Presse néerlandaise du mercredi 20 décembre 2006

Selon une étude effectuée pour le compte du ministère des Affaires économiques et de l’organisation professionnelle du logement en location Aedes, c’est à tort que les Néerlandais pensent qu’il y a une grave crise du logement aux Pays-Bas. Seul un demandeur d’appartement sur cinq en a vraiment besoin rapidement. Les autres inscrits sur les listes d’attente des corporations locatives veulent bien déménager, mais leur recherche n’a pas un caractère d’urgence.
"Ce comportement stratégique a fait qu’un nombre énorme de demandeurs de logement sont inscrits et que les listes d’attente se sont allongées", selon un collaborateur d’Aedes, qui regroupe plus de cinq cents corporations.

NRC Handelsblad (libéral) d’hier soir : "Nouvelle condamnation à mort des infirmières [bulgares] en Libye, malgré les pressions extérieures", "Les personnes âgées seront bientôt plus riches que les jeunes"

AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "On exagère la crise du logement - La plupart des personnes inscrites sur les listes d’attente ne cherchent pas vraiment", "La Libye défie le monde extérieur avec un procès bidon"
Trouw (chrétien progressiste) : "Les Bulgares de nouveau condamnées à mort - Libye : les infirmières et le médecin [palestinien] sont coupables de la contamination des enfants par le sida"
de Volkskrant (centre gauche) : "Les interrogateurs des Irakiens seront peut-être poursuivis - Hirsch Ballin tient compte de possibles conclusions à charge de l’enquête sur les sévices des militaires néerlandais" (affaire des interrogatoires controversés de 2003), "’Là, derrière les barreaux, c’est notre frère’" (famille du médecin palestinien condamné en Libye)
De Telegraaf (populaire) : "Les dépliants financiers n’ont aucune valeur - Critiques dévastatrices de la Commission De Ruiter" (assurances vie et prêts immobiliers), "Kamp lance une action du Telegraaf pour les vœux de Noël à ’nos gars’" (soldats néerlandais en Uruzgan)

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ACTUALITE INTERNATIONALE

Pays-Bas -Indonésie

"La lune de miel est encore loin, mais le ministre des Affaires étrangères Bot ose affirmer que les Pays-Bas ont conclu un ’contrat de fiançailles’ avec l’Indonésie", écrit le correspondant du Volkskrant (p.4) à Jakarta, Michel Maas. "A Yogyakarta, il a signé avec son homologue indonésien Wirayuda une Lettre d’intention dans laquelle les Pays-Bas et l’Indonésie se promettent mutuellement de conclure l’an prochain un traité de coopération approfondie."
"Nos relations sont passées par un ’creux de la vague’, dit Bot. C’était au temps où Jan Pronk était ministre de la Coopération et donnait des leçons de droits de l’homme à l’Indonésie. Cela a fini par dégoûter le président de l’époque, Suharto, au point de mettre fin à la relation de développement avec les Pays-Bas, au début des années quatre-vingt-dix."
"Les relations se sont rétablies peu à peu, mais les Pays-Bas ont pris l’habitude de marcher sur des œufs à Jakarta. L’Indonésie est le plus grand bénéficiaire du monde d’aide au développement néerlandaise, mais aucun Indonésien ne le sait. ’Après l’affaire Pronk, nous avons fait preuve de réserve’, déclare Bot. ’Nous avons essayé de revenir en toute modestie’."
"Le ’contrat de fiançailles’ est le début d’une nouvelle entente qui sera comparable à celle que les Pays-Bas ont avec la Belgique ou la France. Il y aura des ’structures’ : ministres et fonctionnaires des deux pays se réuniront chaque année et essayeront de développer une politique commune."
"Mais pour Bot il ne s’agit pas seulement de mettre en place des structures ou de coopérer dans des domaines comme l’économie, la politique, la justice et l’enseignement. Il veut creuser plus profond et rendre les Pays-Bas visibles à Jakarta, les faire revenir dans la conscience des Indonésiens de base, qui ne savent plus où se trouve la Belanda [Hollande], au juste. ’Aux Pays-Bas, beaucoup de gens ont le sentiment qu’il existe quelque chose de spécial entre les Pays-Bas et l’Indonésie. J’espère que ce sentiment reviendra aussi un peu en Indonésie’, dit Bot."
"Les ’fiançailles’ des Pays-Bas et de l’Indonésie doivent être transformées en une solide Déclaration commune, qui sera signé l’an prochain, lors d’une visite aux Pays-Bas du président Susilo Bambang Yudhoyono. Quel que soit le gouvernement qu’il y aura alors à La Haye, espère Bot."

Pays-Bas - Allemagne : Défense

"La France et l’Angleterre ont décroché, mais les Pays-Bas et l’Allemagne se sont ’entêtés’ à développer ensemble un nouveau véhicule blindé", note le Trouw (p.4). "Leur coopération a été couronnée hier à Amersfoort par la signature d’un contrat pour deux cents véhicules blindés Boxer destinés à l’armée de terre néerlandaise. Les Boxer remplaceront dans cinq ans les véhicules blindés M577 et YPR obsolètes. Il s’agit d’un investissement de 624 millions d’euros."
"Le secrétaire d’Etat Cees van der Knaap a été le premier hier à conduire l’un des prototypes. On a négocié sur ce projet ’laborieux’ pendant des années, mais aucune concession n’a été faite sur la qualité, selon Van der Knaap. ’Le Boxer offre une protection optimale.’ Selon le fabricant, le véhicule résiste aux mines et aux tirs de mitrailleurs, de grenades antichar et de petites bombes, ainsi qu’aux conséquences d’une explosion nucléaire."
"Selon Van der Knaap, la mission actuelle en Uruzgan a apporté une contribution au processus décisionnel sur le Boxer. ’La Deuxième Chambre comprend que nous voulions avoir le système le plus sûr dans les circonstances difficiles’."
"L’armée allemande a également commandé plus de deux cents véhicules blindés."
En rubrique économique, le journal chrétien progressiste précise que le Boxer assurera au groupe industriel néerlandais Stork un chiffre d’affaires d’un demi-milliard d’euros entre 2008 et 2016. Stork développe les véhicules, dont il y aura diverses versions, avec deux partenaires allemands, Kraus Maffei Wegmann et Rheinmetall Landsysteme.

