Presse néerlandaise du mercredi 21 décembre 2005

Quarante communes des Pays-Bas refusent de délivrer des permis de construire pour des antennes de téléphonie mobile GSM ou UMTS. Beaucoup d’habitants des sites potentiels craignent les risques pour la santé que peut présenter le rayonnement UMTS.
L’Etat a autorisé les prestataires des nouveaux services de téléphonie mobile à haut débit à installer des milliers de mâts dans l’ensemble du pays, mais quand l’installation sur un bâtiment élevé n’est pas possible les communes doivent délivrer un permis de construire. C’est contre cette procédure que les citoyens protestent en masse, souvent avec le soutien actif d’organisations militantes bien rodées. Dans certaines communes, comme Spijkenisse (Hollande du Sud), cela a entraîné le retrait d’un permis déjà délivré à un opérateur.

-NRC Handelsblad d’hier soir : "Sanction élevée pour ABN Amro aux Etats-Unis", "Le D66 menace de crise", "Le successeur de Fazio aura moins de pouvoir" (correspondance de Rome)
-Trouw : "Des militants ralentissent la construction des mâts UMTS - Les habitants craignent que le rayonnement ne nuise à leur santé", "Le gouvernement tout entier se prononcera probablement pour la mission" (en Afghanistan)
-de Volkskrant : "La Chambre : interdire le port de la burqa en public", "Noël féerique à Tokyo", "New York perturbé par une grande grève"
-De Telegraaf : "Pénurie de repas pour bébé - Olvarit retire des petits pots du commerce", "Surprenante métamorphose de Balkenende" (nouvelle coupe et nouvelles lunettes), "La Chambre : Interdiction de la burqa dans la rue"
-AD Haagsche Courant : "Un nouveau rein grâce à un échange futé - Priorité au patient qui trouve lui-même un donneur d’organe", "La femme invalide avait elle-même tué Whopper, son petit chien" (fait divers)

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ACTUALITE INTERIEURE

Mission en Afghanistan

"Le gouvernement a l’intention de prendre demain une décision positive sur l’envoi de 1 100 militaires dans la province agitée d’Uruzgan, en Afghanistan", relève le Trouw à la une. "Et cela en dépit du fait que le parti gouvernemental D66 s’est d’emblée déclaré opposé à la mission. C’est ce que des sources proches des ministres Bot (Affaires étrangères) et Kamp (Défense) ont fait savoir hier. Le ministre Pechtold et le vice-premier ministre Brinkhorst (tous deux D66) soutiendront probablement aussi la décision majoritaire du gouvernement, selon ces sources. S’ils se déclarent contre la décision, il y aura une crise ministérielle." "Pechtold n’a pas voulu employer le mot crise hier. Il a souligné qu’il voulait pouvoir prendre sa propre décision en tant que membre du gouvernement."
"Selon le député D66 Bakker, une majorité parlementaire peut approuver la mission sans le soutien du D66. Cela n’aura pas nécessairement des conséquences immédiates pour la coalition."
"Le CDA et le VVD jugent la position du groupe parlementaire D66 incompréhensible et destructive pour la coalition. Les démocrates ont coincé leurs propres ministres."

Dans le Volkskrant (p.3), le député D66 Bert Bakker explique que le groupe parlementaire n’a pas pris position à la légère. "La Défense nous a fourni des informations et nous avons pris l’avis d’experts militaires. Notre conclusion est qu’il ne faut pas y aller. Pas parce que nous n’en avons pas le courage à cause des risques pour les militaires, mais parce que la province d’Uruzgan est si instable qu’il n’y sera pas question de reconstruction. Les Américains n’ont pas réussi à apporter la stabilité et nous n’y arriverons pas non plus."
"Un deuxième argument est l’insatisfaction croissante suscitée par les excès américains dans le traitement des prisonniers. De plus nous ne voulons pas nous lier à une grande et longue mission, alors qu’en Afrique il y a de plus grandes priorités pour l’armée. Nous soutenons les missions appliquées actuellement en Afghanistan. Il faut aussi pouvoir dire une fois non."
Bakker, qui, en tant que président de la commission d’enquête parlementaire sur Srebrenica, avait notamment conclu que la Chambre ne devait pas se mettre à la place du gouvernement pour éviter que le processus décisionnel ne devienne confus, estime qu’il "y a une grande différence entre la situation actuelle et celle au début des années quatre-vingt-dix". "A l’époque, la Chambre avait de bonnes intentions mais elle ne s’est pas demandé si la mission en Bosnie était faisable. La classe politique, la presse et l’opinion publique n’avaient qu’un but : aller en Bosnie. Nous nous sommes fait piéger. Maintenant, les groupes parlementaires savent très bien ce qu’il faut considérer. Et c’est ce que nous avons fait."

