Presse néerlandaise du mercredi 21 novembre 2007

Le vieux marronnier derrière la maison d’Anne Frank, à Amsterdam, ne sera pas abattu pour le moment. Un juge du tribunal de la capitale, saisi en référé par la fondation pour la protection des arbres Bomenstichting et des riverains s’opposant à l’abattage, a suspendu jusqu’au 1er janvier le permis délivré par la mairie du quartier. Elle devra d’abord étudier les objections des voisins et des experts qu’ils ont consultés. Selon les opposants, l’arbre âgé de 160 ans est certes en mauvais état, mais ne représente pas un danger immédiat pour le Musée Anne Frank et les immeubles voisins.
Anne Frank décrit avec lyrisme, dans différents passages de son Journal, ce marronnier qu’elle voyait depuis "l’Annexe" dans laquelle elle était terrée.

NRC Handelsblad (libéral) d’hier soir : "Projet de croissance du réseau ferroviaire : ’Les estimations d’Eurlings ne sont pas réalistes’", "L’arbre d’Anne Frank tient bon", "L’autonomie du Kosovo, un dilemme pour l’OTAN"
de Volkskrant (centre gauche) : "Le projet de licenciement abandonné pour le moment - Donner doit retirer sa proposition - Une crise ministérielle évitée - Bos : ’Content de pouvoir continuer’", "Le juge épargne l’arbre d’Anne Frank", "Retour prudent en Irak des personnes déplacées" (reportage du New York Times)
De Telegraaf (populaire) : "Le tabac imposé plus lourdement - Le paquet de cigarettes augmentera de 35 centimes", "Dernier hommage du Parlement à Kees Lunshof", "Report dans la question du droit de licenciement"
Trouw (chrétien progressiste) : "Le gouvernement frôle l’abîme - Balkenende IV reporte la décision sur le droit de licenciement", "Le juge prolonge la vie de l’arbre d’Anne Frank"
AD Haagsche Courant (indépendant populaire) : "Publier une liste des criminels dangereux - La justice veut placer les ’personnes les plus recherchées’ sur un site Internet", "Un thinktank international : Les Talibans sont en train de gagner" (conclusions du Senlis Council)

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LE DOSSIER DU JOUR :Droit de licenciement

"Le gouvernement reporte sine die la décision sur l’assouplissement du droit de licenciement", écrit le Telegraaf à la une. "En instaurant une commission qui devra entre autres se pencher sur la question qui paralyse la coalition depuis des mois, il évite de justesse une crise ministérielle. Tel est le résultat du conseil de crise que les leaders du CDA, du PvdA et de la ChristenUnie ont tenu hier soir dans la Tourelle du premier ministre Balkenende."

"Le gouvernement instaurera une commission de sages qui devra formuler avant le 1er juin 2008 des propositions visant à donner un emploi à davantage de Néerlandais", note le Volkskrant de son côté, à la une. "Ces ’experts’ devront conseiller le gouvernement sur les ’instruments permettant d’accroître structurellement la participation au travail’. L’expression ’droit de licenciement’ ne figure pas dans le mandat."
"Le PvdA part du principe que l’assouplissement du droit de licenciement est ainsi abandonné de facto. ’Je suis content que nous puissions continuer maintenant’, a déclaré le vice-premier ministre Bos, leader du PvdA. ’Nous devons maintenant enregistrer des résultats dans les domaines dans lesquels nous sommes d’accord’."
"Agnes Jongerius, présidente de la centrale syndicale FNV, est ’soulagée’. L’organisation patronale VNO-NCW est ’déçue’. Les patrons ont suspendu leur projet de remise au travail de 200 000 chômeurs. Le leader VVD Rutte estime que Donner a subi ’une énorme défaite’. ’Tout le monde sait que reporter, c’est abandonner’."

