Presse néerlandaise du mercredi 21 mars 2012

Trouw (chrétien progressiste) : Rutte l’optimiste continue comme si de rien n’était.

De Volkskrant (centre gauche) : Brinkman sonne la retraite du gouvernement.

AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : Brinkman quitte le PVV ; le gouvernement dans l’embarras.

De Telegraaf (populaire) : Rutte continue imperturbablement.

Het Financieele Dagblad  : Le Bureau de la Planification [CPB] contre une hausse de la TVA.

NRC-Handelsblad  : Brinkman quitte le PVV. Il continue de soutenir la coalition.

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AFFAIRES EUROPEENNES

Proposition allemande de réforme des institutions

Sous le titre « Rosenthal rejette le projet UE allemand », le Telegraaf relève en première page que le ministre des Affaires étrangères néerlandais n’est pas favorable au projet allemand « d’un président élu directement et d’une vraie Constitution pour l’UE ». Pour Uri Rosenthal : « Nous ne devons pas nous concentrer sur nous-mêmes mais plutôt sur le monde ». Le Telegraaf note que cette position du ministre libéral « est diamétralement opposée à celle de son homologue allemand libéral, Guido Westerwelle. Celui-ci est à l’origine du « groupe d’avenir », dont font partie Uri Rosenthal et huit autres ministres des Etats membres de l’UE. Le ministre allemand avait réuni hier soir les membres de ce groupe à Berlin pour « bâillonner les eurosceptiques ». A l’issue de la rencontre, le ministre néerlandais a déclaré que ce n’est pas le moment de changer en profondeur les institutions. « Il est bien plus important que l’Europe retrouve rapidement le chemin de la croissance ».

UE / Agences de notation

Le Financieele Dagblad évoque la lettre du ministre des Finances néerlandais, Jan Kees de Jager, à la Deuxième Chambre. Il note « l’opposition d’une majorité des ministres des Finances européens aux nouvelles mesures qui visent à renforcer la surveillance des agences de notation. Fin 2011, la Commission européenne a proposé des réformes, parmi lesquelles un changement tous les trois ans d’agence de notation et un contrôle, par la nouvelle autorité européenne des marchés financiers (AEFM), de la méthode de travail utilisée par les agences. De Jager écrit que ‘Les deux propositions rencontrent une résistance des pays membres parmi lesquels celle des Pays-Bas’. Il voit des difficultés pour comparer les notations sur plusieurs années de différentes agences. »

Taxe sur les transactions financières

« De Jager rejette la taxe sur les transactions financières », titre le Telegraaf. Aujourd’hui, le ministre écrit une lettre à la Deuxième Chambre dans laquelle il met en garde contre les effets négatifs qu’une telle taxe pourrait avoir sur l’économie néerlandaise ». Le Telegraaf précise que « Le Bureau central de planification (CPB), la Banque centrale néerlandaise (DNB) et l’autorité des marchés financiers (AFM) ont conseillé le gouvernement sur les projets de la Commission européenne. De Jager écrit que ces instances ont démontré qu’une telle taxe ne sera pas efficace pour faire contribuer le secteur financier aux finances publiques. Les Pays-Bas ont l’intention de demander à la Commission européenne de développer des alternatives à la taxe sur les transactions financières telle que la mise en place d’une taxe bancaire européenne ou d’un Stamp Duty. »

ACTUALITE INTERIEURE

PVV

- Tous les média consacrent de longs développements depuis hier après-midi au départ du député Hero Brinkman du groupe PVV. « Brinkman déclare avoir eu depuis un certain temps des problèmes de fond avec le PVV, le dernier en date étant le site de dénonciation dédié aux Européens de l’est. Il devient député indépendant et n’exclut pas de rejoindre plus tard le VVD », explique l’AD. « Geert Wilders a essayé à plusieurs reprises de me faire quitter le groupe et le parlement, il voulait que je renonce à mon siège », confie M. Brinkman au Trouw. « Wilders a une fausse conception du populisme. Pour moi, le populisme, c’est parler la langue du peuple et agir en conformité avec ses paroles. Mais cela ne consiste pas à forger des projets insondables dans le dos de la coalition pour faire un bon score dans les sondages ». Tous les journaux relèvent que lors de sa conférence de presse hier à 13 heures, M. Brinkman a déclaré qu’il continuerait de soutenir la coalition gouvernementale.

