Presse néerlandaise du mercredi 23 janvier 2013

Trouw : Des centaines d’étrangers dans des cellules d’isolement.

De Volkskrant : 57 Mds€ transitent par la voie fiscale des Pays-Bas.

AD Haagsche Courant : Les voleurs de tableaux [Kunsthal Rotterdam] arrêtés par hasard.

De Telegraaf : Une intervention énergique [pour sauver SNS Reaal] est proche.

Het Financieele Dagblad : Les entreprises d’Etat françaises pratiquent l’évasion fiscale.

NRC-Handelsblad : Le FIOD enquête sur le secteur immobilier de SNS Reaal.

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DOSSIER DU JOUR

Climat fiscal favorable

Le Volkskrant publie en une les résultats de son enquête sur l’évasion fiscale après avoir étudié les rapports annuels des cent plus grandes entreprises nationales et leurs filiales néerlandaises. Ces multinationales auraient mis en place des centaines de nouveaux montages fiscaux aux Pays-Bas depuis 2005. De l’enquête, il ressort que « l’imposition néerlandaise de ces sociétés boîtes aux lettres est très opaque mais en tous cas très basse ». Les facilités fiscales néerlandaises agaceraient surtout les pays étrangers « parce que ces entreprises paient de moins en moins d’impôts, obligeant ainsi les gouvernements nationaux à augmenter les impôts des citoyens et à réduire les services publics ». Aujourd’hui, le Secrétaire d’Etat aux Finances néerlandais, Frans Weekers, doit répondre aux questions des députés. Ceux-ci souhaitent obtenir plus d’informations sur l’ampleur de ces routes d’évasion fiscale via les Pays-Bas parce que le service des impôts n’a, jusque-là, pas été très généreux avec ces données. Le Volkskrant observe qu’en échange, les Pays-Bas ne profiteraient pas beaucoup de ces activités en termes d’emplois et de recettes. Le Financieele Dagblad, de son côté, consacre sa une à son enquête sur les sociétés françaises qui détiennent une holding aux Pays-Bas pour éviter le fisc français. Parmi ces sociétés figureraient également des entreprises dont l’Etat français est actionnaire : « L’évasion fiscale par les sociétés d’Etat françaises est remarquable dans le sens où le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et d’autres ministres français ont critiqué vivement le départ de Gérard Depardieu et Bernard Arnault vers des pays fiscalement plus favorables. Mais il semblerait que l’Etat français profite lui-même aussi de règles fiscales plus favorables à l’étranger ». En page 3, le FD publie les noms des sociétés concernées, leur secteur d’activité, leur chiffre d’affaires et le pourcentage d’actions détenues par l’Etat français.

AFFAIRES EUROPEENNES

Traité de l’Elysée

Le Volkskrant publie ce matin une brève sur les cérémonies qui se sont déroulées hier à Berlin et le Telegraaf une correspondance intitulée : « Cinquante ans de réconciliation ». Le NRC d’hier soir consacre une page au « Grand écart germano-britannique des Pays-Bas ». Mark Beunderman note que « Deux Europes sont en concurrence cette semaine. A Berlin, on célèbre l’Europe franco-allemande : l’Europe de l’intégration politique portée par la réconciliation franco-allemande, solennellement proclamée par le Traité de l’Elysée, il y a cinquante ans maintenant. A Londres, le Premier ministre britannique plaidera en faveur d’une Europe britannique très différente : un système de coopération souple organisé autour d’un libre marché ». L’historien Mathieu Segers, de l’Université d’Utrecht, fait remarquer dans cet article que les Pays-Bas se trouvent au cœur de la zone euro, une création franco allemande, mais sont également une nation commerçante fortement orientée sur le monde anglo-saxon. Cela fait soixante ans que les Pays-Bas « font le grand écart » entre deux conceptions. « Le traité de l’Elysée a représenté un choc : l’Europe apparaissait comme totalement continentale. Et une semaine plus tôt, de Gaulle avait exprimé un veto contre l’adhésion de la Grande-Bretagne ». A l’heure actuelle, « il est primordial pour les Pays-Bas que le marché intérieur reste intact et fonctionne même encore mieux. Le maintien de la Grande-Bretagne – qui représente une force importante derrière ce marché – offre les meilleures perspectives à cet égard. Ils doivent transformer les idées britanniques sur l’UE en propositions constructives sur le rôle que les pays qui ne font pas partie de la zone euro peuvent jouer dans le marché intérieur. Une idée intéressante circule actuellement : intégrer ce marché dans une zone de libre échange transatlantique. Elle est attrayante à la fois pour les Britanniques et pour les Néerlandais. (…) Les Pays-Bas se trouvent dans le groupe de tête de la zone euro. Pour eux, il n’est pas intéressant de ‘récupérer’ des compétences. Ces derniers temps, au contraire, nous avons délégué des compétences dans le but de stabiliser l’euro. Le gouvernement doit le faire comprendre clairement à la fois aux Britanniques et à son opinion publique ».

