Presse néerlandaise du mercredi 22 août 2007

LES GRANDS TITRES

Trouw : Plaidoyer en faveur d’un système d’alerte européen dans le domaine de la pédophilie
Volkskrant : Les parents souhaitent une éducation plus sévèreTelegraaf : Les Néerlandais favorables à une fusion avec la FlandreAD-HaagscheCourant : Les enseignants formés à détecter la radicalisation

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ACTUALITE INTERIEURE

Justice

A la suite de l’affaire de pédophilie survenue récemment en France, le Trouw réserve une place importante à une réflexion sur une possible approche européenne des affaires d’enlèvement et sur l’efficacité du système TBS (Terbeschikkingstelling, mise à disposition, système associant peine et soins), appliqué aux Pays-Bas et en Allemagne.
« Grâce au système ‘Alerte Enlèvement’, la semaine dernière, à Roubaix, un enfant de 5 ans enlevé et violé par un pédophile a pu être retrouvé ; ce système permet d’alerter rapidement la population par voie de radio, de télévision, par Internet, dans les trains et sur les autoroutes. Samedi, la ministre française de la justice, Rachida Dati, a adressé une lettre au commissaire européen Franco Frattini pour lui proposer d’introduire à court terme ce système au niveau européen ; seules la Grèce et la Grande-Bretagne connaissent actuellement un tel système d’alerte. (...) Le spécialiste des questions d’enlèvement du KLPD (service de police nationale), Carlo Schippers, est favorable à une sensibilisation de la population dans la recherche d’enfants disparus, plus particulièrement dans les cas où l’on soupçonne une composante sexuelle : ‘dans ce type d’affaires, les deux premières heures sont cruciales. Cela signifie que nous devons avoir la possibilité de faire rapidement des recherches dans des systèmes informatiques’. Les Pays-Bas ont une certaine expérience des systèmes d’alerte par SMS ».
Le Trouw souligne que « le système Alerte Enlèvement a été activé quatre fois depuis son introduction en février dernier, et chaque fois, l’enfant disparu a été retrouvé. (...) Le Président français Sarkozy se montre intéressé par le système de TBS afin de pouvoir soumettre ce type de délinquant à un traitement. La France n’est pas le premier pays à s’inspirer de cette pratique : en 2001, l’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder déclarait la guerre aux délinquants sexuels sous le slogan : ‘qu’on les boucle - et pour toujours !’ Depuis 2002, l’Allemagne applique le système de Sicherheitswahrung, une variante controversée du TBS. (...) La différence essentielle avec le système néerlandais, sur le papier au moins, est qu’aux Pays-Bas, l’objectif est la guérison du patient et qu’en Allemagne - et maintenant aussi en France - c’est la protection de la population. Après la peine, intervient une détention (d’au moins deux ans) - et si nécessaire une cure de désintoxication pour les drogués - dans une clinique psychiatrique. Tous les deux ans, des spécialistes jugent si le délinquant doit être maintenu dans cet établissement. L’Autriche et la Suisse connaissent des systèmes comparables.
Le Trouw fait enfin le point sur « les Pays-Bas après l’enquête parlementaire sur le TBS ».
« Le 7 juin 2005, un détenu en TBS fausse compagnie à son accompagnatrice lors d’une permission expérimentale et commet un meurtre. Avec cette nouvelle affaire d’évasion de détenu en TBS, la coupe est pleine pour la Deuxième Chambre : une enquête parlementaire est ouverte. Le rapport publié un an plus tard fait toutefois apparaître que le système n’a pas besoin d’être révisé. En revanche, il faut donner aux cliniques la possibilité d’imposer la prise de médicaments à des patients qui n’ont pas conscience de leur maladie. Et les patients ayant fait l’objet de traitements qui n’ont pas abouti à une guérison doivent pouvoir être gardés à vie en TBS et transférés dans des établissements de long séjour. La Deuxième Chambre s’est réunie en mars dernier pour discuter de la période durant laquelle il doit être possible de soumettre les détenus à un contrôle à l’issue de leur traitement et de leurs permissions expérimentales : la commission estime que celle-ci doit être prolongée de 3 à 9 ans ; le gouvernement a adopté cette proposition. Le parlement souhaite également qu’après neuf ans, les ex-détenus en TBS puissent être soumis si nécessaire à un suivi par un établissement psychiatrique ordinaire ».