- Le Premier ministre, M. Rutte, « reste confiant », titre notamment le Financieele Dagblad. « Il pense pouvoir continuer à compter sur un soutien suffisant pour réaliser les plans de son gouvernement, y compris le paquet d’économies supplémentaires qui fait actuellement l’objet de négociations au Catshuis [entre les partis de la coalition minoritaire VVD-CDA et le parti de soutien PVV]. Il a surpris l’opposition hier au Parlement en adoptant cette position. Il a jugé irresponsable, dans le contexte économique actuel, de prêter l’oreille à ceux qui demandent de nouvelles élections ».
- Le vice-Premier ministre chrétien-démocrate, M. Verhagen, prévoit néanmoins de discuter aujourd’hui avec M. Rutte, en ouverture de la session de négociation, des conséquences de la démission de M. Brinkman, indique l’AD : « Le président du groupe parlementaire CDA, M. van Haersma Buma, concédait hier que le départ de Brinkman ‘ne simplifie pas les choses’ ».

Le Volkskrant estime que le départ de Hero Brinkman du groupe PVV « sonne le début de la retraite pour le gouvernement. (…) Le monde de Rutte devient de plus en plus compliqué : deux dissidents au CDA, un sénateur SGP rigide et imprévisible, un nouveau chef de file travailliste sur le sentier de la guerre. Et en plus, Brinkman, l’exilé du PVV. (…) Brinkman annonce son intention de soutenir le gouvernement, mais il a déjà qualifié le projet d’interdiction de la double nationalité d’insensé – avant de se reprendre un peu plus tard. (…) A la Première Chambre, l’opposition grandit, jusque dans les rangs du VVD et du CDA, (…) concernant la double nationalité, l’interdiction de la burqa ou la nouvelle grille horaire dans l’enseignement. (…) De son côté, Brinkman va s’efforcer d’attirer le plus de sympathisants du PVV possible dans son nouveau mouvement, qui sera ‘démocratique’ et ‘n’indisposera pas des groupes de population entiers’. S’il y parvient, Brinkman causera de sérieux problèmes à Wilders. Celui-ci n’a plus qu’un objectif : se battre et montrer qui est le véritable leader du PVV. Cela sera difficile avec tous les compromis que lui demande Rutte ». Selon l’éditorialiste de ce journal, « Le fil auquel est suspendu le gouvernement Rutte est de plus en plus ténu ».

Le commentateur politique du Financieele Dagblad constate qu’en « 2010, Brinkman a attendu patiemment d’obtenir une place éligible sur la liste du PVV. Après quoi il a immédiatement entamé sa propre campagne de conscience démocratique du parti. (…) Il s’est également différencié de son groupe par son attitude ouverte à l’égard des médias. (..) Il a notamment reconnu qu’il avait un problème d’alcoolisme. (…) Ces dernières années, Brinkman est resté en contact avec Rita Verdonk [dissidente du VVD de 2007 à 2011, date à laquelle elle s’est retirée de la politique]. Il sait donc parfaitement à quoi il s’expose. Un groupe parlementaire qui ne compte qu’un député est fragile, il ne représente pas une force. La différence est que Verdonk commençait avec un capital de plus de 500.000 votes préférentiels [sur la liste VVD aux élections législatives de 2006]. Brinkman en avait moins de 20.000 en 2010. Si Verdonk ne pouvait que perdre, Brinkman a tout à gagner ».

LA FRANCE DANS LA PRESSE NEERLANDAISE

Les journaux suivent l’évolution de l’enquête sur la fusillade de Toulouse, essentiellement à travers leur site internet.

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Dernière modification : 09/09/2014

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