Discours de David Cameron

Les médias rendent compte sur leurs sites du discours prononcé ce matin par le chef du gouvernement britannique au siège de Bloomberg à Londres.
Les premières réactions des députés européens néerlandais sont reprises sur le site du Volkskrant. Le CDA Wim van de Camp note que le référendum annoncé « aura lieu une fois qu’il aura été réélu ! ». Sophie in’t Veld, pour le D66, rappelle que « la Grande-Bretagne ne fait pas partie de la zone euro, ni de Schengen, ni de l’Europe sociale, et bientôt plus de la coopération policière et judiciaire. Qu’est ce qui restera à renégocier ? ». Dennis de Jong indique, au nom du SP, que « dans la mesure où Cameron veut lutter contre la bureaucratie, il a raison, mais je n’ai rien entendu sur la lutte contre les origines de la crise, à savoir le néo-libéralisme ». Elsevier relève que le chef de file du PVV, Geert Wilders, demande au Premier ministre Mark Rutte d’organiser également aux Pays-Bas un référendum sur l’UE. Son commentateur Eric Vrijsen souligne que « certes David Cameron n’a pas pu prononcer son discours à Amsterdam, mais il a clairement cité son homologue néerlandais Mark Rutte comme un allié. Il a fait l’éloge de ses initiatives en faveur d’une réforme de l’UE. (…) Cameron offre à Rutte une opportunité de s’associer à son combat pour une Europe plus flexible et plus ouverte. Cela est non seulement dans l’intérêt des Pays-Bas et d’autres Etats membres, mais également de l’UE dans son ensemble. (…) Rutte est lui aussi confronté à un partenaire de coalition ouvertement européen. Le PvdA est pour Rutte ce que les Libéraux démocrates sont pour Cameron. Mais la différence est que Rutte se cache et que Cameron ose. (…) Rutte doit rejoindre le plus vite possible son camarade britannique ».

ACTUALITE INTERIEURE

Diminution des retraites complémentaires

La plupart des grands quotidiens se font l’écho de la baisse prévue du montant des retraites complémentaires. « Après une baisse considérable en avril 2013, une deuxième réduction suivra l’année prochaine », note le Financieele Dagblad. Le quotidien se réfère aux chiffres provisoires de la DNB (banque centrale néerlandaise), publiés hier, selon lesquels 75 fonds de pension sont obligés de diminuer le montant de la retraite de 1,9% en moyenne. Le FD précise que 5,6 millions de Néerlandais seront affectés par ces mesures.

LA FRANCE DANS LA PRESSE NEERLANDAISE

Le correspondant du Volkskrant suit l’évolution de l’intervention au Mali.
A SIGNALER

- L’AD publie un portrait du secrétaire d’Etat aux Finances Frans Weekers.

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Cette revue de presse est réalisée à partir des quotidiens suivants : Trouw (chrétien progressiste – 105.000 ex.) ; De Volkskrant (centre gauche – 262.000 ex.) ; AD Haagsche Courant (indépendant populaire – 430.000 ex.) ; De Telegraaf populaire – 605.000) ; Het Financieele Dagblad (financier - 62.500 ex.) ; NRC-Handelsblad (centre – 199.000 ex.)

Cette revue de presse ne prétend pas à l’exhaustivité et ne reflète que des commentaires ou analyses parus dans la presse néerlandaise, qui n’engagent en rien le point de vue propre de l’ambassade de France aux Pays-Bas.
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Dernière modification : 09/09/2014

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