE appelle Israël et les autres parties impliquées dans la crise au Moyen-Orient à ‘cesser immédiatement les hostilités’. Mais les Pays-Bas, l’Allemagne, la Tchéquie et le Royaume-Uni ont bloqué lundi un projet de déclaration plus ferme, qui appelait à un cessez-le-feu immédiat. Le député PvdA Bert Koenders estime ‘irresponsable’ que M. Bot se soit rangé aux côtés des Allemands et des Britanniques. ‘Cela signifie seulement une escalade du conflit. Bot aurait du se rallier à l’appel de Kofi Annan et de la Finlande’. »

Dans une interview accordée au même journal, le ministre des affaires étrangères, M. Bot, explique qu’un « cessez-le-feu immédiat n’est pas réaliste ». « Les Pays-Bas », explique Bart Dirks, « font partie des quatre pays qui ont bloqué l’appel à un cessez-le-feu immédiat. M. Bot se considère comme un ‘réaliste’. ‘Naturellement’, il est lui aussi favorable à un cessez-le-feu immédiat, mais il n’est pas réaliste de l’exiger tout de suite. ‘Nous nous sommes comportés en réalistes’, explique M. Bot, ‘Les Pays-Bas, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont insisté sur la nécessité de rédiger notre déclaration de telle sorte qu’elle puisse être entendue par toutes les parties concernées. D’un autre côté, il y avait des pays qui voulaient aller plus loin et demandaient un cessez-le-feu immédiat. Mais nous avons tous reconnu que cela n’était pas rendre service à cette région. On en resterait aux mots. Si l’on se contente d’appeler à un cessez-le-feu, sans que cette exigence repose sur une résolution des Nations-Unies et l’arrivée d’une force internationale, quel est l’intérêt des deux parties à déposer les armes ? »
Interrogé sur « la différence entre la fin des hostilités et un cessez-le-feu durable », le chef de la diplomatie néerlandaise explique : « c’est très subtil ; cela laisse une porte de sortie à Israël. Ce pays n’est pas encore obligé de dire qu’il met fin sans conditions à ses opérations, en espérant que ses opposants fassent de même. Leur crainte justifiée est que pendant ce temps, le Hezbollah renforce ses positions. L’Iran a de nouveau appelé aujourd’hui tous les pays arabes à livrer des armes au Hezbollah. Israël va donc dire, ‘nous refusons d’arrêter de façon durable sans garantie’. C’est donc la marge de sécurité que nous avons voulu conserver. Pour Israël comme pour le Liban, c’est un élément important. »
« Cette déclaration ne donne-t-elle pas au Premier ministre Olmer la possibilité de poursuivre ses actions contre le Hezbollah, comme il l’a annoncé ? », demande B. Dirks : « Non, sur ce point, nous allons plus loin que les Américains. Nous appelons en effet à un arrêt immédiat des hostilités. Mais ce n’est pas seulement Israël qui doit y mettre fin : le Hezbollah et le Hamas sont à l’origine de ce conflit ; Israël a par moments réagi trop vivement. »
Interrogé sur la réaction du PvdA, M. Bot estime « qu’un parti d’opposition à la partie belle. Il n’y a pas de formule magique, nous recherchons une solution diplomatique réaliste. Des déclarations unilatérales ne servent à rien. L’UE est active sur trois fronts : elle veut apporter sa contribution à une force internationale, elle est le principal donateur dans le domaine humanitaire et elle joue un rôle diplomatique de premier plan. » Concernant les troupes d’une force internationale, le ministre explique que « dix à vingt mille hommes sont nécessaires. Les Pays-Bas sont déjà actifs dans des missions en Uruzgan, en Bosnie, en Afrique et dans des missions d’entraînement en Irak. Peut-être à terme pourrions-nous entraîner des troupes au Liban. L’Espagne, l’Italie et la France ont déjà promis leur contribution. Il est très important de ne pas envoyer une force uniquement occidentale, chrétienne, qui risque d’être perçue comme l’occident chrétien contre l’Islam. L’Indonésie, la Jordanie et la Malaisie devraient y prendre part. J’espère que des pays comme le Chili et l’Argentine pourront également participer, afin que cela devienne réellement une mission internationale. Il faut espérer qu’il soit possible de mettre en place une force en deux ou trois semaines. Mais tout d’abord, il faut une résolution aux Nations-Unies. »

En page d’opinion du Volkskrant, M. Dries van Agt, Premier ministre de 1977 à 1982, affirme que « les Pays-Bas prennent partie pour Israël ». « Le gouvernement néerlandais vient de détruire un mythe solide, selon lequel sa politique du Moyen-Orient serait équilibrée. ... Les Pays-Bas contribuent au maintien du problème et non à la recherche d’une solution. Une position indigne pour un pays qui se croit la capitale du droit international du monde et a fait une priorité de la défense des droits de l’homme. Une grossière erreur de calcul pour un pays de l’UE qui a tout à gagner de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient ».