Le commentateur du Trouw reproche au président du groupe parlementaire D66, Boris Dittrich, de "manquer de sérieux politique" et de se moquer de la règle selon laquelle "le gouvernement gouverne, le parlement contrôle". "Ce que Dittrich fait maintenant n’est pas seulement inconvenant, cela ressemble aussi beaucoup à ce que l’ancien premier ministre Lubbers a qualifié un jour de ’vandalisme politique’. Il est dommage que cette fois-ci personne à La Haye, pas même le premier ministre, ne se sente appelé à remettre à sa place ce moutard récalcitrant."

Burqa

"De l’avis d’une majorité de la Deuxième Chambre, il convient d’interdire le port de la burqa en public", note le Volkskrant à la une. "Le CDA, le VVD, la LPF et le Groep Nawijn ont soutenu mardi une motion du député Geert Wilders appelant le gouvernement à interdire la burqa. La ministre de l’Intégration Verdonk en étudiera la possibilité dans les semaines à venir."
La motion Wilders a été adoptée hier grâce au soutien inattendu du CDA, dont le porte-parole Wim van de Camp estime que "si les gens veulent participer à notre société, il faut qu’on puisse voir leur visage" (également Trouw p.1, De Telegraaf p.1, AD Haagsche Courant p.3).

Drogue

Le conseil municipal de Maastricht a approuvé hier à l’unanimité la politique du maire Leers à l’encontre des coffee-shops. La moitié de ces établissements sera délocalisée à la périphérie de la ville. Maastricht veut par ailleurs expérimenter la production légale de cannabis pour les approvisionner, rappelle le Volkskrant (p.3).

Le Trouw (p.7) annonce que le conseil des ministres se penchera vendredi sur une proposition du ministre de la Justice Donner visant à renforcer la "loi sur l’opium", pour simplifier la fermeture par les communes des drugspanden , les points de vente illégaux de drogue. La législation actuelle permet déjà d’appréhender les personnes qui vendent illégalement du cannabis, mais la fermeture des locaux dans lesquels elles opèrent est plus difficile. Elle n’est actuellement possible que s’il y a perturbation de l’ordre public, un fait difficile à établir devant les tribunaux. Le gouvernement propose de supprimer ce critère, de sorte que le maire puisse faire fermer un drugspand dès qu’il y a infraction à la loi sur l’opium.
Le journal chrétien progressiste présente par ailleurs une idée pratique de culture légale du cannabis de John Bouwer, inventeur et propriétaire de l’entreprise Inventive Grow Systems.

ECONOMIE, FINANCES

Enquête VNO-NCW

Les entrepreneurs néerlandais s’inquiètent de la qualité de l’enseignement. Il ressort d’une enquête effectuée sur Internet par l’organisation patronale VNO-NCW qu’ils redoutent la formation d’une "génération perdue" aux Pays-Bas.
Les quelque 800 entrepreneurs qui ont réagi en donnant leur appréciation de trente problèmes sociaux soumis sont surtout préoccupés par le taux de chômage élevé parmi les jeunes (82 pour cent estiment que c’est un problème plus ou moins grave), l’abandon de la filière VMBO (enseignement professionnel secondaire) sans diplôme et la qualité de l’enseignement, préoccupations suivies de très près par le manque d’innovation et de savoir-faire professionnel.
Les entrepreneurs ont aussi été priés d’indiquer les trois questions qui leur paraissent prioritaires. 40 pour cent placent en tête l’échec en filière VMBO. Le mauvais niveau de l’enseignement et le chômage des jeunes suivent, dans cet ordre. Le faible taux de participation au travail des personnes âgées, la menace terroriste et le faible taux de participation des femmes sont jugés beaucoup moins urgents.
L’enquête comportait aussi quelques questions politiques. Il s’avère que le VVD reste le parti préféré des patrons, 46 pour cent voteraient pour les libéraux si des élections parlementaires avaient lieu en ce moment. Le CDA suit à 18 pour cent, le PvdA à 12 pour cent.
Les deux tiers des entrepreneurs considèrent le manque de leadership politique comme un important problème social. C’est ce qui ressort des réponses à la question ouverte sur la personne la plus apte à prendre le portefeuille de premier ministre : plus de 20 pour cent ont coché "ne sait pas / pas de réponse". Seuls 9 pour cent désignent le premier ministre actuel Jan Peter Balkenende. En tête de la liste des personnes considérées comme capables figure le membre d’honneur du VVD Hans Wiegel (NRC Handelsblad d’hier soir pp.1 et 13).

AFFAIRES FRANÇAISES

Le Trouw (p.8) signale que le ministère de l’Education envisage la "présence permanente de la police et de la justice" dans les établissements scolaires.

Le Volkskrant (p.5) et le Telegraaf (p.11) font mention de la campagne de "stars françaises" en faveur de l’inscription sur les listes électorales des jeunes des banlieues.

Dans l’Algemeen Dagblad (p.15), Frank Renout évoque les violences domestiques et les activités de l’organisation "Ni Putes, Ni Soumises", qui a l’intention de s’établir aussi aux Pays-Bas. Selon le ministère néerlandais de la Justice, il y a environ 500 000 incidents par an aux Pays-Bas, 80 pour cent des victimes étant de sexe féminin.

Dernière modification : 13/02/2012

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