"L’intérêt national est sauvé", remarque le journal de centre gauche dans une analyse en page 3. "Le gouvernement Balkenende IV reste en place ; le premier ministre n’aura pas à s’humilier pour la quatrième fois en annonçant à la Reine la démission prématurée de son gouvernement. Le scénario cauchemar de l’establishment haguenois - de nouvelles élections débouchant peut-être sur plus de vingt sièges pour Rita Verdonk et son mouvement Trots op Nederland [fiers des Pays-Bas] et un résultat comparable à gauche pour le SP - ne se confirme pas pour le moment."

ACTUALITE INTERNATIONALE

Pays-Bas : vols d’œuvres d’art

"Les criminels ne courent guère de risques en opérant sur le marché néerlandais des œuvres d’art et des antiquités", relève le Trouw (p.6). "Les chances qu’ils se fassent arrêter sont réduites et cela fait des années qu’il n’y a plus d’enregistrement central des objets d’art volés ou disparus, de sorte qu’il n’y a pas de vue d’ensemble. C’est ce qui ressort du rapport Schone Kunsten [Beaux-Arts] sur la criminalité dans le secteur artistique néerlandais, présenté hier au salon artistique Pan, à Amsterdam."
"Le rapport a été rédigé à la demande du ministère de la Justice et avec une contribution de The Art Loss Register de Londres, une organisation qui gère une banque de données internationale sur plus de 170 000 objets d’art volés ou manquants."
"Jusqu’en 2002, les vols d’œuvres d’art étaient du ressort de la section spécialisée Kunst en Antiek du Centrale Recherche Informatiedienst (CRI). Cette section a été supprimée dans le cadre de mesures d’austérité. Cela fait des années que l’Association des musées néerlandais prône le rétablissement de l’enregistrement central des vols d’objets d’art."
"La présentation du rapport a pratiquement coïncidé avec la découverte au salon Pan de cinq tableaux volés" (également Het Parool d’hier soir p.2, De Telegraaf p.8).

ECONOMIE, FINANCES

Entreprises néerlandaises

Selon le professeur Abe de Jong (Financement d’entreprise, Université Erasme de Rotterdam), cité par le Volkskrant (p.7), "les entreprises néerlandaises sont vulnérables", à la fois en raison du droit néerlandais et du marché des capitaux. "Les entreprises néerlandaises ont un nombre relativement élevé d’actionnaires étrangers. 69 pour cent des actions des sociétés néerlandaises sont en des mains étrangères." En France, il ne s’agit que de 39 pour cent, en Allemagne de 23 pour cent et en Italie de 13 pour cent seulement. Le professeur De Jong, qui a récemment effectué une étude pour le Conseil social et économique (SER) avec deux collègues de l’Université de Tilburg, est d’avis que les actionnaires étrangers sont moins sensibles aux intérêts des salariés néerlandais. En outre, l’actionnariat des entreprises néerlandaises s’est fortement fragmenté les quinze dernières années. "Il y a de plus en plus de petits actionnaires qui ne sont pas toujours visibles." En 1992, plus de la moitié des entreprises néerlandaises avaient un grand actionnaire qui détenait 20 pour cent ou plus des actions. En 2007, seuls 10 pour cent des entreprises ont encore un grand actionnaire. Cette autre fragmentation - souvent, le comité d’entreprise ne sait pas qui détient les actions - contribue également à la vulnérabilité relative des entreprises néerlandaises.
Par ailleurs, les entreprises néerlandaises ont fortement réduit leurs constructions de protection les quinze dernières années, de leur propre gré ou sous la contrainte de la législation.

AFFAIRES FRANÇAISES

Les grèves font toujours l’objet d’une abondante couverture de presse factuelle (NRC Handelsblad d’hier soir p.5, AD pp.1 et 15, de Volkskrant p.5, De Telegraaf p.11).

Le Trouw, dans son cahier de Verdieping, signale le décès du cinéaste Pierre Granier-Deferre.

Dernière modification : 22/09/2008

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