Selon un sondage de l’institut TNS-NIPO réalisé pour RTL-Nieuws sur un groupe de 600 personnes âgées de 18 ans ou plus, « le soutien de la population néerlandaise à Israël s’effrite. Depuis le début du conflit entre Israël et le Hezbollah au Liban, 39% des Néerlandais ont une perception plus négative d’Israël. Un Néerlandais sur trois seulement fait preuve de compréhension pour les actions menées par Israël contre le Hezbollah ; la compréhension vis-à-vis du Hezbollah est encore plus faible, avec 18%. Pour 59% des personnes interrogées, les Pays-Bas doivent s’impliquer dans le conflit en fournissant des troupes pour une force de maintien de la paix , mais seulement si cette force travaille à la reconstruction du Liban. Une majorité aimerait que le gouvernement appelle à un cessez-le-feu immédiat. 55% des sondés sont d’avis que le gouvernement s’est trop peu impliqué pour mettre fin au conflit du Moyen-Orient. Les Néerlandais portent également un jugement sévère sur les Etats-Unis : 58% trouvent que les Président Bush n’a pas suffisamment exercé son influence. Beaucoup de Néerlandais sont préoccupés par la guerre au Moyen-Orient ; 57% sont capables d’en expliquer assez bien l’origine.

ACTUALITE INTERIEURE

Grippe aviaire

Le Trouw et le Telegraaf signalent l’apparition d’ une « variante atténuée » de grippe aviaire en Gueldre. Un virus a été découvert dans élevage de volailles de Voorthuizen et 25.000 animaux ont été détruits. « Les spécialistes parlent pour l’instant d’une forme atténuée de grippe aviaire, moins dangereuse que celle de 2003 qui a fait tant de victimes dans les élevages de poulets et de dindes. Il s’agit également d’un virus très différent de celui qui a fait des dizaines de victimes humaines en Asie », explique le Trouw. Le Telegraaf précise que « le ministère de l’agriculture a néanmoins pris des mesures afin d’empêcher la propagation du virus. L’exploitation a été assainie et un cordon sanitaire de trois kilomètres à été mis en place, à l’intérieur duquel tout transport de volailles mortes ou vivantes est interdit. Le transport de mammifères n’y est pas non plus autorisé. 130 élevages de volailles se trouvent dans la zone de sécurité, qui vont toutes faire l’objet d’une inspection afin d’y détecter une éventuelle grippe aviaire. Un porte-parole du ministère a précisé que le virus est si faible que les animaux contaminés n’en meurent pas, mais que des mesures de précaution ont été prises, parce que le virus peut toujours subir une mutation vers une variante agressive, qui pourrait tuer beaucoup d’animaux et des humains ».

ECONOMIE

« Compliments du FMI pour la politique néerlandaise », annoncent le NRC et le Telegraaf.

« Les Pays-Bas ont mené ces dernières années une ‘politique solide’ qui a contribué à un redressement qui s’est engagé l’an dernier et se poursuit cette année, note le FMI dans son bilan périodique de l’économie néerlandaise », explique le NRc-Handelsblad à la une. « Selon le FMI, une croissance supérieure à la moyenne attend les Pays-Bas, alors que l’inflation doit rester aux environs de 1,5%. La position de concurrence des Pays-Bas s’est améliorée, ce qui s’exprime par une croissance de l’excédent de la balance commerciale. Le FMI engage les pouvoirs publics, dans la perspective du vieillissement de la population, à se fixer pour objectif un excédent budgétaire et à retarder l’âge de la retraite en fonction de la montée de la courbe de l’espérance de vie. Le responsable néerlandais du FMI, Jeroen Kremers, interrogé sur ces résultats, déclare que le Board of directors a apprécié la politique menée par le gouvernement néerlandais. ‘Les Pays-Bas ont retrouvé la réputation qu’ils avaient il y a quelques années encore, avec une image très positive de notre politique économique et financière’. Selon Kremers, ces dernières années, le FMI s’est montré très étonné de la durée de la récession économique. ‘Maintenant, notre croissance va dépasser la moyenne en 2006 et 2007. Lors de la dernière évaluation, il a été demandé aux Pays-Bas de réduire leur déficit budgétaire structurel de 2%. C’est chose faite’. »

Le Trouw annonce que « les Pays-Bas ont le plus faible taux de chômage de l’UE. »
« En juin, le chômage s’élevait à 3,8%, contre 8,1% de moyenne dans l’UE et 7,8% dans la zone Euro. Le chômage présente du reste une courbe descendante dans l’ensemble de l’Union Européenne, montrent les chiffres d’Eurostat. »

AFFAIRES FRANCAISES

Le Telegraaf présente un reportage ironique sur une famille néerlandaise tentant de restaurer une vieille maison bretonne et engage ses lecteurs à consulter l’ouvrage « la Maison » de Wim Bavelaar, qui devrait permettre d’éviter les principaux écueils.
Ce journal précise que « 80.00 Néerlandais environ résident de façon permanente en France et qu’un peu moins de 200.00 y possèdent une résidence secondaire - dont un pourcentage important envisage d’aller y habiter définitivement dans un avenir plus ou moins éloigné. »

Dernière modification : 02/08/2006

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