ACTUALITE INTERIEURE

Formation de gouvernement

"Le leader CDA Balkenende veut être premier ministre d’un nouveau gouvernement CDA-PvdA-ChristenUnie dès avant les élections pour les Etats Provinciaux, le 7 mars", relève le Volkskrant (p.3). "Il est souhaitable, selon lui, d’accélérer un peu la formation parce que c’est bon pour le pays ’et pour les gens pour qui nous faisons tout cela’. C’est ce que Balkenende a déclaré mardi soir à la Chambre, lors du débat avec l’informateur Hoekstra."
"Les élections pour les Etats Provinciaux jouent un rôle à l’arrière-plan, parce qu’elles déterminent la composition de la Première Chambre, et donc la base que la nouvelle coalition y aura. Mais Balkenende ne veut pas attendre le résultat de ces élections. Il a manifesté son enthousiasme mardi pour la ’confiance croissante’ entre les partenaires de coalition présumés. Il discerne la possibilité de former un gouvernement ’stable et dynamique’."
"Le VVD et le D66, surtout, ont fait comprendre durant le débat qu’ils sont d’un tout autre avis. Le leader VVD Rutte craint que Balkenende ne mette en jeu tous les résultats du gouvernement actuel, ’avec deux partenaires de coalition qui se lèchent les babines devant le Trésor’. Rutte a défié Balkenende de répéter sa promesse qu’il n’admettrait pas qu’on touche à la déductibilité fiscale des intérêts sur les prêts immobiliers, mais le leader CDA n’a pas réagi."
"Le leader D66 Pechtold craint que la ChristenUnie, une fois au gouvernement, ne veuille tordre le cou aux ’acquis libéraux’ tels que le mariage homosexuel et la législation sur l’avortement et l’euthanasie. Le leader PvdA Bos a cependant promis qu’il veillerait ’évidemment’ au grain."
"Le leader SP Marijnissen s’est fait critiquer par pratiquement tous les partis, pour ne pas avoir entamé de négociations avec le CDA, en tant que grand vainqueur des élections. Marijnissen a répété que ces négociations n’auraient guère eu de valeur, parce que le CDA ne voulait pas gouverner avec le SP."

En page d’opinion du Trouw, Bertjan Wolthuis, professeur de philosophie du droit à l’Université Libre, fait valoir qu’il serait "plus logique de gouverner avec le D66 qu’avec la ChristenUnie". Une coalition comprenant les libéraux-démocrates lui paraît nettement plus stable qu’une coalition avec la ChristenUnie ou GroenLinks.

Jeunes Antillais

Les Pays-Bas, les deux prochaines années, tiendront une banque de données spéciale sur les jeunes Antillais qui sont source de nuisance et de délinquance. Les 21 communes néerlandaises qui comptent une forte population antillaise avaient réclamé un tel index afin de mieux pouvoir échanger des informations sur ces jeunes à problèmes. Le Collège pour la Protection des Données Personnelles (CBP) leur a accordé une dispense de deux ans. Une évaluation de l’instrument mis au point pour la ministre Rita Verdonk (Intégration) suivra.
Le ministère de la Justice a fait savoir que cet index a été créé spécifiquement pour les jeunes Antillais à risque, parce que ce groupe est "plutôt mobile" et ne s’inscrit pas toujours à l’Etat civil.
L’Organe de concertation des Néerlandais des Caraïbes (OCaN) s’est plaint de l’instauration de l’index auprès du CBP. Selon cet organe, c’est la première fois depuis la Deuxième Guerre mondiale qu’on ouvre aux Pays-Bas une "banque de données raciales" pour un groupe spécifique de Néerlandais (Trouw p.4).

TGV

Le Volkskrant (p.2) et le Telegraaf (p.7) signalent un nouveau retard de cinq mois pour l’ouverture de la ligne TVG entre Amsterdam et la Belgique. Les premiers trains ne pourront rouler qu’à partir du 1er décembre 2007, au lieu du 1er juillet. Ce nouveau retard est dû au système de sécurité, qui n’est pas conforme aux dernières normes européennes, a fait savoir la ministre des Transports et Voies d’eau, Karla Peijs, à la Deuxième Chambre, hier.
Le TGV ne roulera à 300 km/h qu’à partir du 1er octobre 2008. Avant cette date une vitesse maximale de 160 km/h sera respectée aux Pays-Bas. Et il n’y aura qu’un TGV par heure vers le sud jusqu’au 1er octobre 2008, beaucoup moins que prévu.

AFFAIRES FRANÇAISES

Dans le Volkskrant (cahier Voorkant), Fokke Obbema évoque longuement la pâtisserie française. "Nous avons été élevés avec la margarine, eux avec le beurre", commente un grand pâtissier néerlandais. Et alors qu’un Néerlandais dépense deux à trois euros pour sa tartelette, un Français est prêt à y mettre le double : "Les Néerlandais considèrent la quantité, les Français préfèrent payer pour la qualité."

Dernière modification : 20/12/2006

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