Pays-Bas - Belgique

Le Telegraaf se fait l’écho d’une étude réalisée par le bureau NIPO « à la suite des difficultés de formation d’un nouveau gouvernement en Belgique ».
« Deux tiers des Néerlandais ne sont pas hostiles à un regroupement des Pays-Bas et de la Flandre, à la suite de la crise actuelle qui révèle un profond fossé entre les francophones et les Flamands. Un Néerlandais sur cinq est d’avis que c’est la Maison d’Orange qui devrait être à la tête de ce nouveau regroupement. Plus de 60% des personnes interrogées pensent que les deux pays auraient tout à gagner d’une fusion. Pour 16%, la meilleure solution serait de supprimer les deux maisons royales, alors que 17% pensent que les deux pays doivent garder leur propre famille royale. Un quart des Néerlandais craignent une rupture entre la Flandre et la Wallonie. Pour les Belges, tout cela est prématuré : ‘l’opinion publique se radicalise’, selon Dirk Castrel, de la Gazet van Antwerpen, mais cela ne veut pas dire que les ‘orangistes’, qui plaident en faveur d’un regroupement avec le Pays-Bas, gagnent du terrain.
Luc van der Kelen, commentateur politique du Laatste Nieuws, estime qu’au maximum 5 à 10% des Flamands voudraient revenir à la situation antérieure à la sécession de 1830 : ‘entre Flamands et Hollandais, le fossé culturel est profond ; nos voisins du nord sont souvent perçus comme trop directs, arrogants et bruyants’. ‘Les Flamands ne recherchent pas le rattachement aux Pays-Bas’, explique un porte-parole de Vlaams Belang, le parti qui demande ouvertement une sécession de la Flandre : les mentalités se sont beaucoup éloignées’. Van der Kelen déclare bien comprendre l’enthousiasme néerlandais : ‘nous sommes un pays sympathique, et vous voulez y faire la loi : cela fait plaisir de se sentir apprécié, mais nous pouvons très bien continuer tout seuls !’ ».

PvdA

Le Volkskrant annonce la création d’un « groupe rebelle », qui veut contraindre le PvdA à un virage à gauche : « Jacques Monasch, l’ancien stratège de campagne de Wim Kok et membre du PvdA bien connu, déclare avoir regroupé ‘environ 25 personnes issues de diverses instances du parti’. Ce groupe a l’intention de déposer deux motions lors du congrès du 6 octobre, l’une demandant ‘une prise de position claire sur des questions telles que le licenciement, les plus hauts salaires et le référendum sur le nouveau Traité européen et l’autre ‘un changement fondamental de l’organisation du PvdA’. ‘Nous voulons restaurer la démocratie pour les adhérents, il n’y a rien pour eux. Le Politiek Forum, le lieu de débat pour les hommes politiques et les membres du PvdA, est devenu un club de bavardage. Les membres critiques n’ont aucune place dans le mensuel du PvdA ou d’autres média du parti’. Jeudi prochain, ce groupe se présentera sous le nom de Operatie Rode Veren (opération plumes rouges) et il tentera d’obtenir le soutien des adhérents d’ici le congrès pour faire adopter ses motions ».
Le Volkskrant rappelle que « le Congrès est l’organe le plus important du PvdA : lors du congrès annuel, les membres délégués des différentes sections locales se prononcent sur des questions telles que le manifeste, les listes de candidats aux élections législatives ou le programme électoral. Le parti compte environ 61 000 membres ».

AFFAIRES FRANCAISES

« Eloges pour la visite en Irak de Kouchner », titre le Volkskrant.
« La visite surprise du ministre français des Affaires étrangères en Irak a été unanimement saluée comme une ‘visite historique’. (...) Depuis l’invasion américaine en mars 2003, il a été le premier homme politique français à se rendre en Irak ». (...) « Personne n’est plus qualifié que Kouchner pour promouvoir (une amélioration de la relation franco-américaine). Le ministre, qui s’est toujours montré un défenseur des ‘interventions humanitaires’, a été en 2003 l’une des rares personnalités politiques françaises à ne pas s’opposer radicalement à l’intervention américaine. (...) Toutefois, cette évolution de la diplomatie française ne signifie nullement une manifestation de soutien de la France à l’invasion américaine, comme l’ont laissé entendre les critiques de l’opposition de gauche : ‘nous avons clairement pris nos distances par rapport à la politique américaine’ a répondu Kouchner, rappelant la position traditionnelle de la France. Il a exclu une solution militaire ; il est significatif que Kouchner n’ait rendu visite à aucun fonctionnaire américain en Irak. Il a demandé un rôle accru des Nations unies. La visite de Kouchner, qui a été en 1971 le fondateur de Médecins Sans Frontière, coïncidait avec la commémoration de l’attentat contre le quartier général des Nations unies à Bagdad il y a précisément quatre ans : il a déposé une gerbe près du bâtiment actuel des Nations unies dans la ‘zone verte’ de Bagdad ».

Dernière modification : 07/12